Altermondialisme : une analyse critique

par Daniel Martin

Mise à jour le 09/02/2007

 

Cette analyse approfondie présente les altermondialistes, ce qu'ils rejettent et ce qu'ils proposent.

Les nombres entre crochets comme [1] renvoient aux références et annexes en fin de texte.

 

 

Table des matières

1.    Qui sont les altermondialistes?. 2

1.1  Générosité et utopie. 2

1.2  Les composantes du mouvement altermondialiste. 3

1.3  Combien sont les altermondialistes?.. 3

1.4  Les altermondialistes ne représentent pas le peuple. 3

1.5  Une grande hétérogénéité, source de désaccords. 4

1.5.1      Ce qui rapproche les altermondialistes. 4

1.5.1.1           La phobie de la dictature des marchés financiers. 5

1.5.1.2           La phobie de la dérégulation généralisée, c'est-à-dire de la mondialisation   6

1.5.1.3           La phobie du démantèlement des services publics. 9

1.5.1.4           La phobie de l'OMC.. 10

1.5.1.5           La phobie du FMI 10

1.5.1.6           Le refus de l'ouverture systématique de tous les secteurs d'activité à la concurrence marchande internationale. 11

1.5.1.7           Le remplacement de la concurrence par du commerce équitable. 12

1.5.1.8           La phobie des organismes génétiquement modifiés (OGM) 12

1.5.1.9           La phobie (justifiée, mais mal ciblée) de la destruction de l'environnement 19

1.5.1.10         La phobie (justifiée) de la domination mondiale de la culture américaine. 20

1.5.1.11         La phobie de la politique internationale des Etats-Unis, conséquence du communisme et du gauchisme. 25

1.5.1.12         Une accusation: les états à économie de marché sont faussement démocratiques  29

1.5.2      Ce qui divise les altermondialistes. 30

1.5.3      Les écologistes. 31

1.6  Propositions politiques des altermondialistes. 31

1.6.1      L'association ATTAC.. 31

1.6.1.1           ATTAC est une association agréée au titre de la jeunesse et de l'éducation populaire  32

1.6.1.2           Proposition d'Instaurer une taxe "Tobin" sur les transferts de fonds internationaux  32

1.6.1.3           Proposition sur les droits fondamentaux. 33

1.6.1.3.1        Comparaison des droits demandés par ATTAC avec les textes officiels  33

1.6.1.3.2        Conséquences sur les propositions d'ATTAC et sa nature  34

1.6.1.4           Proposition sur les services publics. 36

1.6.1.5           Les 21 exigences d’ATTAC pour le « traité constitutionnel ». 36

1.6.1.6           Exemple de désinformation par ATTAC.. 40

1.6.2      Critique des propositions des altermondialistes. 41

1.6.2.1           Les altermondialistes veulent une société de type communiste. 42

1.6.2.2           La plupart des altermondialistes veulent une administration mondiale unifiée  43

1.6.3      Conclusion sur la société voulue par les altermondialistes. 44

2.    Le Forum social européen (FSE) 45

2.1  Buts des altermondialistes du FSE.. 45

2.1.1      Commentaires sur ces buts. 45

2.2  Le Forum social mondial (FSM) 46

2.2.1      Différence entre altermondialistes et libéraux. 47

2.3  Soutien du gouvernement et des partis au FSE.. 48

2.3.1      Un soutien scandaleux. 48

3.    Références et annexes. 49

 

1.                    Qui sont les altermondialistes?

Le mot "altermondialiste", d'abord adjectif puis substantif, a été défini pour succéder au mot "antimondialiste", dont la connotation était jugée trop négative par des gens qui sont contre la mondialisation libérale mais pour une autre mondialisation, basée sur la fraternité au lieu de l'argent.

1.1                 Générosité et utopie

Les altermondialistes sont des gens généreux, qui croient aux qualités d'altruisme des hommes. Ils veulent un monde basé sur cet altruisme et pas sur l'argent. Ils veulent la fraternité, pas la confrontation. Ils ont constaté avec raison que les lois du marché ne suffisent pas à assurer un fonctionnement de la société pour le bien des hommes, et qu'elles doivent être complétées par des lois d'équité et de solidarité, que les mécanismes économiques sont incapables à eux seuls de définir.

 

A partir de ces idées auxquelles tout le monde peut adhérer, ils échafaudent, hélas, des propositions, certaines utopistes et d'autres destinées à remplacer notre monde par un monde communiste, lors d'une révolution. Ils n'ont aucun programme d'action concret à proposer pour cette révolution. Seul quelques-unes de leurs idées, comme celles sur le respect de l'environnement, peuvent inspirer une décision politique réelle et utile. Voir à ce propos "l'Appel de Heidelberg" [33], signé par des centaines de scientifiques.

 

Nous analysons tout cela en détail ci-dessous.

1.2                 Les composantes du mouvement altermondialiste

Selon Les Echos (article Les acteurs de l'altermondialisation [22]) la contestation des altermondialistes est active dans les domaine suivants: financier, environnement, agricole, anti-consommation, droits de l'homme, humanitaire, et syndical.

 

Selon [16], les altermondialistes se manifestent par diverses formes de rébellion:

·           syndicale (paysanne et salariale) ;

·           idéologique (antifasciste, libertaire, extrême-gauche, gauche alternative) ;

·           des marginaux et des exclus (sans-papiers, sans-emploi, sans-logis) ;

·           intellectuelle (ATTAC, écologistes, mouvement libertaire) ;

·           etc.

1.3                 Combien sont les altermondialistes?

Selon [22], il y a eu au Forum social européen 2003 entre 25.000 et 30.000 participants, dont quelques 15.000 italiens, espagnols, britanniques et allemands. Parmi ces participants, certains n'étaient membres d'aucune organisation altermondialiste : chômeurs, sans-papiers, précaires, étudiants, etc. D'autres, assez nombreux, étaient membres d'ATTAC, association qui en compte environ 35.000. La quinzaine de milliers d'altermondialistes restants étant répartis entre plus de 1500 organisations, chacune de ces organisations comptait donc, en moyenne, une dizaine de participants. Ce chiffre montre le caractère insignifiant de l'immense majorité des organisations altermondialistes, réduites le plus souvent à un groupuscule d'agitateurs.

1.4                 Les altermondialistes ne représentent pas le peuple

Parce qu'ils sont contre notre forme libérale de société, contre les gouvernements que nous avons démocratiquement élus, les altermondialistes prétendent représenter le peuple. Mais:

·           Un groupe minoritaire n'a jamais été représentatif du peuple, par définition même du mot "minorité". Si ces gens-là avaient été majoritaires ou simplement nombreux, ils auraient gagné les élections dans de pas mal de pays, ou participeraient à leurs gouvernements en tant qu'altermondialistes.

·           Les organisations altermondialistes ne sont pas issues d'élections démocratiques: elles n'ont donc pas qualité pour représenter les citoyens de quelque pays que ce soit.

 

La représentativité populaire des altermondialistes est donc autoproclamée, c'est-à-dire imaginaire. En cela, elle est comme celle des syndicats en France : moins de 9 % des salariés français étant syndiqués, les syndicats ne peuvent les représenter, quoi qu'ils prétendent et quelle que soit l'importance (exagérée) que leur accordent les médias, donc nos gouvernements successifs. Du reste, l'immense majorité des syndiqués français sont des fonctionnaires, ce qui réduit encore plus la représentativité des syndicats pour l'ensemble des salariés.

1.5                 Une grande hétérogénéité, source de désaccords

L'altermondialisme regroupe des gens très différents. Parce qu'on utilise un mot unique, altermondialiste, on a l'impression qu'ils constituent par leur unité une force d'opposition puissante. En fait, un rassemblement de 100.000 altermondialistes regroupe, on va le voir, des gens qui ne s'entendent que sur peu de sujets. A l'image de leur composante française "Les Verts", les altermondialistes sont faibles parce que divisés, et en désaccord profond dès qu'il s'agit de décisions d'action concrètes.

 

C'est l'importance que leur accordent les médias qui donne l'impression qu'ils sont une force qui compte, et aussi celle que leur donnent les politiciens avides de suffrages, on va le voir.

 

Cette hétérogénéité entraîne une impossibilité d'accord des divers courants altermondialistes sur des projets d'action concrète. C'est pourquoi la Charte des Principes du Forum Social Mondial [1] affirme, dans son article 6:

"Les rencontres du Forum Social Mondial n'ont pas un caractère délibératif en tant que Forum Social Mondial. Personne ne sera donc autorisé à exprimer au nom du Forum, dans quelque édition que ce soit, des prises de position prétendant être celles de tous les participants. Les participants ne doivent pas être appelés à prendre des décisions, par vote ou acclamation, en tant que rassemblement de ceux qui participent au Forum, sur des déclarations ou propositions d'action qui les engagent tous ou leur majorité et qui se voudraient être celles du Forum en tant que Forum."

Sachant qu'ils ne peuvent se mettre d'accord pour des actions réelles, les altermondialistes du FSM ont décidé d'interdire toute prise de position qui pourrait faire croire à leur unité! Si les journalistes qui les présentent comme un mouvement de protestation et de proposition unitaire avaient lu et compris la Charte, ils parleraient des altermondialistes comme ce qu'ils sont: une minorité hétéroclite de mécontents.

1.5.1             Ce qui rapproche les altermondialistes

·           Le désir de remplacer notre société à économie de marché par une société basée sur la fraternité et une économie sans concurrence.

Commentaires:

·            En voulant remplacer notre société par une autre, les altermondialistes sont des révolutionnaires. Beaucoup sont non-violents (voir article 13 de la Charte des Principes du Forum Social Mondial [1] et la position d'ATTAC), mais certains sont violents, comme on l'a vu à Seattle (USA) en décembre 1999 et à Gênes (Italie) en juillet 2001.

·            Tous les hommes sont d'accord sur les idées de liberté, de fraternité, de respect de l'homme et de l'environnement, de générosité et de paix. Aucun n'est contre. Ces idées sont en fait des lieux communs. Correspondant à des désirs de tous les hommes, ils constituent des mots d'ordre qui rassemblent facilement les gens qui ne remarquent pas leur caractère de voeu pieux, idéal mais pas moteur d'action concrète.

·           Le refus d'être récupérés politiquement par des partis traditionnels. C'est ainsi que les organisateurs du FSE n'ont invité que 4 représentants de partis, tous de gauche:

·            O. Besancenot (Ligue communiste révolutionnaire, LCR, trotskiste)

·            M-G. Buffet (Parti communiste, PC)

·            N. Mamère (Les Verts)

·            K. Aris (chargé de la mondialisation au Parti socialiste, PS).

·           La phobie (selon leurs propres termes):

·            de la dictature des marchés financiers,

·            de la dérégulation généralisée, c'est-à-dire de la mondialisation,

·            du démantèlement des services publics,

·            des institutions internationales comme l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC) et le Fonds Monétaire International (FMI),

·            de l'ouverture systématique de tous les secteurs d'activité à la concurrence marchande internationale, à remplacer systématiquement par du commerce équitable,

·            des organismes génétiquement modifiés (OGM),

·            de la destruction de l'environnement par des sociétés plus soucieuses de profits que de respect de ce bien commun à tous les hommes,

·            de la domination mondiale de la culture américaine, basée sur la vente des oeuvres d'art et du travail des artistes, et qui étouffe progressivement la diversité culturelle des autres peuples,

·            de la politique internationale des Etats-Unis, jugée unilatérale, égoïste, impérialiste, belliciste, raciste, et, défauts suprêmes, capitaliste et mondialiste.

Enfin, et bien qu'il ne le disent pas en ces termes, les altermondialistes reprochent à notre société libérale d'être, dans les faits, dominée par les multinationales, les états prétendument démocratiques étant en réalité au service de ces sociétés. Ils accusent donc les régimes politiques à économie de marché d'être faussement démocratiques.

 

Commentaires sur ces convergences

Il est très facile de rassembler des mécontents, qui sont très nombreux - particulièrement dans notre pays de rouspéteurs - contre un état de fait. C'est plus facile que de les rassembler autour d'un mot d'ordre d'action concrète. Avec autant de sujets de mécontentement, il y en a forcément plusieurs qui recueillent l'assentiment de chaque mécontent.

 

Nous allons analyser ci-dessous chacune des phobies précédentes, pour comprendre les motivations sous-jacentes et les erreurs correspondantes.

1.5.1.1                        La phobie de la dictature des marchés financiers

Depuis le début du christianisme, il y a deux mille ans, l'argent et le profit sont sources de culpabilité. Les riches aiment l'argent (évidemment!) et les pauvres, qui les jalousent, prétendent qu'il corrompt et que la recherche du profit par les capitalistes aliène les travailleurs qu'ils exploitent. L'attitude de beaucoup de gens qui se sentent victimes de la dictature du profit (financier ou industriel) s'explique en fait par cette jalousie: s'estimant incapables d'accéder à la richesse, les jaloux la déclarent coupable et veulent un monde sans riches où ils ne seront plus pauvres.

 

Cette attitude de faiblesse des jaloux qui n'osent pas entreprendre ou agir pour sortir de leur condition, a été comprise et stigmatisée par Jean Jaurès (un des pères du socialisme!) qui disait: "Dirige, celui qui accepte les risques que ceux qu'il dirige ne veulent pas prendre." Et c'est en prenant des risques qu'on peut gagner.

 

Historiquement, la dictature des marchés financiers a fait la une des médias chaque fois que, par démagogie, les politiciens de gauche ont dénoncé le profit des actionnaires en l'opposant aux intérêts des salariés. C'est ainsi que la maladresse de Michelin, qui a annoncé des suppressions d'emploi en même temps que des bénéfices, a tellement scandalisé l'opinion française, que le gouvernement socialiste de M. Jospin a fait une "loi anti-Michelin".

 

En fait, ceux qui culpabilisent les capitalistes qui tirent profit de leurs placements (financiers, par définition) oublient d'abord que le placement de fonds contre intérêt (financier!) est le fait d'environ 40 millions de Français, qui ont un compte d'épargne dont ils voudraient tirer le maximum d'intérêts. Voilà pourquoi la France compte au moins 40 millions de capitalistes.

 

Et puis, des millions d'épargnants achètent des actions, souvent à l'incitation de gouvernements qui privatisent pour renflouer leurs caisses. Ils essaient ainsi de se constituer un complément de retraite, exactement comme les fonctionnaires qui cotisent à la Préfon. Si leurs actions d'une société montent, parce que celle-ci est bien gérée et suscite des espoirs, ils gagnent de l'argent, qui constitue pour les altermondialistes un abominable profit financier.

 

Comme beaucoup d'ignorants, les altermondialistes voudraient que les entreprises soient gérées dans l'intérêt de leurs salariés, non celui de leurs actionnaires. Si une entreprise était gérée de cette manière, elle distribuerait plus d'argent à ses salariés et moins à ses actionnaires. Ceux-ci s'apercevraient alors qu'elle est peu rentable, même si ses salariés sont prospères, et placeraient leur argent ailleurs. Privée de ressources en capital, l'entreprise aurait du mal à investir et ses concurrents lui tailleraient des croupières. Au bout d'un certain temps, elle ferait faillite, ses actionnaires auraient perdu leur investissement et ses salariés leur emploi.

 

Voilà pourquoi les profits d'aujourd'hui sont les investissements de demain, la croissance d'après-demain et les embauches du jour suivant. Et voilà pourquoi ce sont les pays qui favorisent le plus les profits financiers, ceux qui sont les plus libéraux, qui ont la croissance la plus forte et le taux de chômage le plus bas: l'Angleterre (5% de chômeurs) et les Etats-Unis (6%).

1.5.1.2                        La phobie de la dérégulation généralisée, c'est-à-dire de la mondialisation

Depuis les années 1950, la croissance de l'économie en Europe et aux Etats-Unis a été extraordinaire. Le niveau de vie des citoyens a suivi. Une famille française a aujourd'hui tout l'électroménager nécessaire, des appareils de distraction (téléviseurs, jeux électroniques, PC multimédia) et souvent 2 voitures, toutes choses que leurs parents n'avaient pas. Le développement économique s'est accompagné d'une extraordinaire explosion du commerce mondial.

 

Les économistes ont montré que tous ces phénomènes sont liés: sans développement du commerce international, pas de croissance nationale; et lorsqu'on sait qu'un quart des salariés français seraient victimes du chômage si leur entreprise n'exportait pas, on mesure l'importance du commerce international. Et sans croissance nationale, pas d'élévation du niveau de vie.

 

L'OMC

Le développement du commerce, rendu possible par la baisse du coût des transports et le développement des télécommunications, aurait été impossible sans abaissement des barrières douanières et réglementaires qui protégeaient chaque production nationale de la concurrence étrangère. C'est pourquoi la quasi-totalité des pays du monde a trouvé un intérêt à abaisser ces barrières, après des négociations destinées à trouver des accords de réciprocité. (Cet abaissement des barrières douanières et réglementaires a été appelé dérégulation.) C'est pourquoi a été créée l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC), qui est le cadre où les négociations ont lieu.

 

L'OMC n'oblige aucun pays à adhérer à ses règles, n'a pas d'armée pour contraindre militairement les pays, et pas de banque pour les inciter financièrement à quoi que ce soit. Lorsqu'un pays n'est pas d'accord avec une proposition, il ne la signe pas; le commerce correspondant sera alors facilité pour d'autres pays, qui l'ont signée, et pas pour lui; s'il y trouve son intérêt, tant mieux, il est libre et responsable de son choix.

 

Lorsque les altermondialistes prétendent que les pays pauvres souffrent de la mondialisation, qui pille leurs ressources et appauvrit leurs populations au profit de riches capitalistes, ils ignorent délibérément les plus importants de ces pays, la Chine et l'Inde. Ces pays sont farouchement partisans de l'ouverture des échanges, et la Chine a fait de gros efforts pour devenir récemment membre de l'OMC. Contrairement à ce que voudraient nous faire croire les altermondialistes, ces pays sont ultralibéralistes parce qu'ils y trouvent leur intérêt. Tous deux espèrent, grâce à leur main d'oeuvre compétente et bon marché, devenir les usines du monde, et ils progressent vite dans cette voie. L'Inde a même plusieurs millions d'informaticiens, anglophones depuis l'école, qui travaillent pour des multinationales dans la région de Bangalore. Grâce à l'ouverture des marchés, ces pays espèrent obtenir du travail pour leur immense population, et avoir ainsi les moyens d'importer la nourriture et les objets de haute technologie dont ils ont de plus en plus besoin.

 

Le NEPAD

Les altermondialistes ignorent aussi la prise de position officielle en faveur du libéralisme économique des pays d'Afrique qui ont adhéré au NEPAD (Nouveau partenariat pour l'Afrique), programme international basé sur l'ouverture progressive des marchés et l'assistance aux pays qui améliorent leur gouvernance. Avec le NEPAD:

·           Pour la première fois de l'histoire, l'Afrique met sur pied elle-même une stratégie de développement unanimement approuvée par ses membres. Elle la propose au reste du monde, en reconnaissant:

·            que le développement passe par des politiques macroéconomiques saines,

·            l'intérêt de l'ouverture internationale,

·            le besoin d'une bonne gouvernance,

·            l'intérêt d'une stratégie visant à tirer parti de la mondialisation.

Contrairement à ce que les altermondialistes voudraient nous faire croire, les pays pauvres qui ont besoin de développement demandent l'ouverture internationale, c'est-à-dire le libéralisme, ainsi que la mondialisation.

·           L'Afrique a connu, depuis dix ans, un changement majeur passé largement inaperçu. Il y a dix ans, le Nord aurait parlé d'équilibre macroéconomique, de rigueur monétaire et d'ouverture aux échanges, le Sud aurait répliqué politique alternative, déficit budgétaire et protectionnisme. Ces politiques alternatives ont été abandonnées par les Africains.

Les Africains se sont aperçu que les politiques alternatives dont rêvent les altermondialistes, avec leurs déficits budgétaires, ne marchent pas. Les altermondialistes qui réclament encore de telles politiques ont 10 ans de retard et se montrent sourds aux réalités de terrain, enfermés qu'ils sont dans leurs croyances basées sur l'idéologie.

·           Maintenant les Africains nous proposent eux-mêmes d'appliquer ce que l'expérience, dans le reste du monde, nous a appris être les politiques qui marchent.

·           L'Afrique est très en retard dans la mise en œuvre de mesures visant à assurer la sécurité des investissements, des transactions, des biens et des personnes.

Le premier problème qui freine les investissements en Afrique est l'insécurité, conséquence d'une mauvaise gouvernance: comment investir en Afrique si on a peur de perdre son argent, comment envoyer des gens y travailler si on a peur pour leur vie, comment faire du commerce avec les Africains si on a peur qu'ils ne paient pas ce qu'ils reçoivent ou dérobent les marchandises en transit?

 

 

La mondialisation

Le développement du commerce et l'abaissement des barrières douanières constituent, avec le développement des télécommunications et des transferts internationaux de fonds, le phénomène appelé mondialisation. Il facilite le mouvement des hommes, des marchandises et des capitaux, donc le développement des sociétés multinationales.

 

Tout le monde est d'accord sur le fait que la mondialisation doit être régulée, c'est-à-dire sur le fait que les lois (économiques) du marché et l'ouverture des frontières aux mouvements des hommes, des marchandises et des capitaux, ne suffisent pas pour définir les règles d'une société humaine. C'est ainsi qu'en droit français, il y a des dizaines de codes de loi non commerciales (liste: voir [25]). A fortiori, les lois du marché ne suffisent pas pour humaniser la société, c'est-à-dire définir ses règles d'équité, de solidarité, etc. Lorsque les altermondialistes insistent sur cette insuffisance des lois du marché, ils enfoncent des portes ouvertes.

 

Pour plus de détails sur la mondialisation voir le chapitre "Mondialisation" au début du Tome 2 : Mondialisation et délocalisations du "Cours d'économie pour citoyens qui votent."

1.5.1.3                        La phobie du démantèlement des services publics

La mondialisation facilite aussi la concurrence, ce qui oblige chaque pays et chaque entreprise dans ce pays, à être les plus productifs possibles, pour diminuer les coûts face aux concurrents. Oui, même un pays est en concurrence avec d'autres!

 

Un pays est comme une entreprise: les frais généraux, non producteurs de biens et de services vendables, pèsent sur sa compétitivité; s'il a des frais généraux élevés, il ne peut dégager les ressources financières pour se développer; et faute de développement, il est de moins en moins compétitif et ses concurrents peuvent le battre. Or les frais généraux d'un pays sont ses services publics: éducation, armée, hôpitaux, tribunaux, etc. Un pays qui veut gagner contre ses concurrents se doit donc de réduire son budget de fonctionnement au moins au même niveau que le leur.

 

Le budget de fonctionnement d'un pays est mesuré par le pourcentage de l'ensemble des biens et services qu'il produit (appelé PIB, Produit intérieur brut) consacré à ce fonctionnement. La France, avec environ 50% de son PIB dépensé par l'Etat et prélevé sur les revenus de ses résidents sous forme d'impôts, est fort mal placée à ce point de vue. Il n'y a que deux pays au monde où l'Etat est encore plus dépensier: la Suède et le Danemark, et encore à peine plus.

 

Parce qu'elle pèse sur les prix des produits et services et améliore leur qualité, la concurrence est bénéfique à un pays et au niveau de vie de ses citoyens, mais elle exige l'élimination des gaspillages. C'est pourquoi, en étudiant le problème des coûts des services publics en France et ailleurs, les économistes sont arrivés à la conclusion que pour éliminer les gaspillages il fallait inciter les fonctionnaires à être plus productifs, pour pouvoir rendre de meilleurs services à leurs concitoyens tout en étant moins nombreux. Et la forme la plus efficace d'incitation étant la concurrence, ils ont imaginé de privatiser un certain nombre de services publics, ou de mettre ceux-ci en concurrence avec des entreprises privées.

 

Mais certains fonctionnaires, notamment ceux qui se laissent manipuler par des syndicats d'extrême-gauche (voir [5]), ont vu dans cette course à la productivité et cette mise en concurrence l'obligation de travailler plus dur parce qu'on évaluerait leur productivité. Ne voyant pas pourquoi ils devraient désormais faire des efforts auxquels ils n'étaient pas tenus jusque là, ils ont protesté en prétendant que l'état "néolibéral" essayait de démanteler le service public. Jouant sur le fait que, dans leur grande majorité, les Français ne connaissent pas les chiffres de l'immense gaspillage de fonds publics dû à l'Etat (voir [4] et [5]), ils opposent le maximum de résistance aux changements, pour protéger leurs privilèges. Ils appellent "démantèlement des services publics" une simple réduction des privilèges dont ils profitent aux frais des autres citoyens. Il n'a jamais été question de démanteler les services publics, indispensables aux citoyens et aux entreprises du pays.

 

C'est du combat d'arrière-garde de ces fonctionnaires que les altermondialistes tirent leur phobie du "démantèlement des services publics".

1.5.1.4                        La phobie de l'OMC

Nous avons vu ci-dessus ce qu'est l'OMC. L'échec de la négociation OMC de Cancun, en septembre 2003, est dû avant tout à l'égoïsme protectionniste de l'Union européenne et des Etats-Unis, qui refusent de diminuer les subventions à leurs agriculteurs, notamment aux producteurs de sucre et de coton, parce que les voix de ces agriculteurs peuvent faire basculer n'importe quelle élection.

 

Mais il est aussi dû en partie aux altermondialistes, et ceux-ci s'en sont réjouis. Cet échec a fait le jeu des Etats-Unis. Puisque Cancun n'a pu instaurer de règles commerciales internationales communes, les Etats-Unis concluent des accords bilatéraux, plus favorables pour eux qu'un accord général, car ils sont plus forts dans une négociation avec un pays isolé que contre l'ensemble des pays de l'OMC.

 

La stratégie anti-OMC des altermondialistes est donc illogique, car la négociation multilatérale dans cet organisme est précisément à même de contrer les Etats-Unis, pour rendre le commerce mondial plus équitable. Cela s'est encore produit récemment, l'OMC ayant imposé aux Américains des sanctions qui se chiffrent en milliards de dollars, pour leur politique de taxation des importations d'acier contraire à leurs engagements.

1.5.1.5                        La phobie du FMI

Le Fonds Monétaire International est une institution internationale rattachée à l’O.N.U., fondée par la conférence de Bretton Woods en 1944. Elle compte environ 160 pays membres. Ce n’est pas un organisme de développement. Il a été chargé à l’origine d’assurer la régulation du système monétaire international, accordant des prêts aux pays dont la balance des paiements était en déficit et, au-delà d’un certain seuil, imposant aux pays emprunteurs des politiques de redressement. Depuis l’abandon du système de Bretton Woods et la hausse du prix du pétrole, le FMI est intervenu à de nombreuses reprises pour aider les pays à surmonter les déséquilibres dans leur balance des paiements. Il a ainsi créé des facilités pétrolières, des facilités alimentaires, et des aides à la balance des paiements.

 

Le FMI subordonne l’octroi de ses prêts à des mesures d’assainissement des économies endettées, telles que la réduction des dépenses publiques, la vérité des prix, le freinage ou la réduction des salaires et le resserrement du crédit, de manière à réduire les importations et à ralentir l’inflation. Ces mesures améliorent la balance commerciale, mais parfois au prix d’une grave récession.

 

La récession est intervenue, par la faute du FMI, lorsque celui-ci a imposé des mesures d'ouverture commerciale et financière trop rapides et trop brutales à des économies encore convalescentes. Cette erreur de politique a été dénoncée de manière précise et rigoureuse par Joseph STIGLITZ, Prix Nobel d'économie 2001, dans son livre [6]. Elle a été reconnue aujourd'hui par le FMI, qui a adopté des pratiques bien plus prudentes.

 

En somme, le FMI aide ceux des pays qui acceptent de faire les efforts suffisants pour sortir de leur situation désastreuse. Cette aide est efficace, c'est pourquoi autant de pays ont adhéré au FMI. Ils l'ont fait de leur plein gré, parce qu'ils y trouvaient avantage.

 

En accusant le FMI de ne pas se préoccuper de démocratie ou de droits de l'homme, les altermondialistes lui reprochent, en fait, de soutenir les gouvernements antidémocratiques ou totalitaires en place, au lieu de lutter pour les déstabiliser. L'attitude du FMI est normale, c'est celle de toute agence ou émanation des Nations Unies, organismes qui ont pour règle - comme l'ONU elle-même - de ne pas agir contre des gouvernements en place et de ne pas se mêler des affaires intérieures d'un pays membre.

 

En outre, si le FMI était laxiste en aidant des pays qui ne font pas les efforts nécessaires, son argent serait gaspillé, ce que ses membres prêteurs veulent évidemment éviter. Et le laxisme n'est pas la bonne méthode pour assainir une économie.

 

Il faut bien comprendre que la principale cause de la misère et du faible progrès des pays pauvres, notamment en Afrique, est la mauvaise gouvernance: corruption généralisée, pillage des ressources par la classe (souvent l'ethnie) au pouvoir, et achats d'armes. Il ne faut pas appeler "dictature du FMI" la pression que fait cette organisation sur les gouvernements emprunteurs pour qu'ils soient honnêtes. Les altermondialistes ont tort de réclamer plus de dons et d'effacement de dettes en faveur de ces pays pauvres, au lieu de réclamer ce qui est plus urgent - que leurs gouvernements se conduisent bien.

 

En somme, le FMI se comporte comme tout banquier: avant de prêter de l'argent, il vérifie la solvabilité de l'emprunteur, pas ses mœurs. Les altermondialistes, eux, voudraient qu'il force leurs dirigeants à s'occuper de démocratie et de droits de l'homme, ce qui n'est pas le rôle d'un banquier et qu'il n'a pas le pouvoir de faire.

1.5.1.6                        Le refus de l'ouverture systématique de tous les secteurs d'activité à la concurrence marchande internationale

Ce point a été abordé ci-dessus. A la base du refus des altermondialistes, il y a la peur des efforts que chaque travailleur doit faire lorsqu'il y a de la concurrence, même s'il est fonctionnaire. En fait, l'accusation d'ouverture systématique des altermondialistes exagère un peu.

·           Il y a des secteurs d'activité qu'on ne peut ouvrir à la concurrence internationale, comme les forces armées, les forces de l'ordre, les juges et avocats (qui doivent être compétents en droit français et au courant de nos habitudes de vie), le personnel de santé (pour soigner dans un hôpital français il faut habiter en France), les fonctionnaires des impôts, etc.

·           Il y a des secteurs d'activité et des entreprises qu'il faut ouvrir à la concurrence internationale le plus vite possible, pour mettre un terme aux gaspillages et aux privilèges scandaleux de leur personnel. Exemple: EDF-GDF, dont le personnel reçoit (par l'intermédiaire de ses Comités d'entreprise) environ 400 Millions d'euros par an, représentant un bonus de 1% de l'énergie facturée, privilège qui remonte à la Libération.

·           Il y a des secteurs d'activité où la concurrence permet un meilleur service rendu à moindre coût. Exemple: l'enseignement libre, où les élèves sont mieux encadrés, moins agressifs, et les professeurs plus libres d'enseigner comme ils veulent, au lieu d'obéir aux ukases des syndicats de l'Education nationale.

·           Il y a des secteurs impossibles à ouvrir à la concurrence, où il faut assurer le service public même si cela coûte de l'argent à la collectivité. C'est le cas des infrastructures des régions peu habitées, par exemple.

·           Il y a un secteur important, l'agriculture, où la moitié du revenu des exploitants provient de subventions. Est-ce là une ouverture à la concurrence marchande internationale?

 

En simplifiant à outrance les problèmes, en faisant des amalgames, les altermondialistes font preuve, sur ce point, de leur peu de sérieux et d'un manque d'honnêteté intellectuelle.

1.5.1.7                        Le remplacement de la concurrence par du commerce équitable

Le commerce équitable est une manière de garantir aux producteurs de pays pauvres une rémunération décente de leurs produits (café, bananes, petits objets...). Il repose sur l'accord de certains consommateurs des pays riches pour payer plus cher ces produits, sachant que cela profitera à des paysans ou artisans de pays pauvres. C'est donc une forme de charité. A ce titre, on ne peut qu'y souscrire.

 

Mais les années d'expérience de ce type de commerce qu'on a aujourd'hui (exemple: "Max Havelaar") ont montré que le pourcentage de vente de produits de commerce équitable plafonne, pour chaque produit, à environ 5% du marché. C'est mieux que rien, mais cela ne justifie en aucun cas la volonté de remplacer la totalité du commerce concurrentiel par du commerce équitable.

1.5.1.8                        La phobie des organismes génétiquement modifiés (OGM)

La plupart des altermondialistes sont "anti-OGM" parce que, pour eux qui sont anticapitalistes, les OGM sont produits par des multinationales et doivent donc être rejetés sans discussion de leur utilité. Nous allons voir l'absurdité et le caractère scandaleux et désastreux de cet a priori.

 

Définition d'une biotechnologie

"Sous le terme biotechnologie, on désigne habituellement tout un ensemble de techniques qui visent à l’exploitation des micro-organismes, des cellules animales et végétales et de leurs constituants, tels que les enzymes, pour la production de biens et de services."

 

Intérêt des biotechnologies

"Le potentiel de développement des méthodes biologiques modernes annonce des changements majeurs dans les domaines du médicament et de la santé, de l’alimentation et dans l’agriculture. Les biotechnologies apportent des éléments de réponse à quelques-uns des grands problèmes de notre planète: la malnutrition, la maladie, le coût de l’énergie, la pollution."

Les promesses des biotechnologies sont donc extrêmement importantes pour l'Humanité.

"La carte génétique du génome humain, publiée en 1996, a déjà permis de localiser les gènes responsables de nombreuses maladies. Il s’agit aussi bien d’anomalies touchant un seul gène (mucoviscidose, hémophilie) que d’altérations de plusieurs gènes participant à la formation de tumeurs cancéreuses."

Aujourd'hui, on commence à comparer les gènes des cellules cancéreuses à ceux des cellules saines, ce qui donne d'immenses espoirs de comprendre correctement les mécanismes de prolifération cancéreuse et de les maîtriser.

"L’exploration du génome des plantes progresse également à partir de l’étude de plantes modèles choisies par la communauté scientifique internationale, comme le riz. Le déchiffrage du génome des plantes constitue un des enjeux majeurs de l’agriculture du vingt-et-unième siècle. Alors que les méthodes classiques de sélection atteignent leurs limites, la génétique moléculaire apporte de nouvelles possibilités. Elle permet de repérer directement les gènes au niveau de l’ADN, et non plus par leur expression phénotypique. C’est ainsi que peuvent être identifiés et isolés les gènes qui contrôlent des caractères agronomiques importants tels que la précocité, le rendement, la résistance aux virus pathogènes, etc. Il est ensuite possible d’améliorer une plante donnée en y introduisant, par transformation génétique, des gènes choisis en fonction de leur intérêt."

 

"Les plantes transgéniques offrent d’intéressantes perspectives pour la santé humaine dans différents domaines. Outre celle qui consiste à tester la possibilité et l’intérêt économique d’une production de médicaments par des plantes – qui, alors, ne devront évidemment pas être consommées –, de nombreuses recherches visent aujourd’hui à la production de vaccins par des végétaux.

 

Il peut s’agir soit de vaccins qui seront utilisés après purification, soit, dans certains cas, de plantes qui pourront elles-mêmes constituer un vaccin actif par voie digestive. On perçoit tout l’intérêt qu’il y aurait, notamment dans des pays en développement, à utiliser de telles stratégies de vaccination. Par exemple, des essais seront réalisés pour vacciner des enfants contre certaines formes de diarrhées infectieuses à l’aide de fruits, par exemple des bananes transgéniques."

 

"Les animaux d’élevage peuvent également être génétiquement modifiés pour devenir résistants à certaines maladies, ce qui peut conduire à réduire les pertes et à limiter très notablement l’usage d’antibiotiques."

On voit l'immense intérêt des recherches sur des plantes OGM, notamment pour des pays pauvres.

C'est parce que les cultures OGM ont un immense potentiel pour les pays pauvres que le PNUD (Programme des Nations unies pour le développement) les recommande. Il est donc scandaleux que les altermondialistes "verts", comme la Confédération paysanne de José Bové, proclament le caractère nocif des cultures OGM, en sous-entendant qu'ils savent mieux que les savants et les Nations unies ce qui est bon pour les agriculteurs pauvres.

 

Recherche et industrialisation des biotechnologies

"La possibilité, clairement démontrée, de concevoir des systèmes de production biologique selon des schémas rationnels est une des raisons de l’intérêt porté aux biotechnologies par les pouvoirs publics, les entreprises et les milieux financiers de la plupart des pays industrialisés. C’est ainsi que des programmes nationaux ont été mis en place, entre 1985 et 1990, en France, en Grande-Bretagne, en Allemagne, aux Pays-Bas et dans le cadre des instances européennes. Aux États-Unis, se sont créés de nombreux centres de biotechnologies, structures d’interface qui favorisent la mobilité des chercheurs entre les universités et les entreprises."

 

Risques potentiels et réglementation

"L’aspect réglementaire est très important pour une grande partie des produits issus des biotechnologies pour la santé ou l’agroalimentaire, et donc soumis à des procédures d’autorisation nécessitant des études toxicologiques très poussées, qui peuvent retarder de plusieurs années leur mise sur le marché."

 

"Comme pour toutes les technologies nouvelles, l’utilisation des techniques du génie génétique présente des risques potentiels qui doivent être évalués et contrôlés. La nature des dangers potentiels, que font courir aux êtres vivants les micro-organismes modifiés génétiquement, a été analysée avec attention aux États-Unis et dans les autres pays industrialisés.

 

Tout un ensemble de précautions à prendre en recherche et lors de la manipulation de volumes importants de cultures microbiennes ont été définies en 1976 et revues périodiquement depuis. Dans ces différents pays, un comité de spécialistes donne, cas par cas, un avis sur les règles de confinement que doivent respecter les projets de recherche et de développement.

 

Bien que la réglementation se soit assouplie, certains des risques évoqués dans les années 1970 subsistent, notamment en ce qui concerne les recombinaisons possibles entre génome et virus, d’où les mesures de confinement prises pour la transgenèse et la thérapie génique.

 

Une autre préoccupation concerne les effets à long terme sur les écosystèmes de la dissémination d’organismes génétiquement modifiés. La Commission européenne a publié, en 1990, deux directives qui réglementent l’utilisation et la dissémination d’organismes génétiquement modifiés. En France, la loi du 13 juillet 1992 confie la procédure d’autorisation, selon le cas, à la Commission de génie génétique placée sous la tutelle des ministères chargés de la recherche et de l’environnement, ou à la Commission du génie biomoléculaire, qui dépend des ministères de l’Agriculture et de l’Environnement."

Il y a donc des risques si on ne maîtrise pas la dissémination de microbes ou plantes génétiquement modifiés. De ce fait, les pouvoirs publics ont prévu des autorisations à obtenir cas par cas, dans chaque pays, de comités scientifiques placés sous l'autorité des gouvernements.

 

Le risque OGM provenant des pays ou des champs voisins

Dans un pays pauvre, si une plante génétiquement modifiée peut donner des rendements supérieurs à ceux des plantes traditionnelles, tout en exigeant moins de pesticides, les autochtones auront tendance à l'adopter, même s'il y a un risque pour l'environnement. Leur crainte de la faim, bien concrète et à court terme, est plus forte que leur crainte pour l'environnement, plus abstraite et à long terme.

 

Si un pays "A" applique le principe de précaution pour se protéger, en interdisant la culture d'une certaine plante, et que le pays voisin, "B", cultive la plante, "A" peut tout de même être impacté. De nos jours, le développement des transports et du tourisme est tel qu'il est difficile de protéger un pays ou un continent contre les risques de prolifération OGM.

 

A plus forte raison, une parcelle de plantes transgéniques, du maïs par exemple, peut si on n'y prend garde, "polluer génétiquement" une parcelle voisine de maïs non transgénique.

Il y a des végétaux OGM sans risque de dissémination

Les scientifiques ont inventé des plantes (exemple: des variétés de blé) dont les graines sont stériles, incapables de produire d'autres plantes, donc non susceptibles de dissémination sauvage. Cet exemple montre que le principe de précaution ne doit pas être appliqué de manière aveugle: il y a des cas où il est inutile.

Le faux scandale de la dépendance à l'égard d'une multinationale

Des militants anti-OGM ont crié au scandale, une telle plante stérile obligeant l'agriculteur à acheter chaque année de nouvelles semences, le rendant ainsi dépendant de son fournisseur, souvent une multinationale. Cette dépendance est réelle, mais pourquoi, alors, ne pas aussi crier au scandale quand les divers types de maïs non transgénique vendus en France sont des hybrides, qui perdent certaines propriétés intéressantes d'une génération à la suivante si on les replante? Dans ce cas aussi, le paysan qui les cultive doit racheter chaque année ses semences. Et il le fait parce que les caractéristiques de ces hybrides sont d'une telle valeur qu'il y trouve son intérêt. Pourtant, dans ce cas, les anti-OGM se taisent.

 

La vérité est que les anti-OGM sont surtout des altermondialistes, qui pour protester et arracher des cultures utilisent n'importe quel prétexte, même lorsqu'il est sans valeur scientifique. L'idéologie politique, encore et toujours!

Aucun incident à risque sanitaire après 25 ans d'applications

"A ce jour, nul exemple d’incident potentiellement dangereux pour la santé ne peut être attribué au génie génétique, après vingt-cinq ans d’applications dans ce domaine [et la consommation d'OGM par les 300 millions d'habitants de l'Amérique du nord]. Cependant, la possibilité de transférer dans une plante, comme dans tout autre être vivant, n’importe quel gène, provenant de n’importe quel organisme appartenant à n’importe quel règne, permet de créer aujourd’hui des «objets biologiques» dont la Nature et donc l’homme n’ont pas l’expérience, ce qui exige une évaluation au cas par cas de la sécurité de telles opérations et de tels produits."

Des procédures minimisant le risque

"Dans la mesure où le génie génétique, pour obtenir un résultat désiré, réalise des modifications très limitées et faciles à caractériser (transfert d’un seul gène, dont les caractéristiques sont parfaitement connues), l’évaluation des risques potentiels associés à une plante transgénique est relativement aisée.

 

Ainsi, toute plante transgénique destinée à la consommation est aujourd’hui évaluée selon des critères très sévères, qui appartiennent d’ailleurs plus à la tradition du médicament qu’à celle des produits alimentaires.

·           La composition de la plante transgénique est ainsi comparée, pour déceler d’éventuels risques de toxicité, à celle d’une plante non transgénique, à l’état brut et après transformation, selon l’usage qu’en veut faire l’industrie alimentaire.

·           La protéine dont la synthèse est éventuellement commandée par le transgène est l’objet d’une étude de toxicologie sur de nombreuses espèces animales tests.

·           Cette protéine est également comparée très minutieusement à toutes les protéines auxquelles on a pu attribuer un caractère allergisant, afin de diminuer, autant que faire se peut, le risque que la nouvelle plante ne provoque plus d’allergies que l’ancienne.

·           Des tests de nutrition de mammifères de laboratoires par de très grandes quantités de la plante ou de produits la contenant, sont également réalisés.

·           La connaissance précise du transgène et de ses effets permet enfin d’envisager – et donc de tester – la possibilité de modifications du métabolisme, soit de la plante elle-même, soit de produits phytosanitaires qu’elle reçoit."

 

Un aliment "avec OGM" peut être plus sain qu'un aliment "bio"

"En définitive, il semble que les produits qui seront dérivés de ce type de techniques d’amélioration variétale présenteront un niveau de sécurité accru par rapport aux anciens produits qui ne bénéficiaient pas, loin de là, d’un pareil contrôle."

Avec un tel luxe de précautions, une nourriture contenant des OGM présente plus de garanties pour la santé que des produits "bio", dont on n'a vérifié que l'origine purement naturelle, sans trop s'inquiéter du fait qu'il y a dans la nature des plantes et microorganismes toxiques!

 

Extrait de l'article du Professeur Jean-Paul Moisan Génétique, trop de craintes irraisonnées (Le Figaro, 24/08/2001)

"Un aliment transgénique peut améliorer notre santé: le riz "golden", financé par l'Union Européenne et conçu par des laboratoires académiques, est un bel exemple de l'intérêt des OGM pour l'humanité. Il devrait ainsi permettre de rétablir un équilibre dans le régime alimentaire carencé de certaines populations asiatiques, à l'origine de cécité touchant quelques millions de personnes."

 

Cet OGM n'a pas été créé par une multinationale pour son seul profit, mais bel et bien par l'Union européenne dans un but humanitaire." Condamner tous les OGM sans distinction est donc absurde et intellectuellement malhonnête.

 

Prendre le temps de tester les OGM

En pratique, la prudence veut que l'on se donne assez de temps pour tester scientifiquement l'impact des OGM sur l'homme et la nature, en laissant le temps aux végétaux de pousser et aux microbes de subir d'éventuelles mutations. De tels essais peuvent demander des années.

 

Du fait de leur durée, ces tests de précaution coûtent cher et retardent la mise sur le marché de produits industriels susceptibles de générer des bénéfices. Il y a donc un conflit entre la prudence nécessaire pour protéger l'homme et son environnement, et la volonté des industriels de gagner le maximum d'argent le plus vite possible.

 

Ce conflit est arbitré par les Etats, qui réglementent les pratiques autorisées. Affirmer, comme le font les anti-OGM, que tous les OGM sont néfastes, qu'ils n'ont de potentiel que nocif et que les réglementations des Etats ne protègent pas suffisamment les populations, revient à nier aux Etats, et aux scientifiques dont ils tirent leurs règlements, toute compétence. Les excités sans diplôme ni fonction officielle qui arrachent des cultures expérimentales prétendent savoir mieux que les chercheurs et les comités scientifiques officiels ce qui est bon pour leurs concitoyens.

 

Comment travaille la recherche publique sur les OGM: un organisme officiel français de recherches, le CIRAD

Le CIRAD (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement http://www.cirad.fr/) est un organisme scientifique français spécialisé en recherche agronomique appliquée aux régions chaudes. Il a pour mission de contribuer au développement rural des pays tropicaux et subtropicaux par des recherches, des réalisations expérimentales, des actions de formation en France et à l'étranger, ainsi que par l'information scientifique et technique. Ses activités recouvrent les domaines des sciences agronomiques, vétérinaires, forestières et agroalimentaires.

Doté d'un budget de 1 milliard de francs, le CIRAD participe à une coopération internationale avec plus de 90 pays d'Afrique, d'Asie, du Pacifique, d'Amérique latine et d'Europe. Son effectif est de 1800 personnes, dont 900 cadres.

La recherche publique en matière d'OGM

Le texte ci-dessous est extrait d'un article du journal Libération sur le CIRAD et José Bové.

"Les représentants de la recherche publique s'expliquent point par point. Non, ils ne sont pas favorables a priori aux OGM. Oui, ils pensent que les plantes transgéniques peuvent, peut-être, servir au tiers-monde. «A l'heure actuelle, la situation des pays du Sud est la suivante: soit ils continuent à pratiquer une agriculture extensive et à défricher les forêts tropicales, soit ils passent à des pratiques intensives, ce qui sous-entend le recours massif aux produits chimiques, soit ils trouvent d'autres moyens», expose Bernard Bachelier, le directeur général du CIRAD. Et, parmi ces moyens, les fameux OGM, mis au point, pourquoi pas, par le Centre, mais cédés ensuite, gratuitement, aux pays du Sud.

 

Pour autant, la mission du CIRAD ne s'arrête pas là. La recherche publique doit également jouer un rôle d'expert afin de pouvoir relativiser, le cas échéant, les affirmations toujours excessivement optimistes des géants du privé des biotechnologies. Et, pour pouvoir mener ces deux missions à bien, le CIRAD doit donc cultiver des OGM. Car, continuent en substance ses dirigeants, le respect du principe de précaution ne veut pas dire, comme le prétend la Confédération paysanne [de José Bové], que dans le doute il faut s'abstenir, mais au contraire «agir au mieux pour gérer la situation d'incertitude. On remplace l'absence de certitude par la rigueur des procédures», comme l'a expliqué, jeudi au tribunal [où on jugeait la destruction de plants OGM du CIRAD par José Bové et ses amis], Philippe Kourilsky, directeur général de l'Institut Pasteur et professeur au Collège de France."

La campagne malfaisante de José Bové et la Confédération Paysanne

Si on ne fait pas de recherches sur les OGM, on est sûr de ne pas disposer de plantes qui pourraient résoudre d'énormes problèmes du Tiers Monde, comme la faim et la maladie.

 

Lorsque José Bové et ses amis détruisent des cultures OGM du CIRAD:

·           ils agissent contre le Tiers-monde bien que, parfois, ils prétendent le contraire;

·           ils affirment qu'une recherche OGM ne peut engendrer que du malheur, alors que c'est le contraire qui est prouvé (voir ci-dessous le texte sur les champs de coton en Afrique du Sud);

·           ils affirment savoir a priori, sans preuve et mieux que l'Etat et ses scientifiques, ce qui est bien ou mal;

·           ils sabotent des recherches effectuées pour le compte de l'Etat avec des fonds publics;

·           leur action de destruction de cultures publiques est antidémocratique, puisqu'ils imposent par la force leur point de vue contre celui de l'Etat républicain;

·           ils revendiquent leurs actions devant la télévision et la Justice, ce qui incite d'autres irresponsables à les imiter.

 

Le point de vue du Ministre de la Recherche du gouvernement Jospin

Dans son article "OGM: pour le droit à la recherche" publié dans Le Figaro du 28/08/2001, le Ministre de la Recherche, M. Roger-Gérard Schwartzenberg, écrit:

"Le discours des militants anti-OGM est partiel et fragmentaire quand il fait silence sur les perspectives ouvertes par les cultures transgéniques. Le génie génétique devrait permettre des cultures résistantes aux virus, endurantes à la sécheresse et plus nutritives. Ce qui faciliterait la lutte contre la malnutrition dans le tiers-monde et la meilleure satisfaction des besoins alimentaires croissants dans la population mondiale, comme l'a souligné le Programme des Nations-Unies pour le développement. C'est précisément ce que fait la recherche publique, indépendante des intérêts privés."

 

"Ce qui est en cause, avec la destruction d'essais en serres, naguère, et avec celle de parcelles expérimentales, aujourd'hui, c'est le droit à la recherche, c'est le libre accès à de nouvelles connaissances."

Le Ministre de la Recherche du Gouvernement de gauche ne peut être suspecté de favoritisme à l'égard des multinationales.

Altermondialisme = néo-obscurantisme

Le Ministre poursuit: "Le refus de savoir, le refus de l'acquisition de nouvelles connaissances serait-il une attitude progressiste? Ce comportement antimondialiste ferait-il avancer le nécessaire débat? Et ce néo-obscurantisme serait-il compatible avec une société cartésienne qui repose sur le libre examen?"

 

Un gouvernement en pleine contradiction

Le Gouvernement de M. Lionel Jospin avait donc un ministre favorable aux recherches OGM. Il avait aussi un ministre contre, celui de l'Environnement. Et un Ministre de l'Intérieur qui a fait ordonner aux gendarmes (par préfets interposés et jusqu'au 28/08/2001) de ne pas empêcher la destruction de cultures OGM expérimentales, que le Ministre du Budget avait financées. Leur coordination était assurée par le Premier Ministre. Comprenne qui pourra!

 

Dans les champs de coton OGM d'Afrique du Sud

Le texte ci-dessous est extrait d'un article publié dans le Figaro du 14/05/2001.

"Plus que deux traitements insecticides par an au lieu de huit et des rendements en hausse de 30% en moyenne. Des centaines de petits agriculteurs ont opté librement pour une technologie que l'on croyait pourtant réservée aux grandes exploitations des pays industrialisés.

 

En divisant par quatre la consommation d'insecticides particulièrement nocifs et en augmentant sensiblement le revenu par unité de surface, ce coton doté d'un gène breveté par Monsanto a grandement amélioré les conditions de vie de ces petits paysans, qui n'ont que quelques hectares de terre pour survivre. Même si le recul est encore insuffisant pour porter un jugement définitif, cette expérience, lancée il y a trois ans, suggère que le génie génétique – à condition qu'il soit bien maîtrisé – pourrait être, dans les années à venir, un formidable levier de développement pour l'ensemble du continent africain. Le fait que Monsanto en soit l'initiateur ne doit pas empêcher de le souligner.

 

L'Afrique du Sud est le seul pays du continent africain à s'être doté, depuis 1998, d'une réglementation sur la culture commerciale de plantes transgéniques. Pour l'instant, deux variétés de Monsanto bénéficient d'une autorisation officielle de mise sur le marché: le coton Bollgard (12000 hectares l'an passé) et le maïs Yieldgaard (75000 hectares, soit environ 5% du total des surfaces), tous deux génétiquement résistants aux insectes. D'autres sont à l'étude ou en attente d'inscription, en particulier des fraises, du maïs et du sorgho résistants à certains champignons parasites, des pommes de terre résistantes à des virus et une canne à sucre résistante à un insecte ravageur, l'Eldana."

1.5.1.9                        La phobie (justifiée, mais mal ciblée) de la destruction de l'environnement

Sur ce point, les altermondialistes - et particulièrement leur composante écologiste - ont raison d'attirer notre attention sur les dangers qui menacent notre planète, et les futures générations encore plus que la nôtre. Tant qu'un puissant courant d'opinion, dans tous les pays, n'exigera pas des gouvernements d'agir de manière contraignante et coordonnée sur les entreprises qui polluent, l'intérêt de celles-ci sera de réduire au maximum leurs dépenses, même si c'est au détriment de l'environnement.

 

En outre, une action coordonnée des clients des entreprises, par boycott par exemple, peut obliger celles-ci à faire les investissements nécessaires.

 

Nous savons que l'opinion d'un pays se forme à partir des médias, c'est donc sur eux qu'il faut que les altermondialistes et les autres citoyens soucieux d'écologie agissent.

 

Il y a aussi le grave problème des pays émergents à forte démographie: Chine, Inde, Indonésie, etc. Ces pays en croissance rapide polluent nécessairement de plus en plus. Aujourd'hui, ils sont bien plus motivés par leur croissance que par le respect de l'environnement. Et lorsqu'on leur demande des efforts, ils répondent qu'ils polluent moins, par habitant, que les Etats-Unis, ce qui est vrai. Ils exigent donc que les Etats-Unis, l'Union européenne, la Russie, etc. fassent de gros efforts les premiers. Ils ajoutent que les coûts de dépollution grevant sérieusement la compétitivité, c'est aux pays et entreprises riches d'investir les premiers.

 

J'observe, cependant, que les altermondialistes écologistes oublient systématiquement, dans leurs attaques, l'ancienne URSS qui a pourtant été coupable de désastres écologiques colossaux, que deux exemples suffisent à illustrer :

·           Le nucléaire soviétique, qu'il soit civil (Tchernobyl) ou militaire (sous-marins nucléaires pourrissant dans l'arctique sans protection, rejets radioactifs dans l'environnement, etc. pollue encore et polluera pendant des milliers d'années plus que tout le reste du monde réuni.

·           La mer d'Aral, privée depuis 1960 d'une partie considérable de ses arrivées d'eau (fleuves Amou-Daria et Syr-Daria, détournés pour irriguer des cultures) se vide et a perdu environ la moitié de sa superficie. Entre 15 et 75 millions de tonnes de sable et de poussière, pollués par des pesticides, sont emportées chaque année par le vent de son fond asséché jusqu'à une distance de 250 kilomètres. La région a ainsi enregistré en quinze ans une augmentation de 3000% des bronchites chroniques et des maladies du rein et du foie, notamment du cancer. L'arthritisme a augmenté de 6000% et la mortalité infantile est l'une des plus élevées du monde. Sur les 85.000 habitants de l'Aral kazakh, 40.000 vivaient de la pêche; cette activité a pratiquement cessé et des communautés entières de pêcheurs sont maintenant sans travail. Enfin, l’assèchement de la mer a rendu le climat local plus rude: les hivers sont plus rigoureux et les températures estivales plus élevées. (Sources: [26] et Encyclopédie UNIVERSALIS).

 

Il est important de noter que les altermondialistes accablent seulement les pays capitalistes et leurs multinationales de reproches en matière d'écologie, en oubliant l'URSS communiste et la dictature Russe qui lui a succédé. Cachez le naturel (communiste), il revient au galop.

1.5.1.10                    La phobie (justifiée) de la domination mondiale de la culture américaine

 

Langue et culture françaises en danger

La mondialisation menace la langue française dans quatre domaines:

·           La diplomatie, où le français est encore une langue des Nations Unies, mais où la prédominance de l'anglais s'affirme chaque jour davantage. Dans notre monde, l'anglais domine parce que le bloc Etats-Unis + Angleterre + Canada + Australie domine politiquement, économiquement, militairement et sur le plan du volume des productions culturelles (cinéma, télévision, etc.). Ne pouvant changer cette domination en matière de diplomatie, il ne nous reste plus qu'à accepter notre sort, comme les Allemands ou les Italiens qui sont dans le même cas.

·           Les publications scientifiques, où les revues les plus importantes du monde, "Nature" et "Science", sont en langue anglaise, et où les chercheurs qui lisent et publient en anglais sont infiniment plus nombreux que ceux qui parlent français. Tout ce que nous pouvons faire pour promouvoir le français c'est de traduire les textes les plus importants en notre langue et de traduire en anglais les meilleurs textes français. Là aussi, notre sort est le même que celui de la plupart des autres peuples.

·           Le rayonnement culturel: voir plus bas.

·           La langue de tous les jours, où des mots anglais entrent de plus en plus. Avant de traiter ce sujet ci-dessous, une remarque s'impose: l'anglais est encore plus menacé que le français. Je suis bilingue français-anglais depuis l'enfance, j'ai vécu aux Etats-Unis où j'ai fait de nombreuses conférences et écrit des livres et des articles. Malgré cela, la langue utilisée par les journalistes américains et les films de Woody Allen me pose des problèmes. Je bute sans arrêt sur des néologismes impossibles à comprendre si on n'a pas suivi la dernière série télévisée à succès de CBS ou le dernier procès à scandale aux USA. Les Américains sont en train d'ajouter à la langue anglaise traditionnelle un nombre considérable de mots au sens mal défini et d'expressions venant de l'yddish, de l'allemand, du japonais, de l'espagnol ou du français. Aucun dictionnaire ne suit cette avalanche de nouveautés. C'est cette langue-là qui se répand et tend à supplanter la magnifique langue de Conan Doyle, de Daniel Defoe, de Wordsworth ou des sœurs Brontë. Les Américains et les Anglais d'aujourd'hui connaissent et utilisent beaucoup moins l'anglais traditionnel que les Français la langue de Victor Hugo. Ils sont, comme nous, victimes de la mondialisation, qui tend à remplacer la langue de culture traditionnelle par un jargon propagé par le cinéma, la télévision et les journaux américains. Dans tous les pays, la culture et l'art traditionnels perdent du terrain au profit de connaissances et d'activités plus frustes mais accessibles à plus de citoyens.

 

 

L'américanisation de la culture

Voici ce qu'on trouve à ce sujet dans l'encyclopédie Universalis: "L’irruption des industries culturelles a taillé des croupières à la notion de haute culture, héritée des Lumières, et a installé la production culturelle de masse et la puissance industrielle qui la maîtrise au poste de commande des stratégies de rayonnement international.

 

Dès la fin des années 1920, New York devient le centre de la nouvelle économie-monde, à partir duquel se distribuent en cercles concentriques les autres puissances, les nations intermédiaires et les pays de la périphérie. Dès cette date, des créateurs et des intellectuels européens s’alarment de la rencontre inégale entre les produits culturels manufacturés par les industries d’un Nouveau Monde, qui a tissé des relations intimes entre le cinéma et le pouvoir financier, et la tradition de la culture classique du Vieux Continent. Une notion apparaît qui stigmatise ce bouleversement des critères de l’universel: l’“américanisation”.

 

Cette expression entend circonscrire la menace que constitue cette inversion des rapports de dominance culturelle. “Lorsque ce mot est employé par des Européens, écrivait l’essayiste américain Waldo Frank, en cette époque de basculement des hégémonies culturelles, il se rapporte spécifiquement aux caractéristiques de la Jungle américaine et de son culte de la Puissance. Volonté individuelle, machinisme, démocratie grégaire, nivellement par le bas, industrialisation, enrégimentement, religion de la propriété, matérialisme, etc. – tout cela est considéré comme étant américain et comme représentant un danger qui menace, de l’extérieur, l’esprit européen."

 

À ces Européens chagrins, Waldo Frank rétorque que l’américanisation n’est rien d’autre qu’“une maladie de l’Europe, communiquée à l’Amérique par des hommes de provenance et de culture européennes”. Il les accuse de chercher un bouc émissaire outre-Atlantique et d’esquiver, en caricaturant l’Amérique, toute analyse sur les causes réelles de la crise qui affecte l’“européanisme”

En somme, les Américains sont devenus plus forts en matière de culture parce que nous sommes devenus plus faibles. Au lieu de gémir et de maudire les Américains, si nous voulons que nos films triomphent, faisons de bons films français, et ce sont eux que le public regardera, en France comme aux Etats-Unis.

La mondialisation de la culture

L'américanisation de la culture est un aspect de la mondialisation, car c'est, elle aussi, une conséquence du développement du couple communications-ouverture (qui permet la diffusion des productions culturelles) et du développement d'entreprises de production culturelle de taille mondiale.

 

Elle est accompagnée d'une hégémonie chaque jour plus forte, celle de la langue anglaise. Dans tous les pays, aujourd'hui, c'est l'anglais qui est considéré comme langue internationale des échanges commerciaux, du tourisme, des congrès et des publications scientifiques.

 

 

Le déclin du français : un risque réel

Le danger de voir le rôle des langues autres que l'anglais se réduire progressivement à celui de langues régionales d'un intérêt essentiellement local, folklorique et historique est réel.

·           A force de voir au cinéma des procès se déroulant aux USA, certains témoins et prévenus d'un tribunal français appellent le juge "votre honneur" et lancent des "objection!".

·           Dans une filiale française de multinationale américaine que je connais, la plupart des gens disent "biler" au lieu de "facturer".

·           On pourrait multiplier les exemples. Plus les gens parlent mal le français, plus leur culture littéraire est faible, plus ils parlent "franglais". Le danger, ici, est d'autant plus grave que les Français parlent leur langue de plus en plus mal. Ils font de plus en plus de fautes de grammaire et d'orthographe. A force de ne plus lire les auteurs classiques leur vocabulaire s'appauvrit, et avec lui la liste des concepts dont les gens disposent pour réfléchir: la pauvreté du vocabulaire entraîne celle de la pensée, voyez le cas des jeunes des banlieues à problèmes.

·           Plus les gens travaillent avec des produits américains, plus ils adoptent un vocabulaire américain au lieu du vocabulaire français. Parlant de protection des données, les informaticiens disent "sauver" au lieu de "sauvegarder" et "encrypter" au lieu de "chiffrer".

 

Au train où vont les choses, des mots français disparaîtront au profit de termes anglais ou "franglais". Et hélas, avec les termes, les textes qui font notre patrimoine culturel: poèmes, romans, etc. qui deviendront incompréhensibles, parce qu'ils contiennent trop de mots qu'on ne comprend pas parce qu'on ne les utilise pas. C'est ce qui s'est passé pour les textes de Ronsard, par exemple. Avec les textes, d'autres formes de culture, comme le théâtre, le cinéma, l'opéra et la chanson, sont menacées de marginalisation.

 

Nous devons donc défendre notre langue avec la même détermination que nos cousins du Canada, qui réussissent à le faire depuis deux siècles et demi contre l'anglais.

 

 

Notre culture et de notre mode de vie sont, eux aussi, menacés

A force de parler, de penser, de se distraire en "franglais" et d'utiliser des produits américains, nous risquons de laisser tomber peu à peu des habitudes de vie auxquelles nous tenons. Nous risquons de laisser marginaliser une culture dont nous pouvons, à juste titre et depuis des siècles, être fiers.

 

Que faire, sachant que la production des industriels de la communication étouffe et supplante celle des artisans, et ce d'autant plus vite que la mondialisation s'affirme? La construction artisanale des premières automobiles a été remplacée par la construction en série, parce qu'elle produisait des voitures moins chères, accessibles à mille fois plus de gens. Combattre la production des industriels américains du divertissement est un combat d'arrière-garde, sans espoir. Voici des éléments de réponse.

 

Défendre la langue française

·           Notre langue, notre patrimoine artistique et notre culture ont de la valeur: la France reçoit chaque année plus de touristes (plus de 70 millions en 2001) que n'importe quel autre pays. Les étrangers nous envient cette richesse. Mondialisation ou pas, lorsqu'ils ont des loisirs beaucoup viennent les partager avec nous. Nous devons donc travailler à préserver ce patrimoine en y consacrant des ressources, et à le faire connaître à l'étranger avec une publicité et une présence culturelle permanentes. En 2001 les films français ont eu un succès commercial considérable aux Etats-Unis, tout simplement parce qu'étant bons ils ont plu au public américain.

·           Loin de nous opposer aux étrangers, américains ou autres, nous devons les accueillir chez nous et leur faire fête. Ils achèteront alors nos services et nos produits, au lieu de les laisser tomber dans l'oubli. Valable pour le tourisme, cette idée l'est encore plus pour les investisseurs, dont l'argent génère des emplois, puis des impôts. Après plusieurs rapports inquiétants sur l'attractivité de la France pour les investisseurs étrangers et les cadres étrangers détachés chez nous, le gouvernement devrait prendre des mesures pour que la France attire les hommes et les capitaux étrangers. C'est la meilleure solution pour préserver nos emplois et notre rang culturel. (Voir la synthèse d'un de ces rapports sur la page Internet http://www.ladocfrancaise.gouv.fr/BRP/014000523/synth.htm).

·           Nous devons diffuser plus souvent à la télévision les pièces jouées par les Comédiens français, dont le métier d'acteur surpasse celui de la plupart des acteurs de cinéma étrangers. Nous devons diffuser les pièces de Molière, Racine, Hugo et Feydeau, qui sont admirables lorsqu'elles sont interprétées par de tels acteurs. Décidons de remplacer chaque semaine, aux heures de grande écoute, deux films de violence et de sexe ou une émission de "télé-réalité" par deux pièces de la Comédie française. Des millions de jeunes qui ne les connaissent pas découvriront que notre langue est belle et que nos auteurs sont bons. Et cette production artistique ne coûte à peu près rien, car la Comédie française est un théâtre national subventionné.

 

En somme, pour défendre notre culture et notre façon de vivre, il ne faut pas nous replier sur l'hexagone et fermer nos frontières, c'est-à-dire nous contenter de protester comme le voudraient les altermondialistes. Il faut les faire connaître et les pratiquer nous-mêmes.

 

Combattre l'illettrisme

Nous devons renforcer notre connaissance du français, en utilisant les méthodes scolaires traditionnelles: lecture, dictée, grammaire, étude des auteurs classiques, etc. Il est consternant de constater le niveau de l'illettrisme en France. Voici ce que nous apprend l'interview d'Alain Bentolila, professeur à l'université Paris V, publiée le 1/11/2001 dans le Figaro sous le titre "A 6 ans, 11% d'enfants sont déjà dans le couloir de l'illettrisme":

·           Parmi les jeunes de 17 ans convoqués aux journées de préparation à la défense, le taux d'illettrés est en augmentation, avec 11,8% actuellement.

Comment s'étonner, dans ces conditions, qu'il y ait autant de jeunes qui sont chômeurs et/ou délinquants? L'illettrisme amène le mépris, l'exclusion, la misère.

·           La répartition de ces jeunes illettrés ne montre aucun effet "banlieue" ou "immigration", mais un effet "rural": c'est le Loir-et-Cher qui a les plus mauvais résultats. Les jeunes souffrent d'une absence totale de communication écrite. Ils ne connaissent que la télévision, qui les éloigne de plus en plus de la culture de l'écrit.

Des jeunes qui ne lisent pas deviennent des marginaux. Au lieu d'apporter quelque chose à la société en travaillant, ils ne font rien ou, pire, ils deviennent des délinquants ou des casseurs. Pour qu'ils apprennent à lire à partir de six ans, il faut responsabiliser leurs parents. On pourrait par exemple accorder une prime, en plus des allocations familiales, à ceux dont les enfants sont bons élèves, et diminuer un peu les versements à ceux dont les enfants sont mauvais élèves. On devrait créer des émissions de télévision qui valorisent le savoir, la lecture et l'effort, comme "La tête et les jambes" il y a quelques années. Il faut changer l'image dévalorisée qu'ont aujourd'hui le savoir et la culture parmi les jeunes, en image valorisée.

1.5.1.11                    La phobie de la politique internationale des Etats-Unis, conséquence du communisme et du gauchisme

Pour comprendre les tendances politiques de fond des altermondialistes, il est nécessaire de préciser d'abord les différences entre communistes et gauchistes.

 

 

Qu'est-ce que le communisme ?

Depuis Marx et Engels au milieu du XIXème siècle, le communisme est une doctrine politique révolutionnaire, qui vise à changer notre société. Il repose sur une philosophie, le matérialisme dialectique, et une science, le matérialisme historique (voir [9], [10] et [11]), qui promet la victoire inéluctable de la classe ouvrière sur la bourgeoisie lors de la révolution prolétarienne.

 

Pour éviter l'exploitation des masses prolétariennes par les détenteurs de capital, donc des moyens de production, le communisme préconise la propriété collective de ces moyens de production, c'est-à-dire le "tout-Etat". C'est à l'état d'organiser la production (planification centralisée) au profit du peuple, les citoyens étant tous salariés de l'Etat central. La "survaleur", accroissement du capital dû à l'activité d'une entreprise, doit revenir à l'Etat, qui l'emploiera au mieux des intérêts du peuple.

 

De nos jours, il y a encore des communistes qui proposent le "tout-Etat", comme la Ligue communiste révolutionnaire, LCR [24].

 

Le communisme s'oppose donc au libéralisme, qui exalte les droits de l'individu, dénonce la tyrannie possible de l'Etat sur un individu ou un groupe, et encourage l'initiative et la propriété privée. Pour plus de détails sur le libéralisme, voir la section "Libéralisme" du "Cours d'économie pour citoyens qui votent".

 

Hélas (voir [11]) Marx s'est trompé dans les prédictions de son matérialisme historique et c'est le contraire de ce qu'il prévoyait qui s'est produit: le capitalisme a engendré des progrès de niveau de vie et de démocratie, alors que le communisme s'est effondré partout, sauf en Corée du nord et à Cuba, sans apporter autre chose que la misère et la privation de liberté.

 

 

Qu'est-ce que le gauchisme ?

Le terme de gauchisme a été popularisé par Lénine dans une brochure publiée en 1920 et intitulée Le Gauchisme, la maladie infantile du communisme. Toutefois, la vogue du terme date des années 1965-1968, lorsque les États-Unis puis l’Europe occidentale furent tour à tour touchés par des mouvements de contestation nés en milieu universitaire et qui ont mobilisé rapidement de larges secteurs de la jeunesse.

Le gauchisme est un mouvement de contestation

Aujourd'hui, le gauchisme est devenu un mouvement de contestation, qui remet en cause la société actuelle, son organisation, son fonctionnement, l'économie libérale, la mondialisation et la protection insuffisante de l’environnement.

Ne pas confondre gauchistes et extrême-gauche

Il ne faut pas confondre les gauchistes et l'extrême gauche, composée de communistes extrémistes qui se rattachent soit au trotskisme, soit au maoïsme. Contrairement à l'extrême-gauche et aux communistes, les gauchistes refusent la discipline d'un parti, à laquelle ils préfèrent la spontanéité, l'auto-organisation improvisée pendant l'action.

Les gauchistes détestent toute autorité

Au delà de leur refus de l'autorité d'un parti, les gauchistes détestent toute autorité, au nom d'une liberté qu'ils placent au dessus de tout. Ils détestent notamment l'autorité d'un gouvernement et ses représentants, la police, la justice et l'armée. Ce point est développé plus bas.

Les gauchistes détestent le profit

Enfin, les gauchistes détestent toute source de revenu autre qu'un salaire: ils sont contre le profit lié à l'entreprise privée et à l'investissement, dont ils refusent que le risque soit rémunéré.

 

 

La principale activité des gauchistes est la critique de la vie quotidienne

Contrairement aux partis traditionnels, dont chacun veut construire un certain type de société, les gauchistes veulent avant tout détruire notre société, pour la remplacer par une autre: c'est un mouvement essentiellement négatif. Ils reprochent à notre société l'aliénation de l'individu, dessaisi, selon eux, des fruits de son travail et de sa liberté au profit de capitalistes, de sociétés multinationales et de l'Etat qui est leur complice. Les formes contemporaines de la production et de la consommation sont remises en cause au nom de l’écologie : les gauchistes se disent donc écologistes.

 

 

La majorité des Verts français sont des gauchistes

C'est un de leurs membres les plus éminents, le député Noël MAMERE, qui l'a dit: lors d'une interview sur Europe 1 le 2/09/2001 dans le journal de midi, il a affirmé avec tristesse que "les Verts sont dominés par l'extrême-gauche". Il venait de démissionner avec éclat du comité de campagne des Verts, qui venait de voter le refus de s'opposer à l'amnistie des crimes de sang en Corse. Respectueux de l'Etat de droit, Noël MAMERE a refusé de s'associer à la majorité des Verts qui, comme leur ex-candidat à l'élection présidentielle Alain LIPIETZ, étaient favorables à l'amnistie des criminels corses. Cet événement est révélateur:

·           La majorité des Verts était prête à amnistier des criminels car, pour des gauchistes comme eux, lutter contre l'Etat capitaliste français est justifié même lorsqu'on assassine. Par conséquent, avant d'être des militants pour la sauvegarde de l'environnement, ils sont des gauchistes ennemis de l'Etat libéral. Au lieu de s'appeler "Verts", leur parti devrait s'appeler "Rouges".

·           Puisque la lutte contre l'Etat est une lutte politique, la majorité des Verts considèrent, comme Alain LIPIETZ, leur ex-candidat, que les criminels corses sont des prisonniers politiques. Le fait que les mouvements nationalistes corses soient très liés à diverses mafias, depuis des années, est normal dans la mesure où, pour de vrais militants révolutionnaires, la fin justifie les moyens.

·           Tous les Verts ne sont pas des gauchistes, même si le vote sur l'amnistie et l'élection d'Alain LIPIETZ ont montré qu'une majorité le sont, comme le rappelait Noël Mamère. Certains sont en fait des idéalistes qui militent pour l'environnement, même si leurs sympathies politiques sont à gauche: voir le texte "Les verts : idéalisme, désinformation et utopisme".

·           Alain Lipietz, lui, est clairement gauchiste: il a été maoïste dans sa jeunesse, puis il a contribué à l'automne 1989 à la rédaction du projet de société du Front de Libération Nationale Corse (FLNC) et il a rédigé la préface du livre du nationaliste corse Jean-Guy Talamoni, "Une ambition européenne pour la Corse".

Je suis scandalisé qu'un homme qui se pose en ennemi des institutions et du modèle de société de la République française ait été élu candidat à sa présidence par un parti politique français, Les Verts. Le Président de la République est garant de l'intégrité du territoire, incompatible avec une sécession de la Corse. Il est garant des institutions, ce qui est incompatible avec une volonté de les détruire.

 

 

Le refus de l'autorité

Pour les partis de gauche traditionnels communistes, "l’homme est asservi par le système économique, qui fait de lui un producteur salarié travaillant pour le plus grand profit des possesseurs de capitaux. Ce système économique doit être renversé pour libérer l’individu."

 

Les gauchistes vont plus loin. Pour eux, l’individu est victime de bien d’autres contraintes dans sa vie quotidienne. La famille, par exemple, se fait oppressive dans la mesure où elle est construite sur un schéma hiérarchique classique, où l’autorité vient d’en haut et ne peut être discutée. Déjà habitué à obéir dans le cadre familial, l’enfant continue d’être formé dans la même optique par l’école. Quand il devient un producteur, dans son usine ou dans son bureau, les réflexes acquis continuent à jouer et il subit toujours une autorité imposée.

 

Le gauchisme s’en prend donc à tous les éléments de la vie et de la société, et pas uniquement à l’organisation du travail et de l’économie. La constante de ce combat est la lutte anti-autoritaire. Nombreux sont d’ailleurs les gauchistes qui rappellent que les partis traditionnels reproduisent en leur sein le schéma hiérarchique fondé sur la notion d’autorité. C'est pourquoi le "parti" des Verts a tellement de mal à parler d'une seule voix : ses membres sont fermement opposés à toute autorité venant d'une direction, qu'ils remettent en cause sans cesse.

 

 

Le refus de la productivité

La contestation des gauchistes et des écologistes porte également sur le caractère productiviste de notre société capitaliste. Ils exigent donc une réévaluation du concept de travail en entreprise, sa finalité même - le profit - étant remise en cause.

·           En matière agricole, lorsqu'ils combattent le productivisme comme le fait la Confédération paysanne de José Bové, les gauchistes oublient qu'ils combattent le seul moyen, dans le tiers-monde, d'y produire toute la nourriture dont la population a besoin. La France, pays riche dans une Europe riche, a les moyens de diminuer la productivité agricole dans certains secteurs, en faisant "du bio" et en refusant les OGM. Mais les pays pauvres n'ont pas cette chance et veulent produire le maximum de nourriture tout de suite. Paradoxalement donc, le combat anti-productiviste des gauchistes est une attitude de riches qui ignorent les pauvres, comme leur combat anti-OGM.

Le seul point sur lequel l'agriculture productiviste française est critiquable est la pollution: l'excès de pesticides, par exemple, fait que l'eau du robinet de mon village n'est pas conforme aux normes; le lisier des porcs empoisonne l'environnement de nombreuses régions agricoles. Les gauchistes et écologistes devraient se contenter, en matière agricole, de combattre ces excès-là, en faisant adopter et respecter des normes plus sévères aux niveaux européen et mondial.

·           En matière industrielle, les gauchistes anti-productivistes ignorent la réalité du marché. Consommateurs, ils sont les premiers à acheter des produits fabriqués dans les pays pauvres, lorsque ces produits sont moins chers que des produits français. Par ce choix, ils favorisent le productivisme dans ces pays pauvres et la délocalisation de notre industrie. Ils ne sont pas à une contradiction près.

 

L'anti-productivisme des gauchistes est donc une attitude irréaliste, et dont l'égoïsme à l'égard du tiers-monde contredit leurs propres objectifs d'une société plus humaine, où il fait bon vivre.

 

 

L'action contestataire

Très nombreux, des milliers à travers le monde dont plusieurs dizaines en France, les divers groupes gauchistes ne sont unis que par l'action contestataire, seul mode d'expression sur lequel ils soient d'accord.

 

Rassemblés par le refus de l’énergie nucléaire et une non-violence conduisant à des formes d’antimilitarisme, gauchisme et écologie ont mêlé leurs thèmes et leurs troupes aussi bien dans la contestation du surgénérateur Superphénix à Malville (juillet 1977) que face à la confiscation des terres des paysans du Larzac au profit d’un terrain militaire (août 1973). Aujourd'hui ils protestent contre le G8, la mondialisation et les OGM.

Une idéologie qui oublie le réalisme

Les écologistes sont dominés par leur idéologie, qui leur fait oublier tout réalisme. Dès son arrivée au Ministère de l'environnement, Mme Dominique VOYNET a bloqué la réalisation du canal du Rhône au Rhin. Le trafic colossal entre la Méditerranée et la Mer du Nord, qui irrigue notamment le formidable bassin industriel de la Ruhr, doit donc passer par Gibraltar (un détour de 3000 km) ou continuer à se faire par trains et camions, au lieu de péniches. Il en résulte des coûts plus élevés, donc une perte de compétitivité. Il en résulte surtout une formidable pollution atmosphérique par les camions et les trains diesel.

 

Partout où les écologistes peuvent bloquer la construction des autoroutes et le développement de l'automobile, ils le font, sans jamais se préoccuper des conséquences économiques ou de la qualité de vie des usagers. C'est là une différence avec le Parti communiste français, favorable aux transports et à tout ce qui donne du travail aux salariés en développant l'activité.

 

En matière d'énergie électrique, les Verts préconisent des solutions propres peu réalistes et très coûteuses, comme l'énergie éolienne et l'énergie solaire, incapables de produire toute l'électricité dont nous avons besoin, des études officielles de l'Union européenne l'ont montré.

Anticapitalistes d'abord, écologistes ensuite

Il ne faut pourtant pas croire que les écologistes agissent ainsi par souci de notre qualité de vie, secondaire à leurs yeux devant leur lutte anticapitaliste. C'est ainsi que, pendant les grèves SNCF qui bloquent la France entière et gênent des millions de gens, ils restent silencieux, ils n'ont rien à dire. Ils savent pourtant se faire entendre lorsqu'il s'agit de protéger des oiseaux. A l'évidence, les voyages des oiseaux ont plus d'importance pour eux que les voyages de leurs concitoyens.

 

Hélas, le gauchisme des écologistes fait qu'ils sont ravis de tout ce qui handicape notre société capitaliste, même si cela fait souffrir des gens. C'est ainsi que leurs propositions politiques, décrites sur leur site Internet http://www.les-verts.org (en février 2005 à l'adresse http://lesverts.fr/) ne contenaient rien sur la délinquance et le terrorisme au moment des élections 2002.

 

 

La haine du capitalisme et de l'Amérique en tant que modèles de notre société

Les altermondialistes d'aujourd'hui sont, selon les cas, des communistes ou des gauchistes, donc anticapitalistes (par définition) et antiaméricains. Ils confondent dans la même haine multinationales et libéraux, qualifiés systématiquement d'ultralibéraux ou de néolibéraux.

 

L'action des altermondialistes a pour objectif principal de mettre en difficulté notre forme de société, qu'ils rejettent. C'est un objectif négatif, car ils ne peuvent proposer en échange un meilleur système: ils n'ont pas plus de solution "non McDonalds" au besoin de restauration rapide (qualifiée de "malbouffe") que de solution "non libre-échangiste" réaliste à nos problèmes économiques ou à ceux des pays émergents comme la Chine et l'Inde, pays où il n'y a aucun antimondialiste parce que les délocalisations d'entreprises se font à leur profit.

1.5.1.12                    Une accusation: les états à économie de marché sont faussement démocratiques

Les altermondialistes reprochent aux états à économie libérale (ils disent "néolibérale") d'avoir des lois et des gouvernements inféodés aux sociétés multinationales, c'est-à-dire antidémocratiques.

 

Le niveau de respect des principes de la démocratie est évalué régulièrement par des universitaires et des chercheurs dont l'indépendance est incontestable. Le résultat est très instructif, voir [14] puis [12]) :

·           sur 192 pays analysés, la démocratie est très bien respectée dans 60 pays, dont les citoyens jouissent de droits politiques corrects; parmi ces 60 pays, il y en a 35 où ils jouissent en plus d'une liberté individuelle parfaite;

·           le nombre de pays démocratiques progresse très vite et la démocratie progresse partout.

 

En fait, les altermondialistes reprochent aux multinationales leur manque d'éthique, de comportement citoyen. Ils ont souvent raison, bien qu'il existe des multinationales fières à juste titre de leurs pratiques en ce domaine, comme le pétrolier SHELL.

 

Mais avec ces reproches, ils frappent à la mauvaise porte : une société commerciale n'a pas pour vocation la charité et la protection de l'environnement, mais le profit de ses actionnaires, qui méritent le respect dû à des épargnants qui préparent leur retraite. C'est aux états et aux organisations internationales de leur imposer des comportements citoyens, et de faire respecter les bonnes pratiques au moyen de sanctions et d'incitations financières. De même, ce n'est pas au FMI, qui est une banque, d'imposer des pratiques charitables et écologistes aux gouvernements à qui il prête de l'argent, car ce n'est pas là le rôle d'un banquier ; c'est à la communauté internationale de le faire, par l'intermédiaire d'organismes internationaux et de sanctions ou incitations diverses.

 

 

Démocratie et niveau de vie

L'intéressante étude [15] montre le fort lien qui existe, dans n'importe quel pays et depuis 50 ans, entre démocratie et niveau de vie. Elle prouve que la vraie démocratie, la démocratie constitutionnelle, ne peut être instaurée ou ne peut se maintenir dans un pays dont le PIB par habitant est inférieur à environ 6000 dollars par an. Inversement, un régime démocratique permet, par la liberté qu'il garantit à ses ressortissants, de favoriser le développement des entreprises, donc de la production, donc des biens et services disponibles, donc du niveau de vie. C'est à cause de ces liens entre institutions démocratiques, liberté et progrès du niveau de vie, que l'Union européenne a choisi une économie de marché, l'a inscrite dans ses textes et l'impose si nécessaire aux pays candidats à l'adhésion.

1.5.2             Ce qui divise les altermondialistes

 

Réformistes contre contestataires :

·           Les réformistes, aujourd'hui minoritaires, qui veulent obtenir des progrès "de l'intérieur du système libéral actuel", attitude analogue à celle des syndicats réformistes, comme la CFDT.

Les réformistes refusent, par réalisme, de remettre en cause l'ensemble de la société basée sur l'économie de marché. Ils remarquent, comme le fait un économiste de la CGT par exemple, qu'aujourd'hui les 200 multinationales les plus puissantes représentent dans le monde plus du tiers des investissements et la moitié du commerce; en conséquence, ils pensent que l'intérêt des travailleurs est de lutter pour obtenir des progrès divers, comme le font les syndicats réformistes (dont la CGT ne fait pas partie jusqu'à présent) mais sans vouloir "tout casser".

·           Les contestataires purs et durs, majoritaires, qui refusent tout dialogue avec les entreprises et les gouvernements au pouvoir, qu'ils veulent remplacer. Exemple: Arlette Laguiller, qui combat au Parlement européen toute proposition susceptible d'apporter un progrès aux Européens, pour qu'en l'absence de progrès l'Union européenne souffre et s'effondre le plus vite possible.

Parmi ces contestataires purs et durs il y a les anarchistes, comme ceux qui ont tenu un Forum social libertaire à l'écart du FSE (voir [21]).

 

 

Violents contre non-violents

 

Pays "du Nord" contre pays "du Sud"

Comme le souligne le Mouvement altermondialiste dans son texte "Quatre questions clés pour un débat" [2] : "Comment réussir à élargir la base sociale et culturelle du processus? Là encore, le constat est dressé de manière assez unanime : le processus du FSM concerne principalement les classes moyennes des pays du Nord et laisse de côté ceux qui auraient pourtant le plus à gagner d'une émancipation du système actuel: les classes populaires et les pays du Sud."

 

Cette remarque traduit le fait que les gens les plus pauvres ne s'intéressent pas aux propositions idéalistes, qui ne peuvent pas déboucher sur une amélioration rapide de leur condition. Seuls les gens bien nourris se préoccupent de discuter et de contester à n'en plus finir ; comme les choeurs d'opéra, ils chantent "Marchons !" en restant sur place.

1.5.3             Les écologistes

Les altermondialistes se disent souvent écologistes, mettant ainsi en avant leur volonté de sauver la planète des dégâts de l'économie libérale (baptisée, comme d'habitude et pour lui conférer un caractère coupable, ultralibérale ou néolibérale.) En fait, pour les altermondialistes-écologistes, l'amour de la nature est proclamé pour cacher une haine de l'homme et de l'économie de marché qui triomphe partout. Ces gens-là font semblant de protéger l'homme de lui-même en préconisant une action contraignante de l'Etat (ou même d'un Etat mondial utopique). L'Etat providence qu'ils réclament, débarrassé de tout pouvoir de l'argent, de toute recherche de profit, a nécessairement un régime politique communiste. Ils oublient l'échec historique du communisme, partout dans le monde, échec qui s'explique fort bien. Nos écolos sont comme les pastèques : verts à l'extérieur et rouges au cœur ; leur déguisement ne trompe que ceux qui ne connaissent ni l'économie ni l'histoire.

1.6                 Propositions politiques des altermondialistes

1.6.1             L'association ATTAC

ATTAC (Association pour la taxation des transactions financières et l'aide aux citoyens) fait partie des organisateurs du FSE et compte environ 35.000 adhérents selon [16]. Selon sa propre définition [18], en tant que "Mouvement d'éducation populaire, l'association développe un travail de conférences, de réunions publiques, d'expertise et ce, nationalement et localement. Au travers de nombreux contacts permanents elle s'articule au mouvement social et inscrit son travail dans une perspective militante."

 

ATTAC lutte "contre tous les aspects de la domination de la sphère financière" et "pour que les citoyens puissent se réapproprier leur avenir". Ses membres dénoncent le néolibéralisme et lui cherchent une alternative, d'où le nom altermondialistes. Ils sont pour l'économie solidaire, contre la marchandisation du vivant et pour la sauvegarde de l'environnement.

 

ATTAC préconise clairement la confrontation non-violente avec les autorités.

 

C'est une association dont les membres sont le plus souvent salariés, particulièrement du secteur public, et ont un bagage culturel substantiel, c'est-à-dire en gros "des fonctionnaires intellectuels de gauche".

 

Le caractère communiste d'ATTAC apparaît clairement dans cette déclaration de son fondateur et ancien président, M. Bernard Cassen: "Je ne vois pas comment sortir de l'engrenage actuel sans une crise obligeant à une totale remise à plat de la construction européenne, afin de repartir sur de nouvelles bases." C'est exactement la position de Karl Marx dans sa "science du matérialisme historique" (voir [10] et [11]). Karl Marx n'avait pas vu, non plus, comment la révolution prolétarienne pouvait être évitée parce que le capitalisme pouvait apporter aux travailleurs un meilleur niveau de vie (voir Qu'est-ce que le communisme?)

 

La fausseté des idées de M. Cassen apparaît aussi dans cet autre jugement sur l'Union européenne et le libéralisme: "On ne peut pas être à la fois libéral et européen, puisque le libéralisme vise à détruire toute structure collective". A l'évidence, M. Cassen n'a rien compris au libéralisme, qu'il confond avec l'anarchisme!

1.6.1.1                        ATTAC est une association agréée au titre de la jeunesse et de l'éducation populaire

En prévisions des élections, le gouvernement de gauche de M. Jospin lui a accordé le 4 février 2002 un agrément, au titre de la jeunesse et de l'éducation populaire [19]. On appréciera la neutralité de ce gouvernement de la France, au vu de la propagande politique incroyablement partisane de l'association, dont nous allons maintenant examiner quelques aspects.

1.6.1.2                        Proposition d'Instaurer une taxe "Tobin" sur les transferts de fonds internationaux

(Proposition qui a donné son nom à l'association).

L'idée de taxer les transferts de fonds internationaux a été lancée par James TOBIN, prix Nobel d'économie 1981, dans son texte de 1978 A Proposal for International Monetary Reform. Le but était de décourager la spéculation, en taxant les transactions de change. Après une discussion mondiale longue et approfondie entre économistes, il est apparu que, pour être efficace, ce premier impôt international de tous les temps devrait avoir un taux assez élevé. Il est aussi apparu que les acteurs impliqués dans une éventuelle décision y étaient opposés dans leur immense majorité.

 

Sensible aux arguments des gauchistes d'ATTAC, M. Lionel Jospin a suggéré, lors de son interview du 28/08/2001 sur TF1, que l'Europe l'adopte. Et aujourd'hui, seul parmi les dirigeants de grands pays, M. Chirac s'en déclare partisan. Mais comme il est seul et que tous les pays abritant des bourses qui comptent (USA, Angleterre, Japon, etc.) sont farouchement contre, la taxe Tobin ne sera jamais adoptée, jamais!

 

Du reste, si c'était le cas, il y aurait immédiatement des mouvements de capitaux vers des pays plus libéraux et des paradis fiscaux, et le développement là-bas de bourses défiscalisées. Les pays où l'on taxe les mouvements de capitaux subiraient une dramatique chute du volume d'argent disponible en bourse pour leurs entreprises, ce qui ferait monter les taux d'intérêt et handicaperait sérieusement les investissements, donc la croissance, donc la création d'emplois.

 

De manière générale, notre société est si ouverte que toutes les mesures de restriction mondiale des mouvements de marchandises et de capitaux sont vouées à l'inefficacité: les gouvernements libéraux ne les acceptent jamais. Enfin, James TOBIN lui-même a reconnu que son idée n'était pas valable et que le monde ne l'adopterait jamais.

1.6.1.3                        Proposition sur les droits fondamentaux

ATTAC publie dans sa page Internet [29] le texte suivant:

Le nouveau Traité [de l'Union européenne] devra assurer le respect de la dignité de tout être humain, en améliorant la Charte des Droits fondamentaux (droit au logement, droit au travail, droit à un revenu minimum), ...

 

Nous allons d'abord analyser ce texte, en comparant les droits demandés par ATTAC à ceux que prévoient la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne [30] qu'ils citent et la Constitution française, puis nous en tirerons les conséquences sur les propositions d'ATTAC et sa nature profonde.

1.6.1.3.1               Comparaison des droits demandés par ATTAC avec les textes officiels

Voici ce qu'on trouve sur ces droits dans la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne [30] à laquelle ATTAC fait référence:

 

Article 15

Liberté professionnelle et droit de travailler

1. Toute personne a le droit de travailler et d'exercer une profession librement choisie ou acceptée.

2. Tout citoyen ou toute citoyenne de l'Union a la liberté de chercher un emploi, de travailler, de s'établir ou de fournir des services dans tout État membre.

3. ..

 

Article 34

Sécurité sociale et aide sociale

1. ...

2. ...

3. Afin de lutter contre l'exclusion sociale et la pauvreté, l'Union reconnaît et respecte le droit à une aide sociale et à une aide au logement destinées à assurer une existence digne à tous ceux qui ne disposent pas de ressources suffisantes, selon les modalités établies par le droit communautaire et les législations et pratiques nationales.

 

Droit au logement

On constate que l'Union européenne prévoit une aide au logement, pas la fourniture d'un logement comme le demande ATTAC: ce n'est pas la même chose.

 

Droit au travail

On constate aussi que l'Union européenne prévoit un "droit de travailler", c'est-à-dire d'exercer une activité que l'on s'est donné la peine de trouver, pas un "droit au travail" comme le voudrait ATTAC.

 

La Charte contient en plus l'article suivant:

 

Article 29

Droit d'accès aux services de placement

Toute personne a le droit d'accéder à un service gratuit de placement.

 

Cet article prévoit une aide gratuite pour trouver du travail, mais toujours pas la fourniture automatique d'un emploi. Du reste, le Préambule de la Constitution du 27 octobre 1946, citée dans la Constitution française de 1958  [31], contient notamment les précisions suivantes:

Chacun a le devoir de travailler et le droit d'obtenir un emploi.

 

En France, chacun a donc le droit d'obtenir un travail après l'avoir cherché et demandé. Obtenir, pas recevoir: nul ne peut attendre de la société qu'un travail lui soit attribué sans effort de recherche de sa part. Il est important de préciser ce point, car beaucoup de salariés croient, sous l'influence de certains politiciens, syndicats et journalistes irresponsables, que l'Etat ou leur employeur leur doivent du travail, dans leur qualification, avec leur salaire actuel, près de leur domicile actuel. Il n'en est rien.

 

Comme la constitution affirme que "chacun a le devoir de travailler", chacun a donc le devoir de se donner du mal pour trouver un travail. Parfois, pour avoir un travail, se donner du mal impliquera se former ou déménager.

 

Droit à un revenu minimum

On constate, enfin, que la Charte ne prévoit aucun "droit à un revenu minimum" comme le voudrait ATTAC.

1.6.1.3.2               Conséquences sur les propositions d'ATTAC et sa nature

La société, que ce soit celle définie par la Charte européenne ou par la Constitution française, a une obligation de solidarité, consistant à:

·           aider les chômeurs à se former et à chercher du travail;

·           aider financièrement les gens démunis à payer le logement qu'ils ont trouvé.

 

Aucun texte européen ou français n'oblige l'Etat à fournir un travail, un logement et un revenu à tous: que ceux qui se bercent d'illusions le sachent.

 

Les droits de chaque citoyen au travail, au logement et au revenu minimum que réclame ATTAC ne peuvent s'adresser qu'à l'Etat, car on ne voit pas comment un citoyen pourrait se tourner vers un particulier, une association ou une entreprise privée pour réclamer ce genre de dû.

 

ATTAC demande donc en fait que l'Union européenne modifie ses textes fondamentaux pour devenir une société où l'Etat est en mesure:

·           De fournir un travail à tout citoyen qui en demande, dans son métier et si possible dans sa région, car ce citoyen a droit à ce travail. Seul un Etat présent dans tous les secteurs d'activité et toutes les régions pourrait fournir un tel travail.

·           De fournir un logement à tout citoyen qui le lui demande, dans la région où il veut vivre. Seul un Etat disposant d'un énorme parc immobilier pourrait satisfaire ce droit.

·           De fournir un revenu minimum à tout citoyen. Seul un Etat disposant de beaucoup d'argent pourrait satisfaire ce droit.

 

On voit que l'Etat réclamé par ATTAC serait présent dans tous les domaines d'activité économiques. Les entreprises publiques d'un tel état seraient en concurrence avec les entreprises privées, si celles-ci existaient, ce qu'ATTAC ne dit pas. Une telle concurrence est une absurdité économique, vu la différence de puissance financière entre entreprises publiques et privées, la possibilité de l'Etat de faire les lois qui l'arrangent au détriment de ses concurrents privés, les relations client-fournisseur injustes qui existeraient entre entreprises publiques et privées.

 

En fait, la seule forme de société compatible avec les désirs d'ATTAC est une société collectiviste, où l'Etat est propriétaire des moyens de production et des logements, et tous les citoyens sont ses salariés. Cette préférence est explicitement énoncée par les altermondialistes du Forum Social Européen, qui adhère à la Charte des Principes du Forum Social Mondial [1] et dont ATTAC est le principal organisateur: ceux-ci veulent une économie basée sur la solidarité au lieu de la concurrence; en voici des preuves extraites de leurs textes:

Charte des Principes du Forum Social Mondial [1] point 4:
4. Les alternatives proposées au Forum Social Mondial s'opposent à un processus de mondialisation capitaliste commandé par les grands entreprises multinationales et les gouvernements et institutions internationales au service de leurs intérêts. Elles visent à faire prévaloir, comme nouvelle étape de l'histoire du monde, une mondialisation solidaire qui respecte les droits universels de l'homme...

 

Dans Les 21 exigences d’ATTAC pour le «traité constitutionnel» [20]:
La 1ère est:
La solidarité doit être une valeur et une norme de l’Union [au lieu de l'économie concurrentielle].
La 3ème est: Le libre-échange ne répond pas au bien commun et ne saurait être un principe de l’Union [européenne].

 

Le type de société collectiviste voulu par ATTAC porte un nom: c'est une société communiste. Et, avec ses dizaines de milliers de membres, ATTAC est en fait un parti communiste.

 

Il est intéressant de noter qu'ATTAC s'interdit d'utiliser cet adjectif, sans doute parce qu'il évoque des systèmes économiques qui ont tous échoué, tout en privant leurs peuples de liberté.

 

On peut aussi noter qu'ATTAC propose d'atteindre ce communisme en faisant évoluer la société libérale actuelle, que l'association propose de modifier au niveau de ses textes fondamentaux. Malheureusement, comme l'a montré Karl Marx dans sa science du matérialisme historique [11], c'est impossible: seule une révolution peut renverser la société capitaliste. Et cette société faisant progresser le niveau de vie de sa population, contrairement à ce qu'avait prévu Marx et à ce qui s'est passé dans les pays communistes, les citoyens ne la renverseront pas pour aller vers le communisme.

 

Ces propositions d'ATTAC sont donc utopiques.

1.6.1.4                        Proposition sur les services publics

ATTAC demande d'inscrire les services publics parmi les objectifs de l'Union européenne et les affranchir des règles de la concurrence.

 

Prenons comme exemple de services publics le transport aérien et les télécommunications, où la déréglementation et la concurrence ont amené une baisse considérable des tarifs. Si les membres d'ATTAC avaient été au pouvoir, nous n'en aurions pas bénéficié.

 

En outre, il n'est pas nécessaire d'affirmer que les services publics sont des objectifs de l'Union européenne, car ce sont des objectifs de toute structure d'Etat, qui n'a de sens et de valeur que si elle apporte ces services à ses citoyens, parmi d'autres bienfaits.

 

Cette proposition d'ATTAC a seulement pour buts de plaire à ses sympathisants fonctionnaires et à déplaire aux libéraux. Ces derniers veulent diminuer le plus possible le rôle de l'Etat, lorsqu'il existe des entreprises privées qui peuvent fournir les mêmes services sans passer par des fonctionnaires, qui se mettent en grève souvent en prenant les usagers en otages, et dont la productivité est faible.

1.6.1.5                        Les 21 exigences d’ATTAC pour le « traité constitutionnel »

En tant que communistes, les membres d'ATTAC ne peuvent accepter que l'Union européenne s'oriente de plus en plus, délibérément et explicitement, vers une société libérale à économie de marché. Ils critiquent donc énergiquement le projet de constitution élaboré par la Convention présidée par M. Giscard d'Estaing [3] et présentent des contre-propositions sous forme de "21 exigences" [20]. Voici un extrait de ces critiques et propositions.

·           La solidarité doit être une valeur et une norme de l’Union [au lieu de l'économie concurrentielle].

·           Les services publics doivent être inscrits comme objectifs de l’Union et affranchis des règles de la concurrence.

·           Le libre-échange ne répond pas au bien commun et ne saurait être un principe de l’Union.

·           Empêcher la marchandisation de la culture, de l’éducation et de la santé par la politique commerciale commune.

En matière de culture, d'éducation et de santé, ce qu'ATTAC redoute en parlant de marchandisation c'est, à travers la privatisation, le creusement des inégalités et les bénéfices de profiteurs capitalistes, voire de multinationales.

·            En matière de culture, ATTAC voudrait que tous les citoyens aient le même accès à l'art, qu'il s'agisse de lecture ou de poésie, des arts visuels (peinture, sculpture), des arts musicaux (musique, opéra), du théâtre, de la danse, etc. Nul n'est contre, en principe, sauf que la grande majorité des gens ne veulent pas entendre parler d'opéra, de musique classique ou de poésie, même offerts gratis. La France est un des pays qui fait le plus pour rapprocher la culture des citoyens: manifestations nombreuses et souvent gratuites ou presque, musées innombrables et peu onéreux, subventions de toutes sortes pour les artistes (exemple: intermittents du spectacle, coûtant une fortune à la collectivité pour économiser de l'argent aux producteurs et au public), etc.

S'opposer à la privatisation, c'est-à-dire à la propriété privée des oeuvres d'art ou des places de spectacle, sous prétexte que cela crée des profits et des inégalités d'accès, équivaut à encourager la fonctionnarisation des artistes. On a vu en URSS ce que cela donnait, pour la qualité des oeuvres d'art à la gloire du régime et la fuite des artistes en occident.

·            En matière d'éducation, ATTAC veut éviter que les riches puissent faire de meilleures études que les pauvres grâce à une privatisation. Ce désir d'égalité, louable en soi, est en pratique impossible à imposer.

L'inégalité entre les élèves se moque des lois et décisions politiques
D'abord, c'est seulement dans les familles aisées ou d'un haut niveau d'études que les jeunes trouvent les conditions et la stimulation pour faire de bonnes études. Ensuite, on n'empêchera pas les étudiants riches de faire certaines études à l'étranger, et les enfants de familles aisées de monopoliser les soutiens scolaires payants. Enfin, on n'évitera jamais que les gens qui en ont les moyens paient à leurs enfants des études dans des établissements onéreux. L'Etat doit garantir à tous les élèves des conditions d'études décentes et des diplômes de niveaux comparables. Mais il n'empêchera pas que certains élèves soient plus riches que d'autres, pas plus qu'il n'empêchera certains d'être plus doués ou plus travailleurs.

Le pluralisme des programmes est indispensable
Lorsque l'Etat est seul à pouvoir décider du contenu des programmes, comme le voudraient ATTAC et les altermondialistes, voici ce qui peut arriver:

ü         Certains fonctionnaires qui décident des programmes risquent de ne pas être à l'écoute des évolutions des besoins de formation de la société: nouvelles technologies, nouvelles méthodes de vente, etc. Il peut alors s'écouler des années avant que l'évolution des programmes prenne en compte les besoins. C'est ce qui s'est passé en France, par exemple, en informatique: on a continué longtemps à enseigner des technologies matérielles comme les ordinateurs à cartes et bandes et logicielles comme la "méthode Merise", que l'évolution technologique avait rendues obsolètes; les étudiants ainsi formés avaient en fait l'esprit déformé par des approches archaïques. Ce risque est bien plus réduit lorsque chaque établissement d'enseignement a une autonomie lui permettant, en plus d'une formation de base commune définissant le niveau des études, de fournir des connaissances adaptées au marché du travail et aux sujets actuels de recherche. Voilà une première raison de vouloir une autonomie des établissements d'enseignement.

ü         Lorsque plusieurs syndicats nationaux sont dominés par une idéologie (d'extrême-gauche, par exemple, comme dans l'Education nationale) et qu'ils influencent les fonctionnaires qui conçoivent les programmes, ceux-ci peuvent imposer des contenus de programmes reflétant cette idéologie, en matière d'instruction civique, d'économie, de philosophie, etc. Ils peuvent aussi (ils l'ont fait en France) imposer pendant des années des méthodes pédagogiques désastreuses, privilégiant le développement de la personnalité au détriment des connaissances acquises par enseignement magistral. M. Luc Ferry, ministre de l'Education nationale, l'a fort bien expliqué dans son petit livre "Lettre à tous ceux qui aiment l'école". Or, la seule arme des démocraties contre la propagande, la pensée unique, la troncature de l'information et la manipulation des esprits des élèves est le pluralisme des formations, qui exige l'autonomie des chefs d'établissement. Et cette autonomie implique une certaine concurrence, chaque établissement désirant donner à ses élèves le meilleur bagage possible, pour faciliter leur vie professionnelle.

Il est consternant que des gens de gauche dénoncent la volonté d'adapter la formation des jeunes au monde du travail, qu'ils méprisent et qu'ils accusent de réduire les travailleurs en esclavage; ils préfèrent une formation générale désintéressée, de type culture. Cette approche, plus compatible avec des programmes imposés par l'Etat, forme des têtes théoriquement bien faites mais qui ne savent rien d'utile, c'est-à-dire de futurs chômeurs. Il faut privilégier, au contraire, le développement d'établissements d'enseignement autonomes, qui chercheront constamment à adapter la formation qu'ils dispensent au marché du travail et à la vie en société, tout en respectant le contenu pédagogique minimum imposé par l'Etat.

 

ATTAC n'obtiendra pas que son désir du tout-Etat se traduise par une interdiction de l'enseignement libre ou une inégalité de subventions à son détriment, parce que ce serait injuste pour des citoyens égaux devant l'impôt. En voulant empêcher tout enseignement privé, ATTAC veut un état capable de faire enseigner ce qu'il veut par des fonctionnaires à sa dévotion, c'est-à-dire les moyens de préparer l'avènement d'un état totalitaire. En voulant empêcher l'initiative privée et l'autonomie des établissements d'enseignement, dans un cadre privé ou un cadre public décentralisé, ATTAC veut favoriser le pouvoir conservateur des bureaucraties centrales qui font aujourd'hui la loi aux ministères de l'Education nationale et des Finances, sous la domination de syndicats antilibéraux.

·            En matière de santé, ATTAC voudrait que les pauvres soient aussi bien soignés que les riches. Désir louable en principe, mais qui ne peut se traduire, comme le souhaite ATTAC, par la suppression des cliniques privées ou du remboursement des soins qui y sont prodigués. Nous sommes au XXIème siècle et dans une économie libérale. Nous n'empêcherons pas des médecins de proposer des soins payants à ceux qui peuvent les payer, ou veulent être mieux traités que dans un établissement public. Nous ne supprimerons pas la médecine libérale non plus. Les médecins fonctionnaires sont un système qui a échoué en Angleterre, inutile d'y courir.

La lutte contre la "marchandisation" est, en réalité, un combat mené par des communistes contre le libéralisme. Culture, éducation et santé ne sont que des prétextes. C'est exactement la même chose pour Les Verts, dont le combat soi-disant écologiste est surtout un combat anticapitaliste.

·           Lutter contre le dumping social et le dumping fiscal dans l’Union (sur ce point, ATTAC a raison).

·           La politique économique et monétaire doit promouvoir la croissance et l’emploi.

ATTAC est pour les déficits budgétaires et contre le pacte de stabilité monétaire européen, parce que ses sympathisants n'ont pas la compétence en économie pour apprécier les méfaits d'une politique de déficits et d'endettement toujours croissants, qui a les inconvénients suivants:

·            Elle reporte sur les générations suivantes le remboursement de dettes nationales de plus en plus énormes.

En empruntant davantage sur les marchés monétaires internationaux pour financer son déficit, un état en fait monter les taux d'intérêt, ce qui handicape les pays qui sont ses partenaires dans l'Union européenne; en somme, le déficit d'un pays exporte des difficultés de financement, donc de la récession, chez ses partenaires.

·            Si un état européen laisse filer son déficit, il déclenche une hausse des prix; la Banque centrale européenne (BCE), chargée de maîtriser l'inflation et qui applique les mêmes taux d'intérêt dans toute l'Union européenne, relève alors ces taux, ce qui handicape la croissance de tous les pays de l'Union.

Des déficits qui filent dans un pays européen provoquent donc une montée des taux d'intérêt européens en même temps que les taux mondiaux.

Ainsi, les dépenses budgétaires excessives d'un pays handicapent les autres. Pour éviter cette propagation, les pays de l'Union ont signé un Pacte de stabilité qui permet aux instances européennes de sanctionner les pays qui ont trop de déficit, en leur imposant des amendes, et de mettre leurs budgets sous tutelle.

En préconisant, comme les syndicats irresponsables, que la France vive au-dessus de ses moyens, en payant des salaires trop élevés et en fournissant des prestations sociales trop généreuses, ATTAC fait des propositions économiquement inacceptables, donc utopiques et démagogiques.

·           La Banque centrale européenne et les banques centrales nationales doivent rendre des comptes aux gouvernements et aux élus.

Le problème de l'indépendance des banques centrales, nationales dans le temps et aujourd'hui européenne, a été étudié depuis longtemps par les économistes et les politiciens. Ils ont montré l'intérêt d'une banque centrale indépendante pour protéger la stabilité de la monnaie, indispensable à moyen terme à la santé de l'économie. Ici aussi, ATTAC profite de l'ignorance de ses sympathisants pour préconiser une erreur économique. Cela se vérifie dans l'exigence suivante:

·           L’Union doit pouvoir emprunter.

Lorsque l'Union emprunte, le taux d'intérêt monte, ce qui rend plus difficile l'investissement des entreprises, donc la création d'emplois. Disons que l'Union ne devrait emprunter qu'exceptionnellement, après un vote explicite de ses instances délibérantes et dirigeantes et l'accord de sa banque centrale.

·           L’Union doit pouvoir contrôler les mouvements de capitaux.

Les altermondialistes n'acceptant pas l'indépendance de la banque centrale, ils veulent un contrôle des mouvements de capitaux par les élus.

·           Pas de privilèges pour les Eglises, l’Union doit être laïque.

Matérialistes, les communistes sont donc athées. Ils sont en plus intolérants vis-à-vis des croyants, comme l'a montré l'histoire de l'URSS. Il faut savoir que la laïcité de la France, voulue par son peuple depuis la séparation de l'Eglise et de l'Etat en 1905, est une position minoritaire en Europe, où la plupart des pays font référence dans leurs constitutions et lois au christianisme ou aux valeurs chrétiennes. On ne voit donc pas comment la France, en minorité, imposerait à ses partenaires des positions anticléricales. C'est ce qu'a compris la Convention de M. Giscard d'Estaing, qui a trouvé un compromis acceptable.

·           L’OTAN n’est pas une institution européenne.

Les altermondialistes d'ATTAC refusent de comprendre que les démocraties libérales sont toutes dans le même camp contre les menaces d'aujourd'hui, d'origine terroriste. L'OTAN n'est plus une alliance anticommuniste, ATTAC retarde sur ce point.

·           La militarisation ne saurait être une obligation de l’Union. L’article I-40 dispose que « les Etats membres s’engagent à améliorer progressivement leurs capacités militaires ». ATTAC demande la suppression de cette phrase.

Le pacifisme des altermondialistes est une réponse inappropriée aux menaces qui perdurent, qu'elles viennent de pays totalitaires ou de terroristes. Mais comme le but des altermondialistes non-réformistes (donc marxistes) est la destruction de notre société par une révolution, ils recommandent les mesures qui nous affaiblissent.

·           Un impératif démocratique : la tenue d’un référendum.
Sur ce point, ATTAC a raison: la nouvelle constitution de l'Union européenne doit être ratifiée par référendum, pour avoir aux yeux des peuples la légitimité indispensable.

1.6.1.6                        Exemple de désinformation par ATTAC

Dans l'article [27], dont je reprends ici des extraits, ATTAC écrit:

«[De 1993 à 2002] à la poste en Suède les tarifs ont augmenté de 70%, 25% des bureaux ont été fermés. Un quart des emplois ont été supprimés.»

Le prix du timbre est l'argument le plus souvent avancé pour montrer le «danger du libéralisme dans les services publics». En réalité, il n'existe aucune relation de cause à effet entre la hausse du prix du timbre et la fin du monopole de la poste suédoise. Le prix du timbre a été majoré d'abord parce que l'Etat a décidé d'augmenter son taux de TVA de 12% à 25% en 2003. En outre, si on tient compte de l'augmentation du Konsumentprisindex, l'indice du prix à la consommation suédois, la hausse réelle du prix des services postaux sur 10 ans est de 7% selon [32]; elle correspond au report sur les clients des pertes de 111 millions d'euros par an de la poste suédoise, pertes supportées auparavant par le budget de l'Etat. II s'agit donc de l'effet d'une décision politique de vérité consistant à reporter sur les clients de la poste des dépenses supportées auparavant par les contribuables. La hausse de 70% que dénonce ATTAC en l'attribuant à la libéralisation est donc imaginaire.

 

Quant aux 25% de bureaux de poste fermés, ils correspondent en réalité à un transfert de leur activité à des supérettes, des stations-service et des bureaux de tabac. En 1993, avant la libéralisation de la poste suédoise, il y avait 1800 bureaux de poste et, en moyenne, chaque Suédois se rendait dans un tel bureau 1,8 fois par an. En 2003, après la libéralisation, il y a 4200 points de service postal, dans des locaux commerciaux où les Suédois se rendent en moyenne 1,6 fois par semaine. Les heures d'ouverture de ces locaux sont bien plus nombreuses que celles des postes, leur proximité est meilleure et les gens peuvent s'y rendre pour faire en même temps autre chose. Contrairement à ce que ATTAC laisse entendre, la suppression de 25% des bureaux de poste correspond à un accroissement du nombre de points de service postal, de leur proximité et de leurs heures d'ouverture.

 

L'efficacité de la poste suédoise est un autre argument avancé [par les opposants au libéralisme] pour faire de l'expérience suédoise un modèle à ne pas suivre. Pourtant, les chiffres sont clairs. Une récente étude, réalisée par IBM Business Consulting Services à la demande de Posten AB, montre que 96,2% des courriers envoyés en Suède arrivent au destinataire dans les 24 heures (à comparer avec les 91,7% pour la Grande-Bretagne, les 93,6% pour le Danemark et les 75% de la France) dans ce pays dont la longueur équivaut à la distance Copenhague-Rome. Ce chiffre était de 95% en 1993, lorsque la poste suédoise n'était pas soumise à la concurrence. L'argument de baisse de qualité du service public postal dénoncé par ATTAC est donc l'exact contraire de la vérité.

 

Enfin, en laissant entendre que la privatisation de la poste suédoise, qui a supprimé des emplois, a aussi généré du chômage, ATTAC trompe encore son monde. Les employés licenciés qui n'ont pas choisi de prendre leur retraite ont reçu des propositions d'emploi, un pays socialiste comme la Suède ne pratiquant pas plus que la France le licenciement sec des fonctionnaires. En matière de chômage, la Suède peut donner des leçons à la France, avec (d'après [28]), un taux de 5,5% en Suède contre 9,5% en France en septembre 2003.

 

Conclusion : ATTAC désinforme en interprétant faussement des chiffres exacts.

 

1.6.2             Critique des propositions des altermondialistes

Les altermondialistes non membres d'ATTAC ont, en pratique, les mêmes idées qu'ATTAC, même s'ils les formulent moins bien et avec moins de détails. Ils veulent remplacer notre société capitaliste par une société :

·           mondiale, où il n'y a pas de guerre,

·           où les hommes produisent sans concurrence ni contraintes policières, sans sociétés multinationales orientées vers le profit des actionnaires,

·           sans oppression de l'Etat, dont le rôle est réduit à la coordination de la production, à la distribution des richesses, à la fourniture de services publics comme l'éducation, la santé, la justice et les moyens culturels.

1.6.2.1                        Les altermondialistes veulent une société de type communiste

Refuser la concurrence, c'est refuser l'initiative économique, individuelle ou collective de ceux qui entreprennent, en prenant un risque et en investissant, pour produire des biens ou des services. C'est donc laisser les initiatives et investissements à l'Etat. La société proposée est donc de type collectiviste, où l'Etat décide et agit pour le bien de tous. Le système proposé est celui que Karl Marx préconisait en tant que stade ultime de la société communiste (voir [10] et [11]). C'est aussi celui que préconise Lutte ouvrière aujourd'hui [23].

 

La société idéale des altermondialistes est donc de type communiste. Elle a été étudiée en détail dès le XIXème siècle par des philosophes, qui ont montré que son avènement exigeait une révolution, permettant à la classe des travailleurs de conquérir le pouvoir politique et administratif.

 

Mais ces philosophes ont été en désaccord sur ce qui se passerait après cette prise de pouvoir.

·           Certains, comme Proudhon, Bakounine ou H. Marcuse, pensaient que cette société idéale serait une libre association de producteurs, hommes de bonne volonté respectueux de leurs semblables et altruistes. Ils croyaient que cette société pourrait fonctionner avec très peu d'autorité, c'est-à-dire très peu d'Etat: ils étaient donc partisans d'une solution anarchiste, que l'histoire ne leur a jamais donné l'occasion de mettre en place. Du reste, ils n'ont jamais été capables d'avoir un projet précis et crédible d'actions permettant de faire cette révolution et de prendre le pouvoir: c'étaient aussi des utopistes.

Nous retrouvons aujourd'hui parmi les altermondialistes des groupuscules anarchistes, comme ceux qui tiennent un Forum social libertaire en même temps que le FSE: Alternative libertaire, CNT, Coordination des groupes anarchistes, Comité Chiapas, Fédération anarchiste, No pasaran, Offensive libertaire et sociale, etc (voir [21])

·           D'autres, comme Lénine, considéraient une telle confiance en l'homme comme illusoire. Ils pensaient que la révolution ne pourrait triompher qu'en imposant sa loi, la "dictature du prolétariat", aux des capitalistes qui auraient survécu et à leurs valets. Devenus des professionnels de la révolution, autoproclamés représentants du peuple mais en réalité coupés de lui, ils ont fait régner la terreur et sont devenus des dictateurs à la tête d'états totalitaires : URSS, Cuba, Corée du Nord, etc.

L'histoire a montré l'échec total des expériences communistes, dans le domaine économique comme dans celui des droits de l'homme. Elle a produit des peuples misérables et opprimés.

L'erreur principale de Marx, Engels, Lénine et tous les autres idéologues qui ont prôné l'avènement du communisme, a été de croire que le capitalisme ne pouvait évoluer que vers une misère croissante des masses, dont l'exaspération conduirait à une révolution.

·            Ils n'ont pas vu que le syndicalisme pourrait peu à peu arracher des concessions au profit des salariés, dont le niveau de vie s'améliorerait sans cesse; il s'est amélioré infiniment plus et plus vite dans les pays à économie de marché que dans les pays communistes. Aujourd'hui, la classe sociale la plus nombreuse dans nos pays est la bourgeoisie, c'est-à-dire la classe moyenne; ce n'est plus le prolétariat ouvrier du temps de Marx ou paysan du temps de Mao.

·            Ils n'ont pas vu que les progrès de l'éducation et des médias produiraient une aspiration générale à l'égalité et à la liberté des individus, qui imposeraient alors de plus en plus de démocratie. La démocratie est le régime qui permet à la bourgeoisie de dominer les élections par le nombre de voix.

·            Ils n'ont pas prévu que l'économie du futur serait dominée par les services, et qu'une telle économie produit une classe moyenne bourgeoise de plus en plus puissante, qui finit par accéder à la possession du capital par l'actionnariat boursier, et finalement au pouvoir politique.

 

Pour une comparaison synthétique entre libéralisme et communisme cliquer ici.

1.6.2.2                        La plupart des altermondialistes veulent une administration mondiale unifiée

Les altermondialistes réformistes, minoritaires, acceptent la pluralité des pays et veulent seulement en humaniser les lois. Les autres, c'est-à-dire la majorité, rêvent d'un gouvernement mondial à même d'humaniser la société. Mais cette notion de gouvernement mondial bute sur deux problèmes graves.

·           Les règles de choix sur lesquelles un tel gouvernement devrait s'appuyer devraient être universelles et acceptées par tous les habitants de la planète. S'agissant d'humanisation, ces règles ne peuvent pas être seulement techniques, comme celles des codes de loi français, elles doivent aussi être morales, éthiques. Et tout ce que nous voyons aujourd'hui dans le monde montre qu'il serait extraordinairement difficile aux hommes, si divers, de s'entendre sur de telles règles. Dans quelques siècles, peut-être...

·           Un gouvernement mondial qui serait démocratique prendrait ses décisions en faisant discuter, puis voter, des représentants des peuples. C'est ce qui se passe aujourd'hui au Conseil de sécurité des Nations unies. Nous allons voir que la légitimité d'un tel organe international de décision est plus que contestable.

A part les 5 membres permanents, le Conseil de sécurité comprend 10 états qui sont membres pour une période de 2 ans, après laquelle d'autres états les remplaceront. Début 2003, ce sont: l'Allemagne, la Guinée, le Mexique, le Pakistan, l'Espagne, la Syrie, l'Angola, la Bulgarie, le Cameroun et le Chili.

D'après [14], les états membres dont la démocratie est très critiquable, quand elle n'est pas remplacée par une dictature, sont: la Russie, la Chine, la Guinée, le Pakistan, la Syrie, l'Angola et le Cameroun, c'est-à-dire 7 états sur 15 ou 47%. Sachant qu'une résolution ne peut être adoptée si elle ne recueille pas au moins 9 voix, il apparaît qu'aucune résolution ne peut être adoptée au Conseil de sécurité par les seules voix d'états démocratiques. Comme il n'y a début 2003 que 8 membres démocratiques, 1 membre au moins serait une dictature.

Lorsqu'une dictature est membre du Conseil de sécurité, son représentant n'est pas le porte-parole de son peuple, mais celui du dictateur et de sa clique, souvent corrompus.

·            On lui accorde néanmoins une voix, comme à un état démocratique, ce qui est choquant.

·            Les gouvernements des états comme la Guinée, l'Angola et le Cameroun, ne disposent pas des spécialistes compétents pour juger de la sécurité internationale. La politique étrangère y est souvent vue d'après l'expérience historique de leurs peuples, dominée par des guerres tribales et le colonialisme. Comment accorder autant de crédit à l'opinion d'un de ces gouvernements qu'à celle d'un grand pays qui a de nombreux spécialistes compétents dans son ministère des affaires étrangères?

·            Les pays pauvres ne sont pas vraiment indépendants: il est facile à un pays riche et puissant d'acheter leur vote ou de l'influencer. Au Conseil de sécurité, comment additionner alors leur voix avec celles de pays indépendants, comme si ces voix avaient la même représentativité, la même valeur démocratique?

Si un parlement démocratique fonctionnait comme le Conseil de sécurité, 47% de ses députés seraient les représentants de clans mafieux. Les dirigeants de ces clans seraient compétents dans leurs trafics, mais pas en matière de gouvernement. Et ils seraient constamment prêts à vendre leur voix au plus offrant! Un tel parlement serait méprisable et aucun citoyen responsable ne lui accorderait la moindre légitimité.

En conclusion, l'administration mondiale voulue par la plupart des altermondialistes est parfaitement utopique.

1.6.3             Conclusion sur la société voulue par les altermondialistes

Les altermondialistes veulent détruire notre société libérale, pour la remplacer par une société collectiviste. Cette société est un communiste utopique, parce que les hommes ne sont pas parfaits et que toutes les expériences communistes ont produit misère et négation des droits de l'homme, c'est-à-dire le contraire de ce que promettaient ses zélateurs. Basée sur une idéologie du XIXème siècle dont l'histoire a montré le caractère erroné et aujourd'hui dépassé, cette proposition des altermondialistes est donc aussi archaïque.

 

L'utopie des propositions altermondialistes vient aussi de la diversité de leurs sujets. En abordant beaucoup de sujets à la fois, c'est-à-dire tous ceux qui les fâchent dans le monde actuel et qu'il faudrait changer dans le monde futur, les altermondialistes n'arrivent pas à faire une synthèse pouvant servir de base d'action concrète. Ils n'arrivent même pas à se mettre d'accord sur les détails pratiques de leurs propositions. Comme dit le proverbe, "qui trop embrasse mal étreint".

 

A être contre tout et en plus minoritaires et divisés, les altermondialistes n'obtiendront à peu près rien. Tout juste feront-ils prendre conscience au monde, par médias interposés, que pour progresser l'homme doit continuer à rêver à un monde meilleur et à la protection de son environnement. En outre, leurs idées seront récupérées par certaines de ces multinationales qu'ils détestent, et qui consacreront un peu de leur budget promotionnel d'image de marque à faire passer le message qu'elles respectent l'environnement et des règles d'éthique, pour plaire aux consommateurs sensibles à ces arguments.

 

Les altermondialistes feraient mieux, pour progresser vers un monde plus humain, d'adopter une action de type syndical, qui cherche à obtenir des avantages concrets pas à pas, comme ceux que le syndicalisme a obtenus depuis un siècle. C'est ce que voudraient ceux qui sont réformistes, hélas minoritaires dans le mouvement. Et une telle action peut s'appuyer sur une activité politique et d'éventuelles participations aux gouvernements, comme l'ont montré Les Verts en Europe. Mais cette attitude, qui implique de renoncer à la révolution pour pas mal d'années, déplairait à la majorité des altermondialistes, qui se complait dans son attitude gauchiste de la contestation pour la contestation, même si elle est stérile.

2.                    Le Forum social européen (FSE)

Le 2ème FSE (voir [8]) a réuni à Paris, du 12 au 15 novembre 2003, environ 1500 associations et mouvements divers avec le slogan: Pour une Europe des droits dans un monde sans guerre. Le 1er FSE avait eu lieu en novembre 2002 à Florence (Italie).

2.1                 Buts des altermondialistes du FSE

Selon leurs textes et déclarations, les altermondialistes veulent:

·           (A l'occasion de ce FSE) approfondir la réflexion entre divers mouvements qui s'opposent au néolibéralisme.

·           Opposer à une Europe régulée par la concurrence et le marché une régulation par des droits sociaux, politiques, culturels et écologiques des citoyens.

2.1.1             Commentaires sur ces buts

·           Refuser la concurrence c'est refuser l'initiative économique, individuelle ou collective, de ceux qui entreprennent, en prenant un risque, pour produire des biens ou des services. C'est donc laisser ces initiatives à l'Etat. C'est donc une idéologie collectiviste, où l'Etat décide et agit pour le bien de tous. Cette idéologie a produit des systèmes politiques communistes, dont l'échec économique a été total et qui ont tous disparu ou se sont transformés en dictatures (URSS, Cuba, etc.)

·           Le système proposé est celui que Karl Marx préconisait en tant que stade ultime de la société communiste (voir [10] et [11]). Cette conclusion s'impose aussi en réfléchissant à la signification de la phrase des altermondialistes "Opposer à une Europe régulée par la concurrence et le marché une régulation par des droits sociaux, politiques, culturels et écologiques des citoyens." Cette phrase définit les droits de citoyens, droits qui ont surtout un sens par rapport à l'Etat. Les altermondialistes sont des gens de gauche partisans du "tout-Etat". Voir, par exemple, les propositions de LCR [24].

 

Voir aussi "l'Appel de Heidelberg" [33], signé par des centaines de scientifiques.

2.2                 Le Forum social mondial (FSM)

Le FSE respecte la Charte des Principes du Forum Social Mondial, réuni à Porto Alegre (Brésil) en janvier 2001, puis en janvier 2002 et en janvier 2003.

Voici quelques extraits de cette charte [1].

·           Article 1: "Le Forum Social Mondial est un espace de rencontre ouvert visant à approfondir la réflexion, le débat d'idées démocratique, la formulation de propositions, l'échange en toute liberté d'expériences, et l'articulation en vue d'actions efficaces, d'instances et de mouvements de la société civile qui s'opposent au néolibéralisme et à la domination du monde par le capital et toute forme d'impérialisme, et qui s'emploient à bâtir une société planétaire axée sur l'être humain."

Commentaire: On voit que le FSM rassemble des gens contre la société libérale et pour une société mondiale axée sur l'Homme, par opposition à l'économie de marché. On remarque dans tous les textes des altermondialistes la volonté de remplacer la société libérale actuelle, basée sur une vision pragmatique des hommes qui agissent selon leurs intérêts ("homo economicus", comme l'appellent les économistes), par une vision idéale d'une société où les hommes sont généreux et altruistes, et se gouvernent en conséquence.

·           Article 3: "Le Forum Social Mondial est un processus à caractère mondial. Toutes les rencontres qui feront partie de ce processus auront une dimension internationale."

Commentaire: la volonté d'unir tous les peuples du monde, considérés comme frères, est une autre caractéristique de certains altermondialistes, mais pas de tous: il y a des altermondialistes, notamment parmi les réformistes, qui pensent qu'il faut conserver des nations.

·           Article 4: "Les alternatives proposées au Forum Social Mondial s'opposent à un processus de mondialisation capitaliste commandé par les grands entreprises multinationales et les gouvernements et institutions internationales au service de leurs intérêts. Elles visent à faire prévaloir, comme nouvelle étape de l'histoire du monde, une mondialisation solidaire qui respecte les droits universels de l'homme, ceux de tous les citoyens et citoyennes de toutes les nations, et l'environnement, étape soutenue par des systèmes et institutions internationaux démocratiques au service de la justice sociale, de l'égalité et de la souveraineté des peuples."

Commentaire: La Charte ne peut, à l'évidence, résoudre tous les problèmes, ni même les évoquer tous. Mais lorsque les altermondialistes appellent de leurs voeux un monde où il y a de multiples nations, comment vont-ils arbitrer les inévitables conflits nés de la pénurie de ressources? Au milieu du XXIème siècle:

·            La terre comptera 12 milliards d'habitants qui manqueront, par exemple, d'eau; comment répartir les eaux du Jourdain, indispensables à la fois aux Palestiniens et aux Israéliens? Et les eaux du Nil? Et celles du Niger?

·            Face à la saturation de l'atmosphère par le gaz carbonique, qui fait monter rapidement la température et le niveau des mers et rend les phénomènes climatiques de plus en plus brutaux, comment répartir les droits de rejeter ce gaz entre les pays? Certains pays moins développés réclameront des privilèges dans ce domaine, pour pouvoir rattraper les autres; mais les citoyens de ceux-ci accepteront-ils de réduire leur niveau de vie pour réduire leurs rejets?

Il est clair que les propositions des altermondialistes supposent que nos enfants soient altruistes, honnêtes et pacifiques. Elles supposent, par exemple, qu'Israéliens et Palestiniens se considèrent comme frères et que les riches partagent avec les moins riches. Une telle attitude serait une première depuis que l'humanité existe. Et comme on n'en prend pas le chemin aujourd'hui, on est obligé de considérer cette foi totale dans les qualités des hommes comme utopique, même si un progrès dans cette direction est évidemment souhaitable.

·           Article 11: "Le Forum Social Mondial, en tant qu'espace de débats, est un mouvement d'idées qui stimule la réflexion, et la diffusion transparente des fruits de cette réflexion, sur les mécanismes et instruments de la domination du capital, sur les moyens et actions de résistance et la façon de dépasser cette domination, sur les alternatives proposées pour résoudre les problèmes d'exclusion et d'inégalité sociale que le processus de mondialisation capitaliste, avec ses composantes racistes, sexistes et destructrices de l'environnement est en train de créer, au niveau international et dans chacun des pays."

Commentaire: La mondialisation capitaliste est accusée des pires méfaits: racisme, sexisme et destruction de l'environnement. A l'évidence, les altermondialistes ne savent pas, ou ne veulent pas savoir, que sur ces trois sujets le pays le plus avancé du monde est... les Etats-Unis. Dans ce pays il y a des lois fort strictes qui répriment:

·            le racisme et l'exclusion (exemple: obligation pour une entreprise qui emploie beaucoup de salariés d'être "An equal opportunity employer");

·            le sexisme (les femmes ont les mêmes droits civils et politiques que les hommes, et il y a proportionnellement plus de femmes managers aux Etats-Unis qu'en France);

·            les rejets polluants (mécanisme des "droits de polluer", plus contraignant que les lois françaises), même si sur ce plan l'administration Bush a reculé par rapport aux administrations précédentes.

En outre, en matière de pollution, les pires propositions sont l'exigence fondamentale des altermondialistes verts: sortir du nucléaire, c'est-à-dire remplacer un risque théorique de pollution radioactive, insignifiant dans nos pays évolués et diminuant d'année en année avec les progrès techniques, par une certitude: les rejets de gaz carbonique d'une production d'électricité thermique seraient beaucoup plus nocifs.

2.2.1             Différence entre altermondialistes et libéraux

On voit que l'altermondialisme est d'abord construit sur une phobie du monde libéral actuel. Les altermondialistes sont donc des gens qui sont mal intégrés dans ce monde. Chacun d'eux se sent trop faible pour s'y construire un bonheur et cherche donc à s'associer avec le maximum d'autres inadaptés pour le changer.

 

L'altermondialiste est donc l'opposé du libéral: le premier veut changer la société pour que celle-ci l'aide à construire son bonheur, alors que le second entreprend, c'est-à-dire se prend en charge et agit, pour réussir par lui-même dans le monde tel qu'il est. La différence est entre des faibles et des forts.

2.3                 Soutien du gouvernement et des partis au FSE

Le budget du FSE 2003 est de 3,4 M€, dont 0,8 M€ du gouvernement français, 1M€ de la ville de Paris, 0,57 M€ de la ville de Saint Denis, 0,35 M€ du département de Seine Saint Denis, 0,2 M€ du Val de Marne, 0,08 M€ de l'Essonne et 0,82 M€ de l'Agence pour la Francophonie, sans compter les équipements offerts par les villes d'Ivry et de Bobigny: les pouvoirs publics soutiennent clairement le FSE et sa contestation de notre société, aux frais des contribuables français.

 

Le premier ministre, M. Raffarin, a déclaré (Le Figaro du 12/11/2003) que la France "accueillait l'événement avec bonne humeur et générosité" et "qu'une humanisation de la mondialisation était nécessaire".

 

Le président Jacques Chirac est, depuis des années, partisan de la taxe Tobin.

 

M. Alain Juppé a déclaré: "Le terme altermondialiste ne me fait pas peur".

 

Le PS essaie de récupérer le mouvement altermondialiste et de devenir en France sa branche politique, pour éviter que ses sympathisants attirés par les idées altermondialistes aillent à l'extrême-gauche, qui soutient clairement le FSE. Un de ses représentants, M. Kader Aris (chargé de la mondialisation) a été officiellement invité au FSE.

 

Voir aussi le refus des altermondialistes d'être récupérés par des partis traditionnels.

2.3.1             Un soutien scandaleux

Le caractère scandaleux de ce soutien du FSE altermondialiste est parfaitement décrit par l'académicien Maurice Druon, qui écrit dans Le Figaro du 24/11/2003 en page 1:

"La grandeur de la démocratie, c'est de laisser en liberté ceux qui veulent l'assassiner. Mais sa bêtise commence quand en plus elle leur paye le poignard."

Le gouvernement de droite de la France (pays qui a adhéré à Maastricht à une économie libérale de marché, celle de Union européenne) a donc subventionné à hauteur de 0,8 M€, au nom de ses contribuables et à leurs frais, un mouvement altermondialiste qui veut détruire cette société libérale. Cherchez la cohérence et vous trouverez la pêche aux voix, consistant à caresser ses ennemis dans le sens du poil.

 

Du reste, la reconnaissance des altermondialistes du FSE pour les socialistes de la Mairie de Paris, qui leur ont fourni la plus grosse subvention (1 M€) a été très claire: ils ont rejeté leurs avances en les accusant de coopérer avec les néolibéraux.

 

 

Daniel MARTIN

 

 

Retour page d'accueil

 

3.                    Références et annexes

[1] Charte des Principes du Forum Social Mondial

http://www.forumsocialmundial.org.br/main.asp?id_menu=4&cd_language=3  téléchargé le 12/11/2003

 

[2] Mouvement altermondialiste: Quatre questions clés pour un débat, par Philippe Merlant  http://www.place-publique.fr/imprimersans.php3?id_article=338,  téléchargé le 12/11/2003

 

[3] Constitution européenne (projet élaboré par la Convention – 18/07/2003)

http://register.consilium.eu.int/pdf/fr/03/cv00/cv00850fr03.pdf

Téléchargé le 13/11/2003

 

[4] Le grand gaspillage - Les vrais comptes de l'Etat par Jacques Marseille (professeur à la Sorbonne), éditions Plon, février 2002

 A partir de documents officiels (rapports de la Cour des comptes, etc.) cet ouvrage analyse les budgets de l'Etat et de la Sécurité sociale. Il met en lumière et chiffre les fantastiques gaspillages de la France d'aujourd'hui et montre comment on pourrait les supprimer.

 

 Au delà de ces gaspillages, on voit poindre les défauts de notre système: Etat et administration peu rigoureux et coupés des citoyens, dégâts dus à une idéologie dépassée ou à l'absence de contrôles, etc.

 

[5] La dictature des syndicats par Bernard Zimmern, éditions Albin Michel.

Polytechnicien et énarque, Bernard Zimmern a fondé et anime l'IFRAP http://www.ifrap.org/, institut spécialisé dans l'étude critique de l'administration française. Il montre dans cet ouvrage combien les syndicats exercent une dictature dans la fonction publique et le mal qu'ils font à la France en protégeant les avantages acquis des fonctionnaires contre vents et marées.

 

[6] La grande désillusion  (Globalization and Its Discontents)  par Joseph E. Stiglitz, Prix Nobel d'économie 2001 - Editions Fayard

 

Le professeur Stiglitz explique dans ce livre pourquoi la mondialisation, qui porte tant d'espoirs de progrès économique, a mal fonctionné pour de nombreux pays pauvres qui reçoivent de l'aide. Il montre que ce fut d'abord la faute des organismes internationaux. Au premier rang de ceux-ci, le FMI a fait erreur sur erreur, par son aveuglement idéologique et son attitude technocratique coupée des réalités de terrain. Il accuse aussi le Trésor des Etats-Unis, c'est-à-dire leur ministère des Finances, d'actions malhonnêtes au détriment des pays pauvres et parfois même des consommateurs américains.

 

Ce livre est facile à lire, pour peu qu'on ait quelques notions, même modestes, d'économie. Il permet de comprendre les mécanismes de la mondialisation, l'intérêt du développement des échanges qui en résulte et du libéralisme qui la sous-tend. Il montre aussi l'impossibilité de laisser les mécanismes du marché agir seuls, sans intervention des états, pour résoudre les problèmes des pays pauvres. Des financiers, comme ceux du FMI et des banques centrales dont il émane, préconisent et imposent aux pays pauvres des solutions économiques ultra-libérales qui entraînent souvent un accroissement de la misère et des révoltes.

 

Mais ce livre n'est pas seulement une critique, sérieuse et documentée, des erreurs du FMI, de la Banque Mondiale et de l'OMC. Il contient de nombreuses préconisations pour éviter de telles erreurs à l'avenir.

 

[7] Extraits (entre guillemets) des articles "Biotechnologies", "Risques transgéniques" et "Génie génétique" de l'encyclopédie Universalis.

 

[8] Site officiel du FSE: http://www.fse-esf.org/francais/rubrique49.html, visité pour la dernière fois le 16/11/2003

 

[9] Ludwig Feuerbach et la fin de la philosophie classique allemande, par Friedrich Engels (1868). Dans sa section IV, intitulée Le Matérialisme dialectique, apparaît une philosophie nouvelle, le matérialisme dialectique, qui s'appuie sur une science, le matérialisme historique (voir [11]). Cette nouvelle philosophie est, selon ses concepteurs, "l'idéologie prolétarienne organisée en idéologie dominante". En voici les 5 idées fondamentales.

·           Le matérialisme dialectique affirme que toute l'histoire de la philosophie résulte de l'opposition entre le matérialisme et l'idéalisme. Cette opposition se traduit par une lutte sans compromis possible entre deux camps, deux partis (voir Matérialisme et empiriocriticisme, par Lénine).

·           Le matérialisme dialectique affirme aussi que le réel existe indépendamment de la conscience qu'on en a, mais que la conscience, elle, dépend du réel et en fait partie; le réel prime donc sur la conscience, c'est-à-dire, en simplifiant beaucoup, "la matière prime sur l'esprit".

·           Le matérialisme dialectique pose aussi une différence entre dialectique, associée à la matière concrète et métaphysique, associée à des abstractions. La matière est en perpétuelle transformation et évolution, alors que la métaphysique représente des abstractions statiques, figées.

·           Le matérialisme dialectique donne une importance fondamentale à la notion de contradiction, qui appartient à l'essence même des choses lorsqu'elles sont perçues par l'entendement de l'homme. Elle existe donc dans toutes les évolutions de la matière et doit être acceptée et étudiée, pour éviter les erreurs dues à une conception statique du monde.

·           Le matérialisme dialectique oppose la connaissance pratique à la connaissance théorique, jugée inférieure. Dans A propos de la pratique, Mao Zedong écrit: "La théorie matérialiste dialectique de la connaissance met la pratique à la première place, en estimant que la connaissance humaine ne peut être à aucun degré coupée de la pratique, et en rejetant toutes les théories erronées qui nient l’importance de la pratique et coupent la connaissance de la pratique".

 

[10] Le capital. Critique de l'économie politique par Karl Marx (1867), téléchargeable gratis à partir de nombreux sites Internet, comme http://www.uqac.uquebec.ca/zone30/Classiques_des_sciences_sociales/classiques/Marx_karl/capital/capital.html .

 

[11] Contribution à la critique de l’économie politique par Karl Marx (1859). Dans cet ouvrage, Marx décrit les principes du "matérialisme historique", dont voici des extraits:

"Dans la production sociale de leur existence, les hommes entrent en des rapports déterminés, nécessaires, indépendants de leur volonté, rapports de production qui correspondent à un degré de développement déterminé de leurs forces productives matérielles. L’ensemble de ces rapports de production constitue la structure économique de la société, la base concrète sur quoi s’élève une superstructure juridique et politique et à laquelle correspondent des formes de conscience sociales déterminées."

"A un certain stade de leur développement, les forces productives matérielles de la société entrent en contradiction avec les rapports de production existants, ou, ce qui n’en est que l’expression juridique, avec les rapports de propriété au sein desquels elles s’étaient mues jusqu’alors. De formes de développement des forces productives qu’ils étaient, ces rapports en deviennent des entraves. Alors s’ouvre une époque de révolution sociale."

"Le changement dans la base économique bouleverse plus ou moins rapidement toute l’énorme superstructure. A grands traits, les modes de production antique, féodal et bourgeois moderne peuvent être qualifiés d’époques progressives de la formation sociale économique. Les rapports de production bourgeois sont la dernière forme antagonique du processus de production sociale, non pas dans le sens d’un antagonisme individuel, mais d’un antagonisme qui naît des conditions d’existence sociale des individus; cependant les forces productives qui se développent au sein de la société bourgeoise créent en même temps les conditions matérielles pour résoudre cette contradiction. Avec cette formation sociale s’achève donc la préhistoire de la société humaine."

 

Marx considère le matérialisme historique comme une science, dont il énonce les principes et les lois, et dont il déduit une prédiction fondamentale: le capitalisme ira inéluctablement à sa perte, lors de la révolution prolétarienne.

 

Mais hélas Marx s'est trompé, en ne prévoyant pas la possibilité pour les travailleurs d'une société capitaliste de progresser en niveau de vie, grâce à l'action syndicale, aux progrès de l'éducation, à l'accroissement de la productivité du travail et au rôle redistributeur de l'état dans une démocratie. Et, loin d'aller vers la société communiste idéale, qu'il voyait comme phase ultime de l'évolution de l'humanité, les divers régimes communistes n'ont engendré que misère matérielle et négation des libertés humaines.

 

[12] Démocratie et liberté progressent rapidement dans le monde

Dans son important discours [13] du 06/11/2003, le président Bush a souligné les progrès de la démocratie depuis 1970 en ces termes:

"Au début des années 1970 il y avait dans le monde environ 40 démocraties. Au milieu de cette décennie il y eut des élections libres au Portugal, en Espagne et en Grèce. Peu après, de nouvelles démocraties apparurent en Amérique latine et des institutions de liberté émergèrent en Corée, à Taiwan et en Extrême-orient. Fin 1989, après les manifestations de Berlin-est et de Leipzig, toutes les dictatures communistes d'Amérique centrale s'étaient effondrées. Une année encore et le gouvernement d'Afrique du sud libérait Nelson Mandela. Quatre ans plus tard, M. Mandela fut élu président de son pays, passant comme Walesa et Havel du statut de prisonnier à celui de chef d'état. A la fin du 20ème siècle, il y avait dans le monde environ 120 démocraties, et je peux vous assurer que d'autres se préparent. En un peu plus d'une génération, nous avons assisté au progrès le plus rapide de la liberté qu'il y ait eu dans les 2500 ans d'histoire de la démocratie."

Et M. Bush aurait aussi pu citer l'effondrement du régime tyrannique de l'Union soviétique et les progrès démocratiques de tout son ancien empire, y compris les démocraties populaires. Il est vrai que, depuis que la Grèce antique a "inventé" la démocratie il y a 2500 ans, jamais l'humanité n'avait autant avancé dans la voie de la liberté et de la démocratie.

Statistiques chiffrées sur la démocratie et la liberté dans le monde

Mais lorsque M. Bush affirme qu'il y a aujourd'hui dans le monde environ 120 démocraties, il adopte manifestement une définition peu exigeante de ce régime. Il suffit de parcourir le site [14] pour s'apercevoir que la vraie démocratie, la démocratie constitutionnelle, est bien moins répandue; sur 192 pays analysés, il n'y en a que 60 dont les citoyens jouissent de droits politiques corrects et 35 (souvent les mêmes) où ils jouissent d'une liberté individuelle parfaite. Il n'y a que 89 pays sur 192 dont les citoyens sont jugés libres.  Le chiffre de 120 cité par M. Bush correspond aux 121 pays où il y a eu au moins une élection, même lorsque celle-ci a élu, comme dans certains pays musulmans, des parlements qui n'ont qu'une fonction consultative et servent de paravent à un régime tyrannique.

 

[13] Engagement des Etats-Unis à instaurer la liberté et la démocratie en Irak et au Moyen-orient: President Bush Discusses Freedom in Iraq and Middle East http://www.whitehouse.gov/news/releases/2003/11/20031106-2.html. Dans cet important discours programme de politique étrangère du 06/11/2003, le président Bush décrit les progrès de la démocratie et de la liberté dans le monde depuis une trentaine d'années et s'engage, au nom de l'Amérique, à continuer à combattre pour ces idéaux partout où c'est nécessaire et par tous les moyens.

 

[14] Freedom in the World 2003 - The Annual Survey of Political Rights and Civil Liberties  http://www.freedomhouse.org/research/index.htm

 

[15] Democracy and Development: Political Institutions and Well-Being in the World, 1950-1990, étude publiée en octobre 2000 par les politologues Adam Przeworski, Michael E. Alvarez, Jose Antonio Cheibub et Fernando Limongi. (Cambridge University Press, http://www.cambridge.org/.)

 

[16] La France rebelle, éditions Michalon. Cet ouvrage d'octobre 1982 recense et analyse tous les foyers, mouvements et acteurs de la contestation.

 

[17] ATTAC site: http://france.attac.org, accédé le 17/11/2003

[18] ATTAC "Mouvement d'éducation populaire..." http://france.attac.org/site/index.php?idpage=2&langue=, téléchargé le 17/11/2003

[19] ATTAC agrément ministériel, téléchargé le 17/11/2003:  http://france.attac.org/site/page.php?idpage=2677&langue=

 

[20] Les 21 exigences d’ATTAC pour le « traité constitutionnel »  téléchargé le 13/12/2003  http://france.attac.org/site/page.php?idpage=2763&langue=

 

[21] Alternative libertaire: site http://alternativelibertaire.org/index.php?&action=accueil&dir=al122&page=122_06.htm&n= , téléchargé le 12/11/2003

 

[22] Les Echos des 12, 13 et 14/11/2003, articles:

·           Forum social : débats animés entre réformistes et activistes,

·           L'Europe dans le collimateur des altermondialistes,

·           L'extrême gauche sur tous les fronts,

·           Les acteurs de l'altermondialisation http://www.lesechos.fr/ma/france/dossier/200031047.htm téléchargé le 12/11/2003

 

[23] Extrait du journal « Lutte ouvrière », édition du 14 novembre 2003: "Nous sommes convaincus que les travailleurs sont seuls capables de remplacer le capitalisme par une société libre, fraternelle et humaine... Mais, pour cela, ils devront détruire l'appareil d'Etat de la bourgeoisie, c'est-à-dire son gouvernement mais aussi ses tribunaux, sa police, son armée pour créer un régime où les masses populaires exerceront elles-mêmes le pouvoir en assurant un contrôle démocratique sur tous les rouages de l'économie."

 

[24] Ligue communiste révolutionnaire: extrait de A la gauche du possible, Pour un projet socialiste autogestionnaire, écologiste et féministe (1991)  "Pour combattre le chômage et les inégalités, pour garantir le droit à l'emploi et au revenu, fondements d'une citoyenneté intégrale, des mesures radicales sont nécessaires:

·           réduction du temps de travail et garantie du revenu avec contrôle des prix et veto sur les licenciements ;

·           réforme fiscale radicale ;

·           expropriation et socialisation des secteurs clefs de l'économie ;

·           expropriation et centralisation du crédit ;

·           plan de développement et de reconversion industrielle et agricole ;

·           contrôle du commerce extérieur."

 

[25] Preuve que la mondialisation doit être régulée, c'est-à-dire que les lois du commerce ne peuvent suffire à une société avancée. Voici la liste des codes de loi français, téléchargée le 18/11/2003 du site officiel Légifrance à l'adresse http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/ListeCodes :

CODE DE L'ACTION SOCIALE ET DES FAMILLES,   CODE DE L'ARTISANAT,   CODE DES ASSURANCES,   CODE DE L'AVIATION CIVILE,   CODE DES CAISSES D'EPARGNE,   CODE CIVIL,   CODE DE COMMERCE,   CODE DES COMMUNES,   CODE DE LA CONSOMMATION,   CODE DE LA CONSTRUCTION ET DE L'HABITATION,   CODE DE DEONTOLOGIE DES AGENTS DE POLICE MUNICIPALE,   CODE DE DEONTOLOGIE DES ARCHITECTES,   CODE DE DEONTOLOGIE DES CHIRURGIENS-DENTISTES,   CODE DE DEONTOLOGIE MEDICALE,   CODE DE DEONTOLOGIE DE LA POLICE NATIONALE,   CODE DE DEONTOLOGIE DES SAGES-FEMMES,   CODE DISCIPLINAIRE ET PENAL DE LA MARINE MARCHANDE,   CODE DU DOMAINE DE L'ETAT,   CODE DU DOMAINE PUBLIC FLUVIAL ET DE LA NAVIGATION INTERIEURE,   CODE DES DOUANES,   CODE DE L'EDUCATION,   CODE ELECTORAL,   CODE DE L'ENVIRONNEMENT,   CODE DE L'EXPROPRIATION POUR CAUSE D'UTILITE PUBLIQUE,   CODE DE LA FAMILLE ET DE L'AIDE SOCIALE,   CODE FORESTIER,   CODE GENERAL DES COLLECTIVITES TERRITORIALES,   CODE GENERAL DES IMPOTS,   CGI,   LIVRE DES PROCEDURES FISCALES,   CODE DE L'INDUSTRIE CINEMATOGRAPHIQUE,   CODE DES JURIDICTIONS FINANCIERES,   CODE DE JUSTICE ADMINISTRATIVE,   CODE DE JUSTICE MILITAIRE,   CODE DE LA LEGION D'HONNEUR ET DE LA MEDAILLE MILITAIRE,   NOUVEAU CODE DES MARCHES PUBLICS,   CODE MINIER,   CODE MONETAIRE ET FINANCIER,   CODE DE LA MUTUALITE,   CODE DE L'ORGANISATION JUDICIAIRE,   CODE PENAL,   CODE DES PENSIONS CIVILES ET MILITAIRES DE RETRAITE,   CODE DES PENSIONS MILITAIRES D'INVALIDITE ET DES VICTIMES DE LA GUERRE,   CODE DES PENSIONS DE RETRAITE DES MARINS FRANCAIS DU COMMERCE,   DE PECHE OU DE PLAISANCE,   CODE DES PORTS MARITIMES,   CODE DES POSTES ET TELECOMMUNICATIONS,   NOUVEAU CODE DE PROCEDURE CIVILE,   CODE DE PROCEDURE PENALE,   CODE DE LA PROPRIETE INTELLECTUELLE,   CODE DE LA ROUTE,   CODE RURAL,   CODE DE LA SANTE PUBLIQUE,   CODE DE LA SECURITE SOCIALE,   CODE DU SERVICE NATIONAL,   CODE DU TRAVAIL,   CODE DU TRAVAIL MARITIME,   CODE DE L'URBANISME,   CODE DE LA VOIRIE ROUTIERE

 

[26] Le Figaro économie du 04/12/2003 page XI: Sauvetage de la dernière chance pour la mer d'Aral.

 

[27] Suède: le vrai bilan de la libéralisation postale - par Anna Stellinger - Le Figaro économie du 01/12/2003 page VII. Cet article fait référence au document publié par ATTAC Le Service Public, téléchargé le 09/12/2003 de la page http://www.local.attac.org/finistere/AttacBrest-ServicePublic.pdf .

 

[28] Statistiques internationales d'assurance chômage, harmonisées pour les différents pays en accord avec les critères du Bureau International du Travail (BIT).

http://www.assedic.fr/unipublics/index.php?idarticle=10569, téléchargé le 01/12/2003

En septembre 2003, le taux de chômage était de 5,5% en Suède et de 9,5% en France.

 

[29] Contribution [d'ATTAC] à la Convention sur le futur de l’Europe, téléchargé du site http://france.attac.org/site/page.php?idpage=1393&langue le 13/11/2003 à l'occasion du Forum social européen (FSE).

 

[30] CHARTE DES DROITS FONDAMENTAUX DE L'UNION EUROPÉENNE, texte téléchargé le 17/12/2003 de http://europa.eu.int/eur-lex/pri/fr/oj/dat/2000/c_364/c_36420001218fr00010022.pdf

 

[31] Préambule de la Constitution du 27 octobre 1946, http://www.conseil-constitutionnel.fr/textes/p1946.htm cité dans la Constitution française de 1958 http://www.legifrance.gouv.fr/html/constitution/constitution2.htm ,modifiée à 17 reprises depuis (voir http://www.conseil-constitutionnel.fr/textes/modif.htm )

 

[32] Rapport du gouvernement suédois sur les effets de la libéralisation publié le 15/09/2004, cité par Le Figaro économie du 17/09/2004

 

[33] "Appel de Heidelberg" http://www.inra.fr/dpenv/legrac17.htm#lap lancé par des centaines de scientifiques qui soutiennent les objectifs du Sommet de Rio :

"Nous, soussignés, membres de la communauté scientifique et intellectuelle internationale, partageons les objectifs du Sommet de la Terre qui se tiendra à Rio de Janeiro sous les auspices des Nations Unies et adhérons aux principes de la présente déclaration.

Nous exprimons la volonté de contribuer pleinement à la préservation de notre héritage commun, la Terre. Toutefois, nous nous inquiétons d'assister, à l'aube du XXIe siècle, à l'émergence d'une idéologie irrationnelle qui s'oppose au progrès scientifique et industriel et nuit au développement économique et social.

Nous affirmons que l'état de nature, parfois idéalisé par des mouvements qui ont tendance à se référer au passé, n'existe pas et n'a probablement jamais existé depuis l'apparition de l'homme dans la biosphère, dans la mesure où l'humanité a toujours progressé en mettant la nature à son service et non l'inverse.

Nous adhérons totalement aux objectifs d'une écologie scientifique axée sur la prise en compte, le contrôle et la préservation des ressources naturelles. Toutefois, nous demandons formellement par le présent appel que cette prise en compte, ce contrôle et cette préservation soient fondés sur des critères scientifiques et non sur des préjugés irrationnels.

Nous soulignons que nombre d'activités humaines essentielles nécessitent la manipulation de substances dangereuses ou s'exercent à proximité de ces substances, et que le progrès et le développement reposent depuis toujours sur une maîtrise grandissante de ces éléments hostiles, pour le bien de l'humanité. Nous considérons par conséquent que l'écologie scientifique n'est rien d'autre que le prolongement de ce progrès constant vers des conditions de vie meilleures pour les générations futures.

Cependant, nous mettons en garde les autorités responsables du destin de notre planète contre toute décision qui s'appuierait sur des arguments pseudo-scientifiques ou sur des données fausses ou inappropriées.

Nous attirons l'attention de tous sur l'absolue nécessité d'aider les pays pauvres à atteindre un niveau de développement durable et en harmonie avec celui du reste de la planète, de les protéger contre des nuisances provenant des nations développées et d'éviter de les enfermer dans un réseau d'obligations irréalistes qui compromettrait à la fois leur indépendance et leur dignité.

Les plus grands maux qui menacent notre planète sont l'ignorance et l'oppression et non pas la science, la technologie et l'industrie dont les instruments, dans la mesure où ils sont gérés de façon adéquate, sont des outils indispensables qui permettront à l'humanité de venir à bout, par elle-même et pour elle-même, de fléaux tels que la surpopulation, la faim et les pandémies."

 

Parmi les signataires français, on note la présence de MM. Pierre Aigrain (physicien), Jean-François Bach (immunologue), Raymond Barre (ancien premier ministre), Jacques Barret (ministre), Etienne Baulieu (endocrinologue), Alain Bombard (océanographe), Henri Caillavet (ancien ministre), Jean-Claude Chermann (virologue), Jean Dausset (Prix Nobel de médecine), Jean Dorst (ornithologue), Pierre Douzou (biologiste), Pierre-Gilles de Gennes (Prix Nobel de physique), Paul Germain (secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences), François Gros (biologiste), Eugène Ionesco (écrivain), Philippe Kourilsky (biologiste), Henri Laborit (pharmacologue), Raymond Latarget (radiobiologiste), Hervé Le Bras (démographe), Jean-Marie Lehn (Prix Nobel de chimie), André Lichnerowicz (mathématicien), Dominique Stehelin (biologiste), Lionel Stoleru (économiste), Haroun Tazieff (volcanologue), Maurice Tubiana (cancérologue)

 

 

Retour page d'accueil