Rapport Camdessus : un programme de gouvernement

"Le sursaut - Vers une nouvelle croissance pour la France"

Mise à jour : 17/06/2005

 

Le rapport Camdessus [1] est le meilleur compte-rendu actuel de l'état de la France, de ses problèmes économiques et sociaux et des progrès possibles. Le texte ci-dessous résume le rapport, le commente et le complète sur des points importants.

 

Les textes en italique comme celui-ci sont des citations du rapport.

 

Table des matières

1.    Objectifs du rapport 1

2.    L'état de la France : un diagnostic. 2

2.1  Rang de l'économie française dans le monde. 2

2.2  Les Français ne travaillent pas assez. 2

2.3  Compétitivité de la France. 4

2.4  La lutte contre la pauvreté est mal organisée en France. 5

2.5  Une prédiction inquiétante : la France va décrocher ! 5

2.5.1      Les causes du ralentissement de la croissance. 5

2.5.2      L'ampleur du décrochage prévisible. 6

2.5.3      Les raisons politiques et économiques de notre décrochage. 7

2.5.4      Après nous, le déluge ! 7

2.6  Une mentalité d'assistés. 7

2.7  Les trois évolutions inéluctables qui menacent la France. 7

3.    Les efforts à faire - Propositions. 9

3.1  Vers une économie de la connaissance et le désendettement 9

3.2  Pour une croissance soutenable. 9

3.3  L'absurdité des "35 heures". 10

3.4  Gisements d'emploi peu qualifiés. 12

3.5  Exemples de pays qui ont réussi 12

3.6  Les propositions d'action.. 12

4.    Terminologie et sources. 13

 

1.                    Objectifs du rapport

Etabli à la demande du ministre M. Sarkozy sous la direction de M. Michel Camdessus, gouverneur honoraire de la Banque de France et ancien directeur du Fonds Monétaire International, le rapport [1] résulte des travaux d'un groupe comprenant 24 personnalités françaises et 7 personnalités européennes. Ces dernières ont vérifié d'un point de vue indépendant, non français, le diagnostic et les préconisations des experts français, et ajouté leurs propres recommandations.

 

Le rapport diagnostique les raisons de la très faible croissance de l'économie française et les perspectives économiques et financières à moyen terme. Il formule ensuite de très nombreuses recommandations. Celles-ci concernent un nombre si important de domaines et préconisent des réformes d'une telle ampleur qu'elles constituent un véritable programme de gouvernement.

 

On peut donc souhaiter que M. Bayrou, ou M. Sarkozy s'il prend la tête de l'UMP, en fassent la promotion auprès des Français, qui ont besoin qu'un politicien convaincant et dynamique leur explique l'état de la France et la politique nécessaire pour aller de nouveau de l'avant.

2.                    L'état de la France : un diagnostic

2.1                 Rang de l'économie française dans le monde

La France est bien placée dans la compétition économique mondiale :

§           3e exportateur de services,

§           5e pays pour l’accueil des investissements directs à l’étranger (après le Luxembourg, les États-Unis, la Chine et l’Irlande),

§           2e investisseur à l’étranger (après les États-Unis), etc.

2.2                 Les Français ne travaillent pas assez

§           La France souffre d’un fort déficit d’emploi des jeunes entre 16 et 25 ans : leur taux d’emploi [5] est d’environ 24 % contre une moyenne de 44 % pour l’OCDE.

§           En 2002, seuls 34 % des 55-64 ans avaient un emploi en France contre près de 50 % pour la moyenne de l’OCDE.

 

En somme, en France la vie active des gens commence plus tard que dans les autres pays et se termine plus tôt. Et comme on le voit ci-dessous, ils travaillent moins chaque année que dans presque tous les autres pays.

Heures [de travail par an] par personne en âge de travailler [15-64 ans]

(Moyenne 2000-2003)

Quantité de travail

Entre 1980 et 2003, l’écart de croissance cumulé entre le PIB de la France et celui des États-Unis ou du Royaume-Uni est expliqué en quasi-totalité par l’écart de croissance du nombre d’heures totales travaillées.

 

 

 

Taux de croissance entre 1980 et 2003

 

PIB

Heures totales travaillées

France

États-Unis

59%

101%

-6%

39%

Écart avec la France

42%

45%

Royaume-Uni

Écart avec la France

75%

16%

8%

14%

      Source : OCDE

 

De fait, la France est aujourd’hui presque au dernier rang de l’OCDE pour le nombre d’heures travaillées par an et par personne en âge de travailler.

 

Les Français travaillent moins que presque tous les autres pays, à la fois pendant une semaine ("effet «35 heures», RTT) et pendant une vie (début d'activité plus tardif et retraite plus précoce).

 

On voit que les Américains et les Anglais travaillaient plus en 2003 qu'en 1980, alors que les Français travaillaient moins. Les écarts de croissance du PIB s'expliquent presque exclusivement par l'écart de quantité de travail.

 

Donc, contrairement à l'idée que la quantité disponible de travail est finie et qu'il faut donc le partager (d'où les "35 heures") :

§           Plus les gens travaillent, plus ils gagnent d'argent, donc plus le PIB croît et plus ils en dépensent ;

§           Plus ils dépensent et plus ces dépenses donnent de travail à d'autres gens, ce qui réduit le chômage : plus de travail crée donc un cercle vertueux.

2.3                 Compétitivité de la France

Le rapport Camdessus [1] décrit la compétitivité comme une caractéristique désirable pour la France, mais sans s'appesantir dessus. Voici donc des informations qui complètent ce rapport.

Définition de la compétitivité d'un pays

Il y a beaucoup de facteurs qui interviennent dans la notion de compétitivité d'un pays, donc de nombreuses définitions possibles. Exemples :

§           Un classement global des pays qui définit la compétitivité comme "l'aptitude à favoriser la croissance économique à moyen terme" est donné en [16]. Ce classement intéresse, par exemple, des hommes politiques soucieux de bonne gouvernance et de croissance économique de leur pays. Il intéresse aussi des gens qui souhaitent investir dans un panier d'actions représentatifs de l'économie du pays, donc privilégiant sa croissance à moyen terme.

§           Une autre manière pour des investisseurs potentiels d'envisager la compétitivité d'un pays considère :

·            Les coûts horaires de main d'œuvre [14] ;

·            La productivité de la main d'œuvre, définie comme la valeur ajoutée moyenne d'une heure de travail dans le pays [15] ; on voit alors que la France a une main d'œuvre chère (24,39€/heure) mais très productive (deuxième du monde, après la Norvège et juste avant les Etats-Unis).

·            La rigidité de l'emploi (analyse [19] basée sur l'étude de la Banque Mondiale [18]) ; selon ce dernier critère, la France se distingue par la difficulté d'embauche, due aux lois exceptionnellement complexes et contraignantes, caractéristique qui risque de décourager certains investisseurs.

§           Une troisième manière de juger de la compétitivité d'un pays est d'examiner le nombre d'emplois qui y est créé en 3 ans par des investissements étrangers ; selon [20], la France attire bien les investisseurs étrangers, qui y ont créé 41.000 emploi de 2001 à 2004.

§           Une autre manière de considérer la compétitivité d'un pays utilise son Indicateur de Développement Humain (IDH) [13], qui intéresse, par exemple, des personnes qui recherchent la qualité de la vie.

Conclusions sur la compétitivité

En examinant leurs résultats dans les tableaux [13] (développement humain), [14] (coûts horaires de main d'œuvre), [15] (productivité du travail) et [16] (compétitivité par aptitude à la croissance), on voit que :

§           La Norvège, la Suède et les Etats-Unis sont très bien classés dans les trois tableaux. Cela prouve qu'un pays qui a de bonnes institutions, de bonnes lois et est bien gouverné réussit à la fois en matière de niveau de vie, de compétitivité pour l'investissement et de qualité de la vie.

§           La France a un classement moyen dans les tableaux [13] et [16], signe d'institutions, de lois et d'une gouvernance moins bonnes. Sa bonne productivité [15] traduit une bonne organisation du travail et l'effet du très faible nombre moyen d'heures de travail d'une personne, dans une semaine comme dans sa vie. Et le coût élevé de sa main d'œuvre [14] incite à n'y créer que des emplois à forte valeur ajoutée.

2.4                 La lutte contre la pauvreté est mal organisée en France

Voir la définition du taux de pauvreté [7] et des transferts sociaux [9].

 

La France dépense 30% de son PIB en transferts sociaux [9], autant que les pays scandinaves, Danemark, Suède, Finlande, et la Belgique. Mais :

§           Les pays nordiques affichent des résultats bien meilleurs quant à l’efficacité de leur système social pour réduire la pauvreté. C'est ainsi que plus d’un million d’enfants vivent en France sous le seuil de pauvreté [8], score bien plus mauvais que celui des pays scandinaves.

§           Le taux de pauvreté [7] français est voisin de celui du Royaume-Uni, qui ne consacre que 25% de son PIB aux transferts sociaux.

 

La lutte contre la pauvreté est donc mal organisée en France, parce qu'elle gaspille environ 5% du PIB, c'est-à-dire 75 milliards d'euros par an, somme colossale !

2.5                 Une prédiction inquiétante : la France va décrocher !

On trouve dans le rapport [1] :

§           Page 21 :

"Nous sommes subrepticement engagés dans un processus de décrochage qui peut nous conduire, si rien n’est fait, à une situation, à terme d’une dizaine d’années, difficilement réversible ;"

§           Page 24 :

"…sur les dix dernières années, la performance de croissance française en Europe n’est supérieure qu’à celle de l’Allemagne, et est proche de celle de l’Italie. Tous les autres pays ont connu une croissance par tête plus importante, y compris des pays qui n’étaient pas en situation de rattrapage par rapport à la France (Finlande, Royaume-Uni, Suède, Belgique, Pays-Bas)."

2.5.1             Les causes du ralentissement de la croissance

La France connaît donc un rythme de croissance durablement ralenti, dont les trois causes principales sont :

§           Un ralentissement de la croissance de la productivité :

Page 25 : "…alors que la productivité du travail a accéléré aux États-Unis pendant la décennie 90, elle s’est ralentie en Europe. Elle croît désormais plus vite aux États-Unis, de l’ordre de ¾ à 1 point [0,75% à 1%]. Ainsi, le rattrapage de l’Europe ne semble pas seulement avoir été stoppé, mais l’écart se creuse à nouveau en faveur des États-Unis."

§           Un déficit d’investissement, en particulier dans les nouvelles technologies :

Page 25 : "…sur la période 1996-2001, les investissements en biens TIC [Technologies de l'Information et de Communication, c'est-à-dire informatique et réseaux] ont représenté en France 2,5% du PIB et 17% de l’investissement total, contre respectivement 4,5% et 28% aux États-Unis et 3% et 22% au Royaume-Uni."

§           Un rétrécissement des moyens d'action des pouvoirs publics

(Page 26 :) L'Etat n'a plus les moyens budgétaires de faire les investissements nécessaires :

·            Parce qu'il ne peut augmenter les impôts, déjà parmi les plus lourds du monde ;

·            Parce qu'il doit faire face à une lourde dette, qui croît rapidement et dont les intérêts coûtent de plus en plus cher.

Page 29 : "…l’asphyxie du budget de l’État par le gonflement des paiements d’intérêt qui absorbent désormais chaque année 80 % du produit de l’impôt sur le revenu."

Page 29 : "…par rapport à 1984, en vingt ans, les marges de manœuvre de l’État pour faire face aux problèmes qui surgissent et pour préparer l’avenir se restreignent en peau de chagrin ; elles ont ainsi diminué de 25%."

2.5.2             L'ampleur du décrochage prévisible

Pages 26 et 27 :

"[Le décrochage] nous conduirait dans une dizaine d’années – si rien n’était fait pour inverser les phénomènes pervers que nous observons – à une situation difficilement réversible. En effet, si nous ne changeons rien – ni taux d’emploi, ni rythme du progrès technique, ni volume d’investissement – notre croissance « potentielle », le rythme de croisière possible de notre économie, est vouée à ralentir de 2¼% aujourd’hui à 1¾% à l’horizon 2015 par le simple effet de vieillissement de la population."

"De plus, il convient d’ajouter à notre endettement déjà élevé une dette implicite, qui est aujourd’hui estimée à environ 200 points de PIB [c'est-à-dire 2 fois le PIB, ou 3100 milliards d'euros, somme colossale !]. Cette dette implicite correspond à l’augmentation spontanée des dépenses publiques liées aux dépenses de santé et de retraite à systèmes publics inchangés."

"Une stabilisation en volumes des dépenses de l’État pendant 15 ans ne serait pas même suffisante pour éviter à notre dette une dérive insoutenable. Croissance plus faible, dépenses publiques plus lourdes, on voit bien où nous conduit le fil de l’eau : à alimenter des tensions toujours plus fortes sur le système de protection sociale, faute d’un accroissement des ressources suffisant pour faire face aux besoins. Comment, alors, espérer financer, entre temps, un effort supplémentaire nécessaire en matière d’enseignement supérieur et de recherche ? Et comment pourrions-nous aussi engendrer le progrès technique qui permettrait d’inverser ces tendances ? Si nous laissions cette évolution spontanée se poursuivre au cours des dix ans qui viennent, la pente serait alors très rude à remonter pour rejoindre tous ceux, nombreux parmi nos pairs, qui sont actuellement sur un sentier de croissance supérieur au nôtre."

2.5.3             Les raisons politiques et économiques de notre décrochage

Notre croissance, déjà lente, va ralentir encore plus avec des effets insupportables pour deux raisons essentielles (page 27) :

§           Nous ne travaillons pas assez ;

§           La dépense publique française est à la fois trop lourde et trop inefficace économiquement et socialement.

·            "Notre niveau de dépense publique par rapport au PIB n’a qu’épisodiquement cessé de croître pour atteindre aujourd’hui 54,7%,

·            nos budgets n’ont cessé depuis vingt ans d’être exécutés en déséquilibre,

·            nous sommes le seul pays qui continuellement ajoute à la taille, en général jugée pléthorique, de sa fonction publique ;

·            nous sommes parmi les pays dont le taux de prélèvements obligatoires demeure parmi les plus élevés des pays industrialisés après vingt ans d’efforts pour les réduire.

·            Enfin, c’est à crédit, et sur le dos de la génération de nos enfants que nous entretenons ce modèle."

"…en un peu plus de 20 ans, notre dette a été multipliée par 11 en euros courants."

2.5.4             Après nous, le déluge !

Depuis plus de vingt ans, l'Etat dépense systématiquement plus d'argent qu'il ne reçoit, parce que les gouvernements successifs ont préféré distribuer au peuple un argent qu'ils n'avaient pas, pour gagner des voix aux élections. Ils ont ainsi accumulé une dette considérable, que les générations suivantes devront rembourser.

Page 29 :

"…la jeunesse en sera la principale victime. Le traitement que nous réservons aux jeunes est un véritable symbole de nos dysfonctionnements. À travers l’augmentation de la dette, ce sont eux qui paieront, en fait, les déficits des services publics que nous utilisons aujourd’hui. Ce sont eux qui, demain, en violation flagrante d’un des principes du développement durable, supporteront directement la charge de la réduction de la vie active que nous nous sommes octroyée."

2.6                 Une mentalité d'assistés

Page 28 :

"[Les Français] ont le constant réflexe de demander à l’État la solution immédiate de toute difficulté."

2.7                 Les trois évolutions inéluctables qui menacent la France

Page 30 : "La France est confrontée, en effet, à trois évolutions majeures qui, ensemble, bousculent un modèle à bout de souffle :

§           La rapidité des évolutions technologiques,

§           le vieillissement démographique des économies européennes

§           et la poussée de la mondialisation."

La rapidité des évolutions technologiques (informatique, communications, etc.)

Page 30 : Tous les secteurs de l'économie sont touchés.

"…malheureusement, la France est plutôt moins prompte que ses principaux partenaires à tirer profit de cette évolution majeure. Elle doit fournir un effort signalé de redressement de ses résultats en matière de recherche et d’innovation pour rejoindre le peloton de tête des pays qui relèvent avantageusement ce défi."

L’allongement de la durée de la vie

§           "l’espérance de vie à la naissance augmente d’un an toutes les quatre années"

§           "elle a un effet d’augmentation des dépenses de santé… estimé à 1,2 point de PIB à l’horizon 2050 ;"

La mondialisation

Le rapport étant très incomplet sur cet important sujet, on trouvera des compléments dans les textes [21].

 

Page 30 : Ce troisième choc interroge les Français.

"Nous en sommes à ce jour, bénéficiaires. L’inquiétude collective avec laquelle nous considérons notre avenir demeure néanmoins fortement alimentée par les anxiétés qu’elle suscite au travers de ses conséquences réelles ou supposées : désindustrialisation, délocalisations, disparitions d’emplois. S’y ajoute le sentiment que nous aurions perdu les leviers de notre destin, le libre choix de notre modèle, les moyens de nos ambitions."

Page 32 : Les faits (sur la mondialisation)

"Il s’agit tout simplement de l’entrée rapide dans l’économie mondiale de milliards de personnes, qui restaient jusqu’ici sur ses franges. C’est à l’échelle de l’histoire de l’humanité un développement prodigieux et fondamentalement positif."

"Ces nouveaux acteurs de l’économie mondiale sont en effet à la fois des producteurs et des consommateurs. En tant que producteurs, ils sont nos concurrents. En tant que consommateurs, ils nous offrent des débouchés et des opportunités."

Page 33 : Vers quelle structure la mondialisation nous oriente-t-elle ?

Principale préoccupation : la désindustrialisation, pour laquelle il faut savoir que :

"La baisse du poids relatif de l’industrie dans l’activité et la gamme des emplois correspond, pour les économies développées, à une tendance lourde. Quand les nations deviennent plus prospères, elles consomment relativement plus de services ; cela réduit la part de l’industrie dans le PIB. De plus la productivité dans l’industrie augmente globalement plus vite que dans les services. Ce phénomène, conjugué au précédent, produit une baisse – relative et absolue – de l’emploi industriel.

L’agriculture a suivi, il y a quelques décennies, et pour les mêmes raisons, une évolution analogue. La désindustrialisation résulte donc, au moins pour une part, du processus normal de développement et de croissance économique, elle n’implique cependant pas que toute activité primaire ou secondaire soit éliminée de notre espace national."

"…l’augmentation forte et permanente de l’offre mondiale de travail non qualifié… maintient les salaires industriels dans les pays émergents à un niveau bas, quels que soient les gains de productivité qu’ils enregistrent par ailleurs. Il doit en résulter une baisse mondiale des prix industriels – que l’on observe effectivement depuis quelques années. C’est cette baisse qui crée des difficultés à certaines de nos propres industries et à leurs salariés. Tandis que d’autres, au contraire, en bénéficient, en raison d’avantages spécifiques liés à la localisation, la technologie, la qualité des infrastructures, et, surtout, à leur capacité à exporter. Nous assistons donc, au total, à de profondes mutations industrielles, dans un contexte de réduction tendancielle de la part globale de l’industrie dans le PIB.

Importations et exportations

La France est importatrice nette d'énergie et de matières premières, que nos exportations doivent pouvoir payer. Même si notre industrie contribue moins à nos exportations, notre secteur des services est massivement exportateur. Au total, nos importations ne représentant que 12% de notre PIB, leur couverture par nos exportations n'est pas en danger ; notre commerce extérieur est à peu près équilibré.

3.                    Les efforts à faire - Propositions

3.1                 Vers une économie de la connaissance et le désendettement

Après avoir constaté ce qui précède, le rapport recommande des efforts dans deux domaines principaux (page 35) :

§           Progresser vers l'économie de la connaissance, en favorisant l'école, l'université, la recherche et innovation ;

§           Conduire une politique continue de désendettement.

3.2                 Pour une croissance soutenable

Le rapport considère que la croissance soutenable nécessaire pour le désendettement ne peut provenir que de l’investissement, du progrès technique et de l’emploi.

L'investissement

Le rapport affirme que :

§           Le financement des investissements n'est pas un problème en France, au moins pour les grandes entreprises.

§           Il n'est pas recommandé de relance par un programme supplémentaire d’investissements de l’État. Il n’en a pas aujourd’hui les moyens budgétaires alors que notre pays est très convenablement équipé.

Le progrès technique : vers une économie de la connaissance

§           "A régime démographique donné, la seule « source » de croissance qui peut indéfiniment augmenter le PIB est le progrès technique."

[Notez bien : "la seule" ; cela exclut des artifices comme la RTT ou l'argent dépensé par l'Etat après emprunt.]

L'emploi

§           Une amélioration de l'emploi est une source majeure pour augmenter la croissance, mais seulement transitoirement.

[Donc les embauches à tout va de fonctionnaires, de salariés d'associations et de jeunes effectuées par la gauche de 1997 à 2002 n'ont eu qu'un effet transitoire ; la croissance artificielle qu'elles ont générée aux frais des contribuables ne pouvait durer ; c'était un moyen électoraliste et démagogique de diminuer le chômage pendant 5 ans.]

De toute manière, l'emploi ne peut croître indéfiniment plus vite que la population.

Page 39 :"…si nous possédions un taux d’emploi et une durée du travail équivalents à ceux du Royaume-Uni, notre PIB serait à terme de 10 ans de l’ordre de 20% supérieur…"

3.3                 L'absurdité des "35 heures"

(Le rapport n'ose pas parler d'absurdité, alors qu'il démontre que c'est bien ainsi qu'on doit qualifier la politique de l'emploi du gouvernement Jospin de 1997 à 2002. Voici ses arguments, présentés au paragraphe "Les limites du partage du travail", pages 39 et 40.)

§           Les résultats [du partage du travail], tout d’abord, sont peu probants.

·            Le chômage reste élevé et résiste aux cycles économiques.

·            La France est le seul grand pays développé incapable de donner du travail à plus du quart de sa population jeune.

·            Elle est aussi la seule à placer plus des deux tiers de ses « seniors » en situation d’inactivité, alors que la durée de vie augmente rapidement.

·            Elle laisse, enfin, se développer, parmi ceux qui travaillent, des inégalités graves entre ceux dont l’emploi (public ou privé) est protégé, et ceux qui enchaînent les CDD dans l’incertitude du lendemain.

§           En second lieu, face aux changements et aux bouleversements de la mondialisation, ceci [le partage du travail] équivaut, pour notre politique de l’emploi, à « jouer en défense ».

·            C’est, pour la cinquième puissance économique mondiale, quelque peu débilitant.

·            C’est aussi profondément déstabilisant pour le lien social et source de pessimisme profond sur l’avenir [puisqu'il ne permet pas d'espérer mieux que partager le peu de travail qui existe, donc qu'il ne permet pas d'espérer la croissance des revenus, donc du niveau de vie].

§           Cette stratégie est perdante.

·            A l’horizon de dix ans, elle conduit à la régression économique et sociale.
(Par définition, moins nous travaillons, moins nous produisons. Et, de fait, la quasi-totalité de l’écart de croissance qui nous sépare, depuis dix ans, de nos principaux partenaires, s’explique par la moindre quantité de travail que nous sommes capables de mobiliser collectivement chaque année.)

·            Moins nous produisons, moins nous disposons de ressources pour financer nos besoins individuels et collectifs. Et ceci nous contraint à des choix de plus en plus tendus entre nos aspirations à la solidarité collective et les dépenses nécessaires à la préservation de l’avenir.

§           On peut multiplier le travail au lieu de le diviser.

La logique de partage repose sur l’hypothèse qu’il existe, dans l’économie, une quantité d’emplois déterminée et fixe.

·            Cette logique se vérifie, à un instant donné du temps, pour une activité, un secteur, une région particulière.

·            Mais elle est fausse pour l’économie dans son ensemble, surtout quand on considère les évolutions dans le temps. A cette échelle, au contraire, le travail des uns crée du travail pour les autres.

·            Et, symétriquement, le moindre travail des uns détruit des emplois pour l’ensemble de la collectivité. On peut constater que les pays dans lesquels la durée du travail et les taux d’activité sont élevés sont aussi ceux dans lesquels le chômage est le plus faible. On sait aussi qu’aucune hausse du chômage n’a été constatée lors des épisodes historiques dans lesquels la population a augmenté brusquement (comme en France avec le retour des rapatriés d’Algérie).
(On considère que la croissance élevée de l’époque a permis d’absorber cet afflux de main d’œuvre. Mais cette croissance n’est pas née spontanément. Il serait plus juste de dire que cet afflux a créé une croissance supérieure, parce que l’environnement et les politiques publiques s’y sont prêtés.)

§           La population française en âge de travailler est appelée à diminuer à partir de 2006-2008. Et, contrairement à la perception courante, il n’en résultera pas nécessairement moins de chômage, mais, toutes choses égales par ailleurs, moins de croissance, moins de richesses à partager et moins d’emplois.

Conclusions sur la limitation du temps de travail

§           "Travailler moins n’est donc ni une nécessité ni un remède pour résorber le chômage."

§           La réduction du temps de travail coûte cher. C'est ce qu'a admis le gouvernement de gauche de M. Jospin lorsqu'il a accepté de compenser par des aides le surcoût de cette réduction pour les entreprises.

"…nous allons consacrer, dans le budget, près de 1,5 point de PIB [c'est-à-dire 23 milliards d'euros par an !] à financer les allègements de charges liés à la réduction de la durée hebdomadaire du travail, soit deux fois plus que pour l’enseignement supérieur. Il est difficile de penser que c’est la meilleure option pour assurer les emplois de demain et, plus généralement, la prospérité de la France."

3.4                 Gisements d'emploi peu qualifiés

Exemple, cité page 41 :

"[Pour les emplois les moins qualifiés] la stratégie gagnante est celle qui consiste à exploiter au maximum les gisements d’emplois disponibles dans des secteurs de services naturellement non exposés à la concurrence internationale et sur lesquels la France accuse un retard particulièrement important : si la France affichait les mêmes taux d’emploi dans les secteurs de l’hôtellerie restauration et du commerce que les États-Unis, nous aurions 3,2 millions d’emploi supplémentaires, même par rapport à l’Allemagne, ce chiffre serait encore de 1,2 million."

3.5                 Exemples de pays qui ont réussi

Comme le montre le tableau ci-dessous, extrait de la page 43, les 5 pays cités ont tous connu depuis 10 ans, une croissance par tête nettement supérieure à celle de la France :

 

Taux moyen annuel de croissance par tête (1994-2003)

Finlande

Royaume
Uni

Suède

Canada

Danemark

France

3,2 %

2,6 %

2,6 %

2,5 %

2,1 %

1,7 %

 

Et ces pays ont progressé plus vite que la France pendant qu'ils mettaient en œuvre des réformes hardies et redressaient leurs finances publiques.

3.6                 Les propositions d'action

Le rapport [1] présente des dizaines de propositions d'action. Celles-ci sont trop nombreuses pour être reprises ici, on ne peut que conseiller de les lire dans le rapport.

 

On peut aussi conseiller de lire la quarantaine de pages de l'annexe http://lesrapports.ladocumentationfrancaise.fr/BRP/044000498/0001.pdf, où des experts européens confirment et souvent renforcent les conclusions et recommandations du rapport français.

 

 

 

Daniel MARTIN

 

 

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4.                    Terminologie et sources

[1]   Le rapport Camdessus "Le sursaut - Vers une nouvelle croissance pour la France", a été téléchargé le 20/10/2004 des 202 pages des documents

http://lesrapports.ladocumentationfrancaise.fr/BRP/044000498/0000.pdf  et

http://lesrapports.ladocumentationfrancaise.fr/BRP/044000498/0001.pdf .

 

[2]   Population active et taux d'emploi dans l’Union européenne

Extrait du rapport INSEE "France portrait social" téléchargé le 27/10/2004 de la page
http://www.insee.fr/fr/ffc/chifcle_fiche.asp?ref_id=CMPFPS03138&tab_id=200.

(Source : Eurostat, enquête sur les forces de travail)

 

Population active et taux d'emploi dans l’Union européenne

 

 

Population active [3]

Taux d'emploi % [5]

Effectifs
(en milliers)

Part des femmes %

Hommes
15-64 ans

Femmes
15-64 ans

Ensemble
15-64 ans

55-64 ans

Allemagne

39 819

46.2

70.9

59.0

65.0

39.5

Autriche

3 902

45.2

76.4

61.7

69.0

30.1

Belgique

4 432

43.4

67.3

51.8

59.6

28.1

Danemark

2 862

46.5

79.6

70.5

75.1

60.2

Espagne

18 822

40.5

73.2

46.0

59.7

40.8

Finlande

2 599

48.0

69.7

65.7

67.7

49.6

France

26 463

46.2

69.4

57.2

63.2

36.8

Grèce

4 454

40.4

72.4

43.8

57.8

42.1

Irlande

1 887

42.0

75.0

55.8

65.4

49.0

Italie

24 149

39.2

69.6

42.7

56.1

30.3

Luxembourg

195

41.5

73.3

52.0

62.7

30.0

Pays-Bas

8 435

44.2

80.9

65.8

73.5

44.8

Portugal

5 460

46.0

75.0

61.4

68.1

51.6

Royaume-Uni

30 193

44.6

78.1

65.3

71.8

55.5

Suède

4 574

47.7

74.2

71.5

72.9

68.6

Union européenne (a)

178 246

44.0

72.7

56.1

64.4

41.7

Pays entrés dans
l'Union en 2004 (b)

33 714

45.9

61.8

49.7

56.1

31.6

 

 

(a) Union européenne à quinze pays en 2003.
(b) Le 1er mai 2004, dix nouveaux pays ont rejoint l’Union européenne :
Chypre, Estonie, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Malte, Pologne, République tchèque, Slovaquie et Slovénie.

 

[3]   Population active

C'est le nombre de personnes de 15 à 64 ans qui ont un emploi ou en cherchent un. En France, elle est de 26,463 millions de personnes (INSEE [2]).

 

[4]   Population active occupée

C'est le nombre de personnes de 15 à 64 ans qui ont un emploi.

En France, il est de 26,5 - 2,7 = 23,8 millions de personnes, puisqu'il y a 2,7 millions de chômeurs.

 

[5]   Taux d'emploi ou taux d'activité

C'est la proportion d'actifs parmi les personnes du même âge (ici de 15 à 64 ans).

En France il est de 63,2%.

 

[6]   Revenu médian d'un pays

C'est le revenu tel que 50% des ménages disposent de plus et 50% de moins. Vu l'importance des transferts sociaux [9] (exemple : 30% du PIB en France), il faut distinguer entre revenu médian avec ou sans transferts sociaux.

 

[7]   Taux de pauvreté d'un pays

On appelle taux de pauvreté (ou taux de risque de pauvreté) d'un pays la proportion de ses ménages ayant un revenu inférieur à 60% du revenu médian [6]. Le taux de pauvreté se calcule à partir du revenu médian avec ou sans transferts sociaux. Voici les taux de pauvreté européens en 2001 que donne [10] :

 

 

 

On voit que le Royaume-Uni gère ses transferts sociaux de manière plus efficace que la France, car il obtient à peu près le même taux de pauvreté après transferts sociaux (16% au lieu de 15%) en dépensant 25% du PIB au lieu de 30%.

 

[8]   Seuil de pauvreté d'un pays

On appelle seuil de pauvreté (ou seuil de risque de pauvreté) un revenu inférieur à 60% du revenu médian [6] avec transferts sociaux.

 

[9]   Transferts sociaux

C'est l'ensemble des remboursements de frais médicaux, indemnités de chômage, retraites, allocations familiales, etc. à l'exclusion de tout salaire. On l'exprime en pourcentage du PIB d'un pays. En France, les transferts sociaux représentent 30% du PIB, ce qui est considérable.

 

[10] Annuaire Eurostat 2004, "Le guide statistique de l'Europe - Données 1992 - 2002" téléchargé le 27/10/2004 de la page  http://epp.eurostat.cec.eu.int/cache/ITY_OFFPUB/KS-CD-04-001/FR/KS-CD-04-001-FR.PDF

 

[11] PIB (Produit Intérieur Brut) d'un pays

C'est la valeur de l'ensemble des biens et services produits dans le pays pendant une certaine année. On peut le calculer de deux manières (au moins) :

§           La différence entre la valeur des biens et services vendus dans le pays, TVA incluse, et la valeur des biens et services TVA incluse consommés pour les produire. C'est donc une valeur ajoutée TTC.

§           La somme des revenus distribués lors de la production des biens et services : salaires, bénéfices, impôts, etc.

 

On distingue le PIB marchand, valeur des biens et services vendus, et le PIB non marchand, valeur des services assurés par les administrations et fournis gratis : enseignement, police, défense nationale, etc.

 

[12] PIB par habitant d'un pays

C'est le quotient du PIB du pays [11] par son nombre d'habitants.

 

Dans la comparaison de PIB par habitant entre pays, on peut utiliser pour chacun soit sa valeur brute, en euros ou dollars par exemple, soit sa valeur à parité de pouvoir d'achat (PPA). Avec un dollar exprimé en parité de pouvoir d’achat dans un pays donné, il est possible de se procurer la même quantité de biens et de services que s’il s’agissait d’un dollar des États-Unis dans le cadre de l’économie américaine. Les deux valeurs sont parfois très différentes ; exemples de PIB par habitant en dollars US selon [13] :

§           France 2002 : PIB Brut : 24061, PIB à PPA : 26920

§           Turquie 2002 : PIB Brut : 2638, PIB à PPA : 6390

 

On trouve parfois dans [10] un PIB par habitant en SPA (standards de pouvoir d'achat). Il est alors exprimé dans une monnaie commune (souvent artificielle) permettant les comparaisons de pouvoir d'achat en éliminant les différences de prix entre pays. Voir définition dans [10] page 263.


 

[13] "Rapport Mondial sur le Développement Humain 2004" (en français), http://hdr.undp.org/reports/global/2004/francais/pdf/hdr04_fr_complete.pdf  téléchargé le 14/08/2004.

Extrait de la page 50 :

"L’indicateur du développement humain est devenu un outil précieux de mesure du développement humain et des avancées d’un pays en termes de développement, le tout – plus ou moins - dans un seul chiffre. Un des emplois les plus efficaces de l’indicateur consiste à comparer la performance de pays voisins ou similaires."

 

 

Indicateur du développement humain (extrait de la page 139)

Rang

Pays

Espérance
de vie à la
naissance
2002

Taux
d'alphabéti-
sation des
adultes
(% des
15 ans et
plus)
2002

Taux
brut de
scolarisation
combiné (du
primaire au
supérieur)
(% en
2001-2002)

PIB
par
habitant
(en PPA) 2002)

Indice
de
niveau
d'instruction

Indice de PIB

Valeur
de
l'indicateur du
développement
humain
(IDH)
2002

Différence
de rang
selon le
PIB par
habitant
(en PPA)
et l'IDH

1

Norvège

78,9

..

98

36600

0,99

0,99

0,956

1

2

Suède

80,0

..

114

26050

0,99

0,93

0,946

19

3

Australie

79,1

..

113

28260

0,99

0,94

0,946

9

4

Canada

79,3

..

95

29480

0,98

0,95

0,943

5

5

Pays-Bas

78,3

..

99

29100

0,99

0,95

0,942

6

6

Belgique

78,7

..

111

27570

0,99

0,94

0,942

7

7

Islande

79,7

..

90

29750

0,96

0,95

0,941

1

8

États-Unis

77,0

..

92

35750

0,97

0,98

0,939

-4

9

Japon

81,5

..

84

26940

0,94

0,93

0,938

6

10

Irlande

76,9

..

90

36360

0,96

0,98

0,936

-7

11

Suisse

79,1

..

88

30010

0,95

0,95

0,936

-4

12

Royaume-Uni

78,1

..

113

26150

0,99

0,93

0,936

8

13

Finlande

77,9

..

106

26190

0,99

0,93

0,935

6

14

Autriche

78,5

..

91

29220

0,96

0,95

0,934

-4

15

Luxembourg

78,3

..

75

61190

0,91

1,00

0,933

-14

16

France

78,9

..

91

26920

0,96

0,93

0,932

0

17

Danemark

76,6

..

96

30940

0,98

0,96

0,932

-12

18

Nouvelle-Zélande

78,2

..

101

21740

0,99

0,90

0,926

6

19

Allemagne

78,2

..

88

27100

0,95

0,94

0,925

-5

20

Espagne

79,2

97,7

92

21460

0,97

0,90

0,922

5

21

Italie

78,7

98,5

82

26430

0,93

0,93

0,920

-3

22

Israël

79,1

95,3

92

19530

0,94

0,88

0,908

5

23

Hong Kong, Chine RAS

79,9

93,5

72

26910

0,86

0,93

0,903

-6

24

Grèce

78,2

97,3

86

18720

0,95

0,87

0,902

5

25

Singapour

78,0

92,5

87

24040

0,91

0,92

0,902

-3

 

 


 

[14] "Coûts [horaires] de la main d'œuvre dans l'Union européenne" téléchargé le 28/10/2004 de http://europa.eu.int/rapid/pressReleasesAction.do?reference=STAT/03/23&format=DOC&aged=1&language=FR&guiLanguage=en

 

Coûts horaires de la main‑d'œuvre et structure des coûts totaux de la main‑d'œuvre
dans l'industrie et les services en 2000  (par ordre décroissant de coût horaire)

 

Coût horaire
de la
main‑d'œuvre
(euros)

Dont :

Salaires et traitements

Cotisations sociales à la charge des employeurs

Autres

UE*

22.70

75.7%

21.5%

2.8%

Suède

28.56

66.5%

29.6%

3.9%

Danemark

27.10

87.7%

8.0%

4.3%

Allemagne

26.54

75.4%

22.6%

2.1%

France

24.39

68.1%

27.7%

4.3%

Luxembourg

24.23

84.2%

14.2%

1.6%

Royaume-Uni

23.85

81.5%

15.6%

2.9%

Autriche

23.60

72.1%

23.7%

4.2%

Pays-Bas

22.99

78.0%

20.4%

1.6%

Finlande

22.13

77.8%

20.5%

1.7%

Irlande

17.34

85.0%

12.4%

2.6%

Espagne

14.22

74.5%

24.4%

1.1%

Grèce

10.40

74.1%

25.5%

0.4%

Portugal

8.13

79.8%

19.3%

0.9%

 

 

 

 

 

Pays en passe d'adhérer*

4.21

 

 

 

Chypre

10.74

84.7%

14.4%

1.0%

Slovénie

8.98

81.4%

14.1%

4.4%

Pologne

4.48

76.2%

16.2%

7.6%

République tchèque

3.90

72.0%

26.6%

1.4%

Hongrie

3.83

67.1%

30.3%

2.6%

République slovaque

3.06

72.4%

26.2%

1.4%

Estonie

3.03

73.0%

25.5%

1.5%

Lituanie

2.71

72.1%

27.5%

0.4%

Lettonie

2.42

77.1%

22.5%

0.4%

 

 

 

 

 

Roumanie

1.51

66.9%

29.6%

3.6%

Bulgarie

1.35

71.6%

27.2%

1.2%

(*) Agrégats basés sur les données disponibles. Pas de données pour la Belgique, l'Italie et Malte.

 

1.       Les coûts horaires moyens de la main‑d'œuvre correspondent au total des coûts annuels de la main‑d'œuvre divisé par le nombre d'heures travaillées durant l'année.

   Le total des coûts annuels de la main‑d'œuvre est la somme :
- des salaires et traitements: les salaires et traitements bruts en espèces (pour l'essentiel, la rémunération directe, les primes et les rémunérations pour journées non ouvrées) plus les salaires et traitements en nature (produits de l'entreprise, facilités de logement pour les salariés, voitures de société, cantines et chèques‑repas, groupements d'achat, jardins d'enfants et crèches, etc.).
- des cotisations sociales à la charge des employeurs: les cotisations sociales effectives à la charge des employeurs (cotisations légales, conventionnelles, contractuelles et volontaires de sécurité sociale) plus les cotisations sociales imputées à la charge des employeurs (le plus souvent, salaire garanti en cas de maladie ou de chômage partiel plus prime de licenciement et indemnités compensatoires tenant lieu de préavis).

   - des autres coûts de main‑d'œuvre: les frais de formation professionnelle, de recrutement et de vêtements de travail plus les impôts basés sur la masse salariale ou sur l'emploi moins les subventions au bénéfice de l'employeur (destinées à compenser partiellement ou totalement des rémunérations directes). Les coûts des apprentis ont été inclus dans le poste "autres coûts de main‑d'œuvre" parce qu'il s'agissait de coûts de faible importance.

 

[15] "Labour productivity as a percentage of the United States level, total economy, 2001" téléchargé le 28/10/2004 de http://www.ilo.org/public/english/employment/strat/kilm/kilm18.htm

 

Productivité moyenne du travail en % de celle des Etats-Unis en 2001

 

L'étonnante productivité de la Norvège s'explique en grande partie par son industrie pétrolière, qui représente 18% du PIB alors qu'elle emploie fort peu de main d'œuvre.

 

[16] Compétitivité d'un pays

Source: "Global Competitiveness Report - Growth Competitiveness Index rankings and 2003 comparisons" téléchargé le 28/10/2004 de

http://www.weforum.org/pdf/Gcr/Growth_Competitiveness_Index_2003_Comparisons

 

Voici le palmarès global de la compétitivité des pays en 2004, en ordre de compétitivité décroissante. GCI (Growth Competitiveness Index) est l'indice de compétitivité calculé ; plus l'indice est élevé, plus le pays est compétitif.

 

La compétitivité d'un pays mesure "l'aptitude de l'ensemble des institutions et politiques économiques à favoriser la croissance à moyen terme".

 

D'après le tableau ci-dessous, les trois pays les plus compétitifs en 2003 et 2004 sont, par ordre décroissant, la Finlande, les Etats-Unis et la Suède. La France a reculé du 26ème au 27ème rang.

 

 

Country

2004 GCI Rank

2004 GCI score

2003 GCI Rank

Finland

1

5.95

1

United States

2

5.82

2

Sweden

3

5.72

3

Taiwan

4

5.69

5

Denmark

5

5.66

4

Norway

6

5.56

9

Singapore

7

5.56

6

Switzerland

8

5.49

7

Japan

9

5.48

11

Iceland

10

5.44

8

United Kingdom

11

5.30

15

Netherlands

12

5.30

12

Germany

13

5.28

13

Australia

14

5.25

10

Canada

15

5.23

16

United Arab Emirates

16

5.21

Austria

17

5.20

17

New Zealand

18

5.18

14

Israel

19

5.09

20

Estonia

20

5.08

22

Hong Kong SAR

21

5.06

24

Chile

22

5.01

28

Spain

23

5.00

23

Portugal

24

4.96

25

Belgium

25

4.95

27

Luxembourg

26

4.95

21

France

27

4.92

26

Bahrain

28

4.91

Korea

29

4.90

18

Ireland

30

4.90

30

Malaysia

31

4.88

29

Malta

32

4.79

19

Slovenia

33

4.75

31

Thailand

34

4.58

32

Jordan

35

4.58

34

Lithuania

36

4.57

40

Greece

37

4.56

35

Cyprus

38

4.56

Hungary

39

4.56

33

Czech Republic

40

4.55

39

South Africa

41

4.53

42

Tunisia

42

4.51

38

Slovak Republic

43

4.43

43

Latvia

44

4.43

37

Botswana

45

4.30

36

China

46

4.29

44

Italy

47

4.27

41

Mexico

48

4.17

47

Mauritius

49

4.14

46

Costa Rica

50

4.12

51

Trinidad and Tobago

51

4.12

49

Namibia

52

4.11

52

El Salvador

53

4.10

48

Uruguay

54

4.08

50

India

55

4.07

56

Morocco

56

4.06

61

Brazil

57

4.05

54

Panama

58

4.01

59

Bulgaria

59

3.98

64

Poland

60

3.98

45

Croatia

61

3.94

53

Egypt

62

3.88

58

Romania

63

3.86

75

Colombia

64

3.84

63

Jamaica

65

3.82

67

Turkey

66

3.82

65

Peru

67

3.78

57

Ghana

68

3.78

71

Indonesia

69

3.72

72

Russian Federation

70

3.68

70

Algeria

71

3.67

74

Dominican Republic

72

3.63

62

Sri Lanka

73

3.57

68

Argentina

74

3.54

78

Gambia

75

3.52

55

Philippines

76

3.51

66

Vietnam

77

3.47

60

Kenya

78

3.45

83

Uganda

79

3.41

80

Guatemala

80

3.38

89

Bosnia and Herzegovina

81

3.38

Tanzania

82

3.38

69

Zambia

83

3.36

88

Macedonia, FYR

84

3.34

81

Venezuela

85

3.30

82

Ukraine

86

3.27

84

Malawi

87

3.24

76

Mali

88

3.24

99

Serbia and Montenegro

89

3.23

77

Ecuador

90

3.18

86

Pakistan

91

3.17

73

Mozambique

92

3.17

93

Nigeria

93

3.16

87

Georgia

94

3.14

Nicaragua

95

3.12

90

Madagascar

96

3.11

96

Honduras

97

3.10

94

Bolivia

98

3.09

85

Zimbabwe

99

3.03

97

Paraguay

100

2.99

95

Ethiopia

101

2.93

92

Bangladesh

102

2.84

98

Angola

103

2.72

100

Chad

104

2.50

101

 

 

[17] Rapport du Conseil des impôts "LA CONCURRENCE FISCALE ET L'ENTREPRISE", 362 pages, téléchargé le 29/09/2004: http://www.ccomptes.fr/organismes/conseil-des-impots/rapports/concurrence/rapport.pdf

 

[18] Etude de la Banque mondiale "The Regulation of Labor"

Cette étude compare l'effet de la législation du travail dans 85 pays, dont la France, sur le chômage et leur attractivité pour des investisseurs.

J'ai utilisé trois de ses documents pour cet article, téléchargés le 03/10/2004:

 

[18a]      La courte présentation de l'étude: "Hiring and Firing Workers" http://rru.worldbank.org/DoingBusiness/ExploreTopics/HiringFiringWorkers/

 

[18b]      L'exposé de la méthode d'étude et de ses références: "The Regulation of Labor" http://rru.worldbank.org/Documents/DoingBusiness/Methodology/HiringFiringWorkers/Labor.pdf

 

[18c]       Les résultats sur la rigidité de l'emploi dans les 85 pays "Hiring and Firing Workers - Compare All Economies" http://rru.worldbank.org/DoingBusiness/ExploreTopics/HiringFiringWorkers/CompareAll.aspx

 

[19] Analyse "Embauches, horaires et licenciements : rigidité de l'emploi -Comparaison de la France et de 84 autres pays" ../Economie/Rigidite-emploi.htm

 

[20] Rapport du Conseil des impôts "LA CONCURRENCE FISCALE ET L'ENTREPRISE", 362 pages, téléchargé le 29/09/2004: http://www.ccomptes.fr/organismes/conseil-des-impots/rapports/concurrence/rapport.pdf

 

Selon la page 108 de ce rapport, les effets sur l'emploi des investissements de sociétés étrangères en Europe de 2001 à 2004 sont donnés par le tableau ci-dessous:

 

Emplois créés par des sociétés étrangères en Europe (projets 2001-2004)

 

 

 

Emplois

créés

 

Population

active

Emplois

créés sur 3

ans pour

1000 actifs

Emplois créés

sur 3 ans pour

1000 habitants

Rép. Tchèque

83895

4.8

17.5

8.2

Royaume-Uni

52549

29.5

1.8

0.9

France

41361

24.9

1.7

0.7

Pologne

40191

13.8

2.9

1.0

Hongrie

39537

3.9

10.1

3.9

Espagne

35180

16.3

2.2

0.9

Roumanie

34568

7.7

4.5

1.6

Slovaquie

28200

2.1

13.4

5.2

Irlande

23004

1.8

12.8

5.9

Allemagne

19710

38.7

0.5

0.2

Bulgarie

12817

3

4.3

1.6

Belgique

10344

4.1

2.5

1.0

Italie

6790

23.9

0.3

0.1

Ukraine

5170

 

 

 

Autriche

5005

4

1.3

0.6

Suède

4519

4.4

1.0

0.5

Pays-Bas

4453

8.3

0.5

0.3

Portugal

3548

5.1

0.7

0.3

Finlande

3025

2.3

1.3

0.6

Danemark

2824

2.8

1.0

0.5

Suisse

2323

 

 

 

Lituanie

2291

 

 

0.7

Estonie

2193

 

 

1.6

Slovénie

1373

0.9

1.5

0.7

Croatie

1155

 

 

 

Grèce

1145

3.9

0.3

0.1

Luxembourg

970

0.3

3.2

2.2

Lettonie

295

 

 

0.1

Norvège

35

 

 

0.0

Total

468 470

 

 

 

 

[21] Textes complémentaires d'économie disponibles sur ce site

§           Cours d'économie pour citoyens qui votent - Ne vous en laissez pas conter !
Tome 1 : PIB et emploi
Tome 2 : Mondialisation et délocalisations

§           Complément au cours : Mondialisation et Frustrations

 

 

Daniel MARTIN

 

 

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