Une faiblesse désastreuse
(les émeutes des banlieues de novembre 2005)

Mise à jour : 08/11/2005

 

Chaque jour qui passe les médias nous envoient le même message, toujours plus net, toujours plus fort : les jeunes des cités « sensibles » se révoltent. Ils brûlent voitures et magasins, ils attaquent délibérément les pompiers et les forces de l'ordre.

 

Ils peuvent se le permettre parce que les médias leur renvoient l'image du succès de leur entreprise de destruction de la société française, qu'ils détestent. Ils ne leur envoient pas de message répressif : les rares fois où il est question d'arrestations et de sanctions pénales, le nombre de casseurs punis est insignifiant et leur peines minimes. D'où leur sentiment d'impunité et leur certitude de la faiblesse de la République.

 

Cette certitude est renforcée par l'aveu manifeste d'impuissance du Chef de l'Etat, qui s'est contenté le 02/11/2005 de faire lancer un appel au calme par son ministre porte-parole, sans venir lui-même parler aux Français à la télévision. Elle est confirmée par la désunion de nos politiciens, qui exploitent ces désordres pour s'accuser les uns les autres, en profitant des médias qui relaient et amplifient ces dissensions. Les socialistes accusent M. Sarkozy, un autre ministre désapprouve sa méthode, des parlementaires UMP accusent d'autres politiciens de dénigrer le gouvernement, etc.

        Au lieu que tous les Français soutiennent l'ordre républicain, leurs politiciens se déchirent. Depuis des années que les désordres durent, avec leur cortège de destructions, de viols collectifs, de tags, d'antisémitisme, etc., la gauche et la droite ont toutes deux montré leur incapacité ; il est temps qu'elles le reconnaissent toutes deux et se montrent solidaires pour résoudre le problème.

 

Les solutions sont pourtant simples. Première priorité : rétablir l'ordre, sans lequel le gouvernement et l'Etat sont discrédités ; et sans respect de l'Etat de droit aucune action de fond n'est possible. Nous avons 638 cités « sensibles », euphémisme qui désigne des espaces de non-droit où la République est défiée tous les soirs, incendies et saccages à l'appui. Cet euphémisme est la première marque de notre faiblesse, comme le fait de baptiser « sauvageons » les délinquants qui détruisent les voitures de leurs voisins et leurs magasins d'alimentation, et s'attaquent aux médecins, infirmières et pompiers venus secourir des personnes qui souffrent. Vu les moyens en hommes nécessaires, ces 638 cités doivent être occupées par l'armée, avec un régime de couvre-feu. Toute personne présente dans la rue après 21 heures doit justifier cette présence ou être arrêtée ; tout mineur dans la rue doit être arrêté, avec obligation de ses parents de venir le chercher au commissariat ou à la gendarmerie et de payer une amende.

        Toute famille de ces cités qui ne sait pas garder ses fils mineurs à la maison doit être sanctionnée, par exemple par suppression temporaire des allocations familiales. Il est scandaleux que les contribuables paient pour élever de futurs ennemis de la société, qui coûtent cher en dégradations et coûteront ensuite cher en allocations de chômage ou en maintien en détention. Toute dégradation faite par un mineur doit être payée par sa famille. Et ces sanctions doivent être annoncées à la télévision, images à l'appui, tous les soirs, aussi longtemps qu'il faudra.

 

Bien entendu, il faut que la capacité du reste de la chaîne pénale suive la croissance prévisible du nombre d'arrestations accompagnant le rétablissement de l'ordre : il faut renforcer les effectifs de juges et greffiers, et accroître suffisamment le nombre de places en maison d'arrêt, pour ne pas qu'on relâche les fauteurs de troubles arrêtés avant même qu'ils aient été jugés ou qu'ils aient fini de purger leur peine.

 

En fait, la révolte des jeunes gens s'explique d'abord par leur échec scolaire, qui les prive de tout avenir, donc de dignité et d'intégration dans la société française. Il faut donc que leurs familles les obligent à travailler à l'école. Parmi les jeunes issus de l'immigration, comment se fait-il qu'on n'entende jamais parler d'échec scolaire chez ceux qui sont d'origine asiatique, mais seulement chez ceux qui viennent d'Afrique du Nord ou d'Afrique noire ? C'est parce que leurs familles ne les obligent pas à travailler à l'école. Il faut donc qu'elles soient sanctionnées par suppression des allocations diverses lorsqu'elles ne surveillent pas l'assiduité et l'effort scolaire de leurs enfants.

        Voilà des années que cette mesure de bon sens n'est presque jamais prise, et que son absence provoque un sentiment d'impuissance de l'Etat face à des populations qui profitent en France des allocations, de l'éducation gratuite, de la Sécurité sociale et de la liberté, bienfaits dont elles ne jouiraient pas dans leur pays d'origine. Voilà des années que les jeunes qui ont profité de ces bienfaits témoignent de leur reconnaissance en détestant la France, en sifflant "La Marseillaise", etc. Assez de faiblesse des pouvoirs publics, les Français veulent l'Etat de droit et le respect de leur pays par tous ceux qui y vivent !

 

Les désordres font tache d'huile, la télévision leur donnant chaque soir une publicité abondante. Au lieu d'accorder aussi la place qu'elles méritent aux arrestations de casseurs et aux punitions qu'on leur inflige, ainsi qu'au mal que les incendiaires font à leurs voisins et à l'image de lâcheté qu'ils donnent d'eux-mêmes, nos journalistes se contentent des messages d'incendie, de casse et de haine qui démoralisent la population et la rendent furieuse. Faute d'une couverture équilibrée des désordres, ils en font la publicité.

 

Non seulement avec la faiblesse actuelle des pouvoirs publics les désordres n'ont aucune raison de s'arrêter, mais ils commencent à être connus chez nos voisins européens, où des fils d'immigrés imitent les jeunes Français et où les médias commencent à décourager les touristes de visiter la France. Veut-on, comme au Royaume-Uni, laisser s'installer en France un apartheid entre banlieues dont les communautés se détestent et s'affrontent, musulmans contre hindouistes, hindouistes contre chrétiens, Anglais contre Anglais ?

 

Sans aller aussi loin, les conséquences en France même sont désastreuses. Il suffit qu'un CV porte comme adresse une banlieue à problèmes pour qu'il aille à la poubelle. Les commerçants quittent certaines cités, les médecins refusent d'aller y soigner des malades. Les pompiers attendent les policiers pour aller éteindre un incendie. La mauvaise réputation engendrée par ces émeutes et ces destructions rejaillit sur toute une population qui n'a pas de rapport avec les casseurs, mais en devient victime dans sa recherche d'emploi et son besoin de soins médicaux, de magasins d'alimentation pour se ravitailler, ou simplement de dormir en paix.

 

Le gouvernement doit donc montrer plus de fermeté que celle qu'il a montrée jusqu'ici, d'où le recours à autant de soldats qu'il faut pour assurer le calme et le couvre-feu, le temps qu'il faudra. Les jeunes qu'il s'agit d'empêcher de nuire ne sont pas des intellectuels qui comprennent la raison, pas même des gens dont le système de valeurs leur fait apprécier tout ce qu'ils doivent à la France ; ils ne comprennent que la force, il est temps d'en user.

 

Faute de rétablir rapidement l'ordre en persuadant les émeutiers que la République est plus forte qu'eux, l'exaspération des jeunes casseurs s'autoalimentera et se terminera forcément pour certains en récupération par des extrémistes religieux. Au lieu de détruire des voitures, quelques excités ayant perdu leurs repères commettront des attentats en cherchant à tuer le plus possible d'innocents, au nom d'un Dieu dont le message leur a été dénaturé.

 

Messieurs du gouvernement, agissez ! Messieurs de l'opposition, soutenez cette action comme vous avez soutenu l'interdiction du voile islamique !

 

Une fois l'ordre rétabli, une fois les casseurs convaincus que leurs désordres ne peuvent que se retourner contre eux et leurs familles, l'action de fond aura une chance de réussir. Les efforts de reconstruction et de réhabilitation des quartiers, les efforts d'animation auront une chance de porter des fruits. Le dialogue de la population et de la police de proximité pourra rétablir la confiance. Les efforts de démantèlement des trafics pourront en diminuer l'ampleur.

        Mais tous ces efforts seront vains si le chômage perdure pour 30 à 50 % des jeunes. Et la seule solution sérieuse, durable, pour créer des emplois consiste à ce que les jeunes des cités aient une valeur professionnelle. Elle passe donc par l'enseignement scolaire puis professionnel, où l'assiduité doit être rendue obligatoire et contrôlée, sanctions et récompenses à la clé.

 

Elle passe aussi par une campagne de communication télévisée et scolaire sans précédent en France, pour mettre dans la tête des gens des banlieues misérables les valeurs de la réussite et de l'intégration, avec les récompenses et la dignité qui les accompagnent, et hélas les punitions qui sanctionnent ceux qui les refusent.

 

Je regrette donc qu'une fois de plus le Premier ministre ait annoncé le 07/11/2005 des mesures qui vont dans le bon sens, mais pas assez loin. Annoncer une possibilité de couvre-feu sur tout le territoire en n'ajoutant que 1500 hommes aux forces de l'ordre n'est pas crédible. Annoncer l'apprentissage à partir de 14 ans sans renforcer les contrôles d'assiduité et d'effort scolaire n'est qu'une gesticulation. Annoncer une accélération des constructions et rénovations de logements sans mesure concrète de lutte contre le chômage dû au manque de qualification est inefficace…

 

Comme d'habitude, les mesurettes du gouvernement faible de la France ne résoudront rien et il y aura tôt ou tard de nouvelles émeutes.

 

 

Daniel MARTIN

 

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