La culture arabe ennemie de la démocratie

Mise à jour : 18/09/2007

Ce texte explique comment et pourquoi la culture d'un peuple détermine son aptitude à la croissance économique et à la démocratie. L'exemple de l'Irak est analysé pour illustrer le propos et en tirer les conséquences concernant le retrait des armées étrangères d'occupation et les risques de développement du terrorisme.

 

Table des matières

1.    Définitions et notions utilisées dans ce texte. 2

1.1  Valeur. 2

1.2  Culture. 2

1.2.1      Morale. 3

1.3  Inversion de valeurs. 4

1.4  Exemples importants pour la suite de ce texte. 4

1.5  Différences entre culture et religion.. 4

2.    La résistance au changement 5

2.1  Attitudes. 5

2.2  Croyances. 5

2.3  Valeurs. 5

2.4  Attitude face à une difficulté. 6

2.4.1      Culture de type Europe du Nord.. 6

2.4.2      Culture de type latin.. 6

2.4.3      Culture de type arabe. 7

3.    La responsabilité des cultures. 8

3.1  Pays de l'Europe du nord.. 8

3.2  Pays musulmans. 8

3.2.1      Culture de méfiance et d'hostilité transmise aux enfants. 9

3.2.2      L'éducation des enfants dans les pays arabes selon les Nations unies. 10

3.2.3      L'école de la haine. 11

3.2.4      Le non-respect des engagements. 11

3.2.5      Une indifférence aux massacres complice des terroristes. 11

3.3  Culture et nature humaine. 12

3.4  Influence de la culture sur l'économie et la démocratie. 12

3.4.1      La culture des pays d'Europe du Nord.. 13

3.4.2      La culture des pays latins d'Europe occidentale et centrale. 13

3.4.3      La culture des pays arabes et ses conséquences. 14

3.4.3.1.......... Exemple des Palestiniens. 15

3.4.3.2.......... La loi coranique passe avant la loi des hommes, même démocratique. 15

3.4.3.3.......... La démocratie en Afghanistan.. 15

3.4.4      Influence de la culture turque sur l'intégration des Turcs en Allemagne. 15

3.4.5      Le conflit d'Irlande du Nord.. 16

4.    La démocratie. 16

4.1  Le consensus indispensable. 16

4.2  Contrepouvoirs et leur équilibre. 17

4.3  Nécessité d'une démocratie représentative. 18

4.4  Préalables à l'instauration et à la pérennité d'une démocratie. 18

4.4.1      Condition 1 : respect des lois et stabilité. 18

4.4.1.1.......... Situation en Irak. 19

4.4.1.1.1        Le problème religieux  20

4.4.1.1.2        Une armée et une police indignes de confiance  21

4.4.1.1.3        Un échec militaire annoncé par les Américains  21

4.4.2      Condition 2 : un niveau de vie minimum... 22

4.4.2.1.1        Relation entre niveau de vie et pérennité de la démocratie  22

4.4.2.1.2        Les économies reposant sur le pétrole sont déséquilibrées  23

4.4.3      Condition 3 : un choix politique local 24

4.4.4      Condition 4 : une société mûre pour la démocratie. 25

4.4.4.1.......... Incompatibilité culturelle de l'Irak avec la démocratie. 25

4.4.4.2.......... La société n'est pas prête pour la démocratie. 26

4.4.5      Condition 5 : une information de qualité. 27

4.4.6      Conclusion sur la démocratie en Irak. 27

5.    L'erreur des Américains et ce qu'ils peuvent faire à présent 28

5.1  Stratégie actuelle de sécurité : "Clear, Hold, Build". 28

5.2  Stratégie de fuite comme au Vietnam... 29

5.3  Stratégie de partitionnement en 3 états indépendants. 30

6.    Conclusion. 31

7.    Références. 31

 

1.                    Définitions et notions utilisées dans ce texte

1.1                 Valeur

C'est la qualité de ce qui est désiré ou estimé.

Exemples : valeur de la vie humaine ; valeur de l'amour, de la compassion ; valeur du beau, du bien, du juste ; valeur du progrès scientifique ou social ; droits de l'homme ; démocratie ; laïcité ; liberté d'action, d'expression et de conscience ; etc.

 

Toute valeur est en même temps objet de désir et objet d'un jugement : le désir est le moteur, le jugement, l'arbitre. Si l'un de ces deux facteurs disparaît, il n'y a plus de valeur.

1.2                 Culture

§           Au niveau d'un groupe humain, c'est l'ensemble des valeurs, croyances et attitudes partagées par les membres du groupe (peuple, fidèles d'une religion, etc.) depuis suffisamment longtemps pour qu'ils les aient intériorisées (c'est-à-dire que ces valeurs, croyances et attitudes leur paraissent inconsciemment indiscutables). Ce partage résulte :

·            de l'histoire commune ;

·            de l'environnement géographique et climatique où le groupe vit depuis des générations ;

·            de la (ou les) religion(s) les plus répandues dans le groupe ;

·            de l'éducation transmise aux enfants par les parents ou l'enseignement ;

·            des informations diffusées par les media ;

·            des formes d'art dominantes depuis des décennies (littérature, danse, architecture, cinéma, etc.) ;

·            des coutumes sociales, etc.

La culture d'un groupe humain est en rapport avec l'ethnie, définie par son héritage socioculturel (en particulier la langue), l'espace géographique et la conscience de ses membres d'appartenir à un même groupe.

§           Au niveau d'une personne, la culture résulte de celle de son groupe, qui lui a transmis ses valeurs, croyances et attitudes, ainsi que des connaissances et expériences issues de sa propre vie.

Mais la culture d'une personne est sans rapport avec sa couleur de peau ou d'autres caractéristiques provenant de sa naissance : c'est une caractéristique transmise par la vie en société. Il n'y a donc pas de rapport entre culture et race. Du reste, la notion de race est trop vague pour pouvoir être définie d'une manière utilisable : la génétique moderne montre que les différences biologiques entre races n'ont rien d'absolu, tous les hommes ayant un patrimoine héréditaire commun.

 

Dans ce texte, nous considérons les Arabes du seul point de vue culturel, sans aucune considération raciale. Et nous n'oublierons pas qu'une personne donnée, quelle que soit sa culture, peut avoir beaucoup de différences avec l'individu-modèle de sa culture ; exemple : l'Arabe-type a une culture d'hostilité (ce texte développe ce point), mais j'ai des amis arabes qui sont amicaux et toujours prêts à aider autrui ; c'est pourquoi j'éprouve de l'estime et de l'amitié pour eux.

1.2.1             Morale

La morale, ensemble des règles de la vie en société - qu'elles soient ou non confirmées par la loi - fait partie de la culture. Voici ce que [38] dit de la morale page 36 :

"… la morale ne relève ni d'une décision ni d'une création. Chacun ne la trouve en lui qu'autant qu'il l'a reçue (et peu importe au fond que ce soit de Dieu, de la nature ou de l'éducation) et ne peut en critiquer tel ou tel aspect qu'au nom de tel ou tel autre (par exemple la morale sexuelle au nom de la liberté individuelle, la liberté au nom de la justice, etc.). Toute morale vient du passé : elle s'enracine dans l'histoire, pour la société, et dans l'enfance, pour l'individu. C'est ce que Freud appelle le « surmoi », qui représente le passé de la société, disait-il, au même titre que le « ça » représente le passé de l'espèce."

1.3                 Inversion de valeurs

C'est un phénomène psychologique commun à tous les hommes. Lorsqu'il se sent inférieur à un autre, un individu à tendance à nier la réalité de cette supériorité en inversant la valeur qu'elle représente. Dans les cas extrêmes, cette inversion de valeurs peut entraîner des comportements antisociaux ou même terroristes. Ce comportement, extrêmement important à comprendre du fait de ses conséquences redoutables dans les sociétés arabes et les comportements terroristes, est expliqué en quelques pages dans la partie de l'étude [10] qui commence au paragraphe "La comparaison de chacun à autrui". Nous vous encourageons vivement à en prendre connaissance avant de lire la suite.

 

Un exemple d'inversion de valeurs est donné par l'article [36], qui cite un des terroristes anglais responsables des attentats de juillet 2005 à Londres :

"Nous aimons la mort autant que vous aimez la vie".

1.4                 Exemples importants pour la suite de ce texte

Pour apprécier l'importance des valeurs fondamentales sur lesquelles sont basées les diverses cultures, nous fournissons ci-dessous dans [5] des exemples de valeurs morales et de droits de l'homme tels que les reconnaît la communauté internationale. Nous y ajoutons des exemples d'attitudes des terroristes islamistes, des néonazis et des casseurs par rapport à ces valeurs. Nous vous conseillons de leur consacrer quelques instants.

1.5                 Différences entre culture et religion

La culture définie ci-dessus est influencée par les valeurs, les croyances et les règles de comportement prônées par la religion, mais il ne faut pas la confondre avec la religion.

 

Nous verrons ci-dessous que la culture dominante des pays arabes nuit gravement, depuis des siècles, aux progrès économique et à la démocratie, créant ainsi un retard important de ces pays par rapport aux pays d'Europe, d'Amérique, de l'Extrême-Orient, etc. Nous citerons à ce propos l'exemple de l'Irak.

        Mais à aucun moment nous ne pourrons affirmer que c'est la religion musulmane qui est en cause, et qu'elle empêche le progrès économique ou démocratique. En fait, elle n'est ni mieux ni moins bien placée sur ces points que les religions chrétienne et juive ; c'est la manière dont les hommes interprètent ses commandements - ou même s'en servent comme prétexte dans le cas des terroristes - qui fait qu'une religion apparaît bienfaisante ou malfaisante.

 

Il ne faut pas, non plus, examiner la culture du seul point de vue de son influence sur le progrès de l'économie et de la démocratie. Nous le faisons dans ce texte parce que c'est notre sujet, mais il ne faut pas oublier, par exemple, que la culture arabe a produit dans le passé des œuvres de très grande valeur, en architecture, littérature, peinture et philosophie, pour ne citer que ces exemples-là.

2.                    La résistance au changement

Vu la rapidité d'évolution de notre monde d'aujourd'hui et la nécessité pour chaque pays de s'y adapter, une des caractéristiques les plus importantes d'une culture est son influence sur l'évolution économique et politique du pays. La culture y contribue-t-elle aux progrès de l'économie et de la démocratie, ou freine-t-elle ces progrès ? Pour répondre à cette question, nous examinons successivement les trois dimensions de la culture que sont les attitudes, les croyances et les valeurs.

2.1                 Attitudes

L'attitude d'un groupe humain face à une personne ou une politique résulte d'une opinion ; elle peut changer assez rapidement.

Exemple : en l'espace d'une mandature (5 ans en France) l'attitude des Français vis-à-vis de la majorité au pouvoir a changé systématiquement depuis 1981 ; à chaque élection générale, le gouvernement et la majorité en place ont été sanctionnés, avec basculement de droite à gauche et inversement.

 

L'attitude d'un individu vis-à-vis des autres est extrêmement importante : dans certains pays comme ceux de Scandinavie, chacun respecte profondément l'autre, y compris dans ses différences. Dans d'autres pays, l'attitude envers l'autre est en général hostile ; c'est le cas dans les pays arabes et, dans une moindre mesure, en France [3].

2.2                 Croyances

Une croyance est une opinion plus fermement enracinée que celle à l'origine d'une attitude ; elle change donc moins facilement et moins vite.

 

C'est ainsi que beaucoup de Français croient à certains mythes économiques, comme celui du pouvoir de l'Etat de créer des emplois dans n'importe quelle région à n'importe quel moment, et celui de distribuer des revenus comme s'il fabriquait l'argent au lieu de le prendre aux contribuables. Ces deux mythes remontent chez nous au 17ème siècle, époque ou le Roi distribuait des charges de serviteur de l'Etat et des pensions.

 

De toutes les croyances, ce sont les croyances religieuses qui sont les plus stables : par exemple, rares sont les croyants qui deviennent athées ou inversement. Et les religions ont l'habitude de prêcher les mêmes croyances depuis des siècles.

2.3                 Valeurs

Les valeurs sont la base des opinions les plus stables. Il est fréquent qu'elles résistent au passage des siècles.

 

C'est ainsi que beaucoup de valeurs morales définies par l'héritage judéo-chrétien il y a deux mille ans sont toujours admises aujourd'hui par l'immense majorité des hommes. Celles définies par le Coran il y a plus de mille ans forment toujours la base de la culture des musulmans d'aujourd'hui, même lorsqu'ils ne sont guère pratiquants. La démocratie, « inventée » par les Grecs il y a environ 25 siècles, est toujours une valeur d'actualité, même si la démocratie moderne implique le suffrage universel qui n'existait pas à l'origine.

L'article [33] cite un livre publié en 1970 par un natif de Bagdad, "The Kingdom of Iraq: A Retrospect", où on trouve une description de la situation en Irak identique à celle d'aujourd'hui : des luttes incessantes entre sunnites et chiites, des massacres de population, des guerres tribales et claniques, des assassinats, de la corruption et de la haine. On y trouve aussi la citation d'un rapport de 1936 des Britanniques (qui gouvernaient l'Irak à l'époque sous mandat), rapport qui notait déjà que le gouvernement irakien ne serait jamais capable de traiter ses citoyens de manière impartiale en respectant les lois, mais qu'il gouvernerait toujours en se basant sur du favoritisme tribal et des copinages.

On voit que le comportement des Irakiens d'il y a 70 ans, basé sur leurs valeurs, était déjà celui d'aujourd'hui : les valeurs d'un peuple ne changent que très, très lentement.

 

Nous décrirons ci-dessous trois types de culture (Europe du Nord, pays latins, pays arabes) pour en évaluer l'impact sur l'économie et la démocratie dans les pays où chacune de ces cultures est dominante. Mais nous avons besoin, auparavant, d'un important critère de comparaison des cultures : l'attitude des personnes qui en sont imprégnées face à une difficulté.

2.4                 Attitude face à une difficulté

Les individus imprégnés de l'une des trois cultures types citées ci-dessous (Europe du Nord, pays latins, pays arabes) ont des attitudes différentes face au problème suivant, extrêmement fréquent dans la vie d'une personne : comment réagir face à une grave difficulté ou un événement menaçant.

§           Les personnes imprégnées d'une culture de l'Europe du Nord ont tendance à se poser la question : « Où me suis-je trompé pour me mettre ainsi en difficulté (ou pour handicaper ainsi mon avenir) ? Que dois-je faire à présent pour m'en sortir ? ».

§           Les personnes imprégnées d'une culture latine ont tendance à se demander : « Quelle est la loi, le parti politique, le syndicat, le groupe social ou l'entreprise qui me lèse ou m'agresse ainsi ? Que dois-je réclamer à l'Etat (loi, subvention, répression, etc.) pour que cesse cette injustice à mon égard ou cette menace ? »

§           Les personnes imprégnées d'une culture arabe ont tendance à se demander : « Qui est coupable de ce qui m'arrive ou peut m'arriver ? Contre qui dois-je lutter pour mettre un terme à cette insulte à mes droits ou ma religion ? »

2.4.1             Culture de type Europe du Nord

Les membres de ce premier groupe ont tendance à se prendre en charge, à compter sur eux-mêmes pour s'en sortir, à adopter une attitude dynamique, entreprenante, face à la difficulté. C'est d'autant plus facile que le travail ne leur fait pas peur.

        Les statistiques économiques montrent que les pays dans lesquels ils sont majoritaires sont ceux qui ont le plus de croissance, le moins de chômage et la démocratie la plus vivante.

2.4.2             Culture de type latin

Les membres de ce deuxième groupe ont tendance à se tourner vers l'Etat pour résoudre leurs problèmes. S'ils ont une culture de consensus comme les Allemands, ils négocient une solution acceptable pour toutes les parties. S'ils ont une culture d'affrontement comme les Français, ils manifestent ou font grève, pour obtenir par la pression de la rue et diverses violences ce que leurs parlementaires et leur gouvernement ne leur ont pas accordé par la loi. Comme ils préfèrent les loisirs au travail, ce n'est pas dans l'effort personnel qu'ils cherchent une solution : Allemands ou Français cherchent à obtenir le maximum de subventions, d'exemptions de charges ou d'impôts, de services publics bon marché ou gratuits. En somme, ils se comportent comme des enfants qui demandent à leur mère, l'Etat, de résoudre leurs problèmes et de mettre au pas leurs adversaires et leurs concurrents.

        Les statistiques économiques montrent que les pays dans lesquels ils sont majoritaires ont une économie stagnante depuis des décennies, un chômage important et structurel (c'est-à-dire incompressible sans évolution majeure des comportements économiques) et une démocratie souvent bafouée.

2.4.3             Culture de type arabe

Les membres de ce troisième groupe ont tendance à accuser systématiquement autrui de la responsabilité de leurs problèmes. Ces responsables sont les Américains, les juifs, les pays colonisateurs, la tribu voisine, l'autre secte (les chiites pour les sunnites ou vice-versa), etc. [41]

 

Les peuples de culture arabe préfèrent mourir plutôt que d'admettre qu'ils ont tort, comme les Palestiniens du Hamas qui préfèrent se laisser réduire à la famine et à la misère par la communauté internationale dont les subventions leur sont indispensables, plutôt que d'admettre le droit d'Israël d'exister ; en somme, à leurs yeux, leur vie et la souffrance de leurs familles ne pèsent rien à côté du principe de haine des Israéliens et de nécessité de les vaincre. L'objectivité de reconnaître qu'après 50 ans de défaites infligées par Israël - et le simple pragmatisme - voudraient qu'ils se comportent comme les Arabes israéliens, qui vivent en paix et de manière prospère à côté des juifs. L'habitude de rejeter la responsabilité des problèmes sur « les autres » déresponsabilise l'individu, qui se considère comme victime sans chercher d'action positive pour remédier au problème.

 

 

Pays arabes (source : Nations unies)

 

 

Les statistiques économiques et politiques [2] montrent que ces pays sont dans la misère depuis des siècles, les richesses étant confisquées par une minorité de dirigeants tyranniques et corrompus, ou par les chefs de tribu et leurs proches. Comme le pétrole n'a jamais, dans aucun pays, procuré du travail à une partie importante de la population, le chômage y est énorme, les inégalités colossales. Aucun pays arabe n'est démocratique, aucun ne respecte la liberté d'expression ; les citoyens peuvent en général être arrêtés et emprisonnés - voire torturés - avec des parodies de jugement, etc. Saddam Hussein a assassiné plus de 100 000 opposants Kurdes et chiites irakiens.

3.                    La responsabilité des cultures

Les valeurs morales (celles qui gouvernent les relations sociales) inculquées à l'enfant puis l'adolescent dépendent fortement de la culture traditionnelle de la société d'où proviennent ses parents et de celle(s) de ses camarades de jeu.

3.1                 Pays de l'Europe du nord

Dans ces pays, les sociétés sont ouvertes : chaque individu apprend depuis son plus jeune âge à être honnête, à aimer la vérité et la justice, à respecter les autres et à leur faire confiance ; il apprend tout cela si bien qu'il intériorise ces règles et ne conçoit plus ses rapports avec la société, par la suite, que dans un cadre de vérité et de justice, d'honnêteté, de respect d'autrui et de confiance. C'est pourquoi ces sociétés sont si consensuelles, si démocratiques et si solidaires ; c'est aussi pourquoi ces pays arrivent toujours en tête dans les classements mondiaux de la démocratie et de l'absence de corruption.

3.2                 Pays musulmans

Dans les pays musulmans, et d'ailleurs dans beaucoup de pays pauvres, les sociétés sont closes : les membres d'un groupe détestent, rejettent violemment et même combattent les individus qui n'appartiennent pas au groupe. Comme l'expliquait M. Antoine Sfeir [16] dans une émission "C dans l'air", la mentalité arabe des relations entre personnes peut se résumer par la règle des « cercles de confiance » :

Règle des cercles de confiance :

"Moi contre mon frère ; moi et mon frère contre mon cousin ; moi, mon frère et mon cousin contre l'étranger."

Dans ces sociétés, la méfiance et l'hostilité règnent. Il y a des « cercles concentriques de confiance » : famille proche, tribu, secte religieuse, pays, communauté musulmane supranationale de l'umma.

§           Voici la traduction d'une phrase de l'article [32] prononcée par un habitant de Bagdad :

"Quand quelqu'un s'oppose à moi, je lui ferme la bouche avec ma chaussure, j'enfonce une chaussure dans sa gorge, je le frappe à coups de chaussure, etc. Nous vivons aujourd'hui dans une culture de la chaussure."

Il faut savoir que la chaussure est un symbole de haine et de mépris très fort chez les Arabes.

§           Chaque tribu se méfie des autres et défend son territoire, sa zone d'influence et ses privilèges contre les autres ;

§           Depuis plus de mille ans les sunnites détestent les chiites et inversement, au point qu'en Irak ces deux communautés de musulmans s'entretuent par attentats-suicides et massacres perpétrés par des commandos de la mort ;

§           Les policiers chiites irakiens interviennent rarement pour protéger des familles sunnites attaquées ou rançonnées par des chiites ;

§           Les Irakiens, les Afghans et les Pakistanais détestent les étrangers parce qu'ils sont étrangers (xénophobie) ou parce qu'ils ne sont pas musulmans ;

§           En Irak, personne ne fait plus confiance à personne. La police et l'armée sont infiltrées par des taupes qui trahissent sans cesse en prévenant les cibles des interventions. Les chefs de tribu font allégeance au gouvernement le temps de recevoir des subventions, puis le trahissent en soutenant des terroristes. Les fonctionnaires des ministères pillent les crédits de leur ministère. Les milices armées se constituent et se décomposent sans arrêt en sous-milices qui pillent, rançonnent et tuent pour leur propre compte.

L'extrait d'article [32] sur Bagdad contient la phrase (traduite) :

"De nos jours, Bagdad est torturée de haine, paralysée par la suspicion, et la crainte a obligé beaucoup de gens à partir."

§           Il n'y a plus aucun respect de la parole donnée, même par écrit : le gouvernement palestinien issu du Hamas refuse de reconnaître les accords internationaux conclus par le gouvernement précédent du président Arafat, pourtant démocratiquement élu, concernant le processus de paix avec Israël. Le gouvernement libanais ne fait rien pour désarmer le Hezbollah, malgré son engagement envers la communauté internationale pris aux Nations unies à l'occasion de la résolution 1701.

 

On peut aussi citer la situation en Algérie, au Pakistan, au Yémen, en Turquie (problème Kurde), en Indonésie où la guerre civile ne cesse jamais, au Soudan, etc. C'est pourquoi les pays musulmans sont toujours très mal classés en matière de démocratie et de corruption [12]. Le seul qui soit en train de sortir du cercle infernal de l'hostilité systématique est la Turquie, qui aura mis près d'un siècle à y parvenir, après la révolution laïque musclée d'Atatürk.

 

On peut enfin citer la situation aux Etats-Unis, où l'article [40] décrit de nombreux affrontements violents entre musulmans américains d'origine chiite et sunnite, avec attaques de mosquées, conflits dans les universités, sunnites partisans de Saddam Hussein et chiites ravis de son exécution. Il décrit aussi des Américains d'origine irakienne sunnite qui se considèrent plus comme Irakiens que comme Américains, en contradiction flagrante avec les millions d'immigrants qui ont peuplé les Etats-Unis et l'ont adopté comme première patrie.

3.2.1             Culture de méfiance et d'hostilité transmise aux enfants

Dans les pays d'origine comme dans les pays d'immigration, un jeune issu de parents musulmans a donc beaucoup plus de chances d'apprendre à se méfier des autres et à les détester qu'à leur faire confiance, les respecter et se sentir solidaire d'eux. Il a plus de chances de considérer la vérité et la justice comme privilèges de la force. Il a plus de chances qu'un jeune Suédois d'apprendre à « se débrouiller » pour gagner de l'argent, quitte à ce que ce soit au détriment de ses voisins ou de l'Etat, quitte à violer la loi.

Un exemple étonnant de la différence de respect de la loi par des ressortissants de pays divers est exposé en quelques lignes ci-dessous dans [13].

 

En résumé, les jeunes issus de cultures hostiles ont des barrières morales beaucoup plus faibles que ceux qui sont issus de cultures où depuis toujours il y a une forte pression sociale intériorisée pour le respect de la morale. En France, où se mélangent des origines culturelles très diverses, on trouve donc tous les degrés d'ouverture et d'intériorisation du respect social. Et lorsqu'un jeune n'a pas intériorisé une forte barrière morale, il a des chances de devenir casseur ou terroriste.

3.2.2             L'éducation des enfants dans les pays arabes selon les Nations unies

Le rapport du Programme de développement des Nations unies intitulé "Arab Human Development Report 2003" (voir extrait [14]) affirme que l'habitude la plus répandue en matière d'éducation des enfants dans les familles de culture arabe associe autoritarisme et surprotection. Il en résulte chez les enfants une aptitude réduite à l'indépendance, un manque de confiance dans les autres et des rapports inefficaces avec eux ; les enfants ont une propension à la passivité et une aptitude incertaine à la prise de décision.

 

L'aptitude réduite à l'indépendance réduit la capacité des jeunes à penser par eux-mêmes, et accroît la possibilité de se laisser influencer par des islamistes ou des caïds qui prêchent le rejet de la société occidentale et la violence.

 

L'expression « manque de confiance dans les autres » est une manière diplomatique de décrire la méfiance des Arabes pour « l'autre » dans le cadre de leurs « cercles de confiance » décrits ci-dessus. Et l'expression « rapports inefficaces avec eux » confirme leur hostilité systématique pouvant aller jusqu'à la violence.

 

L'expression « propension à la passivité » confirme la passivité qui résulte de l'attitude de victime, qui accuse « un autre » au lieu de résoudre son problème.

 

L'expression « aptitude incertaine à la prise de décision » stigmatise une caractéristique de l'éducation musulmane traditionnelle que nous n'avons pas encore abordée. L'enseignement dans les pays musulmans consiste d'abord et surtout à apprendre à lire le Coran suffisamment pour pouvoir en réciter par cœur le maximum de passages. Dans son esprit, cet enseignement prédispose à accepter sans discuter le texte de ce Saint Livre, y compris lorsqu'il comprend des contradictions, ce qui est fréquent, « car la parole d'Allah qu'il exprime n'a pas à se soumettre à la critique de notre logique humaine limitée ».

        La langue arabe littéraire, dont le Coran constitue le texte fondateur, a été conçue dès l'origine pour être belle et poétique, mais pas pour permettre une précision d'expression convenant à la pensée logique et déductive. Elle limite par sa structure même la création de néologismes, d'où d'énormes difficultés pour évoluer avec les connaissances scientifiques, sociologiques, etc. Un apprentissage basé sur le Coran et la mémorisation de son texte sans discussion critique conduit à une pensée peu rigoureuse. Nous savons, en effet, que l'élaboration de la pensée ne peut se passer des mots et expressions de la langue, et qu'une langue qui ne contient pas certains mots - ou interdit certaines associations de mots - rend difficile l'élaboration de certains concepts. Cela explique la difficulté de traduire en arabe des ouvrages très abstraits (de philosophie, sociologie ou médecine, par exemple) et le nombre extrêmement réduit des traductions de textes occidentaux mis à disposition des intellectuels arabes [15]. C'est aussi une des raisons du nombre extrêmement faible de scientifiques dans les peuples arabes, des innombrables affirmations sans fondement de leurs media [17] [18], ainsi que des positions souvent illogiques des populations et des politiciens arabes et de leur incapacité à trouver sur quoi s'entendre.

 

La propension à la révolte violente des casseurs et terroristes de culture musulmane s'explique donc aussi par la langue arabe, peu favorable à une pensée rationnelle et rigoureuse.

3.2.3             L'école de la haine

L'article [37], écrit par une jeune musulmane, confirme de nombreux autres témoignages selon lesquels dans certains pays arabes on enseigne systématiquement aux enfants la haine des Juifs. Comme les enfants et adolescents sont particulièrement réceptifs à l'enseignement, ils absorbent et intériorisent cette culture de haine. Et lorsque certains deviennent des imams qui viennent en Europe prêcher dans les mosquées, on voit mal comment ils pourraient propager un islam républicain. Et comme il est extrêmement difficile de faire changer d'avis des adultes qui ont une certitude depuis l'enfance, on ne voit pas comment nous pourrions les convaincre que la démocratie et la laïcité (neutralité vis-à-vis des religions et opinions philosophiques) font plus pour le bien de l'humanité que la haine systématique.

3.2.4             Le non-respect des engagements

Les cessez-le-feu signés entre factions palestiniennes rivales se comptent par dizaines et n'ont jamais été respectés plus de quelques jours. L'Autorité palestinienne d'Arafat a conclu des accords de paix que le gouvernement du Hamas ne reconnaît plus. Le gouvernement Irakien du Premier ministre Maliki a fait une quantité de promesses qu'il n'a jamais tenues : amnistie des baasistes, désarmement des milices, purge des ministres corrompus, etc.

 

Ces exemples illustrent une conséquence de la culture d'hostilité et de mépris des Arabes : un homme qui déteste les autres n'a aucune raison de respecter sa parole et de tenir ses promesses, puisqu'il méprise l'opinion que ceux envers qui il s'est engagé auront de lui. Une loi peut donc être votée, un accord peut être signé, un dirigeant peut promettre au nom de ceux qu'il dirige, sans que ces engagements soient respectés.

3.2.5             Une indifférence aux massacres complice des terroristes

L'article [39] compare les manifestations massives de haine dans l'ensemble du monde musulman suscitées par les dessins injurieux à l'égard du Prophète publiés par un journal danois - manifestations accompagnées du meurtre d'une religieuse chrétienne et de diverses autres agressions - et l'absence de réaction face aux meurtres quotidiens d'une centaine d'Irakiens musulmans par d'autres musulmans, les uns chiites, les autres sunnites.

 

L'espoir d'un avenir pour l'Irak ne peut venir de la stratégie contreterroriste de l'administration Bush, si les musulmans eux-mêmes demeurent des nihilistes qui ne condamnent pas le meurtre de musulmans par d'autres musulmans. Les musulmans commencent tous leurs discours et textes par « Au nom d'Allah, clément et miséricordieux » sans prendre modèle sur leur prophète dans leur attitude vis-à-vis de coreligionnaires.

 

Si les Arabes peuvent protester contre les insultes des étrangers mais pas contre les meurtres d'autres Arabes, comment accéderont-ils à la démocratie, qui exige de chacun le respect des droits et opinions des autres ?

3.3                 Culture et nature humaine

Les attitudes répandues de méfiance et d'hostilité à l'égard des autres ne sont pas propres à la culture arabe ou à des cultures particulières : elles sont le propre de l'homme lui-même, et depuis toujours. Déjà, au XVIIe siècle - et pour ne citer que ces deux exemples :

§           Le philosophe anglais Hobbes avait noté que "l’homme est un loup pour l’homme", que chaque homme considère les autres comme des concurrents pour l'accès aux biens et aux positions sociales, que chacun est prêt à utiliser la force ou la ruse pour réaliser ses désirs, se comportant ainsi comme un animal dans la jungle.

§           Pour le philosophe juif hollandais Spinoza, l'homme est esclave de ses désirs. Chaque désir étant contagieux, il déclenche le même désir chez d'autres, d'où les rivalités, la haine et la violence entre les hommes.

 

Une société comme celle des pays d'Europe du Nord, qui a une culture où ces attitudes instinctives de méfiance et d'hostilité sont inhibées par des règles de comportement individuel intériorisées, règles qui rendent les hommes naturellement confiants, tolérants, honnêtes et amicaux, est simplement une société plus évoluée qu'une autre où la plupart des hommes sont méfiants et hostiles.

 

Il n'y a pas de raison de penser que les sociétés aujourd'hui primitives, comme celles des pays arabes, ne parviennent pas un jour à un stade d'évolution comme celui dont profitent des Finlandais, des Norvégiens ou des Suédois.

 

En France, la méfiance entre les citoyens, et entre l'Etat et ceux-ci, est illustrée par la complexité unique au monde de notre système de textes législatifs et réglementaires : comme personne ne fait confiance à personne, chacun de nos citoyens veut des lois qui contraignent les autres. Et comme à chaque événement inquiétant on veut répondre par un texte officiel, nous sommes aussi les champions de l'instabilité des textes. Enfin, comme énormément de litiges ponctuent notre vie en société, le nombre annuel de procès est considérable et en constante augmentation.

        On peut espérer que la société française, aujourd'hui à un niveau d'évolution intermédiaire entre les sociétés d'Europe du Nord et les sociétés arabes, évolue elle-même vers plus de respect de chacun pour les autres ; un signe encourageant est le développement dans notre pays des signes (et des lois) de solidarité : Sécurité sociale, transferts sociaux, commerce équitable, téléthon, restos du cœur, bénévolat, etc.

3.4                 Influence de la culture sur l'économie et la démocratie

En définissant les valeurs, croyances et attitudes, la culture d'un peuple influence fortement ses choix de société. La culture définit les espoirs, les ambitions, les craintes et les attitudes face aux événements et aux décisions politiques. C'est ainsi qu'en France, l'attitude de solidarité et de compassion prend de plus en plus d'importance depuis quelques décennies : les citoyens veulent que l'on secoure les malades, les seniors, les pauvres. Ils veulent aussi de plus en plus d'égalité de revenus, de droits, d'accès aux emplois et au logement. Ils veulent de moins en moins de travail et de plus en plus de loisirs.

        Toutes ces attitudes définissent un modèle social français auquel nos citoyens sont attachés. Ce modèle fait partie de notre culture et nous distingue, par exemple, du modèle anglo-saxon, où les individus doivent davantage se prendre en charge et compter moins sur l'Etat.

 

Nous allons voir - et c'est le thème central de ce texte - que la culture est l'élément fondamental de l'aptitude d'un peuple à la démocratie et à la prospérité économique.

 

Revenons donc sur les trois exemples de culture déjà cités, en simplifiant délibérément leur description pour plus de clarté.

3.4.1             La culture des pays d'Europe du Nord

Cette culture valorise le travail et l'épargne, donc l'investissement qui permet aux entreprises de financer leur développement et l'offre de produits innovants. Dans cette culture, les gens ont tendance à ne pas dépenser plus qu'ils ne gagnent, à emprunter peu et de préférence pour des achats porteurs d'avenir comme le logement. La richesse étant une valeur sociale appréciée, il y a beaucoup d'entrepreneurs dynamiques, qui travaillent dur pour gagner de l'argent et construire leur avenir. Les pays qui ont cette culture sont ceux dont l'économie est la plus florissante : pays scandinaves, Royaume-Uni, Etats-Unis, Irlande, Pays-Bas, etc.

 

La démocratie y est également très forte, chaque citoyen respectant profondément :

§           les autres, donc leur droit de s'exprimer et de participer au gouvernement ;

§           l'Etat de droit, avec sa législation, sa justice et son gouvernement. (Nous avons illustré ce respect dans l'exemple [13].)

3.4.2             La culture des pays latins d'Europe occidentale et centrale

La France et l'Italie font partie de ces pays, mais aussi l'Allemagne, qui a hérité sa culture du Saint Empire Romain Germanique [1]. Dans ces pays, le travail est aujourd'hui une valeur moins prisée que naguère. Au lieu de travailler dur pour créer plus de richesse, comme les citoyens d'Europe du Nord, les citoyens des pays latins d'Europe et ceux d'Europe Centrale préfèrent travailler moins et manifester bruyamment pour que l'Etat leur alloue de quoi vivre. (Rappel : je force le trait pour être clair !).

 

En somme, on préfère répartir le peu de richesse qu'on a plutôt que de créer de la richesse supplémentaire en travaillant plus (exemple : les "35 heures", qui répartissent un travail supposé n'exister qu'en quantité finie, ce qui est faux). On aime mieux être fonctionnaire qu'entrepreneur, pour ne pas prendre trop de risques. On déteste les riches et on les envie. C'est pourquoi notre économie stagne, alors que celles d'Europe du Nord progressent.

 

La démocratie est aussi moins bien respectée dans ces pays que dans ceux d'Europe du Nord, parce que les citoyens se respectent moins les uns les autres et respectent moins l'Etat, les lois, le gouvernement et leurs propres parlementaires.

3.4.3             La culture des pays arabes et ses conséquences

Nous avons vu ci-dessus que cette culture est close, c'est-à-dire que les personnes qui en sont imprégnées ont tendance à l'hostilité vis-à-vis des autres dans le cadre de « cercles de confiance ». Nous pouvons immédiatement en déduire que cette culture n'est pas favorable à la démocratie, qui exige que chaque individu respecte l'opinion de chacun des autres, son droit à s'exprimer dans les media et en votant, à jouir des mêmes privilèges, à avoir les mêmes devoirs.

 

Nous avons aussi vu que cette culture encourage chacun de ceux qu'elle imprègne à accuser les autres des problèmes, plutôt qu'à accepter une part de responsabilité dans les difficultés et à agir par lui-même de manière volontariste pour les résoudre.

 

Ces deux attitudes (hostilité et passivité) expliquent l'incapacité historique des pays arabes à accéder à la démocratie. Ils ont toujours souffert de régimes tyranniques et corrompus, et les rares "républiques" qu'on a tenté d'y instaurer (République Arabe Unie de Nasser en 1958, regroupant l'Egypte, la Syrie et le Yémen ; république de Lybie…) ne respectaient ni la démocratie, ni les droits de l'homme, ni la liberté d'expression. Méfiantes et hostiles, les personnes de culture arabe ont toujours eu et ont encore d'immenses difficultés à travailler ensemble plutôt qu'à se disputer, voire se combattre et s'entretuer comme en Irak aujourd'hui.

 

L'impossibilité culturelle pour la population irakienne de s'entendre et de cohabiter dans le cadre d'une démocratie est connue depuis au moins 82 ans, à en juger par le rapport à la Société des Nations (l'organisation internationale qui a précédé les Nations unies actuelles, fondées en 1945) cité dans [46]. Les chiites et les sunnites irakiens ne conçoivent leurs rapports que sous forme de domination brutale imposée par le plus fort au plus faible, exactement comme sous Saddam Hussein et comme je l'explique dans ce texte.

 

Le rapport 2006 de Transparency International [34] est accablant en ce qui concerne la corruption en Irak, 3ème pays le plus corrompu du monde sur 163 pays, après Haïti et le Myanmar (Birmanie). Le Soudan, autre pays arabe, est 156ème, le Yémen 111ème, la Lybie 105ème, la Syrie 94ème. Les 3 pays les moins corrompus du monde sont la Finlande, l'Islande et la Nouvelle Zélande. La France est 18ème, moins bien classée que le Royaume-Uni, mais mieux que les Etats-Unis.

 

Nous avons aussi vu que la culture familiale transmise aux jeunes et l'enseignement basé sur le Coran n'étaient guère propices au raisonnement logique et objectif. Les rapports des Nations unies [2] nous apprennent que le nombre de scientifiques et d'ingénieurs arabes est insignifiant, le nombre de brevets et de publications scientifiques est très voisin de zéro : voilà qui n'est guère favorable à la naissance d'une industrie et aux services associés, activités qui constituent la base des économies modernes.

        Certains pays arabes disposent de pétrole, mais les industries pétrolières et les services associés ne peuvent employer que très peu de main d'œuvre. C'est pourquoi la pauvreté sévit dans ces pays, pauvreté encore aggravée par des natalités record, de l'ordre de 5 enfants par femme.

3.4.3.1                        Exemple des Palestiniens

Fin 2006 les Palestiniens s'affrontent, les partisans du Hamas au pouvoir se battant contre ceux du Fatah en faisant des dizaines de morts et de blessés. Il s'agit là d'une petite guerre civile sans rapport avec des tribus différentes ou des religions différentes. C'est une simple lutte de pouvoir et, souvent, une guerre de gangs.

 

Cette guerre sanglante et sauvage - on a même mitraillé des enfants - ne s'explique que par la culture d'hostilité de beaucoup de Palestiniens, dont chacun déteste « l'autre », ne lui fait pas confiance et cherche à le dépouiller si possible. Cette culture s'oppose à la démocratie, qui suppose un minimum de respect de l'autre et de son opinion en tant que citoyen, ainsi que le respect des lois. Croire que l'organisation d'élections démocratiques créera les conditions de la démocratie dans ce pays est une illusion partagée, hélas, par une majorité de politiciens occidentaux.

3.4.3.2                        La loi coranique passe avant la loi des hommes, même démocratique

Toutes les statistiques dont j'ai connaissance concernant l'attitude face aux lois des musulmans vivant dans un pays démocratique (notamment [29]) vont dans le même sens : lorsqu'on demande à ces musulmans s'ils respectent en priorité la loi coranique (charia) ou la loi issue des institutions démocratiques du pays où ils vivent, une forte proportion dit qu'ils donnent la priorité à la loi coranique : 81 % au Royaume-Uni, 69 % en Espagne, 66 % en Allemagne et 46 % en France. Ces personnes sont plus des musulmans que des citoyens.

 

Or la loi coranique est tout sauf démocratique : les hommes sont supérieurs aux femmes, l'esclavage est permis, la séparation de la religion et de l'Etat est inconcevable, etc. Pour plus de détails, cliquer ici.

3.4.3.3                        La démocratie en Afghanistan

L'article [42], écrit par un Américain qui vit en Afghanistan où il anime une ONG, contient la citation suivante sur l'attitude des Afghans vis-à-vis de nos valeurs :

"Pour beaucoup d'Afghans, la Charia [loi islamique issue du Coran] est la loi fondamentale. Certains sont contre la torture, mais pas pour la liberté des media ou la liberté de conscience ; certains sont pour les décisions prises à la majorité des voix, mais pas pour les droits des minorités ; certains sont pour le plein emploi, mais pas pour une économie de marché. Les seigneurs de la guerre ont toujours un pouvoir considérable. Des millions d'hommes pensent que l'alcool devrait être interdit et les apostats exécutés, et que les femmes ne devraient sortir que revêtues d'une burkha [robe qui recouvre tout le corps et la tête en ne laissant que des trous pour les yeux]. Beaucoup de Pashtouns préfèrent de beaucoup les Talibans aux troupes étrangères."

 

Il est clair qu'en Afghanistan, le peuple (à 99 % musulman) a une culture incompatible avec beaucoup de nos valeurs, notamment celles à la base de la démocratie. Les occidentaux, et d'abord les Américains, n'auraient jamais dû promettre d'y instaurer la démocratie ; ce peuple ne peut être gouverné que par des tyrans, comme il l'a toujours été.

3.4.4             Influence de la culture turque sur l'intégration des Turcs en Allemagne

Les Turcs ne sont pas des Arabes, mais leur culture a certains points communs avec celle des Arabes, issue comme la leur de la religion musulmane. Leur culture empêche beaucoup de Turcs de s'intégrer dans les pays occidentaux, comme le montre le court texte [44].

3.4.5             Le conflit d'Irlande du Nord

Parce qu'elle définit un ensemble de valeurs, de croyances et d'attitudes, la religion chrétienne est comme la religion musulmane, une culture source potentielle de conflits violents. Le conflit d'Irlande du Nord entre catholiques et protestants, en train de s'apaiser tout doucement après des décennies de luttes ayant fait plus de 3000 morts, illustre le problème : la culture arabe, basée sur l'islam, n'est pas la seule à pouvoir servir de terreau à l'hostilité et au terrorisme.

 

L'apaisement entre Irlandais du Nord, qui restaure peu à peu la confiance et le respect entre les deux communautés religieuses, est un signe d'espoir : avec le temps et une immense bonne volonté, les pays arabes pourront aussi, espérons-le, accéder au respect entre tribus, entre sectes et entre nations. Les conditions seront alors plus favorables pour accéder à la démocratie, comme nous allons le voir.

4.                    La démocratie

La démocratie est le pouvoir du peuple, dont les lois émanent et dont le gouvernement est issu. En démocratie les citoyens sont égaux en droits et en devoirs, et chacun dispose d'une (et une seule) voix lors des consultations populaires.

 

Il y a trois formes de démocratie :

§           La démocratie directe, où tous les citoyens participent à toutes les discussions et tous les votes, régime qui ne convient donc qu'à de très petits états ;

§           La démocratie indirecte, où les citoyens élisent un président et/ou des députés responsables devant eux, mais où ces élus sont libres - une fois élus et jusqu'aux prochaines élections - de faire ce qu'ils veulent. Ce type de régime risque de déboucher sur un autoritarisme et de graves injustices, c'est-à-dire sur un Etat de police ;

§           La démocratie constitutionnelle, démocratie indirecte où les pouvoirs des élus sont limités par une constitution et des lois qui garantissent des droits aux citoyens, aux associations et aux entreprises. Ce dernier régime est le seul qui soit réellement digne de confiance, le seul qui permette le respect des droits de l'Homme et un Etat de droit au lieu d'un Etat de police.

Dans la suite de ce texte, lorsqu'il s'agira de démocratie nous nous limiterons désormais à la démocratie constitutionnelle.

4.1                 Le consensus indispensable

La démocratie ne peut pas être instaurée dans un pays, et ne peut s'y maintenir, en l'absence du consensus d'une majorité des citoyens sur deux points essentiels : les lois (notamment les lois électorales) et l'organisation des pouvoirs publics. En France, par exemple, la gauche et la droite s'opposent avec violence, mais il y a consensus sur les lois électorales, les dates des élections, etc.

 

Dans un pays démocratique, un consensus sur des règles communes résulte de leur mode d'élaboration, réputé légitime : le vote démocratique, ou la rédaction de décrets par des fonctionnaires dont l'autorité émane de processus de nomination approuvés par les représentants du peuple et reste soumise à leur contrôle, ainsi qu'au contrôle de la justice.

 

Ce consensus, et la légitimité elle-même des décisions du Parlement, du gouvernement et de la justice, doivent être stables : les institutions et l'économie d'un pays ne peuvent fonctionner si on les remet souvent en cause. Les citoyens doivent donc admettre la légitimité automatique des lois, décrets et décisions discrétionnaires de l'exécutif, légitimité qui découle rationnellement du fonctionnement démocratique des institutions.

 

En somme, le peuple doit faire un effort pour comprendre et accepter ces décisions-là, et de son côté le gouvernement doit s'efforcer de les lui expliquer pour le convaincre de leur bien fondé.

 

En France, le consensus démocratique est mal en point. C'est là une conséquence de la perte de respect de beaucoup de citoyens pour les autres citoyens, pour les lois et pour le gouvernement. La perte de consensus résulte aussi de la démoralisation des exclus, qui n'ont plus rien à perdre et restent impunis quand ils violent les lois.

        Beaucoup de gens contestent les lois, pourtant démocratiquement votées. Il y a très souvent des manifestations où des mécontents tentent d'obtenir par leur violence médiatisée (avec destructions, occupations, blocages de transports, etc.) ce qu'ils ne peuvent obtenir démocratiquement. Le gouvernement ne fait plus assez respecter les lois, qu'il viole lui-même à l'occasion. Il y a beaucoup trop d'impunité accordée par nos lois aux délinquants, pas assez d'expulsions de sans-papiers, etc. Et cette crise de la démocratie française n'est pas nouvelle : déjà en 1869 Napoléon III se plaignait de ce que le pays est incapable de supporter la liberté [45], et le pays n'était pourtant pas de culture arabe. Il ne faut donc pas réserver les difficultés de la démocratie aux populations de culture arabe.

4.2                 Contrepouvoirs et leur équilibre

Un régime politique ne peut recueillir le consensus populaire, c'est-à-dire l'assentiment d'une majorité des citoyens, s'il est autoritaire, parce que tôt ou tard son abus de pouvoir ira contre la volonté de cette majorité. Pour être valable, un régime politique doit donc permettre l'expression de la volonté populaire et de la critique, par des votes et des media. Tout régime qui restreint cette expression - par exemple avec des élections dont les élus ne forment en fait qu'une chambre d'enregistrement, ou par des media contrôlés par le gouvernement - est un régime autoritaire, pas une démocratie ; et il ne peut avoir et conserver le consensus populaire.

 

Mais l'expression libre de la critique et de la volonté populaire ne suffit pas, il faut une séparation des pouvoirs. Une autorité unique pouvant à la fois faire les lois, les appliquer et dire le droit conduit à la tyrannie, comme nous l'avons vu du temps des rois absolus, et comme nous le voyons encore dans certaines monarchies. Enfin, il faut un équilibre entre le pouvoir exécutif, le pouvoir législatif et le pouvoir judiciaire : deux de ces pouvoirs doivent être en mesure de bloquer le troisième, à condition de le faire au moyen de procédures légales et en toute transparence.

4.3                 Nécessité d'une démocratie représentative

Dans une démocratie constitutionnelle on ne saurait trop insister sur le caractère indispensable de la représentation des électeurs par des députés et sénateurs : une démocratie directe, où l'ensemble des électeurs serait consultée pour les diverses décisions à prendre, ne fonctionnerait pas : les problèmes d'un pays sont bien trop complexes.

        Confier la décision à des députés et des sénateurs a deux avantages : ils peuvent se spécialiser dans un domaine particulier (exemples : les finances, la santé ou le droit) et ils ont le temps de réfléchir aux problèmes et d'en débattre, alors que la majorité des citoyens n'a ni la compétence, ni le temps.

4.4                 Préalables à l'instauration et à la pérennité d'une démocratie

L'instauration, puis la pérennité d'un régime démocratique supposent cinq groupes de conditions préalables :

1.         le respect des lois, avec la stabilité de celles-ci et des institutions ;

2.         un niveau de vie minimum ;

3.         un choix politique local ;

4.         une société mûre pour la démocratie ;

5.         une information de qualité accessible à tous les citoyens.

 

Contrairement à ce que nous laissaient espérer les Nations unies et la politique des Etats-Unis en Irak et en Afghanistan, il ne suffit pas que dans un pays des élections démocratiques soient organisées pour que ce pays devienne une démocratie. Nous allons voir pourquoi.

4.4.1             Condition 1 : respect des lois et stabilité

Une élection démocratique permet à des électeurs de choisir entre des candidats et des programmes. En démocratie constitutionnelle, cette démarche exige l'existence de règles concernant le vote et les pouvoirs du futur gouvernement, c'est-à-dire un système de lois. (En l'absence de telles lois, on élit un homme ou une équipe avec un blanc-seing, d'où les risques d'abus de pouvoir d'une démocratie indirecte non constitutionnelle.)

        L'existence de lois suppose à son tour un organe législatif pour les créer et un appareil judiciaire pour les faire respecter. Enfin, la stabilité des lois et des institutions est indispensable pour que citoyens et gouvernement puissent avoir le temps de comprendre la situation, de prendre des décisions - notamment pour le moyen et le long terme, de les faire appliquer et d'apprécier le résultat.

 

Les lois d'un Etat de droit doivent être publiées, pour que tout citoyen puisse en prendre connaissance ; sur ce point, la France est exemplaire. Leur stabilité permettra aux ressortissants d'agir en connaissant les règles à respecter et en comptant sur leur pérennité. Elle permettra de faire des affaires et d'investir sans risquer l'arbitraire d'autres personnes ou institutions. En cas de litige, un système judiciaire permettra d'arbitrer en fonction du droit écrit et pas de celui du plus fort. Inversement, les investisseurs d'un pays ou de l'étranger n'accepteront pas de placer leur capital dans un pays si l'existence et la stabilité de son état de droit les inquiètent ; privée de capitaux, l'économie du pays ne pourra alors se développer.

 

La loi s'impose à tous. C'est ainsi, par exemple, qu'un musulman vivant en France doit reconnaître aux femmes des droits égaux à ceux des hommes, ainsi que la primauté de la loi laïque française sur la charia (loi coranique). Cela ne va pas de soi avec une interprétation trop stricte de la religion islamique.

 

L'exercice des libertés classiques de mode de vie, de déplacement, de réunion, d'opinion, de croyance religieuse, d'expression, d'association, de possession, d'entreprise, etc. doit être défini par les lois dans le cadre d'une constitution et d'une déclaration des droits de l'Homme.

 

Le respect des lois et la stabilité (des lois et des administrations publiques) sont donc des préalables à la démocratie constitutionnelle, qui ne se conçoit que dans une société ayant ce minimum d'organisation. Ce n'est pas la démocratie (même constitutionnelle) ou des élections qui sont des préalables au respect des lois.

4.4.1.1                        Situation en Irak

 

 

Irak
(carte détaillée : http://www.lib.utexas.edu/maps/middle_east_and_asia/iraq_cia_2003.jpg )

 

 

Il est clair que la condition de respect des lois n'est absolument pas remplie en Irak depuis l'arrivée au pouvoir en 1979 du tyran qu'était Saddam Hussein :

§           Les Irakiens ne se révoltaient pas car ils redoutaient les arrestations arbitraires et les assassinats politiques, mais les privilèges tribaux, la corruption et la loi du plus fort ont tenu lieu d'Etat de droit jusqu'en 2003 ;

§           Depuis la guerre de 2003, malgré l'occupation militaire, les élections et l'existence d'un gouvernement composé d'Irakiens, l'Etat de droit n'est pas respecté : il y a chaque jour une centaine de morts par assassinats et attentats, des enlèvements, des vols de pétrole, etc. La corruption règne plus que jamais, au point que certains fonctionnaires des ministères en pillent les ressources. Les gens ont si peur qu'ils se groupent pour s'offrir les services de milices de protection, etc.

 

En pratique, les lois irakiennes actuelles sont un ensemble incomplet et hétéroclite. L'absence de liberté des media et les risques d'assassinat des journalistes sont illustrés par [18].

 

Voir dans la courte annexe [35] les conséquences d'un état de non-droit. Prévues par Hobbes en 1642, elles s'appliquent parfaitement à la situation actuelle en Irak. Leur généralité et leur caractère actuel sont tels qu'ils n'ont aucun rapport avec la culture arabe : tout pays où l'Etat est trop faible pour que des lois soient respectées court les mêmes risques.

        C'est ainsi que la France, où l'Etat est particulièrement faible et fait mal respecter ses lois (délinquance impunie dans les banlieues, grèves preneuses d'otages sans sanction des grévistes, nombreux scandales politiques, destruction de cultures OGM impunies, occupations d'églises et de facultés pour prendre l'Etat en otage, etc.) risque d'en subir des conséquences.

4.4.1.1.1               Le problème religieux

L'Irak est un pays où (à part des minorités insignifiantes) 80 % de la population est de culture et langue arabe, le reste étant des Kurdes. L'influence de la culture arabe est si forte que la constitution adoptée est en partie basée sur le Coran.

 

Le problème de fond est la haine séculaire des chiites (60 % de la population) pour les sunnites (20 %) et inversement, haine qui explique l'incapacité des membres du gouvernement à s'entendre, les dizaines d'assassinats quotidiens, et les nettoyages ethniques qui font fuir des dizaines de milliers de familles.

 

Autre problème, la croissance de l'économie et le niveau de vie peuvent être entravés par certaines convictions religieuses ou idéologiques. La qualité ou même l'existence de la démocratie peuvent s'en trouver affectées.

        Le Coran interdisant de prêter ou d'emprunter de l'argent avec intérêt, il est difficile à un système de crédit bancaire de se développer dans un pays qui applique ses recommandations. L'argent disponible d'un croyant ne peut être placé dans une banque pour rapporter des intérêts ; il n'est donc pas disponible pour des entreprises ayant besoin de prêts ou de capitaux boursiers pour se développer, ce qui constitue un frein considérable à leur croissance et même à leur création. Cette interdiction est de plus en plus contournée en remplaçant le versement d'intérêts par une participation aux bénéfices, mais c'est là une hypocrisie manifeste. L'interdiction aux femmes d'exercer certaines activités prive l'économie d'une main d'œuvre précieuse, en même temps qu'elle prive les femmes de possibilités de se réaliser.

 

La culture musulmane, issue sur ce point du Coran, ne conçoit pas qu'on puisse séparer politique, religion et justice ; et de toute manière, la loi coranique doit passer avant une loi des hommes et avant la démocratie. Cela se voit dans l'article [32], dont voici la traduction du début :

"Au début du mois [d'octobre 2006] il y a eu une polémique à l'Assemblée nationale irakienne […]. Les législateurs débattaient du problème de savoir si les textes devaient être soumis à un comité pour vérifier leur compatibilité avec l'islam.

- « Pourquoi pas un comité pour savoir si les lois adhèrent aux principes démocratiques ? » demanda l'un des députés.

Le président Mahmoud Mashadani intervint pour régler la question :

- « Si une loi viole l'islam, nous l'écraserons sous nos chaussures ! » tonna-t-il.

- « Allah est grand ! » répondirent en chœur les députés, sunnites et shiites pour une fois d'accord."

 

Voir aussi plus bas la citation "Incompatibilité culturelle de l'Irak avec la démocratie".

4.4.1.1.2               Une armée et une police indignes de confiance

A l'automne 2006, l'armée irakienne recrutée et entraînée par les alliés depuis 2003 compte environ 300 000 hommes, forces de police comprises [30]. Mais il a fallu à plusieurs reprises purger ces forces de milliers d'hommes qui trahissaient au profit d'ennemis du gouvernement et de terroristes.

 

La stratégie américaine contre les terroristes définie fin 2005 dans [19] et mise en œuvre à partir de l'été 2006 consiste, pour chaque ville ou quartier de grande ville :

§           à faire reprendre la ville aux mains des terroristes par les Américains ;

§           à fouiller maison par maison pour arrêter des suspects et reprendre les armes ;

§           puis à quitter la ville en la confiant aux militaires et aux policiers irakiens pour la garder et empêcher les terroristes de la reprendre.

 

Pour plus de détails sur cette stratégie, voir le paragraphe « Stratégie actuelle de sécurité : "Clear, Hold, Build" ».

4.4.1.1.3               Un échec militaire annoncé par les Américains

Trois mois plus, selon [26] et [27], tard l'échec de cette stratégie est patent : une fois les Américains partis, les militaires et policiers irakiens sont incapables d'empêcher les terroristes de reprendre le contrôle de la ville et de commettre à nouveau des attentats, assassinats et enlèvements ; les militaires américains admettent désormais l'impossibilité de gagner la guerre et même l'impossibilité d'empêcher le nombre quotidien de décès par attentats et assassinats d'augmenter [20].

 

Cette conclusion est confirmée par l'article [25], qui cite le document officiel "National Security Estimate" rendu public en septembre 2006 : chaque mois qui passe le nombre de nouveaux terroristes en Irak est supérieur au nombre de terroristes tués ou capturés. Et [27] ajoute que l'Irak risque de basculer dans la guerre civile.

4.4.2             Condition 2 : un niveau de vie minimum

Dans l'étude [21], quatre universitaires ont montré avec des statistiques historiques que pour qu'une démocratie puisse être instaurée et ne pas se transformer rapidement en dictature, il faut un minimum de niveau de vie en plus du respect des lois et de la stabilité. Ces chercheurs ont calculé que :

§           Dans un pays démocratique dont le revenu par habitant était inférieur à 1 500 dollars par an en 1999 (environ $1 800 en 2005), on peut tabler sur une durée de vie moyenne de la démocratie de 8 ans.

§           Entre 1 500 et 3 000 dollars ($1 800 à $3 600 en 2005), elle survit en moyenne 18 ans.

§           Au-dessus de 6 000 dollars ($7 200 en 2005), la démocratie devient beaucoup plus pérenne ; la probabilité pour un régime démocratique de disparaître, dans un pays au revenu annuel par habitant supérieur à $7 200 en 2005, est d'une chance sur 500 : une fois riches, les démocraties deviennent pérennes.

 

Conséquences :

§           L'Afghanistan (PIB par habitant à parité de pouvoir d'achat en 2004 : $800) n'a aucune chance d'accéder à une démocratie, ou qu'elle survive une fois instaurée.

§           La soi-disant démocratie constitutionnelle instaurée en Irak a une espérance de survie de 18 ans, le PIB par habitant étant de l'ordre de $3 400 en 2005.

Et vu l'absence d'Etat de droit et de sécurité actuelle, aucun investisseur n'ira mettre son argent en Irak, ce qui empêchera l'économie irakienne de se développer, donc le niveau de vie d'augmenter. Du reste, l'insécurité et le manque de confiance des citoyens sont tels, en Irak, qu'il n'y a aucun développement économique interne, mis à part les investissements liés aux dépenses des Américains, qui ne peuvent durer longtemps.

 

Remarque : une culture d'Etat de droit bien affirmée peut compenser un niveau de vie faible. C'est pourquoi l'Inde, habituée depuis un siècle d'occupation britannique à respecter l'Etat de droit, a pu adopter la démocratie dès sa décolonisation ; et la démocratie y a survécu malgré la faiblesse du niveau de vie. C'est aussi pourquoi la Turquie, qui a commencé sa marche vers la démocratie il y a près de cent ans, y est aujourd'hui à peu près parvenue : les militaires y avaient imposé un Etat de droit.

4.4.2.1.1               Relation entre niveau de vie et pérennité de la démocratie

La forte corrélation entre niveau de vie d'un pays, d'une part, et possibilité et pérennité de sa démocratie, d'autre part, s'explique par le comportement des hommes face à la pauvreté.

§           Dans une société très pauvre, chaque homme est prêt à tout pour assurer sa subsistance et celle de sa famille, y compris à voler, voire tuer. Tout autre homme est un concurrent pour l'accès à la nourriture, et l'attitude naturelle face à ce concurrent est l'hostilité. Survivre compte plus, pour un homme très pauvre, que s'exprimer démocratiquement : il réclame du pain, pas un bulletin de vote.

Bien entendu, si dans une société primitive comme celles de l'Afghanistan ou de l'Irak on offre aux gens d'exprimer leurs préférences dans une élection démocratique, ils accepteront ; mais cette acceptation et la bonne tenue de l'élection ne signifient pas que la démocratie est instaurée et sera pérenne. En affirmant le contraire, les Américains se sont trompés.

§           Plus les besoins de subsistance d'un homme sont assurés, moins il a besoin de lutter avec d'autres hommes pour survivre. La société, dont il n'attendait guère de services lorsqu'il était très pauvre, peut désormais lui fournir un minimum de travail, de sécurité, de solidarité, etc. L'homme se préoccupe alors de l'organisation de cette société et de ses droits civiques. S'apercevant qu'il ne peut soumettre tous les autres hommes à sa volonté, il se résigne à un consensus avec eux sur les règles essentielles de leur vie commune : le contexte nécessaire à la démocratie émerge.

C'est ainsi que la démocratie est apparue dans la Grèce antique, dont les aristocrates - dispensés du besoin de travailler par leurs esclaves - se réunissaient pour débattre démocratiquement des problèmes de la cité.

Inversement, en Irak aujourd'hui les citoyens ne demandent pas plus de démocratie, mais plus de sécurité.

§           Dans une société riche, où les besoins essentiels sont assurés pour tous et ne posent plus problème, l'attente de chacun vis-à-vis de la société est très forte, si forte que les hommes se groupent pour défendre leurs intérêts. C'est ainsi que naissent les partis politiques, les syndicats et les associations. Appartenant à plusieurs de ces organisations - qui supposent le consensus entre leurs membres - chaque homme est prêt à sacrifier certains de ses intérêts pour obtenir des avantages. Ainsi, les citoyens paient des impôts et des cotisations syndicales ou associatives ; ils acceptent une discipline de parti, etc.

4.4.2.1.2               Les économies reposant sur le pétrole sont déséquilibrées

La notion de PIB par habitant est trompeuse car ce n'est qu'une moyenne. Il y a des pays où cette moyenne cache des disparités considérables et la misère d'une grande partie de la population. C'est le cas des pays arabes qui tirent l'essentiel de leurs revenus du pétrole. C'est ainsi que, d'après [22], en Arabie Saoudite :

§           75 % des rentrées fiscales et 45 % du PIB proviennent du pétrole ;

Le gouvernement saoudien n'a donc guère besoin des impôts de ses citoyens pour avoir de quoi faire fonctionner ses services publics. Il n'a donc pas besoin non plus, pour la conduite des affaires publiques, de leur avis et de leur approbation, il peut se permettre d'être autoritaire. Du reste, comme le confirment les rapports des Nations unies [2], la proportion de citoyens fortement subventionnés par l'Etat est telle que le régime est soutenu par ce clientélisme. La démocratie nécessite donc aussi une économie où le gouvernement a besoin des impôts des citoyens.

§           Sur une population totale de 27 millions d'habitants, la population active n'est que de 6.76 millions de travailleurs arabes, plus 5.5 millions qui sont des étrangers : peu d'Arabes travaillent ;

§           Le taux de chômage, mal connu, est estimé entre 13 % et 25 %, et ne concerne que les hommes arabes, les femmes ne travaillant que rarement comme salariées ;

§           Une partie énorme des revenus pétroliers et financiers est accaparée par la famille royale, qui compte des dizaines de milliers de membres, et par quelques familles riches. La population jouit d'avantages sociaux comme l'école gratuite et les soins de santé gratuits, mais il y a beaucoup de gens très pauvres parce qu'ils ne travaillent pas.

 

Dans tous les pays exportateurs de pétrole, la redistribution des revenus pétroliers aux citoyens est très limitée. Même en Norvège, pays démocratique s'il en est, les revenus pétroliers ne sont pas distribués aux Norvégiens ; l'état les "investit à l'étranger pour l'avenir", tout simplement parce que la taille modeste de l'économie norvégienne la rend incapable d'absorber un tel afflux de capitaux. L'argent du pétrole ne peut profiter à un pays pauvre que :

§           dans la mesure où il sert à financer des infrastructures (routes, télécommunications, écoles, hôpitaux, etc.)

§           pour équilibrer la balance des paiements.

 

L'industrie pétrolière ne crée nulle part assez d'emplois pour une fraction importante de la population. L'expérience internationale montre donc qu'il ne faut pas compter sur le pétrole pour élever de manière significative le niveau de vie d'un pays producteur. Dans un tel pays, le développement de l'extraction, du raffinage et du transport exige des capitaux considérables (des dizaines de milliards de dollars), capitaux que les investisseurs hésitent à y placer lorsque le respect des lois et la stabilité sont incertains.

 

En résumé, on ne peut pas compter sur les revenus du pétrole pour favoriser la démocratie. On ne peut même pas compter sur eux pour générer les emplois nécessaires à des populations à croissance explosive, comme celle des pays arabes. Autres exemples d'économies déséquilibrées : la Russie, le Nigéria, la Bolivie, le Venezuela… Dans tous ces pays, la démocratie n'a guère de chances de fonctionner correctement.

4.4.3             Condition 3 : un choix politique local

Les habitants d'un pays non démocratique n'acceptent l'instauration de la démocratie que si c'est leur choix, et pas celui d'une puissance étrangère.

 

Même pauvres, les hommes ont leur fierté. Et les Irakiens, descendants d'une des civilisations les plus remarquables et les plus anciennes, sont particulièrement soucieux de définir eux-mêmes leur régime. Soumis pendant des siècles à la domination étrangère, les Irakiens veulent être enfin maîtres de leur destin, de leurs institutions et de leur pétrole. Et ce nationalisme est renforcé par la tendance de nombreux musulmans à détester les infidèles. Ce refus d'un régime imposé par des étrangers est confirmé et soutenu par M. Kofi Annan, dans le rapport [23] qu'il a tiré le 23/07/2003 de la mission de son envoyé spécial dans ce pays, M. Vieira de Mello, décédé dans l'attentat anti-ONU de Bagdad du 19 août 2003.

 

En Irak comme en France, les citoyens n'aiment pas qu'on leur impose de l'extérieur des choix politiques qu'ils ont capables de faire et d'assumer eux-mêmes.

4.4.4             Condition 4 : une société mûre pour la démocratie

Les lois qu'une société se donne (et dans une démocratie elle se les donne elle-même, sans se les laisser imposer) sont le reflet de ses valeurs et de ce qu'elle veut devenir. Mais les valeurs d'une population résultent de son histoire, donc de sa (ou de ses) religion(s) passée(s).

C'est ainsi que la France ne peut nier l'origine judéo-chrétienne de ses valeurs, comme personne ne peut nier que la première société humaine à avoir pratiqué une forme de démocratie a été la société athénienne, au Ve siècle avant J.C.

 

Il est donc normal de se poser la question : des populations multiethniques comme celles de l'Irak et de l'Afghanistan sont-elles assez évoluées pour adopter une démocratie constitutionnelle ? Par exemple, y a-t-il dans ces pays une habitude de respect des lois et suffisamment de consensus entre les citoyens ?

4.4.4.1                        Incompatibilité culturelle de l'Irak avec la démocratie

Voici des extraits de [24] (Editorial de Yves Charles Zarka, page II) sur l'incompatibilité des pays de tradition islamique avec la démocratie :

"Ce n'est pas un hasard s'il n'existe de démocratie constitutionnelle dans aucun pays musulman. [L'auteur oublie la seule exception qui existe, la Turquie] Pour que celle-ci puisse un jour se développer, il faudrait une réforme des structures sociales, des mœurs et des modes de pensée. Il ne peut y avoir de démocratie là où il n'existe pas d'égalité des conditions, de partage égal de l'héritage, de souveraineté du peuple. Or aucune de ces conditions n'est compatible avec l'Islam. C'est pourquoi, du reste, la décolonisation du Maghreb n'y a pas donné lieu à la mise en place d'institutions politiques véritablement démocratiques, mais à un retour de formes politiques plus ou moins despotiques, plus ou moins autoritaires, plus adaptées à l'état social, aux mœurs et aux modes de pensée des pays à écrasante majorité musulmane."

"Les populations musulmanes ne peuvent s'accommoder à une république laïque et à une démocratie constitutionnelle que si elles soumettent leur religion à une critique radicale et à une révision fondamentale. Or, cette critique et cette révision sont aujourd'hui totalement inconcevables à l'intérieur des pays majoritairement musulmans, où l'idée même d'une critique du Coran, voire d'une simple interprétation, est considérée comme hérétique et blasphématoire, passible de la peine de mort."

"L'islam ne peut devenir républicain qu'à la double condition qu'il intègre l'esprit critique jusque dans le champ du sacré et qu'il rejette les structures sociales inégalitaires auxquelles il est pourtant lié."

 

Le problème est que ni en Irak (ni, d'ailleurs, en Afghanistan) les citoyens n'ont l'habitude d'obéir à d'autres que des tyrans sanguinaires, des chefs de tribu ou des religieux. Voilà qui ne les prédispose pas au respect d'un gouvernement élu et laïc.

 

Comme l'écrivait Montesquieu dans "L'esprit des lois" [43] :

"…le gouvernement le plus conforme à la nature est celui dont la disposition particulière se rapporte mieux à la disposition du peuple pour lequel il est établi."

"Elles [les lois] doivent être relatives […] au genre de vie des peuples, laboureurs, chasseurs ou pasteurs ; elles doivent se rapporter au degré de liberté que la constitution peut souffrir ; à la religion des habitants, à leurs inclinations, à leurs richesses, à leur nombre, à leur commerce, à leurs mœurs, à leurs manières."

Par son organisation sociale basée sur des tribus hostiles les unes aux autres et des sectes qui se haïssent depuis plus de 1000 ans ; par les mœurs et les manières hostiles et cruelles de ses membres, le gouvernement le plus conforme à la culture des Irakiens est la tyrannie.

4.4.4.2                        La société n'est pas prête pour la démocratie

Comme nous le verrons ci-dessous à propos de la condition 5, les Irakiens n'ont ni des media permettant une information honnête du public, ni des universités permettant de former les étudiants à la démocratie dans les affaires, l'administration et la justice, ni une classe politique habituée aux pratiques démocratiques.

 

Un Irak vraiment démocratique serait dominé par sa majorité chiite, ce qui est aussi inacceptable pour les Américains (qui redoutent l'Iran chiite) que pour les autres confessions du pays. Il n'y a donc aucune chance qu'une telle "démocratie à l'iranienne" s'instaure et perdure.

 

La population sunnite de l'Irak, de son côté, n'est pas dominée par une hiérarchie religieuse musulmane, qui n'existe que chez les chiites. Mais elle est divisée en tribus qui n'ont jamais été capables de s'entendre et dont les chefs exigent d'avoir un pouvoir de type féodal : le problème est le même que pour les chiites. Et les minorités diverses (Turcomans, etc.) en sont au même point. Seuls les Kurdes ont montré, depuis une dizaine d'années, qu'ils peuvent accéder à un début de démocratie. Mais leur revendication actuelle est de ne pas souffrir d'une domination arabe sunnite, comme par le passé, ou chiite dans un nouveau régime.

 

Il faut bien comprendre qu'à part le combat contre l'occupation étrangère, les sunnites irakiens luttent surtout pour reconquérir le pouvoir qu'ils avaient avec Saddam Hussein et qu'ils ont perdu avec sa chute. Ce pouvoir leur permettait de dominer les chiites et les Kurdes, réduits à l'état de citoyens de seconde classe ayant nettement moins de droits et exploités.

 

En résumé, la division des Irakiens en communautés hostiles en guerre civile larvée, l'influence énorme de religieux musulmans opposés à la démocratie, et les habitudes de vie et de pensée des Irakiens, ne prédisposent pas ceux-ci au consensus indispensable à une démocratie et à se doter de ses règles. La tendance naturelle des peuples chiite et kurde est de créer chacun leur propre Etat, avec ses propres revenus pétroliers et un accès à la mer pour les chiites ; mais cette solution est inacceptable pour les sunnites (qui n'ont pas de puits de pétrole) et les Américains.

 

L'hostilité entre sunnites, chiites et kurdes dure depuis des siècles, trop longtemps en tout cas pour que le respect et la confiance indispensables au consensus démocratique puissent exister. Comment un justiciable chiite qui a un litige avec un Kurde fera-t-il confiance à un sunnite pour rendre un jugement équitable ? Il n'est même pas sûr que le juge sunnite comprenne son problème et ses arguments.

 

On ne voit pas pourquoi les diverses communautés irakiennes, antagonistes depuis toujours, accepteraient aujourd'hui de définir des règles de vie communes dans un pays unifié. De telles règles supposent, par exemple, un accord librement consenti sur le partage des ressources financières et un budget, avec une égalité devant l'impôt et les subventions. Il suppose une égalité des hommes contraire aux hiérarchies traditionnelles et aux privilèges ancestraux des tribus. Il suppose une justice et des tribunaux distincts des structures féodales ou religieuses.

 

Livrés à eux-mêmes, les Irakiens ne pourront aboutir à un accord sur une société démocratique unifiée, qui devra leur être imposée de l'extérieur et qu'ils rejetteront. La solution de ceux qui préconisent l'instauration d'une démocratie par un régime sous mandat de l'ONU, est donc aussi illusoire que celle des Américains : pas plus que ces derniers, un mandat onusien ne pourra conduire les Irakiens à la démocratie.

 

Pour apprécier le contexte extrêmement difficile dans lequel il est question d'instaurer une démocratie en Irak, voir des extraits du Rapport sur le développement humain des pays arabes 2002 des Nations unies [2].

4.4.5             Condition 5 : une information de qualité

Dans n'importe quel pays, des citoyens mal informés peuvent se tromper en votant. Les articles [17] et [18] décrivent l'état catastrophique des media Irakiens d'aujourd'hui. Malgré la publication de près de 200 journaux et magazines, l'Irak n'a pas, aujourd'hui, de journalistes dignes de ce nom. Les informations diffusées à la population sont en général des rumeurs fantaisistes à caractère sensationnel.

 

Dans ces conditions, tout vote des citoyens (qui ont d'immenses problèmes de sécurité, de chômage, etc.) sera basé sur des informations fausses, des impressions et des passions, bien plus que sur des faits - il risque donc d'être extrémiste.

 

Sachant combien il est difficile, même dans un pays avancé comme la France, d'avoir une information de qualité, on comprend pourquoi en Irak il faudra de longues années avant que les électeurs puissent bénéficier d'informations fiables et d'analyses de qualité de la situation. Ils ne sont donc pas près d'émettre des opinions fondées lors d'un vote. Dans ces conditions, le fonctionnement d'une éventuelle démocratie ne peut être que misérable.

4.4.6             Conclusion sur la démocratie en Irak

Comme on vient de le voir, il n'y a pas et il ne peut y avoir de démocratie en Irak dans tout l'avenir prévisible, la culture, la sécurité et le niveau de vie rendant un tel régime impossible à instaurer et à pérenniser.

5.                    L'erreur des Américains et ce qu'ils peuvent faire à présent

J'ai publié dès 2004 un texte expliquant que la démocratie est impossible en Irak, texte que j'ai tenu à jour depuis et que celui-ci complète en approfondissant l'influence de la culture. Je suis donc de plus en plus convaincu que l'intervention en Irak en 2003 et l'administration du pays par les alliés après la guerre ont été des erreurs.

 

En fait, moi je n'avais pas conscience en 2003 du problème culturel qui rend la démocratie impossible dans ce pays, mais les Américains avaient et ont toujours suffisamment de spécialistes (diplomates, universitaires, etc.) qui auraient dû être consultés avant d'envahir le pays : voilà des décennies que ces spécialistes savent que les sociétés arabes n'ont jamais eu - et ne peuvent toujours pas avoir - un gouvernement démocratique.

        Envahir ce pays sans interroger ces spécialistes ou sans tenir compte de leur avis fut donc plus qu'une erreur, ce fut une faute, dont nous allons voir ci-dessous les conséquences. Et annoncer à la terre entière, comme les Américains l'ont fait en 2003 et l'ont confirmé depuis (voir [19]), qu'ils instaureraient la démocratie en Iraq pour qu'elle se propage ensuite dans tout le Moyen-Orient fut et demeure une promesse impossible à tenir.

Interrogés devant des membres du Congrès des Etats-Unis, des généraux américains ont expliqué qu'il aurait fallu envoyer en Irak des centaines de milliers de soldats pour tenir le pays après la guerre, qu'ils le savaient [31] mais que le secrétaire à la défense Rumsfeld et son adjoint Wolfowitz ne leur avaient pas demandé leur avis. De toute manière, pour avoir autant d'hommes sous les drapeaux le gouvernement Bush aurait dû faire voter une conscription, le service militaire n'étant pas obligatoire aux Etats-Unis. Pour obtenir un tel vote, il aurait fallu persuader les Américains en 2002 que le pays était en danger immédiat et grave, ce qui n'était pas évident et n'a pas été tenté par le président Bush.

 

Le problème de fond est que l'Irak ne pouvait en 2003 - et ne peut toujours pas aujourd'hui - être gouverné autrement que de manière autoritaire, en s'appuyant sur la terreur et la force militaire. C'est là un mode de gouvernement à l'opposé de la démocratie, donc incompatible avec la position de l'administration Bush et sa promesse de combattre le terrorisme en instaurant la démocratie dans tous les pays où il peut naître et se développer.

C'est pourquoi il y a aujourd'hui une minorité d'Américains, comprenant notamment le sénateur McCain, qui pensent qu'il faut lever des troupes supplémentaires et les envoyer en Irak. Mais je ne vois pas comment on pourrait persuader le peuple américain d'accepter la croissance du nombre de ses soldats tués ou blessés et des dépenses, au profit d'un pays dont les habitants détestent les Américains et souhaitent leur départ. Je ne vois pas comment on pourrait les persuader que « c'est ça ou être envahi par des terroristes ».

5.1                 Stratégie actuelle de sécurité : "Clear, Hold, Build"

La stratégie officielle de l'administration Bush pour rétablir l'ordre et la sécurité en Irak est résumée dans [19] pages 2 et 18. Elle consiste à nettoyer chaque zone de ses terroristes (clear), puis à la faire garder par des militaires et policiers irakiens pour empêcher le retour des terroristes (hold), et enfin à y instaurer des institutions démocratiques et des infrastructures économiques meilleures sous le contrôle du gouvernement irakien pour obtenir l'adhésion de la population (build).

 

Cette stratégie ne marche pas, nous le savons depuis octobre 2006, parce que les militaires et policiers irakiens ne sont pas fiables - voire même trahissent - et que le gouvernement irakien ne se fait pas respecter.

Il est ahurissant de constater qu'un gouvernement disposant d'une armée de 300 000 hommes ne s'attaque pas à des milices dont la plus puissante, celle de Moktada Sadr, n'a que quelques milliers d'hommes et pas d'appui américain.

 

Elle ne marche pas, non plus, parce qu'un pourcentage significatif de la population irakienne soutient les terroristes, leur offrant refuge et assistance. Ce soutien vient de la haine des occupants étrangers de cette société arabe close - et qui ont en plus le tort d'être des infidèles, de la peur des représailles des terroristes si on ne les soutient pas, et de l'argent payé par ces terroristes en échange de services comme le renseignement et le transport d'armes.

        En outre, une population ne soutient un gouvernement que si celui-ci lui offre des avantages importants : la sécurité, les services publics et une possibilité de gagner sa vie, tous avantages que le gouvernement démocratiquement élu de l'Irak n'offre pas, ou fort mal (les coupures de courant et d'eau sont fréquentes, la sécurité inexistante, les écoles et hôpitaux mal pourvus, etc.)

 

Cette stratégie n'a donc pas d'avenir. Elle sera nécessairement abandonnée lorsque le peuple américain en aura assez de l'impasse actuelle. Cet abandon pourra même être accompagné d'un changement de majorité à l'une au moins des deux chambres.

 

Le rapport [28] est autrement plus complet et objectif que le document officiel [19] : on peut le considérer comme une bonne proposition de stratégie de sécurité pour les Etats-Unis.

5.2                 Stratégie de fuite comme au Vietnam

Les Américains pourraient évacuer l'Irak en quelques semaines, laissant les irakiens s'entretuer. Ils pourraient même, pour ne pas perdre la face, prétendre que c'est un peuple ingouvernable qui ne mérite pas que des soldats américains meurent dans sa guerre civile et que le peuple américain subventionne à coups de milliards de dollars des infrastructures détruites au fur et à mesure par des fous.

 

Cette stratégie pourrait être mise en œuvre en forçant la main au gouvernement irakien au moyen d'une mise en demeure : « soyez prêts à garantir votre sécurité sans nous d'ici le … », ultimatum qui serait suivi du départ des troupes alliées quel que soit l'état opérationnel des forces de l'ordre irakiennes.

 

Mais si les Américains fuyaient ainsi, les conséquences seraient désastreuses :

§           Ils auraient à admettre que l'invasion de l'Irak en 2003 a été une erreur grave, dans son principe ou dans les effectifs qui ont été déployés, perdant ainsi la face.

§           Ils admettraient avoir perdu une guerre contre les terroristes, qui s'en trouveraient encouragés à porter l'offensive dans d'autres pays, à commencer par les Etats-Unis ([19] page 1), et à le faire à partir de camps d'entraînement irakiens.

Pire même, ils perdraient toute crédibilité concernant leur pouvoir d'être les « gendarmes du monde », la valeur de la démocratie, et la possibilité de l'instaurer dans des pays qui en sont privés, avec le respect des droits de l'homme.

Plus grave encore, ils perdraient leur influence au Moyen-Orient, laissant ainsi la porte ouverte à leur plus redoutable concurrent futur, la Chine, elle aussi en manque de pétrole et assez riche pour le payer et acheter de l'influence.

§           Ils risquent de voir la guerre civile irakienne s'étendre à toute la région, les chiites iraniens venant au secours de leurs frères irakiens et les sunnites arabes ou jordaniens à celui de leurs frères d'Irak. Que deviendrait alors la sécurité de l'approvisionnement en pétrole du monde ? Que deviendrait le prix du pétrole en cas de pénurie due à la guerre ?

§           Tôt ou tard, l'Irak tomberait de nouveau sous la coupe d'un régime tyrannique et assassin, qui aurait peu de chances d'être un ami des Etats-Unis.

5.3                 Stratégie de partitionnement en 3 états indépendants

Les Américains peuvent s'arranger pour partitionner l'Irak en trois pays, selon des frontières confessionnelles et ethniques :

§           Un pays chiite, au Sud, avec du pétrole ;

§           Un pays sunnite, au centre, sans pétrole ;

§           Un pays kurde, au Nord, avec du pétrole.

 

Les sunnites seraient les grands perdants d'un tel partage, à moins que les chiites et les kurdes ne leur garantissent une part de ressources pétrolières. Une telle garantie serait très difficile à obtenir puis à faire respecter, connaissant la haine séculaire entre ces communautés. Et de toute manière un pays ne peut vivre de son pétrole, même s'il en a beaucoup, car - encore une fois - l'industrie pétrolière ne crée que peu d'emplois (comme on le voit en Arabie Saoudite, au Venezuela, au Nigéria, etc.).

D'ailleurs, quel que soit l'avenir de l'Irak, ce problème se posera : un pays désertique de 25 millions d'habitants, à peu près privé d'industrie - donc de services à l'industrie, et de niveau d'études trop faible pour vivre de haute technologie, n'a pas d'avenir économique : la misère y est certaine, avec ses conséquences de violence.

 

Un partitionnement serait accompagné de déplacements de population considérables, des millions d'Irakiens devant déménager dans la région de leurs frères chiites, sunnites ou kurdes. Après un tel déménagement comment retrouveraient-ils du travail, sachant que nul n'est prêt à investir dans ce pays pour y créer de l'activité ?

 

Ce partitionnement serait, lui aussi, un aveu de défaite pour les Américains, et créerait des états susceptibles d'abriter des camps terroristes.

6.                    Conclusion

Fin 2006, il n'y a pas de bonne solution au problème irakien. Les Américains paieront cher leurs erreurs. Il est même possible que leur départ d'Irak conduise à une explosion du terrorisme international dont tout l'Occident serait victime, ainsi que nombre de régimes arabes modérés et progressant doucement vers la démocratie, comme la Tunisie et le Maroc.

 

 

Daniel MARTIN

 

7.                    Références

[1]   Le Saint Empire Romain Germanique a fait suite à l'empire romain, restauré par Charlemagne. Fondé en 962 par Otton le Grand, il prétendit pendant un temps être l'empire unique de la Chrétienté. Sa gloire et sa puissance dominèrent tout le Moyen-âge européen. Les traités de Westphalie le démembrèrent en 1648, rendant ainsi sa puissance virtuelle. Son héritage culturel, qui concerne l'Allemagne, l'Italie et une partie de l'Europe centrale, est de type latin, comme celui de la France. Cet héritage implique notamment une habitude de droit écrit, à l'opposé de la common law qui prévaut dans les pays anglo-saxons.

 

[2]   Nations unies - "Arab Human Development Report", et "Human Development Report" rapports 2002 à 2005:

§           2002 - http://www.undp.org/rbas/ahdr/french2002.html
Ce rapport fait le point sur le retard des pays arabes en matière de développement humain, notamment de culture.

§           2003 - http://www.miftah.org/Doc/Reports/Englishcomplete2003.pdf
Ce rapport fait le point sur le retard des pays arabes en matière d'éducation, d'enseignement et de recherche.

§           2004 - http://hdr.undp.org/reports/global/2004/francais/pdf/hdr04_fr_complete.pdf
http://www.rbas.undp.org/ahdr_2004/11sommaireRDHA2004.pdf
Ce rapport fait le point sur le retard des pays arabes en matière de "déficit de liberté et de bonne gouvernance".

§           2005 - http://hdr.undp.org/reports/global/2005/pdf/HDR05_complete.pdf
Ce rapport fait le point sur la coopération internationale, le commerce et la sécurité.

 

[3]   C'est précisément parce que les rapports sociaux français sont habituellement hostiles, et que nous avons une véritable culture de confrontation au lieu d'une culture de dialogue, que le président Chirac essaie de rendre obligatoire la concertation entre partenaires sociaux et avec l'Etat dans les relations contractuelles de travail. Pour plus de détails sur la société française voir l'étude [4].

 

[4]   Etude "Valeurs perdues, bonheur perdu : pourquoi notre société déprime - Sociologie de la sinistrose française".

 

[5]   Valeurs morales et droits de l'homme tels que les reconnaît la communauté internationale. Attitude des terroristes islamistes, des néonazis et des casseurs

 

Les Nations unies ont adopté en 1948 une "Déclaration universelle des droits de l'homme" [6]. Universelle signifie valable dans tous les pays, à toutes les époques et pour tous les hommes. Son adoption le 10/12/1948 par les 58 états membres qui constituaient alors l'organisation prouve son universalité, malgré les différences de culture et de religion des peuples.

Les opposants à cette adoption comme l'association [7], qui arguaient du relativisme des cultures et prétendaient que le texte des Nations unies imposait la culture occidentale au reste du monde, se sont avérés si minoritaires que leur opinion a été ignorée.

 

Selon [8] page 9, le consensus mondial permet de nos jours de considérer les vérités et affirmations suivantes (résultant de la Déclaration universelle des droits de l'homme) comme indiscutables :

1.    La vie vaut mieux que la mort (valeur de vie).

2.    La santé vaut mieux que la maladie (valeur de santé).

3.    La liberté vaut mieux que l'esclavage (valeur de liberté).

4.    La prospérité vaut mieux que la pauvreté (valeur de niveau de vie).

5.    L'éducation vaut mieux que l'ignorance (valeur d'éducation).

6.    La justice vaut mieux que l'injustice (valeur de justice).

 

Ces vérités nous paraissent évidentes, mais avec leur inversion de valeurs :

§           Les terroristes nient la 1ère vérité dans chaque attentat-suicide.

§           Les fondamentalistes talibans nient la 2ème et la 5ème pour les femmes, qui n'ont pas le droit de se faire soigner dans un hôpital et d'aller à l'école.

§           Ben Laden, qui veut rétablir un régime de califat comme celui du 7ème siècle dans tous les pays musulmans, puis dans les autres, nie la 3ème vérité car le Califat légitimait l'esclavage.

§           Les fondamentalistes musulmans refusent le prêt contre intérêts [9], ce qui pose aux pays musulmans d'inextricables problèmes de financement de l'économie, et oblige à tourner depuis peu cette loi coranique anti-usure par des mécanismes bancaires parfaitement hypocrites de type participation aux bénéfices.

Le refus de l'usure, donc de la mise de l'épargne des gens à la disposition de l'économie, explique en partie la misère des pays arabes. Il explique aussi le fait que leurs seigneurs du pétrole placent une grande partie de leurs liquidités dans les banques occidentales, privant ainsi leurs pays de financements précieux : les fondamentalistes musulmans se moquent du niveau de vie de leurs concitoyens (4ème vérité), concitoyens qui restent misérables depuis plus de 800 ans alors que le reste du monde a énormément progressé.

§           Ben Laden et tous les musulman wahhabites refusent aux hommes le droit de se doter de leurs propres lois, donc d'avoir une justice laïque et d'adopter la démocratie avec ses lois électorales (6ème vérité), au motif qu'une seule loi est possible et permise, celle d'Allah, écrite dans le Coran il y a plus de 1000 ans [9].

 

Les terroristes islamistes nient donc toutes les valeurs ci-dessus, et en plus :

§           En voulant nous convertir de force à l'islam, les terroristes islamistes violent la liberté de choisir sa religion, inscrite dans la Déclaration universelle des droits de l'homme.

§           En voulant imposer le gouvernement autoritaire d'une race blanche chrétienne prétendument supérieure à tous les hommes en lieu et place de la démocratie, les néo-nazis violent un autre droit inscrit dans la Déclaration universelle des droits de l'homme, celui pour chaque homme de participer au gouvernement, directement ou par l'intermédiaire de représentants élus.

§           En s'attaquant à tout ce qui à leurs yeux représente la société française, les casseurs…, etc.

 

[6]   ONU - Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948

http://www.un.org/french/aboutun/dudh.htm

 

[7]   American Anthropological Association http://www.aaanet.org/

 

[8]   Livre "The Central Liberal Truth - How Politics Can Change a Culture and Save It from Itself" par Lawrence E. Harrison, publié en 2006 chez Oxford University Press.

 

[9]   "Bin Laden's 'letter to America", publiée dans The Observer du 24/11/2002, téléchargée le 15/08/2004 de la page http://observer.guardian.co.uk/worldview/story/0,11581,845725,00.html

Cette lettre est une longue suite d'accusations très graves et injurieuses des Etats-Unis. En voici des extraits qui expliquent quelques-unes des raisons de la haine des islamistes pour les Etats-Unis, et à travers eux tous les occidentaux, parce qu'ils partagent la même civilisation :

"You are the nation who, rather than ruling by the Shariah of Allah in its Constitution and Laws, choose to invent your own laws as you will and desire."

"You are the nation that permits Usury, which has been forbidden by all the religions. Yet you build your economy and investments on Usury. As a result of this, in all its different forms and guises, the Jews have taken control of your economy, through which they have then taken control of your media, and now control all aspects of your life making you their servants and achieving their aims at your expense..."

"You are a nation that permits acts of immorality, and you consider them to be pillars of personal freedom."

"You are a nation that permits gambling in its all forms. The companies practice this as well, resulting in the investments becoming active and the criminals becoming rich."

"You are a nation that exploits women like consumer products or advertising tools calling upon customers to purchase them. You use women to serve passengers, visitors, and strangers to increase your profit margins. You then rant that you support the liberation of women."

"You are a nation that practices the trade of sex in all its forms, directly and indirectly. Giant corporations and establishments are established on this, under the name of art, entertainment, tourism and freedom, and other deceptive names you attribute to it."

 

[10] Etude de Daniel MARTIN "Pourquoi sont-ils devenus casseurs ou terroristes ?"

 

[11] Site blog d'un dentiste irakien Healing Iraq (vaut le détour !) http://healingiraq.blogspot.com/

§           Cartes des tribus, du nettoyage ethnique et de la violence en Irak http://healingiraq.blogspot.com/maps.htm

§           Carte des principaux groupes ethniques en Irak http://healingiraq.blogspot.com/iraq-ethno1.JPG

§           Carte des communautés religieuses à Bagdad http://healingiraq.blogspot.com/baghdadethno1.JPG

 

 

Carte de Bagdad

 

 

[12] Transparency International, agence indépendante de lutte contre la corruption.

§           Page d'accueil http://www.transparency.org/

§           Description de la mission http://www.transparency.org/about_us

§           Rapport mondial sur la corruption 2005 http://www.transparency.org/content/download/2761/16559/file/Barometre_%20Mondial_%20sur_%20la%20Corruption_%20Rapport%202005.pdf

§           Tableaux et graphiques sur la corruption http://www.transparency.org/content/download/5082/29846/file/gcb2005_fulltables_graphs_06_02_27.xls

 

Citation concernant la corruption dans les pays du Moyen-Orient et en Afrique du Nord :

"The primary challenges facing civil society organizations in the fight against corruption in the Middle East and North Africa are non-democratic government structures, coupled with little manoeuvring space for civil society amidst stagnant, heavily state-managed economies."

 

[13] The New York Times du 13/08/2006, article "The Culture of Nations"

http://select.nytimes.com/2006/08/13/opinion/13brooks.html?th=&emc=th&pagewanted=print

Voici un exemple d'effet des différences culturelles entre pays, cité dans l'article ci-dessus, exemple qui illustre mon propos sur la responsabilité de la culture des pays musulmans dans l'attitude de respect des lois. Ci-dessous un extrait du texte original en anglais, suivi de sa traduction.

 

Texte anglais

"Diplomats in New York rack up a lot of unpaid parking tickets, but not all rack them up at the same rates. According to the economists Raymond Fisman and Edward Miguel, diplomats from countries that rank high on the Transparency International corruption index pile up huge numbers of unpaid tickets, whereas diplomats from countries that rank low on the index barely get any at all.

Between 1997 and 2002, the U.N. Mission of Kuwait picked up 246 parking violations per diplomat. Diplomats from Egypt, Chad, Sudan, Mozambique, Pakistan, Ethiopia and Syria also committed huge numbers of violations. Meanwhile, not a single parking violation by a Swedish diplomat was recorded. Nor were there any by diplomats from Denmark, Japan, Israel, Norway or Canada.

The reason there are such wide variations in ticket rates is that human beings are not merely products of economics. The diplomats paid no cost for parking illegally, thanks to diplomatic immunity. But human beings are also shaped by cultural and moral norms. If you’re Swedish and you have a chance to pull up in front of a fire hydrant, you still don’t do it. You’re Swedish. That’s who you are."

 

Traduction

"A new York, les diplomates accumulent les amendes de stationnement impayées, mais ils ne les accumulent pas tous au même rythme. D'après les économistes Raymond Fishman et Edward Miguel, les diplomates des pays les moins bien placés [c'est-à-dire où il y a le plus de corruption] dans le classement mondial de la corruption de Transparency International accumulent un nombre immense d'amendes impayées, tandis que les diplomates des pays les mieux placés n'en ont pratiquement jamais.

Entre 1997 et 2002, la représentation du Koweït a dû payer 246 amendes par diplomate. Les diplomates d'Egypte, du Tchad, du Soudan, du Mozambique, du Pakistan, de l'Ethiopie et de la Syrie ont aussi violé très souvent les règles de stationnement. Pendant ce temps-là, il n'y a pas eu une seule amende pour un diplomate suédois, ou un diplomate du Danemark, du Japon, d'Israël, de Norvège ou du Canada.

Ces importantes différences entre fréquences des amendes s'expliquent par le fait que les êtres humains ne sont pas soumis aux seules lois économiques. Les diplomates n'étaient pas tenus de payer les amendes de stationnement, du fait de leur immunité diplomatique. Mais les hommes se comportent aussi selon leurs règles culturelles et morales. Un Suédois qui trouve une place devant une borne à incendie ne s'y gare pas ; il est suédois, voilà pourquoi."

 

[14] Programme de développement des Nations unies "Arab Human Development Report 2003" - http://www.miftah.org/Doc/Reports/Englishcomplete2003.pdf

Extrait de la page 3 (Executive Summary) :

"Studies indicate that the most widespread style of child rearing in Arab families is the authoritarian mode accompanied by the overprotective. This reduces children’s independence, self-confidence and social efficiency, and fosters passive attitudes and hesitant decision-making skills. Most of all, it affects how the child thinks by suppressing questioning, exploration and initiative."

 

[15] Programme de développement des Nations unies "Arab Human Development Report 2003" - http://www.miftah.org/Doc/Reports/Englishcomplete2003.pdf

Extrait de la page 67 :

"Most Arab countries have not learned from the lessons of the past and the field of translation remains chaotic. In terms of quantity, and notwithstanding the increase in the number of translated books from 175 per year during 1970-1975 to 330, the number of books translated in the Arab world is 1/5 of the number translated in Greece. The aggregate total of translated books from the Al- Ma’moon era [vers l'an 1100] to the present day amounts to 10,000 books - equivalent to what Spain translates in a single year"

 

[16] Antoine Sfeir est Directeur de la rédaction des "Cahiers de l'Orient" et de "La Lettre de Bagdad" et aussi président du Centre d'études et de réflexion sur le Proche-Orient. Il a dirigé par ailleurs, avec Olivier Roy, le "Dictionnaire mondial de l'islamisme" et est auteur du livre "Les réseaux d'Allah - Les filières islamistes en France et en Europe".

 

[17] Journalisme et media en Irak

Selon l'article Free and Reckless, publié dans Newsweek du 11/08/2003, il y a après l'éviction de Saddam Hussein en Irak près de 200 journaux et magazines. Mais l'information qu'ils diffusent est parfaitement fantaisiste, parce qu'elle contient très peu de faits et beaucoup de rumeurs. Exemples : "Les Juifs projettent d'acheter des immeubles à Bagdad pour commencer la transformation de l'Irak en nouvelle rive occidentale du Jourdain"; "De source digne de foi, le pétrole Irakien part en Israël"; "Mort aux espions et à ceux qui coopèrent avec les Etats-Unis – les tuer est un devoir religieux".

 

Les chaînes de télévision, irakiennes ou étrangères, ne valent pas beaucoup mieux. La tentative des Américains d'émettre des informations plus crédibles sur leur chaîne Iraqi Media Network n'a pas réussi à obtenir une audience. Les journalistes irakiens ayant été décimés par Saddam Hussein ou réduits à une stricte servilité, il n'y a pas aujourd'hui, en Irak, de professionnels du journalisme.

 

Voir aussi la référence [18].

 

[18] The New York Times du 29/09/2006, article "Iraqi Journalists Add Laws to List of Dangers" - Extraits :

"Under a broad new set of laws criminalizing speech that ridicules the government or its officials, some resurrected verbatim from Saddam Hussein’s penal code, roughly a dozen Iraqi journalists have been charged with offending public officials in the past year."

"Currently, three journalists for a small newspaper in southeastern Iraq are being tried here for articles last year that accused a provincial governor, local judges and police officials of corruption. The journalists are accused of violating Paragraph 226 of the penal code, which makes anyone who “publicly insults” the government or public officials subject to up to seven years in prison."

"On Sept. 7, the police sealed the offices of Al Arabiya, a Dubai-based satellite news channel, for what the government said was inflammatory reporting."

"The office of Prime Minister Nuri Kamal al-Maliki has lately refused to speak with news organizations that report on sectarian violence in ways that the government considers inflammatory; some outlets have been shut down."

"Under Mr. Hussein, reporters and editors were licensed and carefully watched. Even typewriters had to be registered with the government. Now, Iraqi journalists still operate with considerable freedoms, at least compared with those in Saudi Arabia and other neighboring countries."

"Since the Iraq war began, more than 130 journalists — most of them Iraqi — have been fatally shot, beaten or tortured to death, according to the Journalistic Freedoms Observatory, the most prominent domestic advocacy group for journalists to emerge since the invasion. (The Committee to Protect Journalists, which requires more evidence to verify reported killings, lists 79 journalists and 28 news workers.)"

 

[19] Gouvernement américain - "Iraq National Strategy" (30/11/2005)

http://www.whitehouse.gov/infocus/iraq/iraq_national_strategy_20051130.pdf

 

[20] The New York Times du 20/10/2006, article "Bush Faces a Battery of Ugly Choices on War" - Extraits :

"WASHINGTON, Oct. 19- The acknowledgment by the United States Army spokesman in Iraq that the latest plan to secure Baghdad has faltered leaves President Bush with some of the ugliest choices he has yet faced in the war."

"Every day, administration and Pentagon officials fume […] about frustrations with Iraq’s prime minister, Nuri Kamal al-Maliki, for not confronting the country’s Shiite militias, meaning that there is no end to the daily cycle of attack and reprisals."

"We are not able to project sufficient coalition and Iraqi forces to properly execute the strategy” of clearing, holding and rebuilding Baghdad and other areas of insurgents and hostile militias, said another veteran, retired Gen. Jack Keane, a former Army vice chief of staff."

"The Iraq situation is not winnable in any real sense of the word ‘winnable,’ Richard N. Haass, the former chief of the policy planning operations in the State Department during Mr. Bush’s first term, told reporters on Thursday."

 

[21]     Democracy and Development : Political Institutions and Well-Being in the World, 1950-1990, étude publiée en octobre 2000 par les politologues Adam Przeworski, Michael E. Alvarez, Jose Antonio Cheibub et Fernando Limongi. (Cambridge University Press,  http ://www.cambridge.org/.)

 

[22] CIA World Factbook, consulté le 15/07/2006 à l'adresse http://www.cia.gov/cia/publications/factbook/ . L'avantage de cette publication du gouvernement américain, librement consultable sur Internet, est que ses chiffres sont mis à jour continuellement, tout au long de l'année.

 

[23]     Appel du 23/07/2003 du Secrétaire général des Nations unies, M. Kofi Annan, pour un retour rapide en Irak à un gouvernement par des Irakiens (http://www.un.org/apps/news/story.asp?NewsID=7781&Cr=Iraq&Cr1=report) et pour la fin de l'occupation militaire des alliés.

 

[24] "L'Islam en France" sous la direction de Yves Charles Zarka, éditions PUF, mars 2004. Yves Charles Zarka est directeur de recherches au CNRS. Il enseigne la philosophie politique moderne et contemporaine à l'Université de Paris I - Panthéon-Sorbonne. Il vient de publier un nouveau livre, Difficile tolérance (PUF, 2004).

 

[25] The New York Times du 27/09/2006, article "Waging the War on Terror - Report Belies Optimistic View" http://www.nytimes.com/2006/09/27/washington/27assess.html?th=&emc=th&pagewanted=print

 

[26] The New York Times du 20/10/2006, article "Bush Faces a Battery of Ugly Choices on War" http://www.nytimes.com/2006/10/20/world/middleeast/20policy.html?_r=1&th=&oref=slogin&emc=th&pagewanted=print

 

[27] The New York Times du 17/08/2006, article "Insurgent Bombs Directed at G.I.’s Increase in Iraq" http://www.nytimes.com/2006/08/17/world/middleeast/17military.html?_r=1&th=&oref=slogin&emc=th&pagewanted=print

 

[28] "Forging A World Of Liberty Under Law - U.S. National Security In The 21st Century - Final Report of the Princeton Project on National Security"

http://www.wws.princeton.edu/ppns/report/FinalReport.pdf#search=%22%20%22Forging%20a%20World%20of%20Liberty%20Under%20Law%22%22

 

[29] Le Figaro du 24/10/2006, article "Voile islamique : Londres craint des émeutes"

http://www.lefigaro.fr/international/20061024.FIG000000170_voile_islamique_londres_craint_des_emeutes.html

 

[30] The New York Times du 25/10/2006, article "Iraqi Realities Undermine the Pentagon’s Predictions" http://www.nytimes.com/2006/10/25/world/middleeast/25assess.html?_r=1&th=&oref=slogin&emc=th&pagewanted=print

Extraits :

"In June 2006, General Casey submitted a confidential plan to the White House projecting American troop withdrawals that would begin in September 2006 and which, conditions permitting, would lead to a more than 50 percent reduction in American combat brigades by December 2007. Iraq’s security forces were to fill the gap. In keeping with that strategy, American forces cut back their patrols in Baghdad during the first half of 2006.

It did not take long before the plan had to be shelved and American forces increased to try to tamp down the sectarian killings there. Still, General Casey continued to portray the current surge in fighting as a difficult interlude before the Iraqi security forces could begin to assume the main combat role and some variant of his withdrawal plan for American forces could be put back on track."

"As he said Tuesday, «It’s going to take another 12 to 18 months or so till, I believe, the Iraqi security forces are completely capable of taking over responsibility for their own security, still probably with some level of support from us, but that will be directly asked for by the Iraqis.»"

"The difficulties with the Iraqi police, who are supposed to play a major role in protecting cleared areas under the Baghdad security plan, are considerable and include corruption and divided loyalties to militias."

 

[31] Parameters, Winter 1995, pp. 59-69 "Force Requirements in Stability Operations" http://www.carlisle.army.mil/USAWC/Parameters/1995/quinliv.htm

Ce texte fait référence en matière d'effectifs de maintien de la paix. Il est enseigné dans les écoles militaires aux Etats-Unis depuis 1995. On peut en déduire que le maintien de la paix et de la sécurité en Irak nécessiterait 500 000 hommes, alors que la totalité des forces américaines opérationnelles compte 700 000 hommes - pour la totalité des théâtres d'opération. Les Etats-Unis n'avaient donc pas et n'ont toujours pas les moyens de stabiliser l'Irak !

 

[32] The Washington Post du 29/10/2006, article "This is Baghdad. What could be worse ?" http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/2006/10/27/AR2006102701487_pf.html

Deux extraits :

"There was an almost forgettable exchange earlier this month in the Iraqi National Assembly, itself on the fringe of relevance in today's disintegrating Iraq. Lawmakers debated whether legislation should be submitted to a committee to determine if it was compatible with Islam. Ideas were put forth, as well as criticism. Why not a committee to determine whether legislation endorses democratic principles? one asked. In stepped Mahmoud Mashadani, the assembly's speaker, to settle the dispute.

"Any law or decision that goes against Islam, we'll put it under the kundara!" he thundered.

"God is greatest!" lawmakers shouted back, in a rare moment of agreement between Sunni and Shiite Muslims.

Kundara means shoe, and the bit of bluster by Mashadani said a lot about Baghdad today.

It had been almost a year since I was in the Iraqi capital, where I worked as a reporter in the days of Saddam Hussein, the U.S.-led invasion in 2003, and the occupation, guerrilla war and religious resurgence that followed. On my return, it was difficult to grasp how atomized and violent the 1,250-year-old city has become. Even on the worst days, I had always found Baghdad's most redeeming quality to be its resilience, a tenacious refusal among people I met over three years to surrender to the chaos unleashed when the Americans arrived. That resilience is gone, overwhelmed by civil war, anarchy or whatever term could possibly fit. Baghdad now is convulsed by hatred, paralyzed by suspicion; fear has forced many to leave. Carnage its rhythm and despair its mantra, the capital, it seems, no longer embraces life."

 

"When anyone is against you, when anyone has differences with me, I will put a kundara in his mouth, I will shove a kundara down his throat, I will hit him with a kundara, and so on," another friend told me.

"We live in a kundara culture today."

 

[33] The New York Times du 02/11/2006, article "Same Old Demons" http://select.nytimes.com/2006/11/02/opinion/02brooks.html?th=&emc=th&pagewanted=print

 

[34] Transparency International - Indice de Perceptions de la Corruption 2006 (06/11/2006)

http://www.transparency.org/policy_research/surveys_indices/cpi/2006

 

[35] Conséquences d'un état de non-droit

L'état de non-droit d'une société a été étudié par le philosophe anglais Hobbes (1588-1679) sous le nom d'« état de nature ». Dans cet état où il n'y a pas de pouvoir politique, donc pas de lois à respecter, les hommes se conduisent selon leurs instincts.

 

Or l'homme est plein de désirs. Considérons deux hommes désirant le même bien. Si aucune loi de propriété ne définit celui qui en est propriétaire ou ne protège celui qui l'a acquis, ils vont lutter à mort pour se l'approprier, par la force, la ruse ou l'alliance avec d'autres hommes. Le vainqueur s'en emparera et aucune loi ne le punira.

 

Hobbes a décrit cette situation en écrivant que « L'homme est un loup pour l'homme » et que l'état de nature implique « la guerre de tous contre tous ».

 

Il est clair que dans une telle société on ne travaille guère, parce que le fruit du travail peut être dérobé ou rester impayé, et que l'investissement n'est pas rétribué. On ne construit rien, on ne prépare pas son avenir qui est trop menacé, on passe son temps à se protéger, on se méfie si fort des autres qu'on s'isole avec ses proches…

 

[36] Le Figaro du 17/11/2006, article "Contre le terrorisme islamiste, les musulmans sont le meilleur rempart", par Margaret Beckett, Secrétaire au Foreign Office (ministre des Affaires étrangères du Royaume-Uni) http://www.lefigaro.fr/debats/20061117.FIG000000069_contre_le_terrorisme_islamiste_les_musulmans_sont_le_meilleur_rempart.html . Extrait :

"L'un des jeunes gens responsables des attaques terroristes de juillet 2005 à Londres, Shezhad Tanweer, a proféré une des déclarations les plus glaçantes qu'il m'ait jamais été donné d'entendre. Il a soutenu que ceux qui l'avaient envoyé à la mort seraient finalement victorieux parce que « nous aimons la mort autant que vous aimez la vie »."

 

[37] Le Figaro du 20/12/2006, article "Ce que les pays musulmans devraient enseigner sur l'Holocauste" par Ayaan Hirsi Ali, ancien député hollandais, d'origine somalienne. Elle a écrit le scénario du film Soumission dont l'auteur, Theo Van Gogh a été assassiné par un islamiste radical.

 

Extrait :

"De mon enfance en Arabie saoudite, je me souviens que mes professeurs, ma mère et nos voisins nous répétaient quasi quotidiennement que les Juifs étaient l'incarnation du mal, les ennemis jurés des musulmans et que leur seul but était de détruire l'Islam. Nous ne recevions jamais aucune information sur l'Holocauste.

Plus tard au Kenya, durant mon adolescence, lorsque des organisations caritatives saoudiennes ou provenant des pays du Golfe vinrent jusqu'en Afrique, je me souviens que la construction des mosquées, les dons accordés aux hôpitaux et aux pauvres s'accompagnaient systématiquement d'insultes envers les Juifs. Les juifs étaient rendus responsables de la mort des enfants, des épidémies (comme le sida) et étaient la cause de toutes les guerres. Ils étaient avares et capables d'absolument tout pour tuer les musulmans. Si nous voulions pouvoir connaître un jour la paix et la stabilité, si nous voulions éviter d'être chassés de nos terres, il nous faudrait exterminer les Juifs. Et pour ceux d'entre nous qui n'étaient pas en position de prendre les armes contre eux, il nous suffisait de joindre les mains, de lever les yeux vers le ciel et de prier Allah qu'Il les détruise.

Les dirigeants occidentaux qui déclarent à présent avoir été choqués par les propos du président iranien Ahmadinejad lors de la conférence négationniste sur l'Holocauste, doivent prendre conscience de cette réalité. Pour une majorité de musulmans dans le monde, l'Holocauste n'est pas même un événement historique majeur sujet à débat. Nous sommes tout bonnement ignorants des faits parce que nous n'en avons jamais été informés. Pire encore, les musulmans sont, pour la plupart, entraînés à souhaiter un génocide des Juifs."

 

[38] André Comte-Sponville - "L'esprit de l'athéisme - Introduction à une spiritualité sans Dieu", publié en septembre 2006 chez Albin-Michel.

 

[39] The New York Times du 24/01/2007, article de Thomas Friedman "Martin Luther Al-King?" http://select.nytimes.com/2007/01/24/opinion/24friedman.html?th=&emc=th&pagewanted=print

 

[40] The New York Times du 04/02/2007, article "Iraq’s Shadow Widens Sunni-Shiite Split in U.S.http://www.nytimes.com:80/2007/02/04/us/04muslim.html?th&emc=th

 

[41] The New York Times du 05/02/2007, article "Iraqis Fault Pace of U.S. Plan in Attack" L'article montre que les Irakiens chiites accusent les Américains d'être responsables des attentats sunnites qui font une centaine de morts par jour, car selon eux :

§           Les Américains ne les protègent pas assez contre les commandos de la mort sunnites ;

§           Les Américains aidés par l'armée irakienne ont démantelé des milices chiites qui protégeaient les communautés chiites et terrorisaient les communautés sunnites.

 

C'est là une confirmation de plus de l'habitude arabe, quand quelque chose va mal, de chercher des coupables et de se déclarer victime plutôt que d'œuvrer à résoudre le problème de fond.

 

[42] The New York Times du 03/03/2007, article "An Afghan Policy Built on Pipe Dreams" (Une politique afghane construite sur des chimères)

http://select.nytimes.com/2007/03/03/opinion/03stewart.html?th=&emc=th&pagewanted=print

 

[43] Montesquieu - "L'esprit des lois" (1748) livre I, chapitre 3

 

[44] "L'intégration des musulmans bloquée par la culture"

 

[45] Assemblée nationale - Histoire et patrimoine - Le suffrage universel - "1852 Le Second empire" http://www.assemblee-nationale.fr/histoire/suffrage_universel/suffrage-1852.asp

 

Extrait :

"A la fin du Second Empire, la libéralisation du régime est marquée par le vote de la loi sur la presse du 9 mars 1868, qui autorisait tout citoyen à fonder un journal, tout en maintenant un système répressif contre les « abus ». Ce texte provoqua une floraison de journaux : 140 virent le jour à Paris en un an. Le plus agressif contre le régime impérial fut La Lanterne d'Henri Rochefort, lancé le 30 mai 1868. La première phrase du premier numéro est restée célèbre : « La France compte 38 millions de sujets, sans compter les sujets de mécontentement ». Rochefort a créé le genre du journal satirique, promis à un long succès.

Un des thèmes favoris de Rochefort fut la dénonciation du vide de la vie politique des assemblées du Second Empire, provoqué par le dévoiement du suffrage universel. Dès le 11e numéro, La Lanterne fut interdite, et Rochefort dut s'exiler à Bruxelles. Le 15 octobre 1869, Napoléon III, effrayé de son propre libéralisme, écrivait à l'impératrice « Le pays est malheureusement incapable de supporter la liberté... Les excitations des journaux démocratiques et les réunions publiques doivent amener tôt ou tard une émeute, qui fera l'effet de l'orage qui purifie l'atmosphère »."

 

[46] The New York Times du 13/09/2007, article "The Ottoman Swede"

Extraits :

"…League of Nations report of July 16, 1925, on the new Middle Eastern state then being carved by the British from the wreckage of the Ottoman Empire.

The report said that despite “the good intentions of the statesmen of Iraq, whose political experience is necessarily small, it is to be feared that serious difficulties may arise out of the differences which in some cases exist in regard to political ideas between the Shiites of the South and the Sunnites of the North, the racial differences between Arabs and Kurds, and the necessity of keeping the turbulent tribes under control.

And it warned: “These difficulties might be fatal to the very existence of the State if it were left without support and guidance.”"

"…divergent political visions from Nuri Kamal al-Maliki, the Shiite prime minister, and Tariq al-Hashemi, the Sunni vice president. The notion of give-and-take, of compromise reached rather than domination imposed, is a Middle Eastern novelty."

 

 

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