Réussir l'intégration des immigrés

Mise à jour : 04/07/2009

 

Je suis un Français issu de l'immigration, arrivé en France en 1948 avec mes parents réfugiés politiques d'Europe de l'Est. La France m'a donc donné la liberté (détails : [1]).

 

A cette époque-là, la France manquait de nourriture, et le rationnement était régulé par des cartes d'alimentation. Bien qu'immigrés, mes parents et moi avons reçu une carte comme les Français. La France a partagé le peu de nourriture qu'elle avait avec nous : la France est généreuse.

 

J'ai fréquenté l'école publique gratuite et bénéficié de la Sécurité sociale et de diverses allocations. Et pour que je puisse faire des études d'ingénieur, la France m'a alloué une bourse. La France est aussi désintéressée, car tout ce qu'on m'a demandé en échange de cette bourse était d'être bon élève.

 

Lorsque je suis devenu français, quelques années plus tard, j'ai continué à m'intégrer à la société française. J'ai adopté la culture française, riche de vingt siècles d'histoire, comme si c'était celle de mes parents.

 

J'ai toujours considéré qu'en échange de ce que j'avais reçu de la France je lui devais au moins d'être un membre utile de sa société. C'est pourquoi, lorsque je vois des hommes, du Maghreb ou d'Afrique Noire, habillés d'une longue robe, je suis choqué : voilà des gens qui sont venus chez nous profiter de la démocratie, de la Sécurité sociale, des innombrables allocations, de l'enseignement gratuit, etc., et qui montrent par leurs vêtements qu'ils refusent nos coutumes et notre culture ; car le costume qu'on porte est l'image de soi qu'on veut donner aux autres.

 

Une allure qui dit aux autres « je ne suis pas comme vous », leur dit aussi qu'on ne les approuve pas ou qu'on ne les aime pas. C'est un mauvais calcul, car elle provoque leur rejet. Un étranger qui refuse de s'intégrer est rejeté. La majorité des gens contrôlés par la police sont des immigrés qui ont l'air d'immigrés. Dans les prisons, la proportion de détenus issus de l'immigration est bien plus grande que celle des Français de souche, alors la police se méfie d'eux. Le chômage frappe plus les jeunes issus de l'immigration parce que certains d'entre eux provoquent la discrimination dont tous sont victimes, car beaucoup d'employeurs font l'amalgame.

 

La France manque d'exigence vis-à-vis des comportements asociaux (détails : [2]). Elle a laissé immigrer des gens qui ne parlent pas notre langue et n'ont pas l'intention de contribuer utilement à notre société ; ils désirent seulement vivre en France à cause des avantages sociaux ; elle accueille même quelques familles polygames. Elle paie des allocations à des familles dont les enfants sont souvent absents de l'école et n'y travaillent guère : quel mauvais investissement ! Les familles françaises de souche profitent du même manque d'exigence que les familles immigrées : l'Etat subventionne leur logement, leur niveau de vie, leur santé et l'éducation de leurs enfants sans distinction d'origine. Et c'est ainsi qu'on arrive à 150 000 jeunes qui quittent l'enseignement chaque année sans diplôme, 150 000 futurs chômeurs ou prolétaires qui n'obtiendront jamais le respect de leurs concitoyens, et en souffriront.

 

L'Europe a besoin d'immigration parce qu'à part la France elle a un déficit démographique. Mais comme il y aura toujours plus de candidats à l'immigration que d'emplois pour eux, chaque pays d'Europe doit faire un choix. Il doit réserver l'immigration aux étrangers qui ont appris sa langue, et leur fournir des écoles à cet effet dans leurs pays d'origine. L'Europe doit réserver l'immigration à ceux qui acceptent de s'y intégrer. La France a une tradition d'accueil de travailleurs étrangers, en général venus d'Europe du Sud ou de Pologne, qui se sont intégrés sans difficulté ni effort particulier de l'Etat.

 

Il y a une polémique sur la burqua des femmes et le droit au port du voile. Je pense que lorsque le droit individuel de s'habiller comme on veut s'oppose au droit d'un pays de rejeter ceux qui en refusent les coutumes, le pays peut et doit imposer ses coutumes à ceux qui veulent y vivre ; il y va de la cohésion de sa société. Une minorité qui affirme son identité contre la majorité est automatiquement rejetée par celle-ci, d'où des discriminations et de l'hostilité réciproque. Les gens qui ont choisi les avantages sociaux français tout en refusant les coutumes françaises provoquent la division de notre société en communautés hostiles ; nous n'avons pas à leur ouvrir les bras.

 

Hélas, le port de la burqua a une caractéristique encore plus redoutable : une personne que les autres ne peuvent reconnaître est privée d'identité. Elle est une femme quelconque et anonyme, pas une femme que ses amis, voisins et parents peuvent reconnaître. Elle n'a pas de visage qui exprime ses sentiments, ce qui rend un dialogue sincère avec elle impossible pour un occidental. Une femme sans identité n'appelle pas le respect, la dignité associée au caractère unique et irremplaçable de chaque personne humaine. Notre culture ne peut accepter cette déshumanisation de femmes, comme nos lois ne peuvent accepter qu'une femme méconnaissable témoigne en justice, se marie, ou soit photographiée pour un document officiel. Et notre police ne peut accepter qu'une burqua puisse cacher une délinquante recherchée ou un terroriste.

 

Les pays occidentaux comme le Canada ou le Royaume-Uni, qui ont essayé d'accorder aux musulmans tous les droits à la différence qu'ils réclamaient, ont connu des difficultés si graves qu'ils ont dû faire marche arrière : leurs musulmans n'ont cessé de demander toujours plus de droits constituant des exceptions à la loi du pays et des sources d'inégalités avec les autres citoyens. Ils ont réclamé, par exemple, qu'un musulman puisse choisir entre la loi coranique (la Charia, appliquée par un imam dont la compétence juridique n'est attestée par aucun diplôme de droit) et la loi officielle, c'est-à-dire le droit d'être des citoyens différents des autres lorsqu'ils le désirent ; ils ont réclamé que les réunions de travail d'une entreprise s'interrompent aux heures de prière, etc. Comme les autres pays d'Europe, la France devrait éviter de telles dérives communautaristes, parce qu'elles représentent une régression insupportable par rapport à nos valeurs.

 

Le manque d'exigence vis-à-vis des immigrés fait partie d'une faiblesse générale des gouvernements français successifs, qui ne font plus assez respecter la loi. On laisse des manifestants commettre des dégradations, séquestrer des gens, et bloquer des services publics ou des universités, au mépris de la loi. C'est là une différence entre la France et ses voisins européens : en faisant mieux respecter leurs lois, ceux-ci ont aussi mieux réussi l'intégration de leurs immigrés ; voyez l'Allemagne ou l'Espagne, par exemple, qui ont bien moins de problèmes que nous avec ceux qu'ils ont accueilli.

 

Daniel MARTIN

 

Textes complémentaires

[1]   "Intégration" (histoire de mon intégration en France)
http://www.danielmartin.eu/Arg/Integration.htm

 

[2]   "Valeurs perdues, bonheur perdu : pourquoi notre société déprime
Sociologie de la sinistrose française"
http://www.danielmartin.eu/Cours/Sinistrose-p.htm

 

[3]   "La société de défiance - Comment le modèle social français s'autodétruit"
http://www.danielmartin.eu/Cours/SocieteDefiance-p.htm

 

[4]   "La laïcité" http://www.danielmartin.eu/Religion/Laicite.pdf

 

 

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