France 2 et le « retrait progressif » d'Alain Juppé

 

Le journaliste David Pujadas, présentateur du journal de 20 heures de France 2, y a annoncé le 3 février que M. Alain Juppé (ancien Premier ministre, qui venait d'être condamné à 10 ans d'inéligibilité) se retirerait progressivement de la vie politique. A la même heure, au journal de TF1, M. Juppé annonçait le contraire: il resterait au moins jusqu'à ce que son appel soit jugé, vers la fin 2004.

 

Il est clair que M. Pujadas et le directeur de l'information de France 2, M. Olivier Mazerolle, n'ayant pas le privilège de recevoir M. Juppé dans leur journal, ont pris le risque d'annoncer son départ et ont perdu leur pari. En annonçant une nouvelle fausse, ils ont désinformé des millions de téléspectateurs.

 

Ce genre d'attitude est indigne de journalistes. Il les déconsidère et leur fait perdre leur crédibilité. Et il donne une piètre image du service public pour lesquels les téléspectateurs paient une redevance en espérant avoir au moins une information fiable. Le CSA, qui a reçu de nombreuses plaintes de téléspectateurs, devrait prendre des mesures pour empêcher qu'une telle désinformation survienne de nouveau.

 

Craignant l'inévitable discrédit, la société des journalistes (il y en a environ 440) a émis une motion de défiance et demandé une refonte totale de l'organisation du travail, pour échapper à l'autoritarisme de M. Mazerolle et à l'attitude d'état dans l'état de l'équipe de M. Pujadas.

 

M. Mazerolle a donc démissionné de son poste de directeur de l'information, tout en conservant les émissions "100 minutes pour comprendre" et "Question ouverte". Et M. Pujadas a été suspendu pour quinze jours.

 

Cet incident montre à quel point il est insupportable, pour certains journalistes, de ne pas pouvoir aborder un sujet en même temps que des confrères. Il montre aussi leur mépris pour la vérité due à leur public.

 

 

Daniel MARTIN

 

 

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