La peur doit changer de camp

Mise à jour : 24/10/2006

 

 

En cet automne 2006 il ne se passe pas de semaine sans qu'on déplore une attaque de policiers par des voyous dans des cités.

 

Chaque fois le scénario est le même : les voyous incendient des voitures ou cassent quelque chose de visible depuis les fenêtres des immeubles ; des témoins appellent la police ; une patrouille de police arrive, avec deux ou trois fonctionnaires dans une voiture ; celle-ci est immobilisée par quelques attaquants, par exemple à l'aide de voitures qui viennent s'arrêter devant et derrière ; alors, une trentaine de voyous cagoulés surgissent et attaquent les policiers avec des battes de base-ball, des barres de fer et d'autres objets qui peuvent blesser ou tuer.

 

Cela se produit chaque semaine, souvent plusieurs fois, et de plus en plus fréquemment [1]. Il y a donc dans certaines cités, réparties un peu partout en France, des jeunes voyous qui se comportent en véritables ennemis de la société française : ils détruisent pour détruire et s'attaquent à des policiers symboles de l'Etat de droit, avec une intention de tuer. J'ai expliqué leur psychologie dans le texte "Pourquoi sont-ils devenus casseurs ou terroristes ?", je n'y reviendrai donc pas ici.

Voici ce qu'on peut conclure de ces agressions qui se multiplient :

§           De plus en plus de jeunes des cités sont des ennemis de notre société, de ses institutions républicaines et de l'Etat de droit ; le nombre d'agressions de personnes est en augmentation rapide.

§           De plus en plus de policiers sont blessés lors de ces attaques, parfois gravement. Au lieu de protéger les citoyens et l'ordre public, ils doivent donc commencer par se protéger eux-mêmes.

Comme nos lois et règlements protègent bien plus les criminels et délinquants que les honnêtes gens et les forces de l'ordre, nos policiers ne peuvent guère riposter : à la moindre gifle, à la plus petite blessure d'un voyou, les médias parlent de « bavure policière », la police des polices déclenche une enquête et nos policiers sont accusés des pires méfaits.

Et lorsqu'ils arrêtent un de ces voyous en flagrant délit et le présentent à un juge, celui-ci le relâche 99 fois sur 100, après l'avoir sermonné, ou le condamne à une peine qui ne sera pas exécutée.

Comment voulez-vous, dans ces conditions, que les policiers ne se découragent pas ? Comment voulez-vous qu'ils courent protéger les honnêtes gens victimes des voyous de leur quartier, lorsqu'en le faisant ils risquent de graves blessures ? Comment attendre des forces de l'ordre qu'elles fassent respecter les lois de la République, si celles-ci ne les protègent pas et protègent des casseurs multirécidivistes ?

§           Si les attaques se multiplient, c'est que leurs auteurs sont sûrs de leur impunité [1]. Selon le rapport du directeur départemental de la sécurité publique cité dans [5], 6 casseurs sur 10 arrêtés pendant les émeutes de novembre 2005 avaient déjà été cités en justice mais étaient toujours en liberté. Parmi eux, la plupart étaient des jeunes d'origine étrangère, africaine ou nord-africaine, souvent issus de familles nombreuses. 47 % avaient moins de 18 ans.

Les juges prétendent appliquer les textes ; mais vu le nombre de multirécidivistes en liberté et le sentiment d'impunité des voyous, de deux choses l'une : ou ils les appliquent avec trop de bienveillance, ou les textes sont inadéquats. Dans les deux cas, les voyous en profitent.

§           La faiblesse manifeste de notre répression policière et judiciaire à l'égard des voyous encourage ceux-ci à multiplier leurs destructions et agressions de personnes, à mépriser l'Etat et ses institutions, à faire souffrir leurs voisins et les citoyens paisibles.

Voici des propositions pour que cela change :

§           En France, ce sont les honnêtes gens et leur police qui ont peur, pas les voyous. Il faut donc changer nos lois, faire que ce soient les voyous qui aient peur. Pour cela, il faut :

·            cesser de menacer les policiers de toutes sortes de sanctions s'ils rendent coup pour coup aux voyous ;

·            leur permettre de faire usage de leurs armes lorsqu'ils ont attaqués par une bande de cagoulés.

Il faut que notre police soit aussi redoutée que celle des autres pays civilisés, que les casseurs et voyous qui agressent un policier risquent leur vie.

§           Le Préambule de la constitution de 1946 [2] comporte dans son article 5 la phrase : "Chacun a le devoir de travailler et le droit d'obtenir un emploi." Notre Constitution refuse donc aux citoyens le droit de vivre sans travailler, c'est-à-dire de vivre aux crochets des autres. Il est clair que cela ne s'applique pas aux retraités et aux milliardaires, mais cela doit s'appliquer aux jeunes voyous.

Si ces voyous avaient un travail, s'ils étaient bien intégrés dans notre société, ils ne seraient pas tentés de se comporter en ennemis de cette société, dans laquelle ils auraient une dignité. Mais trop nombreux sont les voyous qui n'ont pas de travail parce qu'ils ne savent rien faire. Je propose donc que tout voyou emprisonné le reste tant qu'il n'a pas appris un métier, tests d'aptitude à l'appui, puis trouvé un emploi.

Si on relâche un jeune incapable de gagner sa vie, il y a de fortes chances qu'il redevienne délinquant. Si on l'oblige à apprendre, en le privant de liberté tant qu'il n'a pas acquis une qualification lui permettant de se réinsérer dans la société, il apprendra ; et si on l'oblige ensuite à accepter un emploi dans ses cordes pour pouvoir sortir de prison, il l'acceptera.

S'il préfère la prison à une vie honnête de travailleur, il faut l'obliger à travailler dur en prison, avec un salaire insignifiant, jusqu'à ce qu'il comprenne qu'il est impossible ou très pénible de vivre sans travailler.

§           Il est inacceptable que des multirécidivistes soient en liberté. Il faut, comme aux Etats-Unis, limiter le nombre de fois où une personne peut sortir de prison. On peut décider, par exemple, que le nombre maximum de remises en liberté en fin de peine est de deux : à la troisième incarcération, c'est pour de longues années, toujours avec obligation d'apprendre un métier et de trouver un emploi si le condamné n'est pas qualifié.

§           Il faut :

·            rétablir la « loi anticasseurs » [3] ;

·            abroger l'ordonnance de 1945 sur les mineurs [4] ;

·            obliger les parents des mineurs délinquants à rembourser effectivement les dégâts et préjudices causés par les enfants dont ils sont responsables.

 

 

Daniel MARTIN

 

Références

[1]   Statistiques du Ministère de l'intérieur de février 2006 http://www.interieur.gouv.fr/sections/a_la_une/toute_l_actualite/securite-interieure/criminalite-fevrier-2006/downloadFile/attachedFile/107_index_fevrier_2006_et_12_mois_glissants.pdf?nocache=1143554905.46

§           Sur 1772 violences à dépositaire d'autorité (donc 63 par jour en moyenne) :

·            109 voyous ont été écroués, soit 6 %;

·            1045 voyous ont été laissés en liberté, soit 59 %;

·            et la majorité des voyous qui ont agressé des forces de l'ordre n'ont pas été arrêtés et ne sont pas comptés dans les 1772…

·            169 personnes arrêtées étaient des étrangers, mais pratiquement aucun n'a été expulsé : pourquoi ? pour qu'ils puissent recommencer ?

En un an, en France, le nombre de faits de violences contre des personnes a augmenté de 6.2 % et le nombre de faits de violences contre dépositaires d'autorité a augmenté de 9.8 %.

§           En un an, de février 2005 à janvier 2006, selon http://www.interieur.gouv.fr/sections/a_la_une/toute_l_actualite/securite-interieure/delinquance-presentation/downloadFile/attachedFile_1/107_index_avec_libelle.pdf?nocache=1145886141.98  :

·            Le nombre de violences à dépositaire d'autorité a été de 23 480 (donc 64 par jour en moyenne) ;

·            Le nombre d'outrages à dépositaire d'autorité a été de 31 713 (donc 87 par jour en moyenne).

 

Evolution du nombre d'actes de violence urbaine recensés (source : Le Figaro du 23/10/2006, article "Un an après les émeutes, une situation tendue accroît la menace de violences urbaines)

 

 

 

 

Parmi les 110 206 actes de violence urbaine de 2005, il y a notamment :

§           45 588 incendies de véhicules (soit une moyenne de 125 par jour) ;

§           6 996 incendies de biens publics ;

§           7 893 dégradations de mobilier urbain, etc.

 

[2]   Conseil constitutionnel - Préambule de la constitution de 1946

http://www.conseil-constitutionnel.fr/textes/p1946.htm .

 

[3]   Loi anticasseurs du 08/06/1970 (article 314 du Code pénal). Cette loi sanctionnait :

§           Les manifestations violentes :

·            3 mois à 2 ans de prison pour ceux qui ont continué à manifester après que les violences ont commencé ;

·            jusqu'à 3 ans pour les instigateurs et organisateurs du rassemblement, qui n'ont pas donné l'ordre de dispersion dès les premières violences ;

·            1 à 5 ans pour les provocateurs.

§           Actions concertées menées par un groupe (commando) et accompagnées de violence : 1 à 5 ans de prison, auxquels peuvent s'ajouter des poursuites pour des délits plus graves ou des crimes commis en cours d'opération.

§           Occupation de locaux administratifs : 6jours à 1 an de prison. Peine doublée si l'occupation est commise en groupe (article 184 du Code pénal).

 

Cette loi, créée par un gouvernement de droite en 1970 et permettant de réprimer les violences commises par les « casseurs », a été abrogée le 15/12/1981 par le Parlement peu après l'arrivée au pouvoir du gouvernement de gauche du Président Mitterrand. Aucun gouvernement n'a osé la rétablir depuis, d'où l'impunité des « casseurs ».

 

[4]   Ordonnance n° 45-174 du 2 février 1945 relative à l'enfance délinquante (version du 27 janvier 2005) http://www.legifrance.gouv.fr/texteconsolide/PJFAP.htm

 

Ce texte affirme la priorité de l'éducation sur la sanction pénale pour les jeunes de moins de 18 ans :

§           Jusqu'à 13 ans, le mineur n'est pas pénalement responsable. Il échappe à la prison. Seules des mesures éducatives peuvent lui être appliquées.

§           Entre 13 et 16 ans, le mineur ne peut être placé en détention provisoire que s'il est soupçonné d'un crime. Un ensemble de mesures éducatives sont aussi prévues.

§           Entre 16 et 18 ans, la détention provisoire est possible pour les délits.

 

Cette législation, qui convenait en 1945, est devenue beaucoup trop laxiste en 2006, car beaucoup de jeunes sont moins bien élevés, très violents, ennemis de la société et irresponsables. Il faudrait la réformer en profondeur, pour écarter de la société les jeunes asociaux et leur imposer une éducation tout en les sanctionnant.

 

[5]   Le Figaro du 19/05/2006, article "Des émeutiers violents, mais bien insérés" http://www.lefigaro.fr/france/20060519.FIG000000005_des_emeutiers_violents_mais_bien_inseres.html

 

 

 

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