Terrorisme islamiste : les responsabilités

Mise à jour : 02/10/2006

 

Lors du sommet du soixantième anniversaire des Nations unies, le 14/09/2005, les chefs d'Etat présents n'ont pu se mettre d'accord sur une définition du terrorisme. Ils se sont contentés de le condamner sans préciser ce que c'est, attitude illogique s'il en est.

 

Selon la définition proposée par M. Kofi Annan, le terrorisme est « une action destinée à tuer ou blesser gravement des civils ou des non-combattants, dans le but, par sa nature même ou son contexte, d'intimider une population ou d'obliger un gouvernement ou une organisation internationale à faire une action donnée ou à s'en abstenir. »

 

Aux Nations unies, cette définition, acceptée et recommandée par les démocraties, a été rejetée par les pays musulmans, qui voulaient qu'on définisse aussi comme terrorisme d'Etat l'action d'une armée (par exemple celles d'Israël ou des Etats-Unis) qui attaque des civils. Pour eux, lorsqu'un Palestinien ou un Irakien qui vient de commettre un attentat se réfugie dans une maison où il y a des civils et qu'un hélicoptère israélien ou américain détruit la maison avec un missile, tuant indistinctement l'auteur de l'attentat et les civils qui s'y trouvaient, Israël ou l'Amérique est coupable de terrorisme d'Etat. Pour eux, lorsqu'un Palestinien se fait sauter dans un bus israélien, tuant les civils qui s'y trouvaient, ce n'est pas du terrorisme, c'est de la résistance.

 

En somme, pour ces musulmans tuer des civils non musulmans est de la légitime défense, tandis que tuer des civils musulmans est du terrorisme. Cette thèse considère systématiquement les musulmans comme victimes d'une guerre de religion et d'occupation militaire que leur feraient les « croisés judéo-chrétiens », guerre dans laquelle l'assassinat des civils infidèles est une arme légitime des musulmans. Et tant pis si lors d'un attentat il y a aussi des musulmans victimes collatérales, c'est Allah qui l'a voulu.

 

S'il est absurde et condamnable de considérer tous les musulmans comme terroristes dans des pays occidentaux où il y a eu des attentats islamistes, il est illogique d'exonérer tous les musulmans du terrorisme au bénéfice du doute, ou parce qu'ils constituent en général dans ces pays une population défavorisée.

 

Il faut se rendre à l'évidence : les comportements terroriste et non terroriste ne sont pas mutuellement exclusifs. Des gens qui hébergent ou renseignent des hommes qui préparent un attentat, ou se cachent après en avoir commis un sont des complices du terrorisme. Des imams qui prêchent « la guerre contre les croisés » en enseignant le Coran font de l'incitation au terrorisme. Une personne peut donc avoir une part de responsabilité dans le terrorisme qui tue, mutile et détruit sans avoir fabriqué ou posé une bombe. Sachant combien le terrorisme génère de souffrances chez des innocents, même la non-dénonciation d'un terroriste est une complicité condamnable.

 

Dans les pays où sévit un terrorisme endémique, comme l'Irak, l'Afghanistan ou la Palestine, il peut arriver que des gens soient complices du terrorisme à leur corps défendant, par peur de représailles. Il arrive aussi que des attentats terroristes soient commis par des gens si misérables qu'ils ne peuvent résister à l'appât du gain. La responsabilité est alors celle du gouvernement, qui n'essaie pas d'éradiquer le terrorisme, n'y parvient pas parce qu'il est trop faible, ou laisse recruter et former des terroristes dans des écoles coraniques ou des mosquées.

 

Lorsqu'il n'est pas sous occupation étrangère, un peuple est toujours responsable de ses institutions, parce qu'il les a créées ou les a laissées instaurer. Les musulmans ont donc aujourd'hui les gouvernements qu'ils méritent. A part la Turquie, dont la démocratie est assez proche de la nôtre, les autres pays musulmans sont tous de fausses démocraties ou des dictatures totalitaires. A l'époque du colonialisme cette situation relevait souvent de la responsabilité des colonisateurs, mais de nos jours ce n'est plus le cas : les régimes des pays musulmans, même honnis par leurs peuples, sont le résultat de l'incapacité de ces peuples à se doter d'une démocratie. Leur niveau d'évolution politique est celui que nous, pays chrétiens, avions avant la Révolution. Ce n'est donc pas la religion musulmane qui est en cause, c'est tout simplement le retard d'évolution des sociétés musulmanes, arabes ou autres.

 

Ce sont donc toujours des musulmans qui sont responsables du terrorisme islamiste. Nous occidentaux qui le savons ne pouvons pas nous contenter de constater que « c'est la faute des musulmans, pas la nôtre ». Une telle constatation est stérile, et dangereuse si elle conduit au laisser-faire. Les Anglais, qui ont laissé le communautarisme se développer chez eux pendant des décennies, viennent de le comprendre au prix de dizaines de morts à Londres le 7 juillet 2005. Nous avons choisi de vivre en démocratie, en respectant toutes les croyances sans en privilégier aucune, en accordant les mêmes droits aux femmes qu'aux hommes, et en définissant nos propres lois au lieu d'une loi écrite il y a plus de mille ans dans les textes sacrés d'un peuple primitif. Nous devons à présent défendre ces choix contre les terroristes islamistes qui veulent nous imposer les leurs, c'est-à-dire une théocratie rétrograde et inégalitaire appelée califat.

 

Nous défendre implique d'abord un effort dans nos propres pays, pour que les musulmans qui y vivent s'y sentent bien et non rejetés ou méprisés ; ils constitueront alors la première ligne de défense contre leurs coreligionnaires tentés par le terrorisme. Nous devons accepter les musulmans comme nous acceptons les autres citoyens de notre propre pays, de l'Union européenne, de l'Amérique, etc., sans privilégier ou brimer leur religion, sans lui accorder de place particulière. Lorsqu'ils ont choisi de vivre chez nous et le font en paix, nous ne devons même pas les considérer comme des gens différents par leur qualité d'immigrés.

 

Nous défendre implique ensuite des efforts incessants pour propager la démocratie. Ce n'est pas nous qui pourrons imposer cette démocratie à des peuples qui n'en ont jamais fait l'expérience, c'est la communication : la démocratie s'imposera d'elle-même progressivement aux citoyens qui auront compris qu'elle apporte les droits de l'homme, l'égalité des chances, la fin de l'arbitraire. Elle s'imposera peu à peu avec la télévision, le téléphone et Internet, avec le commerce et les voyages, avec l'aide humanitaire et la lutte antiterroriste.

 

Nous défendre implique enfin une lutte quotidienne contre les islamistes. Nous devrons sacrifier à cette lutte un peu de nos libertés et de notre droit à l'anonymat, et un peu de notre niveau de vie. Le niveau de bien-être acquis dans nos sociétés vaut largement ces sacrifices. Comme les musulmans, nous aussi avons des responsabilités.

Pourquoi des jeunes issus de l'immigration deviennent casseurs ou terroristes

La réponse à cette question est analysée en détail dans le texte http://www.danielmartin.eu/Religion/Pourquoi-Terroristes.htm .

 

Voir aussi l'influence des cultures africaines et maghrébines sur la prédisposition des jeunes à la violence .

 

 

Daniel MARTIN

 

Références

Voir l'analyse détaillée "Le terrorisme islamiste : idéologie, exigences et attentats". On y trouve notamment la définition de tous les termes utilisés ci-dessus : terrorisme, musulman, islamiste, califat, etc.

 

 

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