Irak : pourquoi la stratégie US 2007 échouera
Mise à jour : 26/09/2007
Je suis un ami des Etats-Unis, je l'ai toujours été. C'est pourquoi je peux et je dois critiquer la stratégie irakienne 2007 de l'administration Bush, et expliquer pourquoi selon moi elle est vouée à l'échec.
Ce texte a une suite : "Irak : chronique d'un désastre annoncé".
Table des matières
2. Comment en est-on arrivé là ?
2.1 Les raisons d'envahir l'Irak en 2003
2.2 L'incompatibilité de la démocratie avec l'Irak
2.3 Les erreurs des Américains
2.4 La responsabilité du gouvernement irakien
3.2 Option 1 des Américains : quitter l'Irak le plus vite possible
3.3 Option 2 des Américains : stabiliser Bagdad avec des renforts
3.4 Discussion de ces deux options
3.6 Notre dépendance du pétrole
Au moment où le Président Bush annonce une nouvelle stratégie irakienne, la situation dans le pays témoigne d'un échec total de la politique suivie jusqu'à présent.
Les sunnites, 5 millions d'habitants soit 20 % de la population irakienne, dominaient le pays sous Saddam Hussein, reléguant les chiites (60 %) au rang de citoyens de second ordre, après les avoir massacrés par centaines de milliers en 1991.
L'instauration de la démocratie par les Américains a mathématiquement amené les chiites au pouvoir, et ceux-ci se vengent. Ils dominent l'armée et la police, qui ne protègent guère les citoyens sunnites enlevés, rançonnés ou assassinés par des bandes chiites. Le gouvernement à majorité chiite (qui comprend 6 ministres du parti du terroriste Moktada Sadr) laisse faire un nettoyage ethnique considérable, qui fait fuir d'Irak l'élite des sunnites, les médecins, les rares ingénieurs, les universitaires, etc., dont environ 2000 quittent le pays chaque jour. De leur côté, les sunnites commettent quotidiennement des attentats anti-chiites et chassent les populations chiites des quartiers sunnites. Leur attentat le plus révoltant a consisté à dynamiter la mosquée dorée de Samara, l'un des lieux saints les plus respectés du chiisme.
La sécurité publique n'est donc pas assurée et il y a en moyenne une centaine de morts par attentats chaque jour. On peut donc parler de guerre civile larvée entre chiites et sunnites, guerre que le gouvernement pro-chiite est incapable d'empêcher et dont il n'a pas prouvé, jusqu'à présent, qu'il en avait vraiment la volonté. Cette guerre est souvent menée par milices interposées, qui se battent entre elles - y compris chiites contre chiites - et par des bandes armées qui pillent et massacrent des civils. Les milices chiites sont armées et conseillées par l'Iran, dont les Américains ont arrêté des instructeurs en Irak à l'occasion d'attentats. De leur côté, les sunnites reçoivent l'aide de terroristes infiltrés de Syrie et venus de dizaines de pays, dont quelques-uns de France.
La corruption généralisée domine les ministères, dont les fonctionnaires pillent les budgets destinés aux missions de service public. Il y a déjà eu des purges de fonctionnaires, de militaires et de policiers, mais l'Etat de droit est encore loin d'être respecté.
La police et l'armée sont infiltrées par des engagés à la solde des milices sunnites et chiites, qui s'efforcent de prévenir les gens qui vont être attaqués lors des opérations de chasse aux terroristes. Lorsqu'une opération majeure est planifiée plusieurs jours à l'avance, par exemple contre une milice sunnite, de nombreux soldats et policiers sunnites reçoivent des appels téléphoniques menaçants pour s'absenter et disparaissent pour quelques jours, avant de réapparaître. Il en va de même pour des opérations anti-chiites.
Les soldats américains et irakiens font souvent des opérations spectaculaires de reconquête d'un quartier, mais après leur départ les terroristes et miliciens en reprennent le contrôle. C'est ainsi que les Américains ont trouvé un chef d'al Qaida qui avait monté à Bagdad un tribunal islamique qui distribuait des peines de mort [2]… Il ne se passe pas de jour, à Bagdad, sans qu'on retrouve des cadavres d'hommes la gorge tranchée ou tués d'une balle dans la tête.
L'insécurité est telle à Bagdad (5 millions d'habitants) que beaucoup de gens restent chez eux, sortant le moins possible et seulement pour se ravitailler. Les enfants et adolescents ne peuvent aller à l'école qu'accompagnés de gardes armés pour les protéger des enlèvements. Dans le reste du pays (soit 22 millions d'habitants), la situation est à peu près acceptable : on peut dire que 80 % de la violence entre sectes est concentrée dans un rayon de 50 km autour de Bagdad [6].
L'économie stagne : la production et le transport d'eau, d'électricité, de pétrole et d'engrais ne décollent pas, en grande partie à cause des innombrables sabotages et pillages. L'industrie de l'ère Saddam Hussein, nationalisée pour l'essentiel, a été pillée à la fin de la guerre. Elle a ensuite été démantelée par les Américains pour être privatisée, mais n'a pas redécollé pour le moment, faute d'investissements (qui investirait dans un pays où l'insécurité est telle ?) Les Américains ont investi jusqu'à présent 26 milliards de dollars pour faire repartir l'économie grâce à la reconstruction, mais sans effet visible du fait des sabotages et des détournements.
Le chômage touche 30 à 60 % de la population [1]. Celle-ci ne voit donc pas d'amélioration substantielle de son niveau de vie et n'a donc plus confiance en un effet bénéfique éventuel de la démocratie, qu'on lui avait promis en l'incitant à aller voter.
A l'évidence, l'insécurité en Irak est due aujourd'hui surtout à la guerre civile entre chiites et sunnites, guerre qui oblige les Américains à combattre alternativement les premiers puis les seconds, se faisant détester par les deux parties. Des soldats américains meurent donc chaque jour pour une cause sans rapport avec la mission antiterroriste censée être la leur en Irak. Ils meurent pour des Irakiens qui s'avèrent barbares et indignes de confiance, et le peuple américain apprécie de moins en moins, d'autant moins qu'aucun politicien ne peut lui dire quand cela cessera.
Le rapport officiel [11] confirme :
§ Que grâce à l'envoi de troupes supplémentaires la sécurité s'améliore dans certaines régions, même si les terroristes ont fui dans d'autres régions, où le nombre d'attentats augmente.
§ Que le gouvernement irakien est incapable de faire progresser la réconciliation des communautés.
Comme le but même de l'envoi de troupes supplémentaires était de donner au gouvernement irakien la marge de manœuvre nécessaire pour réunifier l'Irak et faire cesser la guerre civile et l'insécurité, cet envoi de troupes est un échec et la situation en Irak n'a ni issue militaire ni issue politique.
L'article [12] du très sérieux New York Times (un journal de référence) donne le détail d'une nouvelle campagne sunnite d'assassinat des personnalités officielles. Voici la traduction du début :
"Des extrémistes arabes sunnites ont lancé dans tout l'Irak une campagne systématique d'assassinat de chefs de la police, de policiers, d'autres fonctionnaires du ministère de l'Intérieur et de chefs de tribu, en perpétrant au moins 10 attentats en 48 heures."
Il y a deux raisons principales qui ont amené les Etats-Unis et leurs alliés à envahir l'Irak de Saddam Hussein en 2003 :
§ Les programmes d'armes de destruction massive de Saddam Hussein, dont tous les services secrets (Etats-Unis, Allemagne, Russie, France) et les rapports des Nations unies faisaient état. Il s'est avéré par la suite qu'ils s'étaient tous trompés [3], [4].
§ L'idéologie de l'administration Bush, qui voulait (et veut toujours) assurer la sécurité des Etats-Unis contre le terrorisme en imposant la démocratie dans les pays susceptibles d'abriter des terroristes ou de les armer, dont l'Irak faisait partie [3] [10]. Cet unilatéralisme est moins de mise aujourd'hui, mais le discours du 10/01/2007 du Président Bush montre qu'il croit toujours pouvoir faire évoluer les pays arabes vers la démocratie [6].
A l'époque où j'ai commenté ces événements dans [3] et [4], je ne savais pas qu'il y a une première raison de fond qui empêche les pays arabes d'accéder à la démocratie, la culture d'hostilité des Arabes.
Celle-ci fait qu'il n'y a pas, entre les citoyens de ces pays, suffisamment de respect mutuel pour que chacun accorde aux autres le droit d'avoir une opinion différente et de l'exprimer. Aussi n'y a-t-il jamais eu de démocratie dans un pays arabe, il n'y a eu que des gouvernements autoritaires. Tout ceci est expliqué au paragraphe "Pays musulmans" du texte "La culture arabe ennemie de la démocratie".
En outre, l'article [9] illustre l'impossibilité de fonctionner d'une démocratie irakienne, dont le parlement ne peut pratiquement jamais prendre de décision du fait de l'absentéisme massif et répété des députés.
Je connais aujourd'hui cette incompatibilité avec la démocratie, et je reproche à tous les gouvernements impliqués dans les débats aux Nations unies qui ont précédé la décision d'invasion de l'Irak en 2003 (Etats-Unis, Grande-Bretagne, France, Allemagne, Russie) de ne pas l'avoir dit, d'avoir fait comme s'ils l'ignoraient. Chacun de ces gouvernements disposait pourtant d'historiens, de diplomates, de politiciens et d'universitaires connaissant suffisamment la culture arabe pour savoir qu'elle ne permet pas encore, de nos jours, de gouverner un pays arabe autrement que de manière autoritaire. Mais aucun ne l'a dit. Souci de ne pas vexer les Arabes ? Refus de sortir du politiquement correct ? Le silence est parfois coupable.
J'ai documenté l'ensemble des raisons pour lesquelles la démocratie ne peut être instaurée et survivre en Irak dans "Etat de droit et démocratie, en France et ailleurs". Voici un résumé des conditions préalables indispensables à l'instauration et à la pérennité d'une démocratie, extraites de ce texte :
1. le respect des lois (Etat de droit), avec la stabilité de celles-ci et des institutions ;
2. un niveau de vie minimum ;
3. un choix politique local ;
4. une société mûre pour la démocratie (c'est la condition incompatible avec la culture d'hostilité des arabes irakiens) ;
5. une information de qualité accessible à tous les citoyens.
Contrairement à ce que nous laissait espérer la politique des Etats-Unis en Irak et en Afghanistan, il ne suffit pas que dans un pays des élections démocratiques soient organisées pour que ce pays devienne une démocratie.
§ L'aveuglement le plus extraordinaire a été celui de l'administration Bush, qui a promis à la planète entière de démocratiser l'Irak après la chute de Saddam, espérant que la démocratie se répandrait ensuite dans tout le Moyen-Orient.
§ Les Américains étaient persuadés d'être accueillis en Irak en libérateurs, par un peuple ravi d'être débarrassé du tyran assassin qu'était Saddam Hussein ; c'était mal connaître la xénophobie haineuse des Irakiens.
§ Les Américains n'ont rien prévu pour empêcher les Irakiens libérés de se transformer en pillards, de se retourner contre eux, puis finalement de s'entretuer, alors que ces réactions étaient parfaitement prévisibles connaissant leur culture.
§ Certains que les Irakiens se doteraient rapidement d'institutions démocratiques, ils ont démantelé dès la fin des combats l'administration basée sur le parti Baas de Saddam Hussein, rendant ainsi le pays ingouvernable, donc livré aux pillards et aux preneurs d'otages.
§ Certains que l'économie de marché apporterait spontanément ses bienfaits une fois la liberté rendue aux citoyens, donc que ceux qui n'avaient pas de travail en retrouveraient rapidement, ils ont démantelé l'armée de Saddam Hussein, créant ainsi des centaines de milliers de chômeurs, sans revenus mais sachant manier des armes.
Au passage, ils ont oublié que l'économie sous Saddam était entièrement dominée par l'Etat, propriétaire des industries ; ils ont renvoyé les directions de ces entreprises d'Etat, livrant celles-ci aux pillards et transformant leurs salariés en chômeurs. Et comme l'insécurité en Irak n'a fait que croître depuis 2003, il ne s'est trouvé personne pour y investir et recréer des industries et des emplois.
§ Les Américains ont alors imaginé de relancer l'économie irakienne en payant les Irakiens pour reconstruire ce qui avait été détruit : industrie pétrolière, usines d'engrais, adduction d'eau, production et transport d'électricité, égouts, etc. Ils ont consacré plus de 26 milliards de dollars d'argent des contribuables américains à cette relance par la reconstruction, mais sans réussir à relancer vraiment l'économie et l'emploi. Les Irakiens sont aujourd'hui désespérés par le chômage, l'insécurité, les services publics déficients et l'absence de perspectives de progrès.
§ La faute la plus étonnante de l'administration Bush a été de croire et de proclamer que l'organisation d'élections démocratiques en Irak permettrait d'y instaurer la démocratie. Elles ont seulement permis la division du pays en 3 communautés hostiles, les chiites, les sunnites et les Kurdes, les communautés chiite et les sunnite étant à leur tour subdivisées en partis hostiles, appuyés sur des milices qui s'entretuent pour accéder au pouvoir, à l'argent du pétrole et aux subventions américaines. Le pays est donc ingouvernable et le gouvernement guère respecté.
Tous les pays arabes savent bien que des élections démocratiques sont toujours gagnées par des représentants de communautés tribales, parfois regroupées par secte, toujours dominées par des islamistes. Les élections en Algérie, en Tunisie, en Arabie Saoudite, en Egypte, etc. l'ont déjà montré ; les élections en Irak ne font que le confirmer, en produisant un parlement divisé en représentants de tribus et de confessions. C'est pourquoi aucun pays arabe n'est prêt à organiser des élections véritablement démocratiques, qui produiraient des élus hostiles à la démocratie. En Turquie, pays laïcisé il y a 80 ans, les dernières élections ont été remportées par des islamistes. Et en Afghanistan, les élections n'ont désigné que des représentants de tribus, aussi peu soucieux de remplacer la loi coranique (la Charia) par des lois démocratiques que le peuple lui-même.
La démocratie en Irak a donné le pouvoir à la majorité chiite, et en a privé les sunnites qui en profitaient depuis 30 ans. Ces deux communautés, qui se détestent depuis 1300 ans, s'entretuent donc.
Pour rétablir l'ordre, les Américains devaient liquider les terroristes et désarmer les milices mafieuses et assassines. Leur stratégie militaire [5] consistait à reprendre le contrôle d'un quartier de grande ville ou d'une petite ville les armes à la main, d'en tuer ou chasser les islamistes, mafieux et autres miliciens, sécurisant ainsi l'endroit, puis de laisser les militaires et policiers irakiens maintenir l'ordre. Ils ont toujours réussi à tuer, capturer ou chasser les ennemis de la démocratie des quartiers qu'ils attaquaient. Mais jamais les Irakiens à qui ils confiaient ensuite le quartier n'ont pu empêcher qu'ils retombent aux mains des ennemis en quelques jours : jamais les militaires et policiers irakiens n'ont été dignes de confiance en l'absence des militaires américains.
Par contre, dans les opérations militaires où Américains et Irakiens se battaient côte à côte, les Irakiens ont pu aider les Américains, malgré les désertions, la formation insuffisante et le manque d'armes lourdes (que les Américains n'osent pas leur confier).
En résumé, la stratégie américaine en Irak a complètement échoué jusque début 2007, que ce soit pour établir la démocratie ou même simplement le respect de l'Etat de droit ; pour relancer l'économie et assurer les services publics ; pour assurer la sécurité quotidienne de la population ; ou pour créer des zones géographiques complètement débarrassées de terroristes et miliciens. Le Président Bush l'admet dans son discours [6] et en assume la responsabilité.
Dans les auditions de généraux devant le Congrès, ceux-ci ont clairement expliqué que la stratégie militaire imposée par le Secrétaire à la défense Donald Rumsfeld était mauvaise sur un point, les effectifs insuffisants. Les écoles de guerre enseignent depuis des années que pour pacifier un pays conquis dont la population est hostile il faut respecter un rapport minimum des effectifs militaires occupants à la population de l'ordre de 1 soldat pour 50 à 60 habitants [7]. Selon cette règle, il aurait fallu disposer de plus de 400 000 hommes après la guerre pour assurer le maintien de l'ordre en Irak, effectif dont les Etats-Unis (présents sur de nombreux autres théâtres d'opération) ne peuvent disposer qu'en recourant à la conscription, c'est-à-dire au service militaire obligatoire. Or à aucun moment la menace représentée par Saddam Hussein n'a été telle que le peuple américain accepte une conscription si celle-ci était demandée. MM. Bush et Rumsfeld ont donc eu assez de soldats pour gagner la guerre, mais pas assez pour assurer l'ordre ensuite.
Non seulement les Américains et leurs alliés n'avaient pas assez d'hommes pour conserver le contrôle des quartiers reconquis sur les terroristes, mais le gouvernement irakien lui-même les empêchait d'attaquer certains quartiers, en leur refusant la permission de le faire ; ces quartiers devenaient alors des bastions terroristes. Dans son discours-programme [6], le Président Bush a annoncé avoir obtenu l'engagement du gouvernement irakien de ne plus protéger ainsi certains quartiers.
Autre blocage de l'action américaine, le gouvernement irakien a souvent promis aux Américains de leur fournir des troupes pour lutter avec eux contre les terroristes, mais n'a pas tenu parole ou n'a envoyé qu'une partie des effectifs promis. M. Bush a obtenu la promesse du gouvernement irakien de fournir vraiment ces troupes, et d'attaquer toute milice, quelle que soit sa confession, qui s'opposerait à l'Etat de droit.
Nous verrons si désormais le gouvernement irakien tiendra parole ou si, à un niveau quelconque de sa hiérarchie, certains Irakiens continueront à refuser leur appui à des actions antiterroristes contre des gens de même confession que la leur. Il est très peu probable que les Irakiens soient devenus tout-à-coup respectueux de leurs engagements : non seulement ils ne l'ont jamais été, mais l'exemple des Palestiniens qui s'entretuent malgré des accords hebdomadaires de cessez-le feu, et ne réussissent pas à s'entendre pour gouverner malgré d'innombrables accords signés, n'incite guère à l'optimisme. L'exemple des Libanais va dans le même sens.
Tous ces peuples ont aussi en commun une indiscipline et un non-respect de l'autorité ancrés dans leur culture : il ne vient pas souvent à l'idée d'un citoyen arabe de respecter un engagement pris par un membre de son gouvernement en son nom, sauf s'il risque sa vie en désobéissant. C'est pourquoi les gouvernements palestinien et libanais ne parviennent pas à faire cesser l'envoi de missiles sur des villages israéliens et les attentats contre des civils israéliens ; ils n'arrivent pas plus à faire respecter la promesse de libération d'otages capturés pour obtenir une rançon. Tous ces exemples ayant trait à des peuples arabes, il semble bien que le non-respect de la parole donnée et de l'autorité soit une conséquence de leur culture commune.
Si les Américains perdent la guerre en Irak comme ils l'ont perdue au Vietnam et comme les Russes ont perdu la guerre en Afghanistan, voici ce qui arrivera.
§ Le gouvernement irakien s'effondrera, laissant le champ libre à tous les groupes armés, qui s'entretueront.
§ La guerre civile en Irak entraînera très probablement l'intervention de l'Iran, soucieux d'aider ses coreligionnaires chiites, mais aussi d'établir sa mainmise au moins sur la partie sud du pays, riche en pétrole. Elle entraînera tout aussi probablement l'intervention de l'Arabie Saoudite, venant au secours des sunnites malgré son gouvernement modéré.
La guerre fera des millions de morts et perturbera la production de pétrole de la région, faisant exploser les prix dans les pays consommateurs comme le nôtre. Elle risque de s'étendre à un conflit Iran-Arabie Saoudite, où chacun des deux pays commencerait par bombarder les installations pétrolières de l'autre. Et elle encouragerait les deux pays à se doter d'armes nucléaires.
§ L'Occident en général perdra toute crédibilité aux yeux des musulmans du monde entier, devenant un tigre de papier. Et la démocratie apparaîtra aux musulmans comme un régime fauteur de guerre sans intérêt concret et décidément incompatible avec l'islam.
§ Les terroristes islamistes, encouragés par cette défaite des Américains et autres occidentaux, recruteront encore plus facilement des volontaires pour attentats-suicides et développeront leurs camps d'entraînement en Irak, en l'absence d'un gouvernement capable de les en empêcher. Ces camps formeront des terroristes comme en Afghanistan, et ces terroristes viendront faire des attentats dans tous les pays occidentaux, en même temps que dans des pays musulmans modérés comme l'Arabie Saoudite et le Maroc. Ils feront le maximum pour déstabiliser tous les gouvernements en place, pour instaurer dans les divers pays un régime de califat, comme celui qui a dominé l'Islam du 7e au 13e siècle.
Nous venons de voir ce qui en résulterait : ce serait perçu comme une fuite, un aveu de faiblesse, donc un désastre. Et ce désastre mettrait en danger tout l'Occident, pas seulement les Etats-Unis, sans parler du coût économique d'une flambée des cours du pétrole et d'une pénurie durable de cette matière première. Et que dire des millions de victimes dans la population irakienne ?
Les parlementaires démocrates américains, méfiants à l'égard de l'aptitude du gouvernement irakien à tenir ses nouvelles promesses, proposent une variante de cette option : avant de retirer les troupes américaines, mettre le gouvernement irakien en demeure de résoudre ses problèmes politiques internes, notamment en se débarrassant des ministres de Moktada Sadr, en désarmant les milices chiites et sunnites, et en coopérant sincèrement avec les militaires américains. Si ce gouvernement tient enfin ses promesses sous 4 à 6 mois, les effectifs américains peuvent être maintenus, voire même renforcés à la rigueur, sinon ce sera le retrait.
C'est l'option choisie par le Président Bush. Les Américains espèrent :
§ Sécuriser Bagdad (région qui concentre l'essentiel de l'insécurité) grâce à un nombre suffisant de soldats pour nettoyer la ville quartier par quartier, maison par maison. Les militaires en expulseraient la plupart des terroristes ou les obligeraient à se cacher, et les empêcheraient de refaire surface. Cela peut être fait en quelques mois.
§ Tenir les quartiers reconquis grâce à des unités militaires mixtes américano-irakiennes. Cela suppose que les forces de l'ordre irakiennes deviennent fiables grâce à un encadrement américain plus conséquent.
§ Obtenir un retournement de l'opinion des habitants des quartiers sécurisés en faveur du gouvernement irakien, en les payant pour reconstruire leurs infrastructures et bâtiments endommagés. (L'argent proviendrait pour partie des contribuables américains et pour partie du budget irakien).
Ces habitants constateraient alors un progrès réel et sortiraient du chômage et de la misère grâce à ce travail. Sachant qu'ils doivent ce travail au gouvernement, comme sous Saddam Hussein, ils auront tendance à le soutenir.
§ Renforcer la formation de l'armée et de la police irakienne en multipliant les instructeurs américains. Les Américains parient que le nombre d'Irakiens dignes de confiance de ces forces de l'ordre deviendra tel qu'elles soient capables de prendre le relais des alliés pour nettoyer et tenir des quartiers.
§ Que le gouvernement irakien deviendra enfin neutre vis-à-vis des sunnites, au lieu d'être essentiellement pro-chiite comme aujourd'hui. Il obtiendra ainsi la confiance des sunnites et leur coopération.
§ Que le gouvernement irakien affirmera son autorité en intégrant une partie des milices et escadrons de la mort dans sa police et son armée, et en mettant le reste hors d'état de nuire. Il a la promesse des ministres irakiens de le faire, mais tiendront-ils parole, auront-ils le courage d'écraser dans le sang les irréductibles ?
§ Après un an ou deux, les Américains espèrent que le gouvernement irakien pourra faire régner la loi et l'ordre dans le pays, permettant aux investissements de relancer l'économie et à leurs soldats de rentrer chez eux.
Si cet effort de la dernière chance échoue, les Américains pourront dire au monde « que ce n'est pas leur faute, car ils ont fait le maximum, mais les Irakiens sont un peuple incapable de vivre en démocratie et en paix ».
Ce genre d'excuse ne prendra pas : on leur reprochera de n'avoir pas prévu l'après-guerre, d'avoir voulu imposer la démocratie par pure idéologie, d'être incapables de réussir à imposer leur vues…
Et cet effort ne peut durer longtemps, car le peuple américain en a assez des morts et des dépenses sans résultat, c'est-à-dire sans élimination des terroristes, sans instauration de l'Etat de droit et de la démocratie promis, donc sans victoire décisive contre le terrorisme empêchant celui-ci de progresser dans le monde entier.
Pour l'administration Bush, la seconde option a le mérite de sauver la face au moins provisoirement, en tentant un dernier effort. Elle lui permet de gagner du temps, en laissant espérer pendant quelque temps une victoire. En cas d'échec, elle permet d'essayer d'en rejeter la responsabilité sur les Irakiens, peuple décidément ingouvernable en démocratie. Des deux solutions, c'est la moins mauvaise pour l'administration Bush.
Pour ma part, je ne pense pas qu'elle fasse mieux que repousser l'échéance de l'échec avéré, au prix des vies de centaines de soldats et des blessures de milliers d'autres, sans compter les souffrances des civils.
Je pense que la mentalité hostile, irresponsable et indigne de confiance des Irakiens ne changera pas avant des dizaines d'années - au moins. Du coup, l'Etat de droit et la sécurité ne pourront être assurés. Tant que la démocratie électorale existera en Irak, le pays sera dominé par sa majorité chiite, et il n'y aura ni égalité de traitement des citoyens ni paix civile. Donc dès le départ des Américains, il y aura une guerre civile et le vainqueur imposera sa loi tyrannique dans le sang.
Les Américains partis, leurs milliards de dollars cesseront d'irriguer l'Irak, le chômage explosera encore plus qu'aujourd'hui, entraînant un désespoir encore plus grand de la population. Il faut comprendre que ce pays n'a pas d'avenir économique tant que l'essentiel de son PIB provient du pétrole : l'industrie pétrolière (prospection, extraction, raffinage, transformation, transport, distribution, matériel, etc.) ne peut assurer que peu d'emplois dans un pays ; aucun des pays producteurs de pétrole ne peut compter sur cette ressource pour employer beaucoup de travailleurs. C'est pourquoi il y a beaucoup de chômage en Arabie Saoudite, par exemple. L'Irak n'a guère d'industrie et c'est un pays désertique dont l'agriculture ne peut faire vivre des millions d'habitants. Avec une industrie réduite et des infrastructures en piteux état, les services ne peuvent prospérer. Le chômage restera donc très élevé, exactement comme en Palestine, où le contexte économique est semblable mais le pétrole absent. Un fort chômage et une grande insécurité feront le lit du terrorisme.
Certains ont dit qu'il faudrait remplacer les Américains en Irak par une force de stabilisation fournie par les Nations unies. Il le faudrait, mais cela ne se fera pas : après l'échec des Américains, aucun pays ne trouvera un intérêt à intervenir en Irak, aucun gouvernement ne pourra persuader ses citoyens d'y risquer la vie de soldats et d'y dépenser des milliards. Et dans un pays étendu où vivent 27 millions d'habitants et l'infrastructure est à reconstruire, il faut beaucoup de soldats et énormément d'argent. L'impuissance des Nations unies apparaîtra une fois de plus au grand jour.
Les Américains n'ont pas envisagé cette solution parce qu'elle impliquerait l'aveu d'échec de la démocratie promise. Mais elle est aussi indispensable en Irak qu'elle le fut en Inde au départ des Anglais, lorsqu'on permit en 1947 aux musulmans de créer leur propre pays, le Pakistan, pour éviter de cohabiter avec les Indiens non musulmans. Autre exemple allant dans le même sens : la Bosnie, où serbes et musulmans ont dû être séparés pour cesser de s'entretuer.
Avec le déplacement de populations nécessaire pour parfaire l'homogénéité, l'Irak serait alors partagé en trois états, un chiite, un sunnite et un kurde ; on peut aussi envisager trois provinces très autonomes et un gouvernement central chargé du pétrole et du tout petit nombre de décisions pouvant faire l'objet d'un consensus. Contrairement à ce que beaucoup croient, la présence de pétrole dans les états chiite, au sud, et kurde, au nord, ne garantira pas à ces états ou provinces une économie prospère, parce que le pétrole ne donne pas assez de travail ; mais il permettra au moins à leurs gouvernements d'importer de la nourriture et de la distribuer à une majorité de citoyens, obligés de vivre comme chômeurs assistés.
L'état sunnite - la province d'Anbar et une grande partie de Bagdad - dépourvu de pétrole, devra se doter d'une industrie et de services pour faire vivre sa population. Mais on ne voit pas comment il deviendrait économiquement viable, même si les deux autres états lui donnent une partie de leurs revenus pétroliers : dans aucun pays une action volontariste du gouvernement, même financée, ne permet de créer artificiellement des emplois - nous le voyons tous les jours en France.
Enfin, seul l'état chiite du sud aurait un accès à la mer permettant les échanges commerciaux ; les deux autres états, enclavés, subiront de ce fait un handicap sévère.
Je crois donc, hélas, qu'un pays comme l'Irak de 23 millions d'habitants de culture arabe (en dehors des Kurdes) ne peut vivre en paix, avec le gros de sa population nécessairement misérable, que sous une dictature féroce. Dès que ses habitants sont libres, ils se disputent, se battent, etc. Les Kurdes, eux, ont une chance de faire progresser leur démocratie et leur économie, si on les laisse en paix.
Une partition en trois états réduirait beaucoup les conflits armés d'origine religieuse, mais risque d'en entraîner d'autres, à partir de revendications de partage de la manne pétrolière. Et la Turquie risque d'intervenir pour obtenir sa part du pétrole de la région de Kirkouk, en prétextant le secours à la minorité de Turcomans.
Mais une solution de partition exige, elle aussi, une force militaire internationale de stabilisation ; nous retombons alors sur le problème déjà évoqué, celui de trouver des pays qui acceptent de fournir un contingent.
A part le terrorisme, le problème des Occidentaux est la dépendance à l'égard du pétrole. Nous pouvons assurer la plupart de nos besoins en énergie à partir du charbon, de l'atome et des ressources renouvelables, mais il n'existe à ce jour aucune solution pour les transports à part le pétrole : les moteurs des voitures, camions, navires et avions consomment du pétrole et continueront à le faire pendant des années. Même en consacrant toute la surface agricole de la France à la production de carburant d'origine végétale, nous n'en aurions pas assez pour nous passer de pétrole.
Or ce pétrole nous coûte extrêmement cher, car aux prix d'achat, de transport et de raffinage, il faut ajouter les coûts militaires : protection des voies maritimes, intervention armée dans les régions de production, subventions aux pays producteurs, etc. Et malgré ces coûts, nous restons dépendants de régimes soit instables ou inamicaux comme l'Iran et le Venezuela, soit dictatoriaux et toujours prêts à utiliser le chantage comme celui de la Russie. Une pénurie de pétrole ferait plus qu'augmenter nos coûts et provoquer de l'inflation, elle bloquerait une grande partie de notre activité économique.
Et la pollution de notre atmosphère, et le réchauffement climatique…
Donc au lieu d'accuser les Américains d'unilatéralisme, les Arabes de terrorisme et les Russes de chantage, nous devrions commencer par réduire notre propre dépendance à l'égard du pétrole. C'est là un défi économique majeur auquel nous pouvons faire face.
§ Nous pouvons réduire fortement nos besoins en énergie fossile pour le chauffage des bâtiments, par une isolation soignée. Des tests ont été faits, y compris pour isoler des bâtiments de construction ancienne, et la conclusion est claire : nos besoins en énergie de chauffage peuvent être réduits de 50 à 70 %.
§ Nous pouvons réduire notre consommation de pétrole dans l'industrie, avec des mesures d'économie, de limitation du gaz carbonique rejeté, de remplacement du pétrole par d'autres énergies…
§ Nous pouvons réduire notre consommation de pétrole dans les transports, en augmentant le prix des carburants et en adaptant la réglementation, ce qui obligera les constructeurs et leurs clients à trouver des solutions économiques [8].
En dépensant moins pour le pétrole, nous réduirons aussi les subventions au terrorisme et les coûts de lutte contre lui. Et tout ce que nous avons dit pour le pétrole s'applique au gaz naturel, domaine où notre dépendance est à peine moindre.
A part la réduction des consommations de pétrole et de gaz, nous pouvons aussi étudier la possibilité de transformer le charbon en carburant liquide. Nos réserves de charbon sont pratiquement illimitées, il faut réussir à les transformer à un prix acceptable tout en récupérant le gaz carbonique produit par le processus. Certains pays y travaillent, la Chine par exemple.
Ce texte a une suite : "Irak : chronique d'un désastre annoncé".
[1] The New York Times du 10/01/2007, article "Bush to Propose restoring Iraqi Factories to Create Jobs" http://www.nytimes.com/2007/01/10/world/middleeast/10jobs.html?n=Top%2fNews%2fWorld%2fCountries%20and%20Territories%2fIraq
[2] The New York Times du 10/01/2007, article "U.S. and Iraqis Hit Insurgents in All-Day Fight" http://www.nytimes.com/2007/01/10/world/middleeast/10iraq.html?th=&emc=th&pagewanted=print
[3] Stratégie de sécurité des Etats-Unis en 2003 :
§ La stratégie nationale de sécurité des Etats-Unis d'Amérique (30/09/2002)
§ Commentaires sur la stratégie de sécurité des Etats-Unis (07/08/20003)
§ Pacifistes contre va-t-en guerre : analyse du différend franco-américain sur l'Irak (12/08/2003)
[4] Documents des Nations unies sur les armes de destruction massive de l'Irak :
§ Les armes cachées de l'Irak (22/02/2005)
[5] The New York Times du 02/01/2007, article "Chaos Overran Iraq Plan in ’06, Bush Team Says" http://www.nytimes.com/2007/01/02/washington/02war.html?_r=1&th=&oref=slogin&emc=th&pagewanted=print
La stratégie américaine est résumée par le slogan "clear, hold and build" (nettoyer, sécuriser et reconstruire).
[6] Discours du Président Bush sur la nouvelle stratégie irakienne (10/01/2007) http://www.whitehouse.gov/news/releases/2007/01/20070110-7.html
[7] The New York Times du 12/01/2007, article "New Strategy Vindicates Ex-Army ChiefShinseki" http://www.nytimes.com/2007/01/12/washington/12shinseki.html?_r=1&th&emc=th&oref=slogin - Citation confirmant l'opinion de ce général 4 étoiles sur le nombre de soldats nécessaire pour stabiliser l'Irak après la guerre. Devant le Congrès, le général avait déclaré en 2003, juste avant la guerre :
"« Something on the order of several hundred
thousand soldiers are probably, you know, a figure that would be required to
stabilize Iraq after an invasion », he said.
« We’re talking about post-hostilities control over a piece of geography
that’s fairly significant, with the kinds of ethnic tensions that could lead to
other problems », he added. « And so it takes a significant ground
force presence to maintain a safe and secure environment, to ensure that people
are fed, that water is distributed, all the normal responsibilities that go
along with administering a situation like this. »"
[8] "CNW's 'Dust to Dust' Automotive Energy Report" (où l'on voit que la consommation de carburant de l'utilisateur n'est qu'une des variables du calcul de l'énergie totale consommée par un véhicule depuis sa conception à son recyclage, en passant par sa fabrication et son utilisation, et que les véhicules hybrides sont souvent plus énergivores que des 4 x 4 !)
§ Page d'accueil : http://www.cnwmr.com/nss-folder/automotiveenergy
§ Principe d'évaluation de la dépense énergétique totale par véhicule : http://www.cnwmr.com/nss-folder/automotiveenergy/Dust%20Zip%20Folder.zip
[9] The New York Times du 24/01/2007, article "Iraq Parliament Finds a Quorum Hard to Come By" http://www.nytimes.com/2007/01/24/world/middleeast/24noshow.html?_r=1&th=&oref=slogin&emc=th&pagewanted=print
Extraits traduits :
"Depuis novembre 2006 presque toutes les séances du parlement ont été reportées du fait de l'absentéisme : il y avait parfois seulement 65 parlementaires sur 275 présents, malgré leur salaire et primes de l'ordre de $120 000 par an [somme considérable en Irak, permettant de payer une vingtaine de gardes du corps].
L'absentéisme a pour raisons l'insécurité, mais aussi la perte de confiance des parlementaires dans l'institution et la fragile démocratie du pays ; plus celui-ci s'enfonçait dans le chaos, plus le parlement perdait de son intérêt."
[10] Stratégie de sécurité des Etats-Unis depuis novembre 2005, d'après la Maison blanche - "Iraq National Strategy" - http://www.whitehouse.gov/infocus/iraq/iraq_national_strategy_20051130.pdf
Extraits traduits :
§ Page 1 :
(Titre) "Notre stratégie pour la victoire en Irak : aider les Irakiens à vaincre les terroristes et à construire un Etat démocratique"
"Les étapes de la victoire en Irak :
· A court terme - L'Irak progressera dans sa lutte contre les terroristes, dans la mise en place de ses institutions politiques et démocratiques, et de ses forces de sécurité.
· A moyen terme : L'Irak prendra la tête dans sa lutte victorieuse contre les terroristes et la garantie de sa propre sécurité, sous la conduite d'un gouvernement 100 % constitutionnel et sur la voie d'une pleine réalisation de son potentiel économique.
· A plus long terme : L'Irak sera un pays en paix, uni, stable et sûr, bien intégré dans la communauté internationale et constituant un partenaire à part entière dans la guerre mondiale contre le terrorisme."
A l'évidence, cette stratégie est si complètement déconnectée de la réalité de terrain qu'elle est utopique.
[11] National Intelligence Estimate - "Prospects for Iraq’s Stability: Some Security Progress but Political Reconciliation Elusive" (August 2007)
http://media.mcclatchydc.com/smedia/2007/08/23/14/NIE_of_8_2007.source.prod_affiliate.91.pdf
[12] The New York Times du 26/09/2007, article "Sunni Insurgents in New Campaign to Kill Officials" Voici le début de l'article :
"Sunni Arab extremists have begun a systematic campaign to assassinate police chiefs, police officers, other Interior Ministry officials and tribal leaders throughout Iraq, staging at least 10 attacks in 48 hours."