Les Verts: idéalisme, désinformation et utopisme

 

Ce chapitre présente et commente la plupart des propositions des Verts français pour les élections de 2002

 

 

Résumé

 

Ce chapitre présente et analyse les propositions des Verts, telles qu'on les trouve clairement exposées sur leur site Internet : la citoyenneté mondiale et locale, la solidarité et la subsidiarité, l'économie sans concurrence, les entreprises citoyennes, l'emploi et le nucléaire. Il présente ensuite les propositions de M. Daniel Cohn-Bendit et les commentaires de M. Noël Mamère sur les rave parties et le terrorisme.

 

Les Verts voudraient remplacer notre type de société par un autre, où la solidarité et la fraternité seraient les règles essentielles de l'économie. Le chapitre montre à quel point cette proposition est à la fois généreuse et utopique.

 

Les critiques des propositions et des affirmations des Verts montrent en quoi et comment ils pratiquent la désinformation pour faire triompher leurs points de vue. L'absence de propositions concernant la sécurité illustre leur haine de l'autorité représentée par la police.

 


 

Table des matières

1.    Le gauchisme et les Verts. 3

1.1  Qu'est-ce que le gauchisme?.. 3

1.1.1      Le gauchisme est un mouvement de contestation.. 3

1.1.2      Ne pas confondre gauchistes et extrême gauche. 3

1.1.3      Les gauchistes détestent toute autorité. 3

1.1.4      Les gauchistes détestent le profit 3

1.2  La principale activité des gauchistes est la critique de la vie quotidienne. 3

1.3  La majorité des Verts français sont des gauchistes. 4

1.4  Le refus de l'autorité. 4

1.5  Le refus de la productivité. 5

1.6  L'action contestataire. 5

1.6.1      Une idéologie qui oublie le réalisme. 6

1.6.2      Anticapitalistes d'abord, écologistes ensuite. 6

2.    Les Verts sont idéalistes, généreux et fraternels. 7

3.    La citoyenneté. 8

3.1  La citoyenneté mondiale. 8

3.1.1      Le Fonds Monétaire International 8

3.1.2      La Banque Mondiale. 9

3.1.3      Conclusion sur les accusations des Verts contre le FMI et la BM.. 10

3.2  La citoyenneté locale. 10

3.3  Solidarité et subsidiarité. 11

3.4  Des entreprises citoyennes. 13

3.5  Conclusions sur le modèle de société proposé par les Verts. 13

4.    L'emploi 14

4.1  Les raisons du chômage selon les Verts. 15

4.2  Redistribuer les richesses. 16

4.3  Les propositions des Verts en matière d'emploi 17

5.    Les propositions de M. Daniel Cohn-Bendit 18

6.    Les Verts et la production d'énergie nucléaire. 23

6.1  Sortir du nucléaire coûterait au moins 200 milliards. 26

7.    Désinformation: la mauvaise foi des Verts. 28

7.1  Ce dont les Verts ne parlent pas. 31

7.2  M. Noël Mamère sur les rave parties et le terrorisme. 31

8.    Conclusion électorale. 35

 

1.                    Le gauchisme et les Verts

Cette section décrit les gauchistes et leur action, pour que le lecteur comprenne mieux pourquoi et comment ils combattent la mondialisation. Bien que les Verts, dont la plupart sont des gauchistes, soient cités dans cette section en tant qu'ennemis de la mondialisation, la discussion qui les concerne commence avec le chapitre "Les verts: idéalisme, désinformation et utopisme". Certaines des informations sur le gauchisme ci-dessous proviennent de l'excellent article "Gauchisme" de l'encyclopédie Universalis.

1.1                 Qu'est-ce que le gauchisme?

Le terme de gauchisme a été popularisé par Lénine dans une brochure publiée en 1920 et intitulée "Le Gauchisme, la maladie infantile du communisme." Toutefois, la vogue du terme date des années 1965-1968, lorsque les États-Unis puis l’Europe occidentale furent tour à tour touchés par des mouvements de contestation nés en milieu universitaire et qui ont mobilisé rapidement de larges secteurs de la jeunesse.

1.1.1             Le gauchisme est un mouvement de contestation

Aujourd'hui, le gauchisme est devenu un mouvement de contestation, qui remet en cause la société actuelle, son organisation, son fonctionnement, l'économie libérale, la mondialisation et la protection insuffisante de l’environnement.

1.1.2             Ne pas confondre gauchistes et extrême gauche

Il ne faut pas confondre les gauchistes et l'extrême gauche, composée de communistes extrémistes qui se rattachent soit au trotskisme, soit au maoïsme. Contrairement à l'extrême gauche et aux communistes, les gauchistes refusent la dictature d'un parti, à laquelle ils préfèrent la spontanéité, l'auto-organisation improvisée pendant l'action.

1.1.3             Les gauchistes détestent toute autorité

Au delà de leur refus de l'autorité d'un parti, les gauchistes détestent toute autorité, au nom d'une liberté qu'ils placent au dessus de tout. Ils détestent notamment l'autorité d'un gouvernement et ses représentants, la police, la justice et l'armée. Ce point est développé plus bas.

1.1.4             Les gauchistes détestent le profit

Enfin, les gauchistes détestent toute source de revenu autre qu'un salaire : ils sont contre le profit lié à l'entreprise privée et à l'investissement, dont ils refusent que le risque soit rémunéré.

1.2                 La principale activité des gauchistes est la critique de la vie quotidienne

Contrairement aux partis traditionnels, dont chacun veut construire un certain type de société, les gauchistes veulent avant tout détruire notre société, pour la remplacer par une autre, décrite au chapitre "Les Verts…" : c'est un mouvement essentiellement négatif. Ils reprochent à notre société l'aliénation de l'individu, dessaisi, selon eux, des fruits de son travail et de sa liberté au profit de capitalistes, de sociétés multinationales et de l'Etat qui est leur complice. Les formes contemporaines de la production et de la consommation sont remises en cause au nom de l’écologie : les gauchistes se disent donc écologistes.

1.3                 La majorité des Verts français sont des gauchistes

C'est un de leurs membres les plus éminents, le député Noël MAMERE, ancien candidat officiel des Verts à l'élection présidentielle de 2002, qui l'a dit : lors d'une interview sur Europe 1 le 2/09/2001 dans le journal de midi, il a affirmé avec tristesse que "les Verts sont dominés par l'extrême gauche". Il venait de démissionner avec éclat du comité de campagne des Verts, qui venait de voter le refus de s'opposer à l'amnistie des crimes de sang en Corse. Respectueux cette fois-là [1] de l'Etat de droit, Noël MAMERE a refusé de s'associer à la majorité des Verts qui, comme leur ex-candidat à l'élection présidentielle Alain LIPIETZ, étaient favorables à l'amnistie des criminels corses. Cet événement est révélateur :

§           La majorité des Verts est prête à amnistier des criminels car, pour des gauchistes comme eux, lutter contre l'Etat capitaliste français est justifié même lorsqu'on assassine. Par conséquent, avant d'être des militants pour la sauvegarde de l'environnement, ils sont des gauchistes ennemis de l'Etat. Au lieu de s'appeler "Verts", leur parti devrait s'appeler "Rouges".

§           Puisque la lutte contre l'Etat est une lutte politique, la majorité des Verts considèrent, comme Alain LIPIETZ, leur ex-candidat, que les criminels corses sont des prisonniers politiques. Le fait que les mouvements nationalistes corses soient très liés à diverses mafias, depuis des années, est normal dans la mesure où, pour de vrais militants révolutionnaires, la fin justifie les moyens.

§           Tous les Verts ne sont pas des gauchistes, même si le vote sur l'amnistie et l'élection d'Alain LIPIETZ ont montré qu'une majorité le sont. Certains sont en fait des idéalistes qui militent pour l'environnement, même si leurs sympathies politiques sont à gauche: voir le chapitre "Les verts: idéalisme, désinformation et utopisme".

§           Alain Lipietz, lui, est clairement gauchiste : il a été maoïste dans sa jeunesse, puis il a contribué à l'automne 1989 à la rédaction du projet de société du Front de Libération Nationale Corse (FLNC) et il a rédigé la préface du livre du nationaliste corse Jean-Guy Talamoni, "Une ambition européenne pour la Corse".

Je suis scandalisé qu'un homme qui se pose en ennemi des institutions et du modèle de société de la République Française ait été élu candidat à sa présidence par un parti politique français, les Verts. Le Président de la République est garant de l'intégrité du territoire, incompatible avec une sécession de la Corse. Il est garant des institutions, ce qui est incompatible avec une volonté de les détruire.

1.4                 Le refus de l'autorité

Pour les partis de gauche traditionnels que sont les communistes, "l’homme est asservi par le système économique, qui fait de lui un producteur salarié travaillant pour le plus grand profit des possesseurs de capitaux. Ce système économique doit être renversé pour libérer l’individu."

 

Les gauchistes vont plus loin. Pour eux, l’individu est victime de bien d’autres contraintes dans sa vie quotidienne. La famille, par exemple, se fait oppressive dans la mesure où elle est construite sur un schéma hiérarchique classique, où l’autorité vient d’en haut et ne peut être discutée. Déjà habitué à obéir dans le cadre familial, l’enfant continue d’être formé dans la même optique par l’école. Quand il devient un producteur, dans son usine ou dans son bureau, les réflexes acquis continuent à jouer et il subit toujours une autorité imposée.

 

Le gauchisme s’en prend donc à tous les éléments de la vie et de la société, et pas uniquement à l’organisation du travail et de l’économie. La constante de ce combat est la lutte antiautoritaire. Nombreux sont d’ailleurs les gauchistes qui rappellent que les partis traditionnels reproduisent en leur sein le schéma hiérarchique fondé sur la notion d’autorité. C'est pourquoi le "parti" des Verts a tellement de mal à parler d'une seule voix : ses membres sont fermement opposés à toute autorité venant d'une direction, qu'ils remettent en cause sans cesse.

1.5                 Le refus de la productivité

La contestation des gauchistes et des écologistes porte également sur le caractère productiviste de notre société capitaliste. Ils exigent donc une réévaluation du concept de travail en entreprise, sa finalité même – le profit - étant remise en cause.

§           En matière agricole, lorsqu'ils combattent le productivisme, les gauchistes oublient qu'ils combattent le seul moyen, dans le tiers-monde, d'y produire toute la nourriture dont la population a besoin. La France, pays riche dans une Europe riche, a les moyens de diminuer la productivité agricole dans certains secteurs, en faisant "du bio" et en refusant les OGM. Mais les pays pauvres n'ont pas cette chance et veulent produire le maximum de nourriture tout de suite. Paradoxalement donc, le combat anti-productiviste des gauchistes est une attitude de riches qui ignorent les pauvres, comme leur combat anti-OGM.

Le seul point sur lequel l'agriculture productiviste française est critiquable est la pollution : l'excès de pesticides, par exemple, fait que l'eau du robinet de mon village n'est pas conforme aux normes ; le lisier des porcs empoisonne l'environnement de nombreuses régions agricoles. Les gauchistes et écologistes devraient se contenter, en matière agricole, de combattre ces excès-là, en faisant adopter et respecter des normes plus sévères au niveau européen.

§           En matière industrielle, les gauchistes anti-productivistes ignorent la réalité du marché. Ils sont les premiers à acheter des produits fabriqués dans les pays pauvres, lorsque ces produits sont moins chers que des produits français. Par ce choix, ils favorisent le productivisme dans ces pays pauvres et la délocalisation de notre industrie. Ils ne sont pas à une contradiction près.

 

L'anti-productivisme des gauchistes est donc une attitude irréaliste, et dont l'égoïsme à l'égard du tiers-monde contredit leurs propres objectifs d'une société plus humaine, où il fait bon vivre.

1.6                 L'action contestataire

Très nombreux, des centaines à travers le monde dont plusieurs dizaines en France, les divers groupes gauchistes ne sont unis que par l'action contestataire, seul mode d'expression sur lequel ils soient d'accord.

 

Rassemblés par le refus de l’énergie nucléaire et une non-violence conduisant à des formes d’antimilitarisme, gauchisme et écologie ont mêlé leurs thèmes et leurs troupes aussi bien dans la contestation du surgénérateur Superphénix à Malville (juillet 1977) que face à la confiscation des terres des paysans du Larzac au profit d’un terrain militaire (août 1973). Aujourd'hui ils protestent contre le G8, la mondialisation et les OGM. Voir aussi "Altermondialisme : une analyse critique".

1.6.1             Une idéologie qui oublie le réalisme

Les écologistes sont dominés par leur idéologie, qui leur fait oublier tout réalisme. Dès son arrivée au Ministère de l'environnement, Mme Dominique VOYNET a bloqué la réalisation du canal du Rhône au Rhin. Le trafic colossal entre la Méditerranée et la Mer du Nord, qui irrigue notamment le formidable bassin industriel de la Ruhr, doit donc passer par Gibraltar (un détour de 3000 km) ou continuer à se faire par trains et camions, au lieu de péniches. Il en résulte des coûts plus élevés, donc une perte de compétitivité. Il en résulte surtout une formidable pollution atmosphérique par les camions et les trains diesel.

 

Partout où les écologistes peuvent bloquer la construction des autoroutes et le développement de l'automobile, ils le font, sans jamais se préoccuper des conséquences économiques. C'est là une différence avec le Parti Communiste Français, favorable aux transports et à tout ce qui donne du travail aux salariés en développant l'activité.

 

En matière d'énergie électrique, les Verts préconisent des solutions propres peu réalistes et très coûteuses, comme l'énergie éolienne et l'énergie solaire, incapables de produire toute l'électricité dont nous avons besoin.

1.6.2             Anticapitalistes d'abord, écologistes ensuite

Il ne faut pourtant pas croire que les écologistes agissent ainsi par souci de notre qualité de vie, secondaire à leurs yeux devant leur lutte anticapitaliste. C'est ainsi que, pendant les grèves SNCF qui bloquent la France entière et gênent des millions de gens, ils restent silencieux, ils n'ont rien à dire. Ils savent pourtant se faire entendre lorsqu'il s'agit de protéger des oiseaux. A l'évidence, les voyages des oiseaux ont plus d'importance pour eux que les voyages de leurs concitoyens.

 

Hélas, le gauchisme des écologistes fait qu'ils sont ravis de tout ce qui handicape notre société capitaliste, même si cela fait souffrir des gens. C'est ainsi que leurs propositions politiques, décrites sur leur site Internet (ancienne adresse http://www.les-verts.org, adresse en février 2005 http://lesverts.fr/ ) et au chapitre "Les Verts…" ne contiennent rien sur la délinquance et le terrorisme. Il est donc regrettable que les Socialistes se soient alliés aux Verts pour arriver au pouvoir, car cela a permis à ces derniers de bloquer des projets économiquement utiles en matière de transports, sans pour autant leur permettre de résoudre nos problèmes de pollution de l'eau et de l'air.

2.                    Les Verts sont idéalistes, généreux et fraternels

Au chapitre précédent j'ai présenté les Verts comme des gauchistes. Ils sont plus que cela, notamment parce que, parmi eux, certains sont écologistes avant d'être gauchistes. Dans ce livre de propositions, j'analyse ci-dessous certaines des leurs, clairement exposées dans leurs propres textes, publiés sur leur site Internet (ancienne adresse http://www.les-verts.org, adresse en février 2005 http://lesverts.fr/).

 

A priori, je suis moi-même écologiste. J'ai toujours accordé beaucoup d'importance au respect de notre environnement et à la qualité de la vie. Je considère que c'est un crime de polluer l'air, l'eau ou le sol et de détruire la diversité biologique. Je pense que nous devons faire des efforts pour laisser à nos enfants un monde meilleur que celui que nous-mêmes avons reçu.

 

Parce que j'ai toujours pensé ainsi, je sympathise avec certains aspects des valeurs écologistes. Ces gens sont des idéalistes, au sens philosophique qui oppose cela au matérialisme. Ils sont désintéressés, généreux et fraternels. J'admire tout cela en eux.

 

Hélas, je désapprouve leurs projets politiques, dont j'analyse certains ci-dessous à partir de leurs propres textes.

3.                    La citoyenneté

Les citations que j'utilise ici proviennent de la page officielle des Verts français http://www.les-verts.org/citoy.html.

3.1                 La citoyenneté mondiale

"Nous ne craignons pas de nous définir comme citoyens du monde, cosmopolites."

C'est là une première caractéristique des Verts: leur caractère non-français. C'est ce qui explique la préférence qu'ils accordent à des institutions européennes, même lorsque celles-ci doivent prévaloir sur les institutions françaises. Ils préfèrent le monde à la France, pour qui ils n'éprouvent pas d'attachement particulier.

"Les droits économiques des populations restent aujourd'hui subordonnés à la satisfaction des critères édictés par le Fonds Monétaire International (FMI) ou la Banque Mondiale (BM), organismes n'ayant aucune préoccupation de démocratie ou de droits de l'homme."

Voilà pourquoi ils n'aiment pas la France telle qu'elle est. A leurs yeux, c'est un état libéral, capitaliste, qui écrase les citoyens économiquement les plus faibles au profit des plus riches. Comme tous les gauchistes, ils reprochent à notre société l'aliénation de l'individu, dessaisi, selon eux, des fruits de son travail et de sa liberté au profit de capitalistes, de sociétés multinationales et de l'Etat qui est leur complice.

Ils accusent le FMI et la BM de ne pas se préoccuper de démocratie ou de droits de l'homme. Nous verrons ci-dessous que cette accusation montre leur mauvaise foi, leur volonté d'utiliser des arguments faux pour convaincre. Nous verrons aussi d'autres exemples de ce manque d'honnêteté intellectuelle. Mais voyons d'abord ce que sont vraiment ces deux organismes, à partir des informations fournies dans l'article "Aide Economique" de l'encyclopédie Universalis.

3.1.1             Le Fonds Monétaire International

"Le Fonds Monétaire International est une institution internationale rattachée à l’O.N.U., fondée par la conférence de Bretton Woods en 1944. Elle compte environ 160 pays membres. Ce n’est pas un organisme de développement. Il a été chargé à l’origine d’assurer la régulation du système monétaire international, accordant des prêts aux pays dont la balance des paiements était en déficit et, au-delà d’un certain seuil, imposant aux pays emprunteurs des politiques de redressement. Mais, depuis l’abandon du système de Bretton Woods et la hausse du prix du pétrole, le FMI est intervenu à de nombreuses reprises pour aider les pays à surmonter les déséquilibres dans leur balance des paiements. Il a ainsi créé des facilités pétrolières, des facilités alimentaires, et des aides à la balance des paiements."

"Une aide est ainsi accordée lorsqu’un pays peut apporter la preuve que ses difficultés en matière de balance des paiements sont dues à la baisse des prix des matières premières qu’il exporte. A partir de 1973, les banques privées avaient accordé des paiements sans que le FMI exerçât de contrôle; il en est résulté un endettement considérable, devenu insupportable pour certains pays en raison de la hausse des taux d’intérêt qui en augmentait le coût et du ralentissement de l’activité économique mondiale qui limitait les possibilités d’exportations. Le FMI subordonne l’octroi de ses prêts à des mesures d’assainissement des économies endettées telles que la réduction des dépenses publiques, la vérité des prix, le freinage ou la réduction des salaires, le resserrement du crédit, de manière à réduire les importations et à ralentir l’inflation. Ces mesures améliorent la balance commerciale, mais souvent au prix d’une grave récession."

"Prenant de plus en plus conscience des difficultés d’ajustement et des délais nécessaires, le FMI a quelque peu infléchi ses habitudes, accordant des prêts à relativement long terme, alors qu’auparavant ils étaient à court terme, et en développant des programmes d’ajustement structurels en relation avec la Banque mondiale. Cela dit, la médecine du Fonds reste sévère, et les pays sont d’autant plus obligés de s’y soumettre que l’intervention du FMI est une garantie que les banques exigent pour consentir de nouveaux prêts."

En somme, le FMI aide ceux des pays qui acceptent de faire les efforts suffisants pour sortir de leur situation désastreuse. Cette aide est efficace, c'est pourquoi autant de pays ont adhéré au FMI. Ils l'ont fait de leur plein gré, parce qu'ils y trouvaient avantage.

En accusant le FMI de ne pas se préoccuper de démocratie ou de droits de l'homme, les Verts lui reprochent, en fait, de soutenir les gouvernements antidémocratiques ou totalitaires en place, au lieu de lutter pour les déstabiliser. Cette attitude du FMI est normale, c'est celle de toute agence ou émanation des Nations Unies, organismes qui ont pour règle – comme l'ONU elle-même - de ne pas agir contre des gouvernements en place.

En outre, si le FMI était laxiste en aidant des pays qui ne font pas les efforts nécessaires, son argent serait gaspillé, ce que ses membres prêteurs veulent évidemment éviter. Et le laxisme n'est pas la bonne méthode pour assainir une économie.

En conclusion, le FMI se comporte comme tout banquier avant de prêter de l'argent: il vérifie la solvabilité de l'emprunteur, pas ses mœurs. Les Verts, eux, voudraient qu'il les force à s'occuper de démocratie et de droits de l'homme.

3.1.2             La Banque Mondiale

"Autre émanation de l'ONU, La Banque Mondiale finance des projets ou des programmes de développement soit directement, soit par l’intermédiaire de ses filiales, la S.F.I. (Société Financière Internationale), qui s’attache aux projets industriels, ou l’A.I.D. (Agence Internationale pour le Développement), qui accorde des prêts à très bas taux d’intérêt avec un long différé de remboursement. La Banque Mondiale s’est acquis une grande réputation pour le sérieux avec lequel elle étudie les projets, pour sa connaissance de la situation des pays et pour la somme des informations qu’elle accumule sur le développement."

"Il lui est cependant reproché de prêter plus d’attention à sa propre conception de ce qui est bon pour un pays qu’aux objectifs du gouvernement de ce pays, de se référer trop exclusivement aux indications du marché et de n’accepter que très difficilement de faire intervenir des considérations de long terme ou des considérations sociales dans la décision de réaliser un projet. Derrière ces critiques se trouve le fait qu’à la Banque Mondiale les droits de vote sont proportionnels aux parts de capital détenues par les pays membres, ce qui assure la majorité aux pays de l’O.C.D.E. et un grand poids aux États-Unis."

La BM est une banque, pas un organisme de protection de la démocratie ou des droits de l'homme, pour lesquels l'ONU agit par d'autres moyens. Elle prête de l'argent aux pays pauvres, dans des conditions de taux d'intérêt si favorables que cela coûte de l'argent aux pays riches. Ce n'est donc pas un outil de colonisation ou d'exploitation à la solde de ces derniers. Accuser cet organisme, comme le font les Verts, d'ignorer la démocratie ou les droits de l'homme est aussi absurde que d'accuser la Banque de France de le faire: aucune banque ne se mêle de ces sujets.

Comme toute banque, en fait comme tout prêteur, la BM a sa propre conception des opérations économiquement saines, conceptions en général fort éloignées de celles des gouvernements de ces pays, trop souvent incompétents, antidémocratiques voire même corrompus. Comme tout prêteur soucieux de recouvrer un jour son prêt, la BM favorise les projets économiquement viables, au lieu de donner à fonds perdus à des gouvernements qui risqueraient de gaspiller ou laisser piller les fonds reçus.

Ici aussi, quand les Verts accusent la BM de préférer sa propre échelle de valeurs à celle de gouvernements qui ont fait la preuve de leur incompétence (quand ce n'est pas de leur corruption) ils oublient le réalisme au profit d'une notion puérile de "pauvres bons" opposés à des "capitalistes méchants".

3.1.3             Conclusion sur les accusations des Verts contre le FMI et la BM

En accusant le FMI et la BM d'ignorer la démocratie et les droits de l'homme, les Verts accusent en réalité les pays prêteurs de ne pas pratiquer la charité telles qu'ils la voudraient, c'est-à-dire en donnant aux pauvres sans critiquer les mauvaises pratiques économiques et politiques de leurs gouvernements, notamment la corruption. Ils ne tiennent pas compte du fait que la persistance de mauvaises habitudes de gouvernement entraîne la continuation de la mauvaise santé économique, donc de la pauvreté.

 

En réclamant le remplacement des saines pratiques économiques préconisées par le FMI et la BM par une générosité respectueuse des mauvaises pratiques économiques des pays secourus, les Verts montrent leur manque de réalisme.

3.2                 La citoyenneté locale

Autre citation de la page des Verts http://www.les-verts.org/citoy.html :

"Dans les villes, installons des "conseils de quartier", consultés avant chaque opération d'aménagement ou d'urbanisme. Pour ne pas multiplier les élections locales, c'est peut-être à ce niveau de base que pourrait être appliquée une solution remontant aux origines de la démocratie athénienne et encore utilisée aujourd'hui pour la constitution des jurés d'assises : le tirage au sort. Les personnes tirées au sort auraient bien entendu le droit de se récuser. L'intérêt est de faire participer le maximum de gens à la vie politique locale, en dehors d'un engagement partisan. La représentation par tirage au sort assurerait une palette très représentative des différentes couches de la population du lieu, hommes et femmes, jeunes et vieux, riches et pauvres, français et étrangers..."

Comme tous les gauchistes, les Verts détestent l'autorité d'un gouvernement, qu'ils trouvent systématiquement trop éloigné des citoyens. Ils sont donc partisans d'une autogestion, dans le cadre d'une extrême décentralisation. L'Europe qu'ils appellent de leurs vœux n'est pas une fédération de pays, comme les Etats-Unis sont une fédération d'états. C'est une fédération regroupant un nombre immense de groupuscules d'hommes et de femmes habitant un même quartier. La notion de pays, comme la France, ne leur convient pas. L'idée d'une République structurée comme la nôtre, non plus.

En tant que gauchistes, les Verts rejettent l'autorité d'un parti sur ses militants. Mais leur rejet de l'autorité va bien plus loin: ils n'aiment pas davantage les organisations politiques stables, qui peuvent trop facilement avoir le temps de devenir tyranniques à l'égard de leurs citoyens. Ils veulent donc changer fréquemment de dirigeants. Ils ne tiennent donc pas compte du temps nécessaire pour les actions politiques, dans tous les domaines: économique, social, éducation, sécurité, santé, recherche, environnement, infrastructure de routes et communications, etc. Ce temps se compte en années. L'organisation qu'ils proposent, avec ses fréquents changements de dirigeants, n'a aucune chance de fonctionner.

Pire même, le tirage au sort de ces dirigeants garantit l'arrivée au pouvoir de personnes statistiquement non motivées et surtout incompétentes en matière d'affaires publiques. Avec cette proposition, les Verts montrent leur utopisme.

Si on les laissait faire, ils remplaceraient notre système politique, dont la croissance de notre niveau de vie, de notre santé et de la durée de loisirs a prouvé qu'il marche, par un ensemble de groupuscules gérés par des incompétents qui n'ont même pas le temps devant eux pour se mettre au courant des situations.

3.3                 Solidarité et subsidiarité

"Le principe de solidarité implique l'assistance mutuelle, la mise en commun d'expériences, le partage des richesses et des progrès, le développement harmonieux et concerté."

Les Verts montrent ainsi la valeur qu'ils attachent à la solidarité et la fraternité, qu'ils basent sur la bonne volonté de tous. Ils supposent que les hommes sont intrinsèquement bons. Ils ignorent l'égoïsme, la cupidité et les autres défauts connus depuis les temps bibliques sous le nom de "péchés capitaux". Leur texte ne parle pas de sécurité et de police, notions absentes de leur monde. Ici encore, les Verts baignent dans un optimisme aussi béat que puéril.

Plus inquiétant, toutefois, le partage des richesses préconisé par les Verts est une proposition franchement communiste. Elle suppose un altruisme et une bonne volonté qui n'existent que chez les membres d'ordres religieux. La tentative d'aller dans ce sens faite par les divers régimes communistes s'est soldée par un échec terrible et un résultat contraire à l'objectif affiché: le pouvoir totalitaire, la négation des libertés individuelles, le pillage du bien public par une minorité d'apparatchiks et, enfin, la pauvreté de tous.

"Le principe de subsidiarité indique, quant à lui, que les décisions doivent être prises de manière décentralisée au niveau de compétence, de connaissance et de suivi optima. En vertu de ce principe on ne confie pas au niveau territorial supérieur ce qui peut être convenablement traité au niveau considéré."

Les Verts confirment ainsi leur volonté de décentraliser au maximum, ce qui est cohérent avec leur refus de l'autorité et leur goût de l'autogestion. Le problème est que l'atomisation de la société en petites communautés risque de déboucher sur des affrontements entre ces communautés, à partir de conflits d'intérêt, d'idéologie ou de culture, sans qu'on puisse résoudre ces conflits à l'aide de l'autorité d'un Etat central imposant des lois communes au nom de l'intérêt général. On l'a vu dans l'histoire de France: avant la Révolution, qui a beaucoup unifié le pays, les diverses régions et villes avaient leurs propres systèmes de mesure, leurs propres lois et impôts, etc. Et cette diversité constituait un formidable handicap pour le développement économique, c'est-à-dire le niveau de vie des citoyens. Là aussi, le caractère utopique des propositions des Verts est évident.

"Nous voulons donner plus de poids aux régions et à l'Europe, en régionalisant certaines fonctions actuellement centralisées, et en continuant le transfert d'autres compétences des États vers l'Union européenne, ce qui peut être résumé dans le slogan ‘Une France fédérale dans une Europe fédérale’."

"Rapprocher la décision le plus près possible du citoyen, en harmonisant cependant les politiques et en conservant, aux échelons géographiques supérieurs, les compétences qui sont plus efficaces à cette échelle, c'est la subsidiarité alliée à la solidarité."

"Favoriser les mouvements du bas vers le haut et non l'inverse, à tous les échelons administratifs et dans des domaines plus vastes que la citoyenneté purement électorale, c'est l'autonomie et la responsabilité."

Contrepoids à l'atomisation de la société en groupes de quartier, les Verts préconisent la fédération de ces groupes par région et la fédération des régions dans l'Europe. Ils confirment leur volonté d'autogestion, qui ne peut manquer de générer un immobilisme total, du fait de discussions interminables au sein d'un quartier, d'une région et de l'Europe. Et lorsque des discussions n'aboutissent pas, les conflits naissent car tels sont les hommes.

Il est important de comprendre ce point: les Verts sont contre le fait de déléguer la politique et son pouvoir à des professionnels, même élus. L'absence de professionnalisme rendra impossible la prise de décisions correctes dans un monde qui est devenu extrêmement complexe, du fait du développement des communications qui a entraîné une profonde intégration des économies. L'absence d'autorité supérieure entraînera la multiplication des conflits d'intérêt et de point de vue, conflits que l'absence de stabilité des dirigeants interdira de résoudre.

En favorisant les mouvements (c'est-à-dire les initiatives) du bas vers le haut, on submergera ceux qui sont aux commandes sous les demandes et les suggestions. Ces dirigeants n'auront plus le temps de penser. Ils seront dans la situation du PDG de grande entreprise qui favorise le contact direct avec ses milliers de salariés et reçoit de ce fait 500 messages par jour sur son PC. Les dirigeants submergés et empêchés de prendre une décision allant de haut en bas adopteront une attitude clientéliste, propre à satisfaire ceux qui crient le plus fort ou ont la plus forte capacité de nuisance.

3.4                 Des entreprises citoyennes

"Une entreprise citoyenne, privée ou publique, c'est un lieu où l'on débat des salaires et des conditions de travail, bien sûr, mais aussi de l'utilité sociale de ce que l'on produit, des pollutions et des déchets, des nuisances occasionnées à l'environnement immédiat ou plus lointain de l'entreprise..."

"Ce que nous appelons l'écogestion, c'est cette participation de tous à la vie de l'entreprise, cette concertation impliquant aussi les individus ou groupes concernés par l'entreprise: voisinage, consommateurs..."

Le modèle d'entreprise proposé ici par les Verts ne peut fonctionner qu'en l'absence de concurrence. Donc, à moins d'isoler la France du reste du monde, et de changer son système d'économie de marché en économie planifiée de type communiste, on ne peut le mettre en place. Gauchistes autogestionnaires, les Verts montrent par cette proposition qu'ils ne connaissent pas l'Histoire, qui a consacré l'échec total des régimes communistes à économie non-concurrentielle.

En outre, si on isolait la France du monde le temps de parvenir à cette économie sans concurrence, la transition serait empoisonnée par la mauvaise volonté de l'immense majorité des Français, qui n'ont pas la générosité et l'ouverture d'esprit nécessaires pour y travailler en abandonnant les avantages acquis. Pendant cette transition, pourra-t-on continuer à acheter des produits moins chers fabriqués en Asie, ou faudra-t-il payer plus cher ceux qu'on fait en France, dans des entreprises contre-productives parce qu'elles sont soucieuses de citoyenneté? Si on les achète à l'étranger – ce qui est obligatoire pour le pétrole et des centaines d'autres produits – avec quel argent les paiera-t-on, sachant que les étrangers, eux, n'achèteront pas les produits français plus chers simplement pour nous encourager dans notre démarche?

Cette proposition revient à remplacer la notion d'entreprise tournée vers le profit par une entreprise tournée vers l'équité, l'écologie, la citoyenneté, la fraternité… toutes notions qui reposent sur des hommes parfaits dans un monde sans problème. Elle est tellement utopique qu'on en reste atterré.

3.5                 Conclusions sur le modèle de société proposé par les Verts

Dans leur élan de générosité et de fraternité, les Verts français proposent une société parfaitement utopique. Ils croient en des hommes meilleurs que la réalité. Bien entendu, ils sont incapables de décrire le détail des étapes pour parvenir à cette société idéale. Mais cela ne les gêne pas : en tant que gauchistes, ils sont avant tout contestataires, et la contestation au jour le jour leur suffit.

4.                    L'emploi

Les citations que j'utilise ici proviennent de la page officielle sur l'emploi des Verts http://www.les-verts.org/emploi.html.

 

"Les seuls projets des candidats de droite et de gauche à l'Elysée contre le chômage sont la croissance et la relance de la consommation. Quel manque d'imagination et de clairvoyance!"

Les Verts sont membres de la Gauche plurielle… quand cela les arrange! Cette critique met dans le même sac les Socialistes, les Communistes, les Radicaux de Gauche, le Mouvement des Citoyens et les partis de droite. Il est vrai que tous ces partis ont en commun de ne pas proposer la destruction de notre société et son remplacement par une utopie gauchiste autogestionnaire comme celle des Verts. Comment les autres partis de gauche ont-ils pu s'allier avec des Verts qui renient à ce point leurs valeurs et leurs projets?

"Même avec une croissance soutenue, il n'y aura que très peu d'emplois créés, car la productivité continue à augmenter. Aux États-Unis, le chômage a légèrement diminué, mais ce fut surtout grâce à la création d'emplois précaires, de "boulots" mal payés."

Les Verts ignorent les lois économiques. Avec une croissance soutenue il y a beaucoup d'emplois créés, car ce sont des emplois dans des activités où la productivité progresse peu: les services. Avec une forte croissance il y a de plus en plus de biens et de services à répartir dans la population, d'où un niveau de vie plus élevé. Avec plus d'argent et plus de temps disponible – grâce au temps économisé par le surcroît de productivité – les gens se soignent plus, voyagent plus, se cultivent plus et achètent davantage de prestations diverses. Tout cela génère plus de travail, pas moins. Avec une telle affirmation, les Verts désinforment les gens qui, comme eux, ne connaissent rien à l'économie.

Le chômage aux Etats-Unis est beaucoup plus réduit que chez nous: 5% contre 9%. Il est faux de prétendre que les emplois créés sont surtout des emplois précaires: ce sont surtout des emplois qualifiés. On manque encore plus de spécialistes, de techniciens, d'ingénieurs aux USA qu'en France, d'où des salaires bien plus élevés (niveau de vie supérieur de 52% à celui de la France) et la fuite de cerveaux vers les Etats-Unis depuis tous les autres pays.

Contrairement à la France, le chômeur n'est pas indemnisé aux USA au même niveau mensuel qu'un travailleur non qualifié. Il n'a donc pas intérêt, comme chez nous, à rester sans rien faire aux frais du contribuable. C'est pour cela que beaucoup de gens sans qualification, qui ne trouvent pas un meilleur travail, acceptent des "petits boulots". Déformer ainsi la réalité est un manque d'honnêteté intellectuelle.

"Des pans entiers de la société basculent progressivement dans la pauvreté ou la précarité."

Cette affirmation des Verts est tout simplement contraire aux faits. Non, le niveau de vie ne baisse pas en France, au contraire et depuis plus de 55 ans. Non, le nombre de pauvres n'augmente pas, les statistiques sont formelles.

Par contre, la précarité augmente, si on appelle précarité le fait pour un travailleur d'avoir un travail qu'il risque de perdre sans indemnisation. C'est le problème des intérimaires et celui des salariés non titulaires de l'Etat, qui est de loin le premier exploiteur de main d'œuvre de France. Mais ce problème concerne surtout les travailleurs peu qualifiés, car les travailleurs qualifiés sont moins nombreux, dans tous les métiers ou presque, que les emplois offerts.

En affirmant la dégradation continue de l'emploi, les Verts font un amalgame entre les travailleurs non qualifiés, que notre société exclut de plus en plus parce qu'elle n'en a plus besoin, et les travailleurs qualifiés qui font défaut, dans l'industrie comme dans les services, les hôpitaux, etc. La réponse à la précarité n'est pas l'adoption du programme économique utopique des Verts, mais tout bonnement celle que l'Etat tente d'apporter: formation et croissance économique.

Enfin, les statistiques sur la pauvreté en France montrent (voir plus bas l'étude de l'INSEE citée par Le Monde) que la proportion de pauvres est stable depuis 1996: la dégradation continue citée par les Verts n'existe donc que dans leur esprit.

4.1                 Les raisons du chômage selon les Verts

"Pour notre part, nous voyons dans le processus d'informatisation généralisée du travail, dans la mondialisation des échanges, et dans le libéralisme économique, les trois raisons principales de cette désagrégation de notre société par la mise hors-circuit de millions de personnes."

Les Verts affichent clairement ce qu'ils combattent: l'informatisation du travail, la mondialisation des échanges et le libéralisme économique. C'est une attitude cohérente pour des gauchistes. Cohérente, mais absurde: notre société ne met hors circuit que les illettrés, qu'aucune société moderne ne pourrait utiliser, et ceux qui ont laissé se perdre leur compétence, en ne faisant pas l'effort de la tenir à jour.

En accusant l'informatisation et la mondialisation de marginaliser des gens, les Verts défendent ceux qui, comme eux, refusent les progrès de la productivité parce qu'ils comptent sur la charité des autres (les indemnités de chômage) pour vivre sans travailler. En attaquant le libéralisme, ils attaquent l'initiative individuelle, qui demande des efforts et une adaptation à un monde qu'ils refusent.

"La première raison, portée par les innovations de l'électronique, peut être considérée comme une chance pour l'humanité de s'émanciper en réduisant les travaux dangereux ou pénibles et, surtout, en rendant possible une société dans laquelle le temps de travail sera beaucoup plus faible que le temps libéré, pour des activités autonomes non monétarisées."

Les Verts affichent ici leur idéal: utiliser le progrès pour travailler moins (la paresse) et que chacun utilise son temps libre comme il l'entend, sans souci de gagner de l'argent. Ils ne prennent pas en compte la diversité des gens: il y a des gens qui aiment l'argent et voudraient travailler plus, pour gagner plus, ou travailler plus vite pour la même raison…

"Par contre, cette opportunité ne sera émancipatrice qu'à la condition que la mondialisation des échanges soit encadrée par des règles équitables et démocratiquement débattues, différentes de ce que sont aujourd'hui celles de l'OMC (organisation mondiale du commerce, ex-GATT); et à la condition que le libéralisme économique soit combattu et remplacé par des formes d'économies solidaires avec marché dans chacune des grandes régions du monde, notamment en Europe."

En effet, si la concurrence continue à exister, un pays qui adopterait les préconisations économiques des Verts serait vite absorbé et colonisé par les pays concurrents, à partir de ses entreprises qui seraient réduites à la faillite par leurs concurrentes étrangères. Il faut donc supprimer la concurrence. Pour cela, il faut encadrer (c'est-à-dire diminuer fortement avec des quotas) le commerce international, donc adopter une attitude antilibérale. La position des Verts est cohérente à un détail près: aucun pays ne l'acceptera, à commencer par la France. Il s'agit donc, encore, d'une utopie.

D'ailleurs l'expression "économies solidaires avec marché" est contradictoire: un marché est par définition concurrentiel, à cause de la liberté pour un client de choisir son fournisseur, alors que la solidarité implique, au contraire, l'aide des fournisseurs improductifs par les productifs, ce qui élimine la concurrence.

"Ces formes d'économies solidaires ne pourront contenir - au deux sens de ce mot - le capitalisme que si le choix d'une politique de redistribution du temps libéré et de croissance des activités autonomes est clairement affiché. Ce qui implique la protection d'activités qui relèvent de la sphère micro-sociale, ou même privée, c'est-à-dire le rejet des emplois de serviteurs, encouragés, par exemple, par le chèque-service Giraud-Balladur. Et, au contraire, le soutien par les pouvoirs publics d'une logistique (urbanisme, architecture, locaux, équipements, associations, coopératives...) favorisant les activités sociales auto-organisées."

Comme tous les gauchistes, les Verts pratiquent le "y a qu'à": l'Etat n'a qu'à payer pour favoriser les activités ("micro-sociales") que les petits groupes autogérés des villes décideront de pratiquer. Il fera de grands travaux urbains, subventionnera les associations ainsi que les coopératives, en déficit du fait de leur manque de productivité. Les Verts oublient que l'Etat n'est que le mandataire de l'ensemble de ses citoyens, d'où les fonds proviennent par l'impôt. Et que ce n'est pas en diminuant la productivité et en réorientant l'activité des gens vers les loisirs qu'on trouvera l'argent pour payer ce que les Verts demandent.

On ne voit pas comment on pourrait créer, développer et entretenir une infrastructure comme les chemins de fer et les autoroutes à partir d'activités sociales auto-organisées, parce que ce genre de travaux demandent de grandes entreprises. On ne voit pas, non plus, où est la limite entre des emplois de serviteur (la femme de ménage) et des emplois de services (le taxi ou l'assistante sociale).

On voit très bien, au contraire, dans la volonté de redistribuer le temps, la marque d'un état communiste qui décide de tout, dans un esprit de solidarité. Il n'y aurait plus de serviteur, mais tous seraient au service de l'Etat, qui distribuerait l'argent et les temps de repos.

4.2                 Redistribuer les richesses

"Une redistribution des richesses doit être effectuée au bénéfice des salaires et des emplois, et au détriment du capital et de la spéculation."

Les Verts réclament donc que l'on prenne l'argent à ceux qui ont réussi à en gagner, pour le donner à ceux qui n'ont pas été capables de le faire. C'est une attitude communiste dont l'utopie est bien connue. Si on redistribue le bénéfice au lieu de laisser les capitalistes l'investir, il n'y a plus d'investissement. Alors, l'entreprise est rapidement balayée par ses concurrentes, qui ont amélioré leurs produits et leurs prix de revient grâce à des investissements, et cela crée des chômeurs. A moins, bien sûr, de supprimer aussi la concurrence!

4.3                 Les propositions des Verts en matière d'emploi

"Nos priorités en matière d'emploi sont:

§           Réduire massivement le temps de travail (32 heures tout de suite, puis 28 heures au début du siècle prochain [c'est-à-dire à partir du 1/1/2001]), par une loi-cadre.

§           Augmenter le SMIC et les salaires horaires pour les revenus les plus bas. Il s'agit de resserrer la hiérarchie des salaires, deux fois plus importante en France qu'en Allemagne.

§           Faire contribuer les revenus financiers au financement de la protection sociale.

§           Réformer la fiscalité pour ne pas pénaliser les entreprises de main d'œuvre.

§           Économiser sur les dépenses militaires, notamment le nucléaire.

§           Lutter contre l'exclusion par l'extension du RMI aux jeunes, et par des subventions aux entreprises solidaires avec l'argent économisé sur l'indemnisation du chômage. Par entreprises solidaires, nous entendons celles qui valorisent des activités socialement utiles, mais aujourd'hui non salariées : assistance aux personnes âgées, aux malades, entretien de l'environnement...

§           Stimuler une relance économique sélective, par des grands travaux de transports économes, de développement des énergies renouvelables et des économies d'énergie, de reprise du logement social et des services publics, de collecte sélective à la source et de recyclage des déchets.

 

Bref, travailler moins pour travailler tous et vivre mieux."

Tout un programme, et tout aussi utopique. Heureusement que les Verts nous apprennent qu'on peut travailler moins tout en vivant mieux et en étant plus fraternels. Sans eux, nous ne le saurions pas. Il est piquant de constater qu'en Allemagne, où leur pouvoir dans le gouvernement est plus grand que celui de nos Verts dans le nôtre, ils n'ont réussi à mettre en œuvre aucune de ces propositions.

5.                    Les propositions de M. Daniel Cohn-Bendit

Les propositions qui suivent proviennent d'un texte de M. Daniel Cohn-Bendit (tête de liste des Verts aux élections européennes et député européen), texte auquel il attache une grande importance.

 

La troisième gauche verte et libertaire

par Daniel Cohn-Bendit (Libération 23/02/2000)

"Premier défi: pour la réhabilitation du long terme en politique

Dans le face-à-face traditionnel entre les acteurs économiques et les politiques progressistes, entre le libéralisme pur et la gauche, s'opposaient deux temps. D'une part, le temps rapide de l'efficacité économique: ce qu'on appelle le retour sur investissement et qui produit les conséquences d'horreur économique que l'on sait. D'autre part, le temps long du projet de société, qui finissait par dénier au marché tout rôle dans les mutations sociétales. Entre ces deux temps, l'écologie politique a permis de faire émerger une dimension fondamentale de la vie et de la civilisation: celle de l'impact à long terme des activités humaines."

Les Verts libertaires sont donc contre l'intérêt de la notion de retour sur investissement, c'est-à-dire pour le contrôle étatique de l'économie. Mais ils ne sont pas tout à fait contre le rôle du marché… nous verrons plus loin ce qu'ils recommandent.

En parlant d'horreur économique, les Verts libertaires nient l'élévation constante, depuis 1945, du niveau de vie, de la durée de vie, de la santé, de la quantité et la qualité des loisirs, de la protection sociale, etc. Et en ajoutant "…que l'on sait" ils font comme si tout le monde était d'accord avec cette contrevérité niant le progrès.

 

"A nos yeux, le principe de précaution est absolument fondamental et n'a pas vocation à rester circonscrit aux risques environnementaux liés aux technologies. Il doit s'appliquer aussi à l'ensemble de leurs conséquences pour l'homme et sa vie en société."

Il y a là une mise en avant du principe de précaution, dont nous avons vu au chapitre "Principe de précaution: à utiliser avec précaution" qu'il est remarquablement illogique et utilisé par les politiciens pour nous faire admettre des décisions résultant de raisonnements inavouables. L'importance que M. Cohn-Bendit donne à ce principe montre qu'il se moque de la réalité, qu'il veut plier aux rêves écologistes.

 

"La logique de rendement de l'économie de marché doit être ordonnée et structurée par une logique de précaution et de responsabilité."

M. Cohn-Bendit veut que l'Etat contrôle l'économie en fonction du principe de précaution. Sachant que le principe de précaution permet de justifier n'importe quoi, comme tout principe sans fondement logique, il serait très dangereux de donner du pouvoir à des écologistes.

"Deuxième défi: pour une vision ternaire du politique

Ce que propose la troisième gauche verte - un peu plus armée théoriquement que les autres -, c'est d'exploiter pleinement ce moment fondateur et d'être vraiment créatif. Bonne nouvelle, tout est à inventer!"

C'est là une constante chez les Verts comme chez les jeunes enfants: ils n'hésitent pas à réinventer le monde. Ils ne tiennent compte d'aucune difficulté, d'aucune réalité: seul compte leur rêve de bonheur.

 

"A nous de trouver comment maîtriser le marché pour qu'il continue à répondre à la diversité des besoins individuels sans produire des inégalités excluantes et sans tout envahir: dans des domaines comme la culture, l'éducation ou la santé, son rôle doit être clairement limité, voire annulé."

Les Verts veulent donc maîtriser et orienter la culture! Où est la liberté de l'artiste? Puisqu'il ne doit pas travailler pour les rares personnes qui, sur le marché, voudraient et pourraient lui acheter ses œuvres, il travaillera donc pour l'Etat; on a vu dans les pays communistes le désastre artistique et les œuvres insipides qui en résultaient. L'Etat empêcherait-il l'artiste de créer ce qu'il veut, au nom des goûts et philosophies des politiciens du moment? Ce communisme totalitaire est insupportable!

Les Verts veulent aussi maîtriser la santé, c'est-à-dire supprimer le droit d'un patient à choisir sa médecine, à préférer une médecine libérale à la médecine étatique. Autre attitude communiste totalitaire, qui risque de faire pression sur les individus: "si tu veux accéder aux soins, ton comportement doit être politiquement correct!"

Même remarque pour l'éducation: on ne pourra pas enseigner dans des écoles privées ce que l'on veut. Il n'y aura pas de concurrence entre universités ou entre écoles, donc pas d'émulation. Les Verts ne voient pas que ce contrôle par l'Etat aboutira, comme il l'a fait dans tous les régimes communistes, à l'endoctrinement politique.

Bien entendu, les Verts répondraient à mes objections que, dans ces trois domaines, ils veulent agir pour le plus grand profit du peuple, dont aucun membre ne doit être exclu de la culture, la santé et l'éducation. C'est exactement ce que disaient les communistes russes ou nord-coréens, et nous savons que cela les a conduit à la misère économique, à la privation de liberté (pour que personne ne puisse contester les décisions de l'Etat), à l'enseignement obligatoire d'une culture politique d'endoctrinement et, pour finir, à un effondrement politique honteux.

 

"A nous de rendre l'individualisme contemporain généreux et vraiment libre."

En parlant de liberté, après la mise aux ordres de l'enseignement, de la santé et de la culture, on atteint un sommet de contradiction, qui à l'évidence échappe à M. Cohn-Bendit.

En parlant de générosité, il compte sur le mythe de l'Homme Bon, qui ne concerne qu'une petite partie des hommes pendant une petite partie de leur temps. Pour comprendre l'utopisme de cette attitude, il suffit de voir l'égoïsme des salariés de la SNCF ou de la RATP, qui n'hésitent pas à prendre des millions de citoyens en otage pour faire aboutir leurs revendications.

 

"Notre conviction est que pour ça, il faut commencer par rompre clairement avec certains réflexes confortables et accepter d'être à la hauteur de la nouveauté des situations. Sur la nouvelle donne entre marché et Etat par exemple, il faut trouver les moyens de contrôle du politique sur l'économique, mais il faut aussi avoir le courage d'accepter le fait que l'Etat ne peut pas tout, et surtout ne doit pas tout. Au lieu de refuser un tel débat pour de pures raisons idéologiques comme la gauche traditionnelle l'a fait au moment de l'affaire Michelin, obligeant Lionel Jospin à revenir en arrière, il faut absolument se demander si cette formule n'est pas au fond une chance pour regarder l'action publique autrement: moins dans une logique de protection [par la loi] que dans une logique de responsabilisation."

Le mot "responsabilisation" est important. Il illustre une constante de l'idéologie des Verts: ceux-ci croient en un Homme intrinsèquement bon, à qui il suffit de faire confiance pour que son esprit de responsabilité lui fasse adopter un comportement citoyen. C'est Jean-Jacques Rousseau et son bon sauvage. L'utopisme de cette attitude est évident: il oublie que l'homme est aussi souvent tricheur qu'honnête, aussi souvent paresseux que travailleur, et que l'absence de peur du gendarme conduit à des transgressions incessantes des règles de la morale et de la loi. Sans préconiser une société où la police surveillerait tout à tout moment, bien entendu, on ne peut que sourire de la candeur de la proposition des Verts: "conduire l'action publique dans une logique de responsabilisation." Les Verts sont bien de grands enfants.

 

"Regarder l'action publique autrement: moins dans une logique de protection [par la loi] que dans une logique de responsabilisation, moins dans une série de face-à-face - entre l'entreprise et l'Etat, entre l'Etat et ses administrés, entre l'entreprise et ses salariés - que dans des trios de discussions qui incluent l'ensemble des acteurs sociaux. Entre l'Etat et le marché, il peut y avoir les consommateurs; entre les municipalités et les entreprises, il y a les associations de défense de l'environnement ou de l'emploi. Enfin, entre l'Etat et l'entreprise, il y a les salariés et les syndicats."

Autre constante de l'idéologie des Verts: pour eux, les affaires publiques ne pouvant être conduites par des élus et le gouvernement qui en émane, du fait du refus de l'autorité, toute décision doit être négociée. Ils refusent à l'Etat le pouvoir de décider seul, ils veulent que les administrés s'en mêlent. En refusant de déléguer le pouvoir de décision, ils se réservent le droit de tout contester et tout revoir, à tout moment. Même principe dans l'entreprise.

Ils oublient que les affaires publiques sont des affaires de spécialistes: notre société étant compliquée, les mécanismes politiques, économiques, financiers et sociaux étant multiples et complexes, l'ingérence incessante d'acteurs incompétents dans les prises de décision ne peut aboutir qu'aux blocages, aux frustrations, aux manipulations de ceux qui parlent moins bien par ceux qui parlent bien ou se sont groupés pour gagner lors d'un vote. Même chose dans les entreprises, où l'incompétence en matière de marketing, de contrôle des coûts, d'organisation du travail et de relations humaines ne peut aboutir qu'à un immobilisme lamentable et des décisions de compromis à court terme – le contraire du long terme souhaité par les Verts.

Autre impossibilité dans ce projet de société: il exige que tous les pays du monde l'adoptent en même temps, ce qui est parfaitement utopique. Si la France l'adoptait seule, elle devrait fermer ses frontières. En effet, sa perte de compétitivité économique serait alors si énorme et rapide que nous serions envahis de produits étrangers, fabriqués moins cher par des gens qui discutent moins et travaillent plus. Il faudrait alors fermer les frontières aux importations, ce qui les fermerait aussi pour les exportations parce que les autres pays nous rendraient la pareille. Nous serions alors privés de l'argent nécessaire pour des produits qu'il nous faut absolument importer, comme le pétrole. Il est ahurissant que le caractère utopique de cette approche de type "y a qu'à" ait échappé à tant de gens!

En plus du gauchisme, cette approche utopiste, ce mépris des règles de l'économie, cette haine du profit proviennent aussi de ce que la plupart des militants Verts sont des fonctionnaires. En tant que salariés dans leur grande majorité, payés par un Etat qu'ils considèrent comme infiniment riche, ils n'ont pas besoin de se soucier de la réalité économique, de la concurrence, de la productivité, de la rentabilité et de la bourse, qui sont pour eux des concepts abstraits inventés par les capitalistes pour exploiter le prolétariat.

Se rendant compte, peut-être, que le contrôle par l'Etat de la culture, de la santé et de l'éducation pouvaient amener le totalitarisme, M. Cohn-Bendit plaide contre l'égalitarisme impliqué par ce contrôle, en écrivant:

"Par égalitarisme abstrait, il faut entendre le principe d'égalité entre tous les citoyens indépendamment de leurs conditions de départ. Cette attitude n'est plus tenable. L'égalité n'a de sens que par rapport à l'équité entre les citoyens. C'est pourquoi partout où cela est possible, il faut soutenir culturellement et socialement plus ceux qui, au départ, se lancent dans la vie avec plus de handicaps et de difficultés."

En fait, M. Cohn-Bendit refuse la tyrannie de l'Etat, en réclamant une forme de discrimination positive en faveur de tout groupuscule et même de tout individu qui voudrait "être différent des autres". Pour lui, toute forme d'art, toute langue régionale, tout comportement particulier est source de richesse, même s'il n'intéresse qu'une population insignifiante, même si cette diversité entraîne la pagaïe et l'impossibilité de faire des économies d'échelle par standardisation. A ce titre, il réclame qu'on encourage et qu'on aide au moyen de subventions tous ces individualismes.

En somme, à l'approche communiste qui veut que l'Etat décide et que tous les citoyens vivent comme l'Etat le veut, M. Cohn-Bendit substitue un état paternel qui encourage tout comportement individualiste et le subventionne si, au départ, il n'intéresse pas assez de monde.

Cette proposition implique un état infiniment riche, une acceptation de tous les comportements, même s'ils coûtent cher à la société. Elle est donc parfaitement utopique. Si, par exemple, une communauté de type hippie veut vivre dans un village isolé en Ardèche, pour pratiquer un artisanat basé sur la sculpture de statuettes en bois dont personne ne veut, il faut l'encourager, construire une route d'accès au village et subventionner ses artistes, incapables de vivre de leur art.

Par cette proposition, M. Cohn-Bendit répond au besoin de reconnaissance sociale des individus, qu'il décrit comme suit:

"Cette pluralité, cette diversité, les individus ne veulent pas la vivre uniquement dans leur espace privé. Ils aspirent à la voir reconnaître par la société."

Si on faisait comme le suggère M.Cohn-Bendit, si par exemple on aidait des marginaux à vivre d'arts sans valeur et qu'on reconnaissait leur apport social, il se trouverait rapidement en France des millions de petits malins qui se déclareraient artistes pour que la société les aide à vivre à ne rien faire. Et M. Cohn-Bendit, rejetant sans appel le socialisme égalitaire et unificateur du reste de la gauche, conclut:

"La troisième gauche verte veut définitivement émanciper la gauche de cette phobie du pluralisme. Car non seulement elle ne correspond plus à l'évolution culturelle de nos sociétés, mais surtout, elle devient source d'aggravation des inégalités et de désaffection politique. Conservatisme culturel et conservatisme social s'entretiennent parfois mutuellement."

6.                    Les Verts et la production d'énergie nucléaire

Les citations entre guillemets que j'utilise ici proviennent de la page des Verts http://www.les-verts.org/energi.html. Les volumes de déchets cités proviennent de l'article "Nucléaire (industrie) – Stockage des déchets radio-actifs" de l'encyclopédie Universalis.

 

"Qu'il s'agisse du pétrole, du charbon ou du gaz, la menace n'est pas seulement l'épuisement à terme des gisements, c'est aussi et surtout le danger de changements climatiques globaux, dus à l'augmentation de l'effet de serre. S'il n'y a pas encore de preuves irréfutables d'un réchauffement climatique dû aux activités humaines, les soupçons sont suffisants pour qu'on s'oriente rapidement vers une économie moins dévoreuse de combustibles fossiles. Si on attend d'avoir des certitudes du danger, il risque d'être bien tard pour inverser la vapeur."

Les Etats-Unis sous administration républicaine produisent 25% du total mondial de gaz carbonique pour seulement 270 millions d'habitants. Comme les responsables de tous les autres pays, les Verts demandent avec raison qu'on applique le principe de précaution pour éviter le réchauffement de l'atmosphère par l'effet de serre dû à un excès de gaz carbonique.

"Quand l'effet de serre est venu sur le devant de la scène, le lobby pro-nucléaire est monté au créneau pour vanter cette énergie "propre". En oubliant de dire qu'on ne sait toujours pas quoi faire des milliers de tonnes de déchets radioactifs, et qui le resteront pendant des millénaires."

Les Verts admettent que l'énergie nucléaire est plus propre que l'énergie des combustibles fossiles. En effet, la production mondiale d’énergie nucléaire permet aujourd’hui d’épargner l’émission d’environ 500 millions de tonnes de dioxyde de carbone par an, ce qui est considérable.

L'expression "lobby pro-nucléaire" des Verts confirme leur attitude de gauchistes antilibéraux. En fait d'oubli, ce sont les Verts qui oublient les arguments suivants concernant les déchets radioactifs:

·            La plus grande partie des déchets nucléaires (déchets dits "de catégorie A", qui représentent 90% du volume) ont une "durée de vie" (durée pendant laquelle leur radioactivité et dangereuse) courte. Un simple stockage temporaire en piscine suffit. Le volume total des déchets à longue durée de vie (catégories B et C) représentera, d'ici 2070, respectivement 60.000 m3 et 8000 m3, c'est-à-dire des cubes de 40 et 20 mètres de coté. Ces dimensions sont si petites, à l'échelle de notre pays, qu'il sera facile de trouver les sites et les techniques de stockage qui conviennent. On pourrait facilement trouver la place nécessaire dans un îlot granitique inhabité (le granit est géologiquement stable).

·            Pour faire triompher leur idéologie antinucléaire, principal facteur de rassemblement de leur mouvement, les Verts se sont opposés à la poursuite des efforts les plus prometteurs en matière de suppression des déchets nucléaires, la filière française de surgénération testée dans le réacteur de taille industrielle Superphénix. (Le prédécesseur de Superphénix, Phénix, avait été un succès). En réussissant à faire cesser les recherches dans ce domaine, où la France était leader mondial et où l'on réutilisait de nombreuses fois un même combustible nucléaire sans générer de déchet, ils se sont débarrassés d'un argument important contre leur idéologie. Mais ils nous ont ainsi privés du meilleur moyen de supprimer la quasi-totalité des déchets nucléaires.

·            Il y a d'excellentes méthodes de stockage connues dans le monde, notamment en Suède. Elles ont demandé la mise au point d'alliages aux propriétés particulières contre la corrosion. Elles stockent les fûts de déchets, enrobés dans du verre, dans des sols géologiquement très stables, par exemple les granits de l'ère primaire. Au lieu de chercher des sites de stockage dans des communes habitées dont les habitants peuvent avoir peur, il faut les mettre dans des îlots déserts, nombreux au large de nos côtes. Mais les Verts s'opposent à toute étude de site de stockage, à tout essai qui pourrait leur faire perdre leur argument "stockage impossible", basé sur une crainte irraisonnée.

·            Les écologistes agitent le spectre de la mort par radioactivité, alors que nous n'avons jamais eu un seul incident en Europe occidentale, malgré des dizaines d'années d'exploitation et de très nombreuses centrales (selon le Commissariat à l'Energie Atomique – CEA – il y avait en 1994 dans le monde 439 centrales atomiques d'une puissance électrique totale nette de 353.447 MW).

Les déchets radioactifs sont gérés selon les recommandations générales de radioprotection publiées par la Commission internationale de protection radiologique (C.I.P.R.) qui a, en outre, fait des recommandations particulières sur les normes de radioprotection applicables aux dépôts de déchets radioactifs, comme le font d’ailleurs l’Agence internationale de l’énergie atomique (A.I.E.A.) et l’Agence pour l’énergie nucléaire (A.E.N.) de l’O.C.D.E. Au travers des recommandations, l’objectif visé est la protection de l’Homme et de son environnement. Cela est ensuite traduit en directives européennes, puis en lois françaises. Non, la gestion des déchets n'est pas confiée à des irresponsables ou à des entreprises soucieuses du seul profit, comme les Verts voudraient nous le faire croire.

 

"En oubliant de dire qu'on ne sait pas bien non plus comment démanteler les centrales en fin de vie, ni combien cela va coûter."

On sait parfaitement démanteler les centrales en fin de vie, on l'a déjà fait sans problème. Les Verts prétendent le contraire parce que les précautions prises lors d'une telle opération font qu'elle dure plusieurs années. En fait, leur affirmation est une simple contrevérité.

Quant au coût de démantèlement, c'est un pourcentage faible du prix de revient total de l'énergie nucléaire, car une centrale dure une quarantaine d'années.

"EDF, qui s'est endettée de façon considérable pour un parc nucléaire désormais largement surdimensionné, est obligée de brader son électricité aux pays européens voisins."

L'endettement de EDF s'explique par la durée de vie d'une centrale, environ 30 ans, durée qui permet un amortissement des emprunts sur une longue période. Il s'explique aussi par des choix politiques: réduire le plus possible l'investissement énergétique sur fonds publics et vendre l'électricité à prix réduit (c'est l'Etat, qui fixe les prix de l'électricité). Voilà ce qui explique l'endettement d'EDF, qui ne vient pas de l'absence de rentabilité de la filière nucléaire, comme les Verts voudraient nous le faire croire.

En fait, les Verts se gardent bien de dire que l'énergie nucléaire est de loin la moins chère, tous coûts confondus: 0,15 franc/KWH contre 0,45 pour les éoliennes et 3,50 pour le solaire (Le Figaro économie du 4/09/2001). C'est ce prix réduit qui permet à EDF de vendre du courant aux pays voisins moins cher que celui qu'ils peuvent produire eux-mêmes avec des combustibles fossiles. En affirmant que EDF "brade" son courant à ces pays, les Verts lancent une autre contrevérité.

Il y a une raison géographique simple à l'interconnexion des réseaux électriques de pays voisins: la rotation de la terre. Il fait jour et nuit plus tôt en Allemagne qu'en France, et en France qu'en Angleterre. Les heures de pointe de consommation sont donc décalées. En s'échangeant du courant, ces pays optimisent leur capacité de production, donc leurs coûts. Les Verts oublient cette vérité parce que cela les arrange. Du reste, le surdimensionnement qu'ils évoquent ne représente que 15%, c'est-à-dire ce qu'il faut pour assurer les pointes de consommation et les échanges avec les pays voisins.

Le coût de l'énergie nucléaire est payé en francs / euros, alors que les combustibles fossiles (pétrole, gaz, charbon) se paient souvent en dollars. Cet argument est d'une extrême importance. En outre, la France gagne beaucoup de devises grâce au retraitement des combustibles étrangers et à l'exportation de centrales clés en mains. La filière nucléaire contribue énormément à l'équilibre des paiements de la France, les Verts font tout pour l'ignorer.

Enfin, en satisfaisant 75% des besoins en électricité de la France, notre filière nucléaire nous donne une indépendance énergétique qui a beaucoup de valeur. A chaque crise du pétrole, chaque fois que le coût des combustibles fossiles augmente, la France prend l'avantage dans la compétition économique internationale, avec ses coûts énergétiques, les plus bas du monde, et la sûreté de son approvisionnement. Aujourd'hui, la facture pétrolière de la France ne représente plus que 1,5% du PIB au lieu de 5% dans les années 1970 (Le Figaro économie du 27/09/2001, page 2). A l'origine, c'est parce que l'approvisionnement en pétrole, gaz et charbon n'était pas assez fiable que la France s'est lancée dans la production d'électricité nucléaire. Mais les Verts n'ont que faire de tels arguments économiques ou géopolitiques.

 

"En oubliant de dire que l'énergie nucléaire est, par essence, très centralisée et qu'elle n'est de ce fait pas du tout adaptée aux pays pauvres."

Exact, mais moins du fait de la centralisation – car les pays pauvres ont aussi de grandes villes (les agglomérations de Mexico et du Caire ont respectivement 18 et 10 millions d'habitants) – que du fait que l'organisation de ces pays n'est pas assez développée pour exploiter le nucléaire en toute sécurité. Et ce n'est pas parce que la filière nucléaire est contre-indiquée pour certains pays pauvres que nous devons nous en priver. Les Verts font là un amalgame.

"En oubliant de dire que le développement de l'industrie nucléaire "civile" contribue à la prolifération de l'arme nucléaire (Irak, Pakistan)."

Exact, mais ce n'est pas une raison pour en priver la France, devenue puissance nucléaire avant de générer de l'électricité nucléaire. C'est une raison pour ne pas vendre notre technologie à des pays à risques ou sans contrôles suffisants.

"Mais il y a aussi une critique économique à faire au nucléaire: les investissements sont énormes, et débutent plusieurs années avant la production du premier kilowatt-heure. Or, pour une même somme investie, et dans le même laps de temps, on peut économiser beaucoup plus d'énergie que celle que produirait une centrale nucléaire, tout en créant bien plus d'emplois."

Il est vrai que, nucléaire ou pas, une attitude écologiquement responsable vis-à-vis des générations futures veut que l'on économise l'énergie. Mais l'argument économique des Verts est tout simplement faux:

L'investissement en économies d'énergie ne permet pas de fournir l'énergie dont l'économie a besoin au rythme où ce besoin croît. Les économies ne suffisent pas à satisfaire les nouveaux besoins. C'est pourquoi tous les pays en croissance économique augmentent leur production d'électricité; aucun n'envisage, comme les Verts le proposent, de se contenter d'économies. La recette soi-disant plus intelligente des Verts, alliant protection de l'environnement et création d'emplois, ne marche pas, tous les pays s'en sont aperçu. Même en Allemagne, où les Verts au gouvernement ont réussi à imposer la fin du nucléaire, les calculs économiques ont montré qu'on ne pouvait arrêter cette filière qu'après amortissement des centrales existantes en une vingtaine d'années… et que leur remplacement par des centrales à combustibles fossiles et l'énergie éolienne coûterait une fortune aux contribuables, tout en produisant des millions de tonnes de gaz carbonique.

Conclusion sur l'énergie nucléaire

Comme l'affirme le 22/02/2001 le Livre vert de la Commission européenne sur la sécurité de l'approvisionnement en énergie, "l'abandon de l'option nucléaire rendrait impossible la réalisation de nos objectifs en matière de lutte contre le changement climatique". Pour l'énergie nucléaire comme en matière de politique, les propositions des Verts associent désinformation et utopie.

6.1                 Sortir du nucléaire coûterait au moins 200 milliards

C'est sous ce titre que Le Figaro économie du 7/11/2001 résume une étude du Ministère de l'Economie et des Finances, dont voici des extraits qui montrent à quel point la volonté des Verts de sortir du nucléaire est une absurdité économique et un crime contre l'atmosphère, qui serait fortement polluée par du gaz carbonique.

"La durée de vie du parc nucléaire français arrive à son terme en 2020, mais Bercy a d'ores et déjà chiffré le coût de l'abandon éventuel de la filière. Son étude (confidentielle) évalue ainsi à "entre 200 et 500 milliards de francs" l'impact financier provoqué par une interruption pure et simple de l'utilisation nucléaire dans l'Hexagone."

"EDF devra, en effet, développer d'autres moyens massifs de production d'énergie, en priorité des centrales à gaz à cycles combinés."

"Outre le surcoût de production (de l'ordre de 5 centimes de franc par KWH) il faudra tenir compte de la forte accélération des émissions françaises de carbone. Ce droit de polluer a un prix: environ 20 milliards de francs par an au seul titre de l'effet de serre."

En effet, les accords internationaux sur la réduction des émissions de gaz carbonique prévoient que tout pays qui n'atteint pas les objectifs contraignants prévus dans l'accord doit payer (cher) pour acheter "des droits de polluer" à d'autres pays, plus vertueux.

"Dans le même temps, les achats de gaz à l'étranger alourdiraient au bas mot les importations françaises de 30 milliards de francs supplémentaires chaque année."

 

Les directives européennes sur la concurrence conduisent inéluctablement à la privatisation de EDF. L'Etat devra donc vendre l'entreprise, mais compte tenu des charges de sortie du nucléaire et de la baisse de rentabilité résultant du coût plus élevé du KWH, la perte de valeur de l'entreprise a été estimée par Bercy à environ 100 milliards de francs.

"Comme EDF devra maintenir son prix de vente au niveau européen, donc ne pas répercuter la hausse du prix de l'électricité, la perte de rentabilité de l'opérateur pourrait être compensée par une hausse des impôts, qui déprimerait l'économie française: le recul de l'activité serait d'environ 1% du PIB [c'est-à-dire 90 milliards de francs par an] et le chômage structurel augmenterait de 0,6 point".

On voit à quel point les propositions des Verts de sortir du nucléaire sont désastreuses et irresponsables.

7.                    Désinformation: la mauvaise foi des Verts

Nous avons vu, dans ce qui précède, que les Verts n'hésitent pas à interpréter la réalité d'une façon qui les arrange pour leur propagande. L'exemple suivant, particulièrement édifiant, montre comment ils peuvent transformer une information qui contredit leur idéologie en communiqué qui la conforte. Les informations de cette section proviennent des documents suivants:

§           Communiqué de l'AFSSA (Agence Française pour la Sécurité Sanitaire des Aliments):  http://www.afssa.fr/actualites/index.asp?mode=actu&ladate=&id_info=4165&id_theme=1086 sur la dissémination des semences de maïs OGM, publié le 25/07/2001.

§           Communiqué des Verts suite à l'avis de l'AFFSA: http://terresacree.org/lesverts.htm.

Communiqué de l'AFSSA

"L’Agence française de sécurité sanitaire des aliments a été saisie le 3 juillet 2001 par les ministères chargés de l’agriculture (DGAL), de la santé (DGS), de la consommation (DGCCRF) et de l’environnement (DPPR) d’une demande d’avis portant sur l’évaluation en termes de santé publique du risque éventuel lié à la présence d’un faible taux d’OGM non identifiés dans des semences conventionnelles de maïs."

"Les analyses réalisées par le laboratoire de la DGCCRF ont conduit à détecter dans un nombre significatif d’échantillons (16 sur 39 pour le maïs) la présence d’un faible signal attribué à la présence de la séquence du promoteur 35S, utilisé dans la plupart des constructions d’OGM autorisées."

Le nombre d'échantillons, 39, est très insuffisant pour être significatif à l'échelle d'un pays comme la France, l'AFSSA le souligne un peu plus loin.

Sur cet ensemble non représentatif d'échantillons, 16 contenaient des OGM, soit 41%.

Les OGM détectés font partie des constructions génétiques autorisées parce qu'elles sont jugées sans danger.

 

L'avis de l'Agence porte sur "l'évaluation, en termes de santé publique, de la signification d'un signal positif de 0.2% par une sonde 35S"

Le signal faible correspond à une proportion de 0,2%, proportion tellement insignifiante que l'Union Européenne permet d'étiqueter les maïs correspondants comme "SANS OGM" (voir au chapitre "OGM et sécurité alimentaire" la section "Consommateurs et étiquetage des OGM")

 

Ces constats conduisent l’AFSSA aux conclusions suivantes:

§           dans le cas soumis à l’Agence, des expérimentations complémentaires permettraient de s’assurer de la signification des résultats obtenus par le laboratoire de contrôle;

L'AFSSA ne peut conclure pour la France entière, car l'échantillon global est trop faible pour être représentatif et le signal à 0,2% est trop faible aussi.

§           il n’y a, cependant, pas d’éléments pour suggérer un risque pour la santé publique à partir des analyses communiquées à l’AFSSA;

Avec les données dont elle dispose (proportion faible, OGM autorisés), l'AFSSA ne voit pas de risque pour la santé publique.

§           les données disponibles ne permettent pas de conclure que la présence fortuite d’OGM soit limitée aux lots concernés; une analyse de semences à grande échelle, avec un échantillonnage rigoureux permettrait de déterminer le degré de généralité du phénomène;

L'AFSSA déplore le caractère non significatif de l'échantillon et affirme l'impossibilité de se prononcer sur la dissémination ou la non-dissémination des semences OGM.

§           s’il se confirmait que des OGM étaient présents à l’état de trace dans une proportion importante des semences, des études devraient être entreprises pour en préciser l’origine, évaluer les risques possibles et prendre en compte cette donnée pour définir des seuils dans ce nouveau contexte."

Ne pouvant conclure à la dissémination de semences OGM à une proportion importante des semences utilisées en France, l'AFSSA affirme que, même si on disposait d'un échantillon significatif, il faudrait des études complémentaires pour évaluer les risques.

Communiqué des Verts

Voici ce que les Verts ont tiré du communiqué précédent.

"Près de 41 % des échantillons de maïs classique sont contaminés par des OGM dans un pays comme la France où il n'y a que 34 hectares de champs expérimentaux d'OGM."

Les Verts escamotent le caractère non significatif de l'échantillon, pourtant souligné par l'AFSSA, et étendent la proportion de 41% à toute la France. Cette malhonnêteté intellectuelle est source de désinformation.

En fait, dans l'interview publiée le 11/09/2001 par Le Figaro, le Directeur Général de l'AFSSA, M. Martin Hirsch, affirme que l'AFSSA considère que la vérité sur le pourcentage de champs contaminés se situe entre 7% et 41%. M. Hirsch affirme en outre "qu'il n'est pas établi de lien formel entre la présence fortuite d'OGM dans les semences françaises et la proximité de parcelles expérimentales de plantes transgéniques." Les Verts ont donc fait dire à l'avis de l'AFSSA ce qu'il ne disait pas, ce qui constitue une désinformation.

"Ce chiffre confirme ce que les Verts dénoncent depuis 3 ans: la vitesse de dissémination dans l'environnement des OGM. Nous sommes en train de laisser faire une pollution irréversible dont les effets à long terme sur la santé, l'agriculture et la biodiversité sont parfaitement inconnus."

A partir de leur extrapolation injustifiée, les Verts affirment une vitesse de dissémination impressionnante, qui n'est donc pas prouvée. Et ils utilisent cette nouvelle affirmation sans preuve pour faire de l'auto-justification.

Ils affirment aussi, toujours sans preuve puisque sans résultat expérimental scientifiquement crédible, que la pollution est irréversible. C'est important pour inquiéter la population et justifier leur campagne anti-OGM.

Voilà 25 ans que des hommes utilisent et consomment des OGM, sans qu'il y ait eu un seul accident sanitaire à déplorer (voir chapitre "OGM et sécurité alimentaire"). En Amérique du Nord, environ 400 millions de consommateurs absorbent depuis des années de la nourriture OGM sans effet visible. Seraient-ils tous fous et nous sages? L'Union européenne admet l'inutilité d'une étiquette de présence OGM pour des aliments (viande, lait, œufs) provenant d'animaux éventuellement nourris avec du maïs OGM ou d'autres plantes OGM, car la consommation de ces aliments n'a pas d'effet mesurable sur l'homme. Mais les Verts, eux, sont inquiets au point de vouloir affoler la population en la désinformant dans leur campagne anti-OGM.

Le mode de désinformation des Verts en matière d'OGM repose sur le mécanisme suivant: Malgré les 25 ans sans incident, les 400 millions de consommateurs, les précautions scientifiques prises avant autorisation d'utiliser des OGM et la position officielle de l'Union européenne, les Verts affirment: "on ne sait pas tout sur les OGM, donc il faut redouter le pire". C'est le principe de précaution poussé jusqu'à l'absurde.

"Complice de cet état de fait, la Commission de Bruxelles a préféré écouter une poignée de semenciers internationaux plutôt que 300 millions d'Européens."

Ici les Verts font de la politique gauchiste: ils accusent les instances de l'Union européenne, pourtant issues d'élections démocratiques, d'être à la solde de multinationales! Nous avons pourtant des preuves du contraire (procès multiples contre Microsoft, interdiction à General Electric de fusionner avec Honeywell, etc.)

Les Verts, qui représentent une faible minorité parmi les 300 millions d'Européens, font de l'amalgame en prétendant que les 300 millions d'Européens pensent comme eux. Encore de la désinformation.

"Les notions de traçabilité et de transparence sont devenues illusoires puisque toutes les cultures classiques vont être progressivement contaminées en OGM. La possibilité de choix pour les consommateurs devient donc un leurre."

Les Verts attaquent ici la décision de l'Union européenne d'étiqueter les aliments OGM pour informer les consommateurs et leur laisser un choix (voir au chapitre "OGM et sécurité alimentaire" la section "Consommateurs et étiquetage des OGM"). C'est là une autre de leurs caractéristiques: ils savent mieux que les scientifiques et les élus qui les écoutent ce qui est bon pour nous, et se posent en défenseurs des consommateurs qui ne les ont pourtant pas mandatés pour cela.

"Les Verts condamnent cette façon de prendre toute la population en otage et de renoncer au principe de précaution. Ils considèrent que ceci légitime tous les arrachages passés et à venir de tous les champs expérimentaux d'OGM."

Voilà où les Verts voulaient en venir: justifier leurs actions illégales contre la recherche OGM en plein champ. Voir le point de vue du Ministre de la Recherche dans le chapitre "OGM et sécurité alimentaire".

 

Enfin, pour illustrer la manière dont des journalistes qui font mal leur métier aident les Verts dans leur action de désinformation, voici un extrait de ce qu'a publié Le Monde le 25/07/2001:

 

"Les pouvoirs publics constatent la colonisation des cultures par les OGM

Un avis de l'Agence française de la sécurité sanitaire des aliments révèle la présence croissante d'organismes génétiquement modifiés dans les semences traditionnelles, notamment de maïs….La France sera-t-elle bientôt mise devant le fait accompli sur les organismes génétiquement modifiés (OGM)?…"

7.1                 Ce dont les Verts ne parlent pas

J'ai eu beau chercher, je n'ai pas trouvé dans les textes et propositions politiques des Verts quoi que ce soit sur l'insécurité, l'Etat de droit ou les grèves. A l'évidence, ces sujets sont pour eux sans intérêt ou tabous. Ils ne trouvent donc rien à redire à la croissance de la délinquance, aux zones de non-droit, aux grèves des transports publics qui prennent des millions de gens en otage. Pour eux, l'écologie s'occupe de qualité de la vie sans se préoccuper de ces sujets.

 

Il est vrai que la résolution de ces graves problèmes demande une chose qu'ils détestent: l'autorité. Il en faut pour sanctionner les délinquants et pour faire respecter l'Etat, comme pour mettre en place une législation qui n'oblige plus les agents de la SNCF et de la RATP à faire grève pour obtenir qu'on écoute leurs revendications (voir le chapitre "Grèves preneuses d'otages: il y a mieux que le service minimum").

7.2                 M. Noël Mamère sur les rave parties et le terrorisme

M. Noël Mamère est député Vert et candidat Vert à l'élection présidentielle après l'éviction de M. Lipietz. Voici des extraits de ses déclarations dans une interview sur les rave parties et le terrorisme publiée le 31/10/2001 par le Figaro.

 

Le Figaro : "Que pensez-vous du projet de loi Vaillant ["Loi sur la sécurité quotidienne"] et de sa disposition sur l'encadrement des fêtes techno [que l'Assemblée a adopté malgré les Verts qui ont refusé de voter et les Communistes qui se sont abstenus]?"

 

M. Mamère: "Ce fourre-tout législatif prouve que les socialistes n'ont rien compris à la jeunesse de ce pays. Au lieu de chercher les moyens de gérer au mieux ces rassemblements, ils se placent à droite de la Droite."

Les Verts se moquent bien des problèmes des rave parties, avec leurs excès: alcoolisme, drogue, viols, destruction de la propriété privée, pied de nez à l'Etat, refus de payer les droits et impôts, etc. En tant que gauchistes, ils sont contre toute autorité, même si le manque d'autorité coûte très cher. Leur sympathie pour des fêtes dont le principe même est de défier l'autorité est telle que rien d'autre ne compte. C'est pourquoi M. Mamère est si furieux contre les alliés socialistes des Verts qu'il leur lance la suprême insulte, venant d'un membre de l'extrême gauche: "ils se placent à droite de la Droite".

 

M. Mamère poursuit : "Loin de favoriser la cohésion sociale de ce pays, cette mesure va la menacer, pour un simple objectif électoraliste."

Pour M. Mamère, la cohésion sociale n'est pas mise en danger par des manifestations qui détruisent des biens privés, privent l'Etat et les auteurs-compositeurs de ressources financières pourtant prévues par la loi, favorisent la drogue, l'alcoolisme et les viols. Pour M. Mamère, tenter, comme le font désormais les autres groupes parlementaires (Communistes exceptés) de limiter les dégâts est une manœuvre électoraliste. Que de mauvaise foi, quel mépris de la qualité de la vie chez un homme qui est le porte-parole des écologistes!

 

Le Figaro : Vous vous êtes également élevé contre les mesures antiterroristes proposées par Daniel Vaillant. Maintenez-vous votre désaccord?

 

M. Mamère: "Les Verts se prononcent contre le dispositif proposé par le Ministre de l'Intérieur [pourtant très timide, nous l'avons vu au chapitre sur l'insécurité], car nous considérons que la Gauche est en train de rentrer dans la spirale dangereuse de la surenchère sécuritaire."

Pour les Verts, libertaires par nature, l'obligation de se plier à un contrôle de sécurité est le pire des maux, pire que les conséquences du terrorisme. Leur refus de l'autorité est absolu, quel que soit le prix à payer.

 

M. Mamère poursuit: "Le Gouvernement prend des responsabilités très graves en procédant lui-même à de tels amalgames. Comment peut-on oser dire vouloir lutter contre le terrorisme tout en autorisant les contrôles dans les cages d'escalier, qui donnera lieu à de nouvelles discriminations? On sait bien que la police ne contrôlera ni les Noël ni les Adrien, mais plutôt les Aziz, les Saïd ou les Rachid. En prétendant lutter contre le terrorisme, la Gauche, en complicité avec la Droite, ne fait que renforcer le sentiment d'insécurité des Français."

M. Mamère fait ici un amalgame évident, en confondant une mesure pour la sécurité dans les cités à problèmes avec une mesure antiterroriste. Et, pour masquer son propre amalgame, il accuse le Gouvernement d'amalgame! Les contrôles dans les cages d'escalier sont des mesures contre le tapage, la drogue et les viols, pas contre les terroristes.

Il accuse la police de chercher les terroristes plutôt parmi les personnes issues de l'immigration que parmi les Français de souche. Le fait est que, parmi les délinquants des cités, la grande majorité sont d'origine immigrée et que les terroristes islamistes s'appellent plus souvent Aziz que Noël. Les probabilités font que, dans les cités à problèmes, on trouve plus souvent des délinquants musulmans que chrétiens ou juifs, simplement parce que les musulmans sont majoritaires. Et ils sont aussi majoritaires parmi les terroristes islamistes. En fait, dans sa colère contre le Gouvernement, M. Mamère l'accuse de favoriser le racisme sous couvert de lutte antiterroriste.

Pêle-mêle, il l'accuse aussi de complicité avec la Droite, alors que, Communistes et gauchistes mis à part, tous les Français sont contre l'insécurité et les terroristes, unanimité qui n'est pas une forme de complicité mais de bon sens.

Enfin, il affirme que les contrôles vont renforcer le sentiment d'insécurité des Français, ce qui est une insulte au bon sens et se voit contredit par toutes les enquêtes d'opinion.

La violence des propos de M. Mamère, député de la République et membre d'un parti de la coalition gouvernementale, appelait une vive réaction de la part des socialistes, accusés d'être à droite de la Droite, d'être complices de la Droite, de n'avoir rien compris à la jeunesse de ce pays et de favoriser le racisme. N'ayant pas constaté de réaction socialiste, nous devons une fois de plus nous rendre à l'évidence: les socialistes, sans doute à cause de la personnalité de M. Jospin, sont des faibles, des gens qui encaissent sans réagir les tomates qu'on leur jette, pour ne pas fâcher ceux qui les jettent. Comment s'étonner, puisqu'ils se montrent si peu soucieux de défendre leur intégrité, leur honneur et leur idéal, qu'ils défendent mal le respect de l'Etat? (Voir le chapitre "Un Gouvernement faible").

 

A la question du Figaro "Qu'auriez-vous proposé [contre l'insécurité et le terrorisme]"? M. Mamère répond (en substance) :

§           "Le dispositif légal déjà existant suffit largement [donc inutile de créer une nouvelle loi].

§           On ferait mieux de:

·            s'occuper de prévention,

·            renforcer la police de proximité,

·            revoir le statut des travailleurs de rue,

·            faire en sorte qu'il n'y ait plus 1.700.000 travailleurs vivant en dessous du seuil de pauvreté."

M. Mamère reconnaît donc qu'il y a un problème d'insécurité, mais rien, dans sa réponse ne montre qu'il reconnaît l'existence d'un risque de terrorisme contre lequel il faudrait se protéger. Le fait d'ignorer le terrorisme représente un aveuglement incroyable de la part d'un candidat à la fonction présidentielle.

Contre le seul problème qu'il reconnaît, l'insécurité due à la délinquance, M. Mamère propose trois mesures préventives, dont l'effet ne pourrait se voir qu'à long terme, et une seule mesure à court terme, le renforcement de la police de proximité. Ses propositions appellent les commentaires suivants:

·            De nombreux jeunes immigrés sont devenus des casseurs, des délinquants et des ennemis de la France, car ils ont perdu leurs repères au point de ne plus savoir distinguer le bien du mal. La situation est si grave – les statistiques de délinquance le montrent – qu'il est indispensable de prendre des mesures énergiques, à effet rapide, en même temps que des mesures à long terme. Or la seule mesure à effet rapide que propose M. Mamère, le renforcement de la police de proximité, ne produira pas d'effet – on l'a vu au chapitre "L'insécurité en France…" – si on ne renforce pas en même temps les moyens et les effectifs de la justice et la capacité d'accueil des prisons. Par sa proposition où il n'est question ni de la justice ni des prisons, M. Mamère montre donc qu'il ne connaît pas le problème ou qu'il refuse de renforcer la justice et la capacité de détention.

·            Avec sa proposition "faire en sorte qu'il n'y ait plus 1.700.000 travailleurs vivant en dessous du seuil de pauvreté" M. Mamère montre qu'il croît en une économie étatique, où il suffit d'une décision politique pour accroître les revenus des 1.700.000 travailleurs insuffisamment payés. Cela implique de prendre aux travailleurs qui gagnent plus de quoi payer ceux qui gagnent moins, par une décision autoritaire.

Pour donner une idée de ce que coûterait une telle mesure, supposons que l'on donne seulement 1300 francs bruts de plus chaque mois à chacun de ces 1.700.000 travailleurs. En comptant les charges sociales, cela coûterait 24.000 francs par an et par travailleur, c'est-à-dire 40,8 milliards de francs par an. Cette somme est énorme, elle coûterait environ 2260 francs par an à chacun des 18 millions d'autres salariés, qui protesteraient contre la forte augmentation d'impôts correspondante.

En outre, cette mesure augmenterait le coût du travail en France, ce qui découragerait les investissements étrangers dans notre pays et affaiblirait notre compétitivité, donc créerait du chômage.

Avec la "prime pour l'emploi", le Gouvernement a essayé précisément d'augmenter le revenu des 1.700.000 travailleurs défavorisés, définis comme gagnant moins de 1,4 fois le SMIC. Il y a ajouté un supplément d'allocations logement et un dégrèvement de la taxe d'habitation. D'après le Ministère des Finances, le Gouvernement a engagé, au total, 40 milliards de francs en 2000 pour ces mesures, qui n'ont produit leur plein effet qu'à partir de 2001. En réclamant fin octobre 2001 une mesure que le gouvernement de gauche a prise il y a déjà de longs mois, M. Mamère fait comme si elle n'existait pas, pour critiquer ses alliés Socialistes et montrer que les Verts, eux, luttent pour les pauvres. Est-ce bien honnête?

Pour comprendre ce qu'est le "seuil de pauvreté" dont parle M. Mamère, il faut savoir que les revenus des 1.700.000 travailleurs dont il s'agit sont définis par l'INSEE (Institut national de la statistique et des études économiques, http ://www.insee.fr sur Internet) comme disposant de moins de 3500 francs par mois pour une personne seule et 5250 francs + 1050 francs par enfant à charge pour un couple. De tels couples représentent environ 7,3% des ménages et comptent 4,2 millions de personnes (chiffres cités par Le Monde du 22/03/2001, qui ajoute que la stabilité de la proportion de pauvres depuis 1996 montre que la politique du gouvernement de gauche n'a pas permis de la faire baisser).

 

Je trouve regrettable que de nombreux électeurs Verts, qui croient sincèrement au besoin d'efforts écologiques, aient choisi un gauchiste comme M. Mamère pour les représenter.

8.                    Conclusion électorale

La plus grande erreur que peuvent faire des électeurs soucieux d'écologie est de croire que les Verts français ont le monopole de l'écologie. Rien n'est plus faux. Il y a des candidats qui ne sont pas des gauchistes et qui sont favorables à des efforts non-utopistes en matière d'écologie. Et ces candidats-là n'ont pas besoin d'arguments qui désinforment pour faire triompher leur point de vue.

 

 

Daniel MARTIN

 

 

[1]   M. Noël Mamère sait aussi, à l'occasion, se moquer de la loi. C'est le cas, par exemple, lorsqu'il arrache du maïs transgénique planté par des chercheurs travaillant pour un organisme d'Etat, ou lorsqu'il soutient le mariage homosexuel.

 

 

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