La France obligée d'innover sans cesse

Mise à jour : 30/12/2006

Le mot « innovation » recouvre bien des promesses et des exigences auxquelles on ne s'attend pas. Il recouvre surtout désormais une obligation pour la France : innover pour s'adapter à l'économie de la connaissance ou décliner.

 

 

Objectifs

 

La mondialisation a pour conséquence une concurrence toujours plus dure. Les pays à main d'œuvre bon marché concurrencent nos fabrications traditionnelles, alors que l'industrie représente environ 20 % de nos emplois ; et les pays avancés concurrencent nos activités de haute technicité. Cette concurrence est une menace directe pour nos travailleurs, même si elle est bénéfique pour nos consommateurs.

 

Synthèse d'une dizaine de rapports officiels accessibles par des liens Internet, l'étude montre d'abord que nous ne pouvons nous isoler derrière des frontières protectrices et que la seule solution pour la France est de produire des biens et services que d'autres pays ne peuvent produire, ou plus mal que nous. Ces autres biens et services, il faut les créer : c'est l'innovation.

 

L'étude montre, exemples à l'appui, qu'il y a beaucoup d'autres domaines que la fabrication dans lesquels on peut et il faut innover.

 

A la base de l'innovation, il y a la recherche et développement, la R&D comme on dit, qui elle-même repose sur un socle de connaissances que notre Education nationale ne fournit pas parfaitement. L'étude décrit les articulations entre ces connaissances et les divers niveaux de recherche et de développement sur lesquels se fonde l'innovation.

 

L'étude détaille la dimension économique de l'innovation : son impact sur l'économie, exemples chiffrés à l'appui, son besoin de financement et son impact sur la qualification des travailleurs. Elle rassure sur le fait que la France offre et offrira de plus en plus d'emplois, même si les travailleurs les plus qualifiés seront les plus demandés.

 

L'étude se termine par des suggestions pour une politique favorable à l'innovation dans les domaines de l'enseignement, de la recherche, des diverses formes de coopération, de l'intelligence économique, des incitations fiscales, etc.

 

Cette étude est une contribution aux réflexions et aux programmes politiques des élus qui sollicitent les suffrages des électeurs.

 

 


Fiche descriptive

 

Buts de l'étude

§           Montrer - chiffres à l'appui - que l'innovation est importante dans beaucoup d'activités économiques et indispensable à la croissance de l'économie française, donc de ses emplois ;

§           suggérer des décisions politiques pour favoriser l'innovation.

 

Personnes concernées

Elus et citoyens qui veulent :

§           se faire une opinion de la situation de la France et de sa politique actuelle en matière d'innovation, notamment avec des comparaisons internationales ;

§           savoir quelle politique demander à ceux qui sollicitent leurs suffrages.

 

Caractéristiques de l'étude

§           Tous les faits, toutes les statistiques chiffrées résultent de textes officiels accessibles sur Internet en cliquant sur les liens fournis.

§           L'étude est une synthèse d'une dizaine de rapports officiels (cités), réalisée par Daniel MARTIN en toute indépendance et sans rémunération.

§           La publication sur Internet permet d'utiliser des liens hypertexte pour compléter ou justifier les affirmations, et facilite les mises à jour. Celles-ci auront lieu approximativement toutes les deux ou trois semaines.

 

Résume des principaux points du texte

§           Pour la croissance de l'économie française l'innovation n'est pas un choix politique parmi d'autres, c'est une obligation du fait de la concurrence internationale croissante.

§           Son impact prévisible est connu et chiffré, comparaisons internationales à l'appui. Il conduit à une réorientation en profondeur de notre économie.

§           La capacité d'innovation du pays repose sur la formation, la R&D et l'investissement, tant public que privé.

§           Innover sous-entend une volonté politique et un effort pendant des années. Il faut aussi une campagne de communication pour faire accepter l'investissement, attirer des talents et donner espoir.

 

 

Daniel MARTIN

 

 

Table des matières

 

Une concurrence de plus en plus redoutable. 4

La stratégie défensive de repli sur l'hexagone. 4

La seule stratégie offensive : l'innovation.. 5

L'économie de l'information.. 6

Les produits de luxe et la mode. 7

L'exemple des « alicaments ». 8

La fausse innovation.. 8

L'innovation technologique. 8

Les techniques innovantes de fabrication.. 8

L'innovation organisationnelle - Internet 9

Importance des divers types d'innovations par secteur d'activité. 11

Les services innovants. 12

Moderniser les services publics. 13

L'innovation financière. 14

Le délai de mise sur le marché. 14

L'agilité  15

Les méthodes de vente ou de promotion innovantes. 16

Le dynamisme des entreprises innovantes. 16

Classement des activités de fabrication selon leurs budgets de R&D.. 16

Classement des activités de services selon leurs budgets de R&D.. 17

Recherche et développement sont la base de l'innovation.. 18

Lien entre recherche et croissance. 19

La France dépose moins de brevets que ses concurrents. 20

Ne pas oublier l'intelligence économique. 20

Conséquence politique : évoluer vers la haute technologie. 21

L'explosion des demandes de brevet international 21

La capacité d'innovation de la France recule. 22

Un problème de moyens financiers dû aux gaspillages de l'Etat 24

L'Union (européenne) fait la force. 25

Conclusions sur l'importance de l'innovation.. 25

L'adaptation de la main d'œuvre. 26

De plus en plus d'emplois menacés de délocalisation.. 27

Que faire des travailleurs peu qualifiés ?.. 28

Oui, on peut et on pourra travailler davantage ! 33

Conclusion : priorité à l'innovation.. 33

Suggestions pour une politique en faveur de l'innovation.. 34

Références  35

 

 

Une concurrence de plus en plus redoutable

Chaque jour qui passe apporte des nouvelles qui vont dans le même sens : les pays à bas salaires nous concurrencent de plus en plus. La plupart de ces nouvelles concernent des industries et des services. Des concurrents étrangers fabriquent moins cher que nous des appareils électroniques, des textiles, etc. D'autres transportent des marchandises par mer ou par la route pour une fraction du prix de leurs concurrents français.

 

Mais aussi et de plus en plus, le savoir-faire des ingénieurs et scientifiques indiens et chinois concurrence notre propre recherche et développement (R&D) [10]. Les Indiens disent qu'ils forment près d'un million d'informaticiens par an, plus que les Etats-Unis et l'Union européenne réunis. La Chine a lancé des astronautes dans l'espace, ce que l'Union européenne ne peut pas faire. Des médecins Indiens reçoivent par Internet des électrocardiogrammes pour les interpréter aux heures où nos propres médecins dorment, et à un prix qui ne paierait pas une aide-soignante chez nous.

 

Nous allons d'abord montrer que notre seule défense contre cette concurrence est l'innovation, et que celle-ci prend de multiples formes.

La stratégie défensive de repli sur l'hexagone

Face à cette concurrence certains voudraient fermer nos frontières en utilisant des quotas, des droits de douane, etc. Cette solution a été essayée à maintes reprises dans le passé, chez nous et ailleurs, et elle a toujours échoué. Non seulement les concurrents trouvent un moyen de contourner les barrières, mais on constate que l'économie des pays ouverts au commerce international progresse bien plus vite que celle des pays fermés.

 

On constate aussi que la mondialisation a été extrêmement bénéfique aux pays riches comme aux pays pauvres. Et ces constatations confirment l'explication scientifique de la croissance économique due au développement des échanges internationaux, explication qui repose sur la spécialisation de tous les pays et de toutes les entreprises dans ce qu'elles peuvent faire le mieux ou le moins cher, explication connue sous le nom de "Théorie de l'avantage comparatif".

 

Enfin, ce n'est pas parce que certains pays mal gouvernés ou à la démographie explosive ne progressent pas qu'il faudrait empêcher ceux qui peuvent améliorer le niveau de vie de leurs ressortissants de le faire. D'ailleurs qui peut empêcher la Chine et l'Inde de se développer, même si ce développement absorbe tellement de matières premières comme le pétrole et le fer que les prix montent chez nous ?

 

Dans notre économie mondiale ouverte, la concurrence croissante ne peut être bloquée, ni même réduite. Nous n'avons qu'un seul choix, la battre.

La seule stratégie offensive : l'innovation

Dans notre économie mondialisée, une entreprise n'a que trois façons de combattre une concurrente : l'acheter, vendre moins cher ou vendre autre chose. S'entendre avec elle pour se partager le marché n'est plus souvent possible, les ententes étant de plus en plus sévèrement réprimées parce que contraires à l'intérêt des consommateurs.

 

Acheter ses concurrents pour dominer le marché et pouvoir ainsi imposer ses produits et ses prix est la première stratégie des multinationales, mais elle bute de plus en plus sur les lois de protection de la concurrence. L'Union européenne, par exemple, a un Commissariat à la concurrence redoutablement efficace, qui impose souvent de lourdes sanctions aux entreprises qui ont trop bien réussi à éliminer leurs concurrentes ; exemple : Microsoft.

 

Vendre moins cher exige de produire moins cher, c'est-à-dire des délocalisations ou des sous-traitances à des entreprises des pays pauvres. Au bout de quelques années, ces pays acquièrent la compétence pour concevoir eux-mêmes les produits qu'ils fabriquaient pour nous ou sous licence. Ce fut le cas du Japon, après la deuxième guerre mondiale : ce pays commença par fabriquer des automobiles conçues en Europe, puis apprit à les concevoir si bien qu'il nous en vend aujourd'hui des millions, bien plus qu'il ne nous en achète.

 

Vendre moins cher est souvent possible pour les pays émergents parce qu'ils copient nos brevets et nos créations artistiques. On ne compte plus les vols de propriété intellectuelle de Chinois : logiciels, films et jeux sur DVD, objets de luxe, etc. L'Inde, elle, copie des brevets de médicaments pour ne pas faire payer à sa population pauvre le prix demandé par les laboratoires occidentaux qui les ont mis au point. Le phénomène de copie est si grave qu'on peut affirmer que tout ce qui se vend bien sera copié dès que possible.

        Et lorsque copier prend trop de temps, les pays émergents utilisent des transferts de technologie. C'est ainsi que les Chinois apprendront de la France à fabriquer des Airbus dans le cadre d'un gros contrat d'achat dont c'est une clause, comme les Coréens ont appris à fabriquer des TGV.

 

Il ne reste qu'une solution : vendre autre chose, un produit ou un service qui n'a pas de concurrent parce qu'il est nouveau. Cela s'appelle l'innovation (voir définition détaillée en [9]). Nous allons voir que cette solution marche dans bien plus de domaines qu'on n'imagine, à quelles conditions elle marche et ce qu'on peut faire des travailleurs qui ne participent pas au processus d'innovation.

 

Nous pouvons déjà signaler que les études récentes [11], [12] et [28] montrent que plus un pays dépense en R&D [10] privée ou publique, plus la croissance du PIB par habitant est forte, et que plus les dépenses de fonctionnement et le déficit de l'Etat sont élevés, plus elle est faible. Or le PIB par habitant est une des mesures du niveau de vie et la croissance du PIB entraîne celle de l'emploi.

        En outre, [8] rappelle page 103 que les connaissances acquises dans un pays se transmettent à d'autres, qui en profitent lorsqu'ils ont un niveau suffisant pour les assimiler, et qu'il y a des synergies entre les recherches publique et privée d'un pays et celles des autres, ainsi qu'entre les innovations d'une entreprise et celles de ses filiales, fournisseurs et clients. Le rapport [8] confirme aussi que les politiques gouvernementales d'aide à la R&D [10], et à l'innovation en général, s'avèrent payantes.

 

L'économie des pays avancés est de plus en plus dominée par les activités de création, communication et partage des connaissances.

 

L'étude [28] nous apprend même que l'investissement public en R&D, notamment sous forme de recherches dans les universités et centres de recherche d'Etat, ne suffit jamais. Il faut que l'investissement privé en R&D s'ajoute à l'investissement public, et qu'il y ait beaucoup de coopérations entre recherches publique et privée. C'est que les dépenses privées sont plus efficaces, mieux gérées, que les dépenses publiques ; ensuite, avec 1 € de dépense privée et 1 € de dépense publique on fait plus de recherche dans un projet commun qu'avec 2 € dans deux projets séparés.

 

Or en France il y a un problème de manque de confiance réciproque entre chefs d'entreprise et enseignants ou chercheurs ; les premiers reprochent aux seconds (souvent de gauche ou d'extrême gauche) leur hostilité vis-à-vis de l'entreprise et de ses contraintes ; et les seconds reprochent aux premiers leur recherche du profit et leur soutien à une société libérale ; ils n'arrivent donc pas souvent à travailler ensemble et l'Etat doit fréquemment les y contraindre en n'attribuant des subventions qu'à des projets communs.

L'économie de l'information

Voici un paragraphe de [24] page 100 qui explique que, de nos jours, la majeure partie du coût d'un article fabriqué hors matières premières, composants et services achetés, et énergie (c'est-à-dire de sa valeur ajoutée [25]) est du coût de traitement d'informations.

 

"De plus en plus fréquemment, le contenu informationnel dans un produit dépasse, en valeur, son contenu en énergie, en matières premières et en heures de travail manufacturier. Nous entendons par coûts informationnels :

§           études préliminaires du marché, marketing, détermination des besoins du client, analyse de la concurrence, intelligence économique ;

§           coûts de conception : R&D, bureau d'étude, mise au point, élaboration des programmes de CFAO qui piloteront les machines de production (MOCN), suivi dans la pharmacie des tests sur des milliers de patients… ;

§           protection juridique, veille technologique ;

§           coûts de fabrication de la partie immatérielle : élaboration des modes d'emploi, de la documentation technique, écriture des logiciels nécessaires pour le produit,....;

§           coûts du suivi qualité ;

§           coûts de transmission de l'information (télécommunications) ;

§           coûts de traitement de l'information (informatique) :

§           coûts immatériels aux niveaux de l'atelier de production, du bureau des méthodes, de l'organisation des processus de production, des cercles de qualité, de la programmation des machines-outils à commande numérique, des choix techniques réalisés par les opérateurs (définition des paramètres d'usinage, choix des matériaux …) ;

§           recherche de sous-traitants ou de partenaires ;

§           coûts de gestion : procédures administratives relatives au paiement des taxes, aux demandes d'autorisations ou aux questionnaires statistiques, comptabilité, facturation,… ;

§           communication, relations publiques

§           coûts de commercialisation : publicité, conseil au client, catalogue, formation des clients, négociation du prix et des clauses du contrat, recherche de nouveaux distributeurs, de nouveaux clients, de nouveaux marchés ;

§           coûts de gestion du personnel : recrutement, paye, formation des agents ;

§           coûts liés à la logistique : gestion et organisation du transport et du stockage,... ;

§           coûts des services financiers : négociation, optimisations, gestion de trésorerie ;

§           coûts des achats, recherche de fournisseurs, du lancement des appels d'offre, gestion des approvisionnements ;

§           coût de la conduite de projets ou de chantiers ;

§           coûts du service après vente : maintenance, mise à jour, contentieux,....;

§           coût des informations que l'on achète : brevets, licences, accès à des banques de données,.....;

§           etc.

De plus la compétitivité d'une entreprise, liée à la pertinence de ses décisions, dépend largement de la qualité des informations dont elle dispose et de sa capacité à les capitaliser et à les traiter."

 

Au niveau d'un pays entier, la majeure partie de l'activité est désormais du traitement d'informations : on parle d'économie de l'information.

 

Ce point de vue est partagé par le rapport Lévy-Jouyet de novembre 2006 [30], qui décrit l'économie de l'immatériel et fourmille de recommandations au gouvernement.

Les produits de luxe et la mode

L'innovation se manifeste d'abord dans les produits de luxe, dont la marque ou la provenance est synonyme de qualité dans l'esprit des consommateurs du monde entier : haute couture, vins et parfums français, maroquinerie italienne, horlogerie suisse, voitures de prestige allemandes ou anglaises, etc. Mais il ne faut pas croire qu'il suffit à ces marques de proposer leurs produits pour qu'ils se vendent partout ; ces marques innovent sans cesse. La haute couture sort de nouveaux modèles chaque saison, et les imiter permet seulement de fabriquer des vêtements démodés la saison suivante. Les viticulteurs français viennent de s'apercevoir que pour cesser de perdre des parts de marché ils devaient faire comme leurs concurrents : adapter leurs produits aux goûts des étrangers, goûts dont ils ne tenaient pas compte jusqu'à présent. Les parfumeurs lancent sans cessent de nouveaux parfums, les chausseurs de nouveaux modèles, les Suisses de nouvelles montres de luxe et les constructeurs de nouveaux véhicules de prestige. Les produits de luxe ne représentent pas énormément d'emplois, mais ils génèrent de fortes marges et contribuent au prestige de leur pays d'origine.

L'exemple des « alicaments »

Pour échapper à la concurrence des beurres et des margarines, des produits analogues vantent leurs propriétés anti-cholestérol ou « bons pour le système cardio-vasculaire » ; on les appelle des alicaments, contraction des mots aliment et médicament. Il y a ainsi toutes sortes de produits qui justifient leur prix élevé par leur protection de la santé. Le plus connu est sans doute l'eau minérale, eau de source vendue infiniment plus cher que l'eau du robinet parce qu'elle a bon goût et des propriétés médicinales.

La fausse innovation

Pour les produits ordinaires, les vendeurs créent de faux nouveaux produits, en ne changeant que l'emballage, la quantité vendue, ou n'importe quoi qui attire l'attention des consommateurs, des distributeurs ou des médias, qui leur font alors de la publicité en signalant la « nouveauté ». Et souvent, ils en profitent pour monter un peu en gamme, de manière à augmenter le chiffre d'affaires ou le prix. Je pense aux poudres à laver, etc.

L'innovation technologique

Il y a ensuite la course à la technologie, importante par exemple dans les téléphones portables et les voitures allemandes. Les innovations techniques font vendre, il y a des amateurs de technique de pointe prêts à payer plus cher pour avoir le dernier cri. Un nouveau modèle de téléphone portable ou d'appareil photo numérique a une durée de vie avant obsolescence de quelques mois seulement, et les modèles vieux d'un an se bradent ; seuls les nouveaux modèles génèrent des bénéfices.

Les techniques innovantes de fabrication

Indépendamment des innovations visibles par les consommateurs, il y a les nouvelles techniques de fabrication, plus productives, de meilleure qualité ou plus automatisées. Les Chinois, par exemple, installent des usines ultramodernes, dont la capacité de production est prévue pour un marché de taille mondiale, ne laissant pas de place à des concurrents moins automatisés.

 

Les fabricants de PC et de composants (mémoires, microprocesseurs) ont tellement automatisé la production qu'ils n'ont plus intérêt à aller dans un pays lointain pour fabriquer leurs produits : le pourcentage de main d'œuvre dans le prix de revient est parfois de 1 % seulement.

        DELL, premier constructeur de PC, fabrique en Irlande pour l'Europe car la fabrication d'un PC ne demande que 10 minutes de main d'œuvre et l'économie sur ces 10 minutes ne mérite pas de délocaliser ; en outre, en fabriquant en Asie, le transport par bateau jusqu'en Europe ou aux Etats-Unis (principaux marchés) demanderait plusieurs mois, et les PC arriveraient déjà obsolètes ; et le transport en avion serait trop cher. Enfin, la maintenance des chaînes automatisées de fabrication, très complexes, serait moins bien assurée en Asie où on ne dispose pas d'autant de techniciens de qualité et d'une logistique de transport et de télécommunications aussi bonne.

 

La productivité apportée par les innovations a un impact direct sur le niveau de vie d'un pays et sur sa compétitivité. Voir aussi "Compétitivité-prix et compétitivité-coûts".

L'innovation organisationnelle - Internet

Indépendamment de l'utilisation de matériels et technologies plus modernes, la productivité d'une fabrication peut aussi être améliorée par une meilleure organisation. Une meilleure logistique permet de diminuer les stocks, un meilleur contrôle qualité permet de diminuer les rebuts et de fidéliser les clients. L'effort d'organisation des entreprises d'un pays peut être apprécié aux dépenses qu'il fait en Technologies de l'Information et des Communications (TIC), qui comprennent des ordinateurs, des réseaux de communication (réseaux privés et réseau public Internet) et des logiciels de gestion intégrée d'entreprise comme SAP. Le rapport Camdessus [1] insiste sur ce point en ces termes :

"Sectoriellement, la France apparaît sensiblement en retrait vis-à-vis des États-Unis, mais aussi de nombreux partenaires européens (Finlande, Irlande, Suède, Royaume-Uni) en matière de technologies de l’information et de communication (TIC), que ce soit dans le domaine de la production ou en matière de diffusion. Ainsi, sur la période 1996-2001, les investissements en biens TIC ont représenté en France 2.5 % du PIB et 17 % de l’investissement total, contre respectivement 4.5 % et 28 % aux États-Unis et 3 % et 22 % au Royaume-Uni."

 

Voici ce qu'on lit dans [24] au sujet d'Internet :

"Il apparaît aujourd'hui clairement qu'Internet ce n'est ni du contenu, ni du contenant (ce n'est ni un "média", ni des télécom et encore moins une synergie entre ces deux métiers profondément différents), ni pour l'essentiel de la Technologie, ni de la Communication, ni de l'Information (dans NTIC, seul N devrait être conservé !). Les sites web et le commerce électronique ne sont qu'une infime partie des potentialités de l'Internet, outil extrêmement puissant et qui fera la différence dans la compétition. Celui-ci n'est pas pour autant un « gri-gri » qui dispenserait d'avoir un vrai métier avec des vrais produits ou services, avec des vrais clients et un vrai compte d'exploitation

Internet est un outil de réseau, l'outil des transactions qui transmet des instructions opérationnelles autant que des informations. Il change en profondeur l'organisation des entreprises et permet des gains considérables de compétitivité en écrasant les coûts : coûts administratifs permettant un redéploiement du personnel vers les clients, coûts d'achat, coûts de formation, coût du SAV et augmentation de son efficacité, en limitant les stocks et en-cours et donc les besoins de capitaux pour opérer une entreprise, en réduisant temps et coût de conception d'un nouveau produit, (2005 a vu la sortie du premier avion français entièrement conçu ainsi avec une division par deux des délais et des couts) en donnant les moyens d'un suivi logistique performant et en assurant aux « nomades » une connexion à ce réseau aussi efficace qu'aux sédentaires.

C'est un outil de compétitivité, de flexibilité et de réactivité ; c'est en fait le nouveau système nerveux de nos entreprises : son appropriation n'est ni un problème technique, ni financier, mais culturel (organisation autour de la satisfaction du client) et organisationnel (accent sur un fonctionnement en réseau autour de projets avec un déplacement fort des mécanismes de pouvoir).

C'est un outil à la portée des PME par son coût et sa facilité d'usage : on parle de « simplexité » pour souligner cette simplicité de l'usage permise par la complexité des technologies.

C'est aussi un outil de modernisation des administrations, leur permettant d'être plus efficaces, d'avoir des guichets électroniques disponibles en permanence (le 24/7), générant moins de frais pour les administrés grâce à des procédures en ligne et à visage plus humain ; les tâches « de bureau » étant automatisées, les fonctionnaires devraient pouvoir être davantage disponibles pour leurs concitoyens.

Internet, loin de « déshumaniser » réduit toutes les tâches automatisables dans le cadre de process (comptabilité, approvisionnement, organisation de la production, suivi client, archivage, suivi qualité,…) et permet à l'inverse de redéployer les personnes vers des fonctions d'écoute client, de développement de partenariats, d'innovation, de conduite de projet.

Internet entraîne également une mutation profonde de l'organisation du tissu industriel : réduisant les coûts et les délais des transactions interentreprises (production ou conception d'un produit nouveau), permettant l'indispensable traçabilité exigée des processus qualité, il conduit les entreprises à se spécialiser sur leur cœur de métier et à se configurer en réseaux, « entreprise virtuelle » autour de projets (conception et construction d'un avion, chantier petit ou grand de BTP, tourisme,..), en accroissant sa capacité à s'adapter aux fluctuations chaque jour plus brutales du marché…"

 

Une société peut être tellement mieux organisée que ses concurrentes qu'elle est préférée par les clients. Cette organisation supérieure peut se traduire par des délais plus courts, indispensables dans certains cas, ou par une qualité constamment irréprochable, ou une souplesse extrême d'adaptation aux demandes de la clientèle, etc.

 

C'est ainsi que certains vêtements à la mode doivent être produits à la demande en deux jours, avec une qualité parfaite ; la cliente qui veut partir en vacances avec est alors prête à payer cher. Il y a des sociétés françaises qui se sont spécialisées dans ce type de vêtements, où le service rendu compte autant que le produit lui-même.

 

La délocalisation de ce type d'activité est impossible parce qu'il faut une communauté de langue et de culture pour comprendre les désirs des clientes, ainsi que des délais de transport et livraison minimes.

 

Le fonctionnement des multinationales modernes repose beaucoup sur des innovations organisationnelles. Alors que traditionnellement un fabricant informatisait seulement sa gestion de production pour en optimiser le coût, la quantité de stocks et le délai, aujourd'hui une multinationale éclate l'étude et la fabrication d'un article final entre autant de sites industriels qu'il faut pour optimiser aussi bien le coût d'étude, le coût de production et les impôts. Elle profite de ce que les coûts de transport se sont effondrés, et de ce que la communication entre sites par Internet est quasi gratuite et instantanée. Et au passage, la répartition d'une fabrication entre plusieurs sites met davantage l'entreprise à l'abri de mouvements sociaux ou d'événements politiques dans un pays donné.

 

Le constructeur de PC DELL, encore lui, est un excellent exemple d'innovation organisationnelle. Son modèle de distribution permet une rotation des stocks beaucoup plus rapide que celle de ses concurrents : DELL n'a que 5 jours de stock, 10 fois moins que ses concurrents.

 

La France a aussi un savoir-faire organisationnel remarquable, par exemple dans le domaine des paquebots de luxe, où les Chantiers de l'Atlantique construisent des bateaux de rêve dans des conditions de qualité, de prix et de délai uniques au monde.

Importance des divers types d'innovations par secteur d'activité

Source : [23] page 87.

 

 

Importance comparée des divers types d'innovations par secteur d'activité

 

Les services innovants

L'innovation ne concerne pas que des articles fabriqués, elle concerne encore plus souvent les services. Sur Internet, les services de vente en ligne et les moteurs de recherche ont un succès qui se chiffre en milliards. Internet apporte en la matière des avantages décisifs : pour vendre en ligne dans tous les pays il n'y a plus besoin d'y établir des réseaux de vente et de respecter des horaires de travail : grâce aux moteurs de recherche qui font connaître les produits ou les services, on peut en quelques semaines vendre dans des dizaines de pays avec des frais commerciaux et marketing à peu près nuls, donc avec une compétitivité maximale.

        Exemple : le site de la SNCF http://www.voyages-sncf.com/ est le site Internet commercial le plus populaire de France, avec ses offres de billets de train, de réservations d'hôtel, de location de voiture, etc.

Moderniser les services publics

Parmi les services Internet, les sites des services publics http://www.service-public.fr/ font gagner beaucoup de temps aux citoyens parce qu'ils donnent accès aux textes législatifs et réglementaires, aux renseignements administratifs, aux déclarations en ligne d'impôts ou autres, etc. L'existence de tels services fait beaucoup pour la compétitivité du pays, en faisant gagner du temps dans les démarches comme les routes, aéroports et voies ferrées font gagner du temps dans les transports.

        Malheureusement, l'administration française a encore beaucoup à faire pour se moderniser. Voici des citations du ministre de l'Economie et des Finances Francis Mer dans son livre [5] :

§           Page 15

[La productivité du fonctionnaire français] "est donc bien inférieure à ce qu'elle pourrait être s'il utilisait les innovations qui sont à sa disposition tout en changeant de méthode pour continuer à atteindre le même objectif : la satisfaction du client/usager/contribuable au moindre coût pour la collectivité. En investissant intelligemment mais fortement dans l'informatique, tout en réorganisant les processus de production, beaucoup de missions pourraient être effectuées avec beaucoup moins de moyens humains. D'autres seraient simplifiées, voire abandonnées, dès lors que l'on constaterait qu'elles n'ont plus de justification."

§           Page 16

"Ce que j'ai proposé aux fonctionnaires est de libérer leur travail de ses parties les plus répétitives."

Et M. Mer cite page 15 l'exemple de la sidérurgie pour fournir un ordre de grandeur de l'amélioration de productivité qu'on peut espérer d'une informatisation avec réorganisation : "Dans la sidérurgie, le temps humain nécessaire pour produire une tonne d'acier brut a été divisé par trois durant les quarante dernières années."

§           Pages 30 et 31, M. Mer précise :

"Je pense que le potentiel d'amélioration de la productivité dans l'administration se situe entre 20 % et 25 % du coût de fonctionnement. C'est considérable. Une partie de ce gain doit être redistribuée aux chefs et à l'ensemble des équipes. Pas seulement sous forme d'argent mais aussi de conditions de travail, d'autonomie et de liberté."

 

L'opinion de M. Mer est confirmée par [6] pages 68-69, où on lit ceci :

"Dans une lettre au ministre, datée de septembre 1977, le regretté Jean Choussat écrivait : « Au risque de soulever un tollé, disons que les sureffectifs de la fonction publique sont au minimum de 10 %, soit 500 000 agents. » Les dépenses de personnel représentent les deux tiers des dépenses publiques qui s'élèvent à 50 % du PIB; [54.7 % en 2005] c'est donc 3 à 4 % du PIB que l'on pourrait ainsi économiser."

 

Cette information est importante : la modernisation de sa fonction publique (administration d'Etat et territoriale) permettrait à la France de disposer des marges budgétaires nécessaires à une politique volontariste de R&D [10], dont elle n'a pas les moyens aujourd'hui. Et cette modernisation passe par une innovation dans les méthodes de travail et une intensification de l'utilisation des TIC.

L'innovation financière

Dans beaucoup de pays musulmans, les services financiers sont peu développés, parce que le Coran interdit le prêt d'argent avec intérêt. Les gens qui disposent d'argent épargné ne peuvent donc pas facilement le prêter à une banque, pour que celle-ci le prête à son tour à des entreprises. Celles-ci ont donc un énorme problème de financement qui handicape sérieusement leur développement.

 

L'innovation financière a consisté à trouver des montages qui contournent l'interdiction religieuse, pour mettre quand même l'argent des épargnants à la disposition des entreprises. Les banques se sont arrangées, par exemple, pour remplacer l'intérêt servi aux prêteurs par une participation à des bénéfices. L'hypocrisie du système est certaine, puisque l'astuce est de jouer sur les mots, mais il marche !

 

Dans nos pays, les services bancaires innovants en matière de crédit ou de placement ont le vent en poupe.

Le délai de mise sur le marché

Très souvent, plusieurs fournisseurs travaillent à développer des produits semblables, qui se retrouveront en concurrence lors de leur arrivée sur le marché. Celui qui arrive le premier bénéficie alors d'un avantage concurrentiel important :

§           C'est lui que les médias annoncent comme nouveauté, lui faisant ainsi une publicité importante qui le fait connaître, lui seul, pour les fonctionnalités et les services qu'il rend ;

§           C'est donc lui et lui seul que les consommateurs apprennent à connaître pour ces fonctionnalités ;

§           Lorsqu'un second produit arrive sur le marché, il reçoit bien moins d'attention des médias, car ce qu'il offre n'est pas nouveau. Et certains consommateurs ont tendance à préférer le premier produit, parce qu'ils en ont davantage entendu parler ou qu'ils considèrent qu'il a plus d'expérience.

 

Une innovation a d'autant plus de valeur qu'elle arrive tôt sur le marché, avant ses concurrentes.

 

Autre cas important : celui où le fournisseur ne fait que satisfaire la demande d'un client de développer un produit ou un service nouveau.

Exemple : la fourniture par un constructeur de modems d'un nouveau type de modem ADSL permettant un accès téléphonique au réseau Internet à une distance plus grande du central (technologie ReADSL - Reach Extended ADSL, ou ADSL 512K étendu). Cela permet à des clients dont la ligne téléphonique mesure 7 km d'avoir un accès Internet haut débit ADSL, alors que jusqu'à ce jour la distance limite au répartiteur était de 5 km. En vendant de tels modems, un fournisseur d'accès à Internet peut desservir en haut débit beaucoup plus de clients qu'auparavant, sans devoir investir en création de lignes courtes ou de lignes en fibre de verre. Le problème du fournisseur de modems est alors de développer les nouveaux produits très vite, le plus vite possible, pour que son client batte ses concurrents fournisseurs d'accès ; la valeur de l'innovation est d'autant plus grande qu'elle arrive vite sur le marché.

L'agilité

L'aptitude d'une entreprise ou d'un pays à s'adapter très vite à de nouvelles technologies, de nouvelles règles du commerce international, de nouvelles possibilités de transporter ou de communiquer vite et pas cher s'appelle l'agilité. Or celle-ci dépend d'abord de la disponibilité d'hommes et d'organisations capables d'assimiler et de mettre à profit les nouvelles possibilités, c'est-à-dire d'en faire des opportunités ; et ces hommes et organisations ne peuvent donner leur pleine mesure que si la législation (du travail et du commerce) et les mécanismes de financement (notamment le capital risque) sont propices aux évolutions [22].

 

Un pays entier est d'autant plus compétitif qu'il dispose de davantage de spécialistes et d'entreprises capables d'innover, et d'innover vite.

 

Il a besoin pour cela de former le maximum de techniciens de haut niveau, de disposer du maximum de pôles de compétitivité et de centres de recherche, et de la meilleure infrastructure de communications possible (Internet) pour que les chercheurs et les entreprises qui coopèrent à la mise au point des nouveautés puissent travailler ensemble efficacement. Enfin, il a besoin d'investissements de type capital risque prêts à financer des produits innovants.

Un exemple militaire illustre l'impact de la haute technologie. Avec des bombes classiques lancées d'avions, pour détruire un objectif industriel il fallait 10 tonnes de bombes à l'hectare et un bombardier. Avec des missiles air-sol à guidage laser ou GPS il en suffit d'un de 250 kg (deux pour plus de sûreté) et un même bombardier peut traiter une dizaine d'objectifs en une seule mission. L'économie de moyens et de temps est énorme et les dommages collatéraux sont réduits.

 

Par rapport à un pays qui se bat contre ses concurrents grâce à une main d'œuvre abondante et bon marché, un pays qui mise sur le nombre, la qualité et le délai de mise sur le marché de ses innovations a un gros avantage : celui de l'intelligence sur la force brute. C'est le plus gros atout des pays avancés contre la Chine, mais il exige une fuite en avant technologique permanente.

 

Autre problème : quand une entreprise sort une innovation, celle-ci est aussitôt imitée par ses concurrents, qui la rattrapent au bout de quelques mois. De nos jours, le temps pendant lequel l'innovation initiale reste en avance se réduit de plus en plus, parce que les entreprises ont appris à surveiller leurs concurrentes et à réagir de plus en plus vite. La veille technologique et la veille produit sont devenues très importantes. Les universitaires (pour leur enseignement) et les chercheurs sont dans la même situation.

 

L'économie moderne est une économie de la connaissance

 

Les méthodes de vente ou de promotion innovantes

Une innovation peut aussi être purement commerciale : on vend autrement. Avant même de vendre sur Internet, des marques ont fait fortune en vendant par des réunions de mères de famille, comme les boîtes pour réfrigérateur Tupperware. Aujourd'hui, les fabricants d'imprimantes couleur ne gagnent plus d'argent sur celles-ci, vendues une centaine d'euros ; tout leur bénéfice vient des ventes de leurs fournitures consommables, encres et papiers.

 

Autre exemple : les ventes sur Internet n'ont pas tué et ne peuvent pas tuer les ventes en magasin. Il restera toujours des articles pour lesquels le conseil des vendeurs et l'essai ou la prise en main de l'objet sont indispensables. L'innovation pour de tels articles consiste à faire connaître le rôle de conseil et la compétence des vendeurs du magasin. Dans certains cas où ce rôle peut se contenter d'une conversation téléphonique, c'est la vente par téléphone qu'on privilégiera.

Le dynamisme des entreprises innovantes

Voici un exemple, extrait du Figaro économie du 12/10/2005, article "Sans ses usines, Kindy va beaucoup mieux".

§           De 800 salariés en 1999, l'entreprise est passée à 354 en 2005, en délocalisant sa production de chaussettes en Asie.

§           Conséquences : malgré un chiffre d'affaires en recul de 5 % (50 millions d'euros) dû à la baisse des prix, le résultat d'exploitation progresse de 35 % (4.6 millions d'euros) et l'action a pris 31 % depuis le 01/01/2005, après avoir décuplé en 3 ans.

§           Chine et Indonésie représentent 30 % des approvisionnements en 2005. Transports et droits compris, la fabrication en Asie revient 25 % moins cher qu'en Turquie. Kindy a ainsi pu baisser ses prix de 15 % pour résister à la concurrence.

§           Avec son personnel français, Kindy fait beaucoup d'innovations : 20 % de ses produits sont nouveaux : produits en coton équitable, coton bio, fibre de bambou…

§           Bien gérée et profitable, Kindy rachète ses concurrents français en difficulté : Mariner en 1996, Baby Love en 2005.

Classement des activités de fabrication selon leurs budgets de R&D

Selon [8] page 108 les différents types d'activités de fabrication dépensaient en 2002 des pourcentages différents de leur chiffre d'affaires :

 

 

Type d'activité

Pourcentage
de R&D
par rapport au
chiffre d'affaires

Exemples d'industries

Haute technologie

>5 %

Aérospatiale, pharmacie, informatique,
matériel radio, TV et télécommunications,
matériel médical, instruments de précision

Technologie
moyenne-haute

1.5 - 5 %

Appareils électriques, automobile, chimie
non pharmaceutique, matériel de transport

Technologie
moyenne-basse

0.7-1.5 %

Combustible coke et nucléaire, raffinage
pétrolier, caoutchouc et plastiques,
construction navale, métallurgie

Basse technologie

<0.7 %

Fabrications diverses, industries du bois
et du papier, imprimerie et publication,
produits alimentaires, textiles

 

 

Classement des activités de services selon leurs budgets de R&D

Selon [8] page 110 les différents types d'activités de services dépensaient en 2002 des proportions différentes de leur chiffre d'affaires en R&D. Exemples :

 

 

Type d'activité

Pourcentage
de R&D
par rapport au
chiffre d'affaires

Exemples de services

Haute technologie

>5 %

Développement de logiciel : 21.4 %
Recherche sous contrat 17.6 %
Santé : 15.1 %
Conception systèmes d'information : 14.3 %
Ingénierie, architecture : 5.3 %

Technologie
moyenne-haute

1.5 - 5 %

Commerce : 5 %
Services d'information : 4 %
Services aux fabricants : 3 à 4 %
Services aux industries minières : 3.2 %

Technologie
moyenne-basse

0.7-1.5 %

Télévision, radio, télécommunications : 0.7 %

Basse technologie

<0.7 %

Services financiers, assurances, bâtiment et TP : 0.6 %
Transports en entrepôts : 0.5 %

 

Moyenne

3.6 %

 

 

Selon [23] page 25, voici un graphique comparant les ratios R&D / ventes des 700 premières entreprises mondiales :

 

 

Rations R&D / ventes des 700 premières entreprises mondiales

 

Recherche et développement sont la base de l'innovation

(Voir la définition de la R&D en [10].)

 

Le plus souvent, la création d'un produit nouveau ne peut se contenter d'une bonne idée, elle doit commencer par des recherches. C'est ainsi que L'Oréal, leader mondial des cosmétiques, soins du cheveu, maquillage et parfums, avait il y a quelques années plus de docteurs ès sciences en biologie ou biochimie que le CNRS ; dans ses laboratoires, ses chercheurs étudiaient des molécules et combinaisons de molécules capables de soigner et d'embellir. Les centaines d'entreprises du groupe L'Oréal utilisaient ensuite les résultats des recherches pour sortir à jet continu de nouveaux produits. Le site Internet de la recherche L'Oréal, http://www.loreal.fr/_fr/_fr/recherche/homerech.aspx , nous apprend qu'au cours des dix dernières années le groupe a consacré plus de 2 milliards d'euros à la recherche et qu'en 2003 il a déposé 515 brevets.

 

Les résultats issus des laboratoires doivent ensuite être transformés en produits : c'est la phase de développement, qui précède la phase d'industrialisation. La puissance, la croissance et la pérennité d'un groupe reposent aujourd'hui sur sa capacité d'innovation, elle-même assise sur la R&D. Les groupes puissants comme L'Oréal ont une capacité d'innovation telle que des concurrents qui se contenteraient d'imiter ou de contrefaire leurs produits auraient toujours suffisamment de retard pour être obligés de vendre avec des marges faibles.

 

L'impact économique de l'innovation industrielle vient de ce que les produits nouveaux comme la téléphonie mobile et l'informatique multimédia créent des demandes de la part des consommateurs et du chiffre d'affaires pour les vendeurs ; ils sont un moteur de l'économie. Même dans des articles qui ont plus d'un siècle comme l'automobile, ce sont les améliorations et les innovations qui font vendre.

Lien entre recherche et croissance

Selon [23] page 11 :

§           "Le lien existe entre recherche et croissance.

§           La croissance économique dépend, en grande part et à moyen terme, de la dynamique de la productivité, qui trouve elle-même sa source dans la Recherche-Développement.

§           Ce lien passe par l’adoption des innovations dans l’industrie et les services, par du progrès technique, éventuellement incorporé dans le capital, mais aussi par l’enseignement et la formation (capital humain)."

 

Le progrès actuel consiste pour beaucoup à mettre en relation des connaissances, à en permettre la synthèse, grâce aux Technologies de l'Information et des Communications (TIC). Celles-ci ont permis d'ouvrir de nouvelles activités et de changer l'organisation du travail.

 

Selon [23] page 15 :

"…30 % de la croissance américaine entre 1950 et 1993 peuvent être attribués à une amélioration du niveau d’éducation, et 50 % à l’effort de R&D (mondial, pas seulement américain)."

 

Or selon [23] page 20, l'Europe à 15 prend de plus en plus de retard dans ses dépenses de R&D par rapport aux Etats-Unis, puisque ses dépenses qui représentaient 87.9 % de celles des Etats-Unis en 1995 n'en représentaient plus que 55.6 % en 2001.

 

C'est ainsi que [23] page 28 nous apprend que l'écart de productivité croissant entre les Etats-Unis et l'Union européenne vient des TIC : entre 1995 et 2001, les services utilisant des TIC ont vu leur productivité croître de 5.3 % par an aux Etats-Unis contre 1.8 % (le tiers !) en Europe. Et cet écart de productivité explique la différence de croissance du PIB, donc de l'emploi.

        Le graphique ci-dessous, issu de [23] page 39, illustre cette évolution comparée de la productivité du travail pour les périodes 1990-1995 et 1995-2001 :

 

 

Evolution comparée de la productivité du travail

 

La France dépose moins de brevets que ses concurrents

Selon [29] qui cite l'INSEE, en 2001 la France a déposé 7 175 brevets, alors que le Japon en a déposé 18 844, l'Allemagne 23 310 et les Etats-Unis 28 515. En outre, les entreprises françaises font un effort de R&D inférieur à la moyenne de celles des pays de l'OCDE, en y consacrant 1.36 % du PIB, contre 3 % pour la Suède, 2.5 % pour la Finlande et 1.78 % pour l'Allemagne.

Ne pas oublier l'intelligence économique

Pour une entreprise, la connaissance nécessaire à l'innovation passe aussi par l'intelligence économique, c'est-à-dire la connaissance des techniques et des projets de ses concurrents, ainsi que celle des chiffres d'affaires des produits et services des divers acteurs importants de son marché.

 

La première nécessité est de surveiller les publications des concurrents sur Internet : annonces commerciales, budget de R&D, brevets, etc.; il existe des sociétés qui se chargent de cette veille concurrentielle et technologique, et des logiciels qui surveillent automatiquement les nouveautés qui apparaissent sur un site Internet donné. Il y a aussi des logiciels français très performants dans le domaine de l'analyse stratégique des informations, comme Business Objects, mais les données dont ils se nourrissent proviennent souvent de renseignements confidentiels qu'il faut savoir se procurer.

Conséquence politique : évoluer vers la haute technologie

Tous les pays avancés, et parmi eux la France, sont donc condamnés à une perpétuelle fuite en avant consistant à innover pour échapper à la concurrence ou pour la battre. Cette course ne finira jamais, il restera toujours des objets et des techniques à inventer, des procédés à optimiser et des besoins à satisfaire : dans une course contre soi-même, on peut toujours se dépasser.

 

Le rapport [1] résume cela ainsi :

"A régime démographique donné, la seule « source » de croissance qui peut indéfiniment augmenter le PIB est le progrès technique."

[Notez bien : "la seule" ; cela exclut des artifices comme la RTT, qui consiste à produire autant avec plus de personnes qui se partagent le travail, artifice qui coûte très cher à la France.]

 

Comme l'écrivait l'éditorialiste Thomas L. Friedman dans The New York Times du 07/03/2004 :

 

"L'Amérique est la source d'innovations la plus féconde de tous les temps, source qui n'est pas près d'être égalée car elle résulte d'une multitude de facteurs :

§           Une liberté de penser totale ;

§           Une prédilection pour des réflexions indépendantes ;

§           Un flot continu d'immigration de nouveaux esprits ;

§           Une culture qui aime prendre des risques et ne culpabilise pas les échecs ;

§           Une administration non corrompue ;

§           Des marchés financiers et des capitaux-risques qui n'ont pas leur égal dans l'art de transformer des idées nouvelles en produits de classe mondiale."

 

Voilà un message que nos télévisions devraient faire passer jusqu'à ce que les Français aient compris que la réponse aux délocalisations et sous-traitances n'est pas d'interdire les licenciements ou de réclamer des aides, mais de se former, d'innover et d'entreprendre.

L'explosion des demandes de brevet international

Selon l'Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle (OMPI) et les tableaux de son communiqué [26], le nombre de demandes de brevets internationaux est en augmentation rapide : en 2005 il y en a eu 134 073, soit 9.4 % de plus qu'en 2004. Le Japon se distingue, ainsi que la Corée, la Chine et la Finlande. Les Etats-Unis restent le premier pays en nombre de brevets, suivis par le Japon. Le classement de la France est moyen. Le communiqué met en évidence les domaines d'activité dans lesquels le nombre de brevets croît le plus vite : télécommunications (18.3 % en un an), filtres et prothèses médicales (12.3 %), nouveaux matériaux (10.1 %), etc.

La capacité d'innovation de la France recule

Des dizaines de rapports officiels comme [1] et [2], étudiés à la demande du gouvernement français, recommandent une évolution de toute notre économie vers la haute technologie, la connaissance et l'innovation. Voici une citation de [4] :

"… le groupe de travail a bien évidemment été convaincu de la nécessité de développer bien davantage qu'aujourd'hui les mesures de soutien à l'innovation, à la recherche-développement, à l'intelligence économique et aux activités technologiques de haut de gamme riches en valeur ajoutée [25]. Un triple effort de productivité, de compétitivité et de production de richesses est absolument nécessaire pour que la France rattrape ses concurrents directs traditionnels et évite d'être dépassée par les nouvelles puissances économiques montantes qui, en ce domaine, n'ont déjà plus rien à envier aux vieilles nations industrielles."

 

Le rapport [1] fournit même page 30 un diagnostic précis :

"La France est confrontée, en effet, à trois évolutions majeures qui, ensemble, bousculent un modèle à bout de souffle :

·            La rapidité des évolutions technologiques,

·            le vieillissement démographique des économies européennes,

·            et la poussée de la mondialisation."

"…malheureusement, la France est plutôt moins prompte que ses principaux partenaires à tirer profit de cette évolution majeure. Elle doit fournir un effort signalé de redressement de ses résultats en matière de recherche et d’innovation pour rejoindre le peloton de tête des pays qui relèvent avantageusement ce défi."

 

Le rapport [8] publie pour 1995 et 2001 un indice de capacité d'innovation de divers pays basé sur deux critères : les dépenses, brevets et publications de R&D et les compétences disponibles pour la R&D. Voici les 17 pays les mieux classés de la table des indices de capacité d'innovation (page 114) :

 

 

 

1995

2002

Rang

Pays

Indice

Pays

Indice

1

Suède

0.957

Suède

0.979

2

Finlande

0.947

Finlande

0.977

3

Canada

0.947

Etats-Unis

0.927

4

Etats-Unis

0.946

Danemark

0.926

5

Australie

0.944

Norvège

0.923

6

Danemark

0.934

Australie

0.920

7

Norvège

0.929

Canada

0.907

8

Royaume-Uni

0.914

Royaume-Uni

0.906

9

Pays-Bas

0.912

Belgique

0.894

10

Belgique

0.911

Pays-Bas

0.888

11

Japon

0.906

Japon

0.885

12

France

0.902

Nle. Zélande

0.879

13

Allemagne

0.889

Suisse

0.877

14

Nle. Zélande

0.874

Islande

0.876

15

Suisse

0.871

Taiwan

0.865

16

Autriche

0.852

France

0.863

17

Taiwan

0.852

Autriche

0.852

Indice de capacité d'innovation des Nations unies en 1995 et 2001

 

 

On remarque que la France est passée en 7 ans de la 12ème à la 16ème place, derrière Taiwan et l'Islande. La Suède et la Finlande restent aux deux premiers rangs et leurs indices ont progressé, alors que l'indice de la France a régressé. L'Allemagne, aussi mal gouvernée que la France, est passée du 13ème au 18ème rang.

 

L'indice de capacité d'innovation n'est pas une abstraction sans importance. Le graphique ci-dessous, issu de [8] page 115, montre pour 2001 une forte corrélation entre cet indice et le PIB par habitant (dont on a pris le logarithme) :

 

 

Corrélation entre l'indice de capacité d'innovation et le (log du) PIB par habitant

 

 

La croissance linéaire du logarithme du PIB par habitant avec l'indice de capacité d'innovation implique une croissance exponentielle du PIB par habitant avec cet indice.

 

Le recul de la France selon l'indice de capacité d'innovation est donc un présage inquiétant pour l'évolution de notre PIB par habitant, donc notre niveau de vie et nos emplois.

Un problème de moyens financiers dû aux gaspillages de l'Etat

Dans [1] pages 25 et 26 on apprend que la France a un fort déficit d'investissements, en particulier dans les hautes technologies, et que c'est ce déficit qui handicape notre croissance économique et explique notre chômage :

"…sur la période 1996-2001, les investissements en biens TIC ont représenté en France 2,5 % du PIB et 17 % de l’investissement total, contre respectivement 4,5 % et 28 % aux États-Unis et 3 % et 22 % au Royaume-Uni."

"Aussi significatif est le recul continu de la part des investissements publics dans le PIB. Entre 1959 et 1991, la croissance annuelle moyenne du volume de l’investissement public a été de plus de 3½ %, ce résultat diffère profondément de celui constaté entre 1991 et 2000, où l’investissement public s’est contracté de 1.2 % par an. La part de l’investissement public dans le PIB a évolué des années 1960 jusque dans les années 1990 dans un « couloir » de 1 point autour d’une valeur moyenne de 5 %. Tout au long des années 1990, cette part a régulièrement chuté, perdant au total un point sur la période, alors même que la part des dépenses publiques totales dans le PIB a augmenté."

 

[8] page 105 nous apprend qu'entre 1996 et 2002, les dépenses en R&D de la Chine ont été multipliées par 3.2, et qu'elles représentaient en 2002 près de la moitié des dépenses françaises. (On ne sait pas si les budgets indiqués sont à parité de pouvoir d'achat, car s'ils ne le sont pas, alors la Chine dépensait déjà plus en R&D en 2002 que la France…)

 

Or comme le rappelle le rapport PEBEREAU [20] pages 3 et 4, la raison du manque de moyens financiers de la France pour préparer son avenir est l'excès de dépenses de l'Etat, qui dure depuis 25 ans :

"Ces 25 dernières années, l’effort en matière de recherche et d’enseignement supérieur a stagné et les investissements publics ont diminué. La dette n’a donc pas financé un effort structuré en faveur des dépenses les plus utiles à la croissance et à la préparation de l’avenir.

Une large partie de l’augmentation de la dette a été utilisée pour financer les dépenses courantes de l’État et pour reporter sur les générations futures une part croissante de nos propres dépenses de santé et d’indemnisation du chômage, alors que ceci devrait être exclu par principe."

"…ces dix dernières années, les dépenses de l’État ont été supérieures à ses recettes de 18 % en moyenne."

L'Union (européenne) fait la force

Les divers pays de l'Union européenne devraient mettre en commun leurs budgets de R&D au moyen de coopérations entre leurs industriels, leurs centres de recherche et leurs universités autour de projets multinationaux ambitieux. Comme l'écrit M. Dominique Strauss-Kahn dans [21] :

"1€ en France + 1€ en Allemagne + 1€ en Italie sont moins efficaces que 3€ au niveau européen".

Conclusions sur l'importance de l'innovation

D'après [8] page 117 :

§           L'innovation est indispensable au développement économique.

§           La plus importante source d'innovation est la R&D, que ce soit pour l'industrie ou pour les services.

§           Dans une entreprise, l'innovation implique des échanges avec d'autres entreprises ou organismes.

§           L'effort gouvernemental est vital pour la recherche fondamentale, la formation de base et universitaire, la législation favorable à l'innovation et les investissements à long terme.

§           Il y a une concentration géographique de la R&D des entreprises, d'où l'intérêt de pôles de compétence associant universités, laboratoires et entreprises comme [17].

§           L'innovation a besoin d'échanges d'information constants, d'où l'importance du réseau Internet et des publications qu'on y fait. Les systèmes d'innovation nationaux deviennent de plus en plus interdépendants.

L'adaptation de la main d'œuvre

Dans tous les classements des pays avancés d'après les performances scolaires de ses jeunes c'est la Finlande qui arrive en tête. Il n'est pas surprenant, alors, de constater que ce pays est aussi classé le plus compétitif du monde en 2003 comme en 2004, c'est-à-dire celui qui a la meilleure aptitude de l'ensemble des institutions et politiques économiques à favoriser la croissance à moyen terme [7]. Et nous avons vu ci-dessus son excellent classement en matière de capacité d'innovation.

 

La condition première, incontournable, de l'innovation, est le niveau d'études. Il faut d'abord un excellent niveau scolaire, sans lequel on ne peut accéder aux connaissances scientifiques à même de permettre la recherche, pas même à celles permettant de participer au développement. Et la France a fort à faire en ce domaine, à en juger par la désaffection croissante des étudiants pour les matières scientifiques [13] et le fait que c'est un des très rares pays à dépenser plus pour un élève du secondaire que pour un étudiant du supérieur.

 

Voici ce qu'on trouve à ce propos pages 17-18 dans [15] :

"Le triangle gagnant : formation-éducation supérieure/recherche/entreprises industrielles ne fonctionne pas en France, contrairement aux États-Unis. Les jeunes élites ne se dirigent plus vers les filières universitaires (ou grandes écoles) scientifiques et industrielles ; même lorsqu’elles le font, elles ne sont plus attirées à la sortie du système éducatif par les métiers de recherche appliquée dans l’industrie. Le lien formation supérieure-recherche s’est brisé : les grandes structures de recherche type CEA et CNRS ne sont plus efficaces ; les grands corps de l’État (Mines, Ponts…) et les grandes directions DGA, DGEMP ont perdu de leur pouvoir et ne sont pas remplacées.

La recherche publique et technologique s’est enfin peu à peu déconnectée du monde de l’industrie, faute d’une vision stratégique de l’État. Bref, c’est tout le modèle français associant formation des élites – marchés publics – culture scientifique qui est en cause, certains soulignant même qu’il est d’abord mis à mal par le poids des marchés financiers dans les décisions quotidiennes des grands groupes."

"La politique française en faveur de l’éducation et de la recherche est insuffisante ; la politique française industrielle, dont l’appellation même a été fortement décriée, n’existe plus et se résume à un interventionnisme à court terme au coup par coup, sans aucune vision stratégique."

"… il est urgent « de réagir et d’adopter un mode survie ». Au cœur de cette stratégie, la nécessité de placer la recherche appliquée au premier rang des priorités. Sans capacité technologique entretenue, la France sera rapidement ramenée au rang de pays moyen, à la croissance molle, vivant de services à faible productivité."

 

Voici un extrait de [27] pages 77-78 :

"Dans le contexte émergent de l’économie de l’information fondée sur la connaissance, favoriser le développement d’un apprentissage fondé sur les savoir-faire et la capacité à innover dans les métiers de l’artisanat, de l’industrie, de la construction ou de la restauration est nécessaire. Néanmoins, une véritable stratégie de développement permettant une forte création d’emplois requiert une population de plus en plus qualifiée, et principalement des actifs ayant bénéficié d’une formation supérieure. Le mal français vient de ses vieilles traditions élitistes qui considèrent les universités comme des parkings pour soulager provisoirement les files d’attente au guichet de l’ANPE, tandis que les grandes écoles constituent les « filières d’excellence » qui lui fournissent son élite."

"…la mauvaise insertion professionnelle des jeunes diplômés français crée un risque nouveau : que cet effort d’éducation profite à d’autres pays que la France par l’émigration. Il est urgent d’adopter un système de formation supérieure plus modulaire, avec des passerelles entre la vie active et la formation, et un système d’enseignement dont le but principal n’est plus, comme hier, de sélectionner une élite dans des classes d’âge supposées à tort pléthoriques, mais de permettre à chacun de construire ce qu’il peut à partir de ses compétences propres.

Jusqu’à présent, la France a surtout favorisé un modèle de gouvernance de plus en plus procédural, voire bureaucratique, reposant au départ sur la sélection d’une élite républicaine par un système de concours nationaux aux critères très sélectifs. Un tel système a un coût humain élevé, en raison du déclassement de tous les recalés du système de sélection. Il devient incompatible avec une diminution des effectifs des jeunes générations et des problèmes de remplacement des actifs âgés sur le marché du travail.

Dans le contexte international de libre circulation de jure et d’unification de facto du marché du travail européen, un nombre croissant de jeunes sont en situation de « zapper » non seulement entre les entreprises et les métiers, mais aussi entre les pays. Vu les piètres conditions du marché français du travail, des jeunes diplômés sont aujourd’hui incités à travailler plusieurs années à Londres ou à Dublin où ils bénéficient souvent d’une embauche rapide, d’une meilleure rémunération et d’une promotion également rapide en cas de satisfaction. Des jeunes chercheurs trouvent intérêt à s’expatrier aux États-Unis d’Amérique,…"

 

Il faut donc saluer l'annonce par le Président de la République le 05/01/2005 de la création d'une « Agence pour la promotion de l'innovation industrielle », suite au rapport de M. Jean-Louis Beffa sur la politique industrielle [2]. Cette agence favorisera financièrement des partenariats entre de grandes entreprises privées et des établissements publics d'enseignement et de recherche, avec 2 milliards d'euros de subventions d'ici 2007.

 

On peut cependant regretter que, malgré les engagements du Conseil européen de Lisbonne des 23 et 24 mars 2000 [16], aucune coopération européenne en matière de recherche et développement n'ait encore vu le jour, 5 ans après, et qu'aucune n'ait été annoncée par le Chef de l'Etat en même temps que la nouvelle Agence.

De plus en plus d'emplois menacés de délocalisation

La Chine (1.3 milliard d'habitants) et l'Inde (1.1 milliard d'habitants) forment plus de scientifiques que les Etats-Unis, le Japon et l'Union européenne réunis [31]. Et comme beaucoup de ces scientifiques sont de bon niveau mais nettement moins bien payés que leurs homologues des pays avancés, leur travail est offert sur le marché mondial à des prix très inférieurs aux nôtres. Les Indiens ont même l'avantage d'avoir fait leurs études en anglais, langue internationale.

 

 

Milliers d'ingénieurs ou équivalents diplômés chaque année
d'après l'UNESCO,
National Science Foundation (USA) et l'Education nationale

 

Que faire des travailleurs peu qualifiés ?

Hélas on ne peut convertir tous les travailleurs à des métiers de haute technicité, ni former tous les jeunes au niveau BAC+2, désormais minimum pour beaucoup de qualifications. Dans [4] on lit ceci :

"… il n'est pas douteux que le nombre des emplois de chercheurs, d'ingénieurs, de commerciaux de l'industrie technologique en devenir n'équilibrera pas le nombre d'emplois ouvriers que l'industrie traditionnelle perd chaque jour.

[Le rapport a raison, mais il oublie de rappeler que chaque emploi perdu dans l'industrie traditionnelle est plus que compensé par un emploi créé dans les services.]

Il est certes indispensable de se préoccuper des fonctions à haute valeur ajoutée et productivité placées de plain pied dans la compétition internationale, mais il est tout autant nécessaire d'accorder de l'importance aux activités susceptibles d'être développées dans les secteurs protégés de cette concurrence, et par nature non délocalisables.

Paradoxalement, cette dimension semble négligée par la plupart des économistes et des décideurs, quand elle n'est pas critiquée, comme en témoignent les commentaires du modèle de croissance espagnol. Pour le groupe de travail, au contraire, les deux démarches, loin d'être concurrentes, sont bien complémentaires pour assurer l'équilibre du marché du travail. Du fait de ses caractéristiques, la France dispose d'un très important potentiel de croissance dans des domaines aussi divers que, par exemple, le tourisme, le bâtiment et les services à la personne, tous secteurs qui présentent la triple caractéristique d'avoir un fort contenu en emplois, de n'être pas délocalisables et de bénéficier d'une réelle demande potentielle immédiate et à moyen terme."

 

Pour prouver qu'il y a et qu'il y aura de plus en plus d'emplois non qualifiés ou peu qualifiés, bien entendu avec une rémunération plus modeste que celle des emplois qualifiés, voici trois tableaux extraits de [14] :

 

 

Evolution de l'emploi par niveau de qualification

 

 

Emplois en 2010
(milliers)

Taux de croissance (%)

1990-2000

2000-2010

Ouvriers non qualifiés

2812

-5.8

5.8

Ouvriers qualifiés

5130

-1.7

11.9

Employés de commerce et de services aux particuliers

3568

14.7

24.9

Autres employés

4130

1.0

6.1

Professions intermédiaires

1843

9.6

15.1

Cadres

5179

17.7

24.7

 

 

 

Notez la croissance de 24.9 % entre 2000 et 2010 des "Employés de commerce et de services aux particuliers".

 

 

Evolution de l'emploi par domaine professionnel

 

 

Emploi
2010
(milliers)

Taux de croissance
en %

1990 -
2000

2000 -
2010

A- Agriculture, marine, pêche, sylviculture

808,2

-29,5

-19,7

B- Bâtiment, travaux publics

1611,9

-15,8

1,2

C- Électricité, électronique

328,1

13,8

4,9

D- Mécanique, travail des métaux

1365,8

-1,7

5,4

E- Industries de process

1254,8

2,5

16,3

F - Industries légères

409,6

-27,9

-14,0

G- Maintenance

703,8

3,3

13,6

H-Ingénieurs et cadres de l’industrie

147,5

-1,3

10,3

J- Tourisme et transports

2041,5

6,6

17,4

K - Artisanat

106,0

-5,7

0,0

L- Gestion, administration

3006,5

0,9

19,0

M- Informatique

590,2

47,0

53,0

N- Études et recherche

426,9

50,8

66,3

P-Fonction publique, professions juridiques

1 570,0

8,1

1,1

Q-Banques et assurances

574,6

-1,0

2,8

R- Commerce

2541,2

4,2

13,7

S- Hôtellerie, restauration, alimentation

1178,4

6,1

6,4

T- Services aux particuliers

3667,6

20,7

27,6

U- Communication, information, spectacle

457,5

12,2

29,9

V- Santé, action sociale, culturelle et sportive

2094,2

24,1

12,9

W- Enseignement et formation professionnelle

1385,0

9,9

13,7

X- Clergé et politique

11,0

-24,6

-38,5

Ensemble des 22 domaines professionnels

26 280,1

+3,3

+12,2

 

 

Évolution de l’emploi et des besoins de recrutements à l’horizon 2010 suivant les familles et les domaines professionnels

 

 

Taux
de croissance
de l’emploi
(en % sur la période)

Indicateur de besoin annuel moyen en recrutement

(départs en retraite et créations d’emplois par rapport au stock d’emplois)

1995-2000

2000-2010

1995-2000

2000-2010

A0 -Agriculteurs, éleveurs, sylviculteurs, bûcherons

-13,1

-27,9

0,8

0,8

A1 -Maraîchers, jardiniers, viticulteurs

-3,0

-10,7

2,1

1,1

A2 - Techniciens et cadres de l’agriculture

0,2

10,0

2,0

2,8

A3 - Marins, pêcheurs

-25,6

-3,4

-2,7

1,2

A-Agriculture, marine, pêche et sylviculture

-10,1

-19,7

1,2

0,9

B0B3 - Ouvriers non qualifiés du bâtiment et des travaux publics

9,2

-7,5

2,4

1,0

B1B2B4B5 - Ouvriers qualifiés de la construction

-2,5

3,2

0,7

3,1

B6B7 - Techniciens et cadres de la construction

-6,6

4,2

0,1

3,5

B-Bâtiment et travaux publics

-1,1

1,2

1,1

2,8

C0 - Ouvriers non qualifiés de l’électricité et de l’électronique

2,7

-10,7

1,6

0,7

C1 - Ouvriers qualifiés de l’électricité et de l’électronique

2,0

9,8

1,6

3,4

C2 - Techniciens, agents de maîtrise de l’électricité et de l’électronique

-1,3

8,6

0,8

3,3

C- Électricité et électronique

0,5

4,9

1,2

2,8

D0D3 - Ouvriers non qualifiés de la métallurgie et de la mécanique

10,1

-2,1

2,4

1,1

D1 - Ouvriers qualifiés de la métallurgie

7,8

7,4

2,4

3,4

D2 - Ouvriers qualifiés de la métallurgie

20,7

3,3

4,2

3,1

D4 - Ouvriers qualifiés de la mécanique

4,7

10,5

1,7

3,9

D5 - Ouvriers de la réparation automobile

9,6

8,4

2,4

3,1

D6 - Techniciens, agents de maîtrise de la mécanique

0,9

5,0

2,0

3,7

D- Mécanique et travail des métaux

8,0

5,4

2,4

3,0

E0E1 - Ouvriers des industries de process

13,1

13,1

7,9

3,5

E2 - Techniciens et agents de maîtrise des industries de process

1,7

24,8

2,1

5,3

E-Industries de process

9,9

16,3

5,1

4,0

F0F2 - Ouvriers non qualifiés du textile, du cuir et du bois

-26,6

-54,5

-2,2

-0,4

F1 - Ouvriers qualifiés du textile et du cuir

-11,0

-6,5

-0,7

2,8

F3 - Ouvriers qualifiés du bois

-2,5

5,4

1,0

3,5

F4 - Ouvriers des industries graphiques

-5,2

1,7

0,4

3,3

F5 - Techniciens, agents de maîtrise des industries légères

10,8

-8,6

2,8

3,0

F- Industries légères (bois, textile, cuir, graphisme…)

-5,1

-14,0

-0,4

2,0

G0 - Ouvriers qualifiés de la maintenance

-1,2

20,0

1,2

4,7

G1 - Techniciens et agents de maîtrise de la maintenance

0,1

4,5

1,1

3,2

G- Maintenance

-0,6

13,6

1,2

4,0

H0 - Ingénieurs et cadres de l’industrie

3,7

10,3

2,6

4,0

J0J1 - Ouvriers de la manutention

14,9

19,9

3,4

3,7

J2 - Conducteurs d’engins de traction et de levage

-3,2

-14,3

1,7

1,5

J3 - Conducteurs de véhicules

8,1

15,9

2,8

4,2

J4 - Agents d’exploitation des transports

21,8

14,0

3,2

4,8

J5 -Agents administratifs et commerciaux du tourisme et des transports.

14,3

23,4

3,6

5,1

J6 - Cadres des transports et navigants de l’aviation

21,6

17,2

4,5

6,2

J- Tourisme et transports

12,0

17,4

3,1

4,3

K0 - Artisanat

18,0

0,0

4,5

1,8

L0L3 - Secrétaires

-8,2

9,8

-1,2

3,1

L1 - Comptables

8,8

7,5

1,9

2,6

L2 - Employés administratifs d’entreprises

23,8

11,8

4,9

3,6

L4 - Techniciens administratifs comptables et financiers

25,4

32,3

5,3

6,2

L5L6 - Cadres et dirigeants d’entreprises

15,0

40,1

4,0

7,6

L- Gestion, administration

8,2

19,0

2,4

4,3

M0 - Informaticiens

28,7

53,0

5,3

8,5

N0 -Personnels d’études et de recherche

16,3

66,3

3,5

12,1

P0 - Employés administratifs de la fonction publique (cat. C)

4,6

-2,0

2,0

2,7

P1 -Employés administratifs de la fonction publique (cat. B)

-1,3

3,1

1,6

4,1

P2 - Cadres de la fonction publique (cat. A)

8,2

5,0

3,1

4,0

P3-Professionnels du droit

-4,2

15,0

1,1

3,1

P-Fonction publique et professions juridiques

4,6

1,1

2,0

3,3

Q0 - Employés et techniciens des banques

-6,2

-2,9

-0,4

3,2

Q1 - Employés et techniciens des assurances

-2,7

1,0

0,3

3,3

Q2 - Cadres de la banque et des assurances

-2,0

12,4

1,0

5,3

Q- Banques et assurances

4,2

2,8

0,3

3,8

R0 - Caissiers, employés de libre service

10,3

25,8

2,4

3,6

R1 - Vendeurs

4,4

-4,3

1,8

1,2

R2R3 -Représentants, professions intermédiaires du commerce

0,5

25,0

2,3

4,9

R4 - Cadres et technico-commerciaux

12,6

20,0

0,7

5,1

R- Commerce, vente

4,9

13,7

1,9

3,3

S0 - Bouchers, charcutiers et boulangers

13,6

-7,3

3,4

1,4

S1 - Cuisiniers

9,6

32,2

2,4

5,3

S2 - Employés et agents de maîtrise de l’hôtellerie

-0,1

19,7

0,5

3,2

S3 - Patrons d’hôtels, café-restaurants

-13,5

15,0

-1,1

3,9

S- Hôtellerie, restauration, alimentation

1,8

6,4

1,3

2,2

T0 - Coiffeurs, esthéticiens

6,0

14,4

1,7

3,0

T1 -Employés de maison

12,9

27,7

3,4

5,8

T2 - Assistantes maternelles et aux personnes âgées

39,3

70,0

6,9

12,9

T3 - Agents de gardiennage et de sécurité

19,0

22,4

3,4

4,3

T4 - Agents d’entretien

2,5

17,0

1,9

4,3

T5 -Armée, pompiers et police

-5,3

4,2

0,9

3,1

T6 - Employés de services divers

-2,7

-1,1

1,7

2,5

T- Services aux particuliers

9,7

27,6

2,9

5,4

U0 - Professions de la communication et de la documentation

9,5

47,7

2,8

8,2

U1 - Professionnels des arts et des spectacles

16,0

15,2

3,4

2,7

U- Communication, information et spectacle

12,9

29,9

3,1

4,9

V0 - Aides soignants

7,7

11,0

2,3

3,8

V1V3 -Infirmiers, sages femmes et professions paramédicales

5,7

17

2,6

3,7

V2 - Médecins et assimilés

2,9

0,0

-0,5

1,2

V4 - Professionnels de l’action sociale, culturelle et sportive

33,4

15,7

5,8

3,3

V- Santé, action sociale, culturelle et sportive

11,3

12,9

2,7

3,2

W0 - Enseignants

4,4

1,5

2,4

3,6

W1 - Formateurs et recruteurs

32,6

99,6

3,6

8,7

W- Enseignement et formation

7,3

13,7

2,7

4,7

X0 -Professionnels de la politique et du clergé

-1,1

-38,5

3,0

0,6

Emploi total

5,7

12,2

2,2

3,0

Lecture : l’emploi dans la FAP A0 a baissé de -13,1 % de 1995 à 2000 et devrait encore baisser de -27,9 % d’ici 2010. Le poids des départs annuels en retraite et de l’évolution annuelle de l’emploi dans cette FAP dans l’emploi annuel moyen devrait être de l'ordre de0,8 %

(*) - Rm = Flux moyen annuel de départs en retraite

Lm = Variation annuelle moyenne de la demande de travail

Lm = Stock moyen d’emploi sur la période

 

Oui, on peut et on pourra travailler davantage !

On voit qu'entre 2000 et 2010 le nombre d'emplois dans les 22 domaines professionnels devrait croître de 12.2 %, c'est-à-dire près de 2.8 millions d'emplois supplémentaires, dont de nombreux emplois de qualification modeste. Et de nombreux postes existants vont se libérer compte tenu des départs en retraite. Ceux qui veulent travailler et choisissent des métiers d'avenir ne risquent pas de manquer de travail !

Conclusion : priorité à l'innovation

La France n'a pas le choix : pour faire progresser son PIB - donc son niveau de vie et ses emplois - et pour rester dans le groupe des pays avancés, elle doit faire le maximum pour favoriser l'innovation. Cela commence par l'enseignement, à tous ses niveaux, puis par la formation professionnelle continue pour adapter les qualifications aux activités qui changent. Il faut ensuite un gros effort de R&D mené conjointement par l'Etat et les entreprises. Et pour avoir les moyens budgétaires de ces investissements, il faut réduire les dépenses improductives de l'Etat (fonction publique administrative) et transferts sociaux trop généreux pour nos moyens.

Suggestions pour une politique en faveur de l'innovation

Les pouvoirs publics peuvent favoriser l'innovation en agissant sur :

§           La qualité et la quantité de main d'œuvre disponible (formation, immigration) ; il faut absolument changer l'image et l'attractivité des études scientifiques et techniques auprès des jeunes, en offrant un grand nombre de bourses d'études et de recherches dans ces domaines.

§           La recherche et développement (pour des produits innovants).

En plus de financer les programmes de recherche fondamentale, qui sont du ressort de l'Etat et de coopérations européennes, la France a besoin de lancer de grands programmes qui mobilisent le pays tout entier vers un but qui aura de fortes retombées en matière d'innovation, tout en stimulant l'imagination et la fierté nationale ; exemples : dans les domaines de l'espace, des biotechnologies ou des télécommunications. On peut s'inspirer de ce qu'a fait le Président Kennedy en lançant le programme spatial américain en 1961 [19]. Cela permettrait d'avoir plus de jeunes qui rêvent d'aventures scientifiques que de devenir fonctionnaire, plus d'étudiants en maths et physique et moins en sport ou histoire.

§           Des services publics d'intelligence économique et de veille technologique à disposition des entreprises, centres de recherche, etc. Ces services devraient produire un rapport annuel sur l'état de la science, de la technologie et de l'innovation en France, avec des recommandations pour le gouvernement comme pour l'Education nationale, le CNRS, les entreprises, l'Union européenne, etc.

Lorsqu'une nouvelle technologie ou de nouveaux produits apparaissent, en France ou à l'étranger, la France devrait être parmi les premiers pays à en évaluer le potentiel industriel et commercial, pour acquérir un droit d'exploitation si nécessaire et de toute façon industrialiser la nouveauté et attaquer le marché correspondant.

§           Une législation encourageant la création d'environnements propices à la création et au développement d'entreprises innovantes : "business angels" - incubateurs d'entreprises, pôles de compétitivité, coopérations internationales, etc..

§           La facilité et le coût du financement (pour investir, payer la publicité, etc.), grâce à des fonds publics, des avantages fiscaux, du capital-risque.

§           Les impôts, taxes et subventions.

§           Une politique de promotion systématique dans les médias de l'importance de l'innovation, des connaissances scientifiques et techniques, ainsi que de l'esprit d'entreprise qui va avec.

 

Voir aussi les recommandations au gouvernement américain [18].

 

 

Daniel MARTIN

 

Références

[1]   Rapport Camdessus "Le sursaut - Vers une nouvelle croissance pour la France", téléchargé le 20/10/2004 des 202 pages des documents

http://lesrapports.ladocumentationfrancaise.fr/BRP/044000498/0000.pdf  et

http://lesrapports.ladocumentationfrancaise.fr/BRP/044000498/0001.pdf .

 

Etabli à la demande du ministre M. Sarkozy sous la direction de M. Michel Camdessus, gouverneur honoraire de la Banque de France et ancien directeur du Fonds Monétaire International, ce rapport résulte des travaux d'un groupe comprenant 24 personnalités françaises et 7 personnalités européennes. Ces dernières ont vérifié d'un point de vue indépendant, non français, le diagnostic et les préconisations des experts français, et ajouté leurs propres recommandations.

 

Le rapport diagnostique les raisons de la très faible croissance de l'économie française et les perspectives économiques et financières à moyen terme. Il formule ensuite de très nombreuses recommandations. Celles-ci concernent un nombre si important de domaines et préconisent des réformes d'une telle ampleur qu'elles constituent un véritable programme de gouvernement.

 

Un résumé de ce rapport est disponible ici.

 

[2]   Rapport Jean-Louis BEFFA du 15/01/2005 "Pour une nouvelle politique industrielle", texte téléchargé le 25/01/2005 de http://www.rapport-jeanlouisbeffa.com/pdf/RapportJean-LouisBeffa.pdf

 

[3]   "Rapport d'information fait au nom de la commission des Finances, du contrôle budgétaire et des comptes économiques de la Nation [du Sénat] sur la globalisation de l’économie et les délocalisations d’activité et d’emplois par M. Jean Arthuis" (22/06/2005)

§           Tome 1 (rapport) : http://www.senat.fr/rap/r04-416-1/r04-416-11.pdf

§           Tome 2 (annexes): http://www.senat.fr/rap/r04-416-2/r04-416-21.pdf comprenant notamment:

·            ÉTUDE ERNST & YOUNG « ÉTUDE RELATIVE À LA PART DU BUDGET DES MÉNAGES FRANÇAIS CONSACRÉE À DES PRODUITS EXPOSÉS À LA DÉLOCALISATION »

·            ÉTUDE KATALYSE « LES DÉLOCALISATIONS DES MÉTIERS DE SERVICES »

 

M. Arthuis est président de la Commission des Finances du Sénat et ancien ministre des finances.

 

[4]   Rapport d’information n° 374 fait au nom de la commission des Affaires économiques et du Plan par le groupe de travail sur la délocalisation des industries de main d'œuvre par M. Francis GRIGNON  (23/06/2004) http://www.senat.fr/rap/r03-374/r03-3740.html

 

[5]   Livre de Francis Mer : « Vous, les politiques… », Editions Albin Michel

 

[6]   Livre "Le choc de 2006 - Démographie, croissance, emploi - Pour une société de projets" par l'économiste Michel Godet, éditions Odile Jacob.

 

[7]   "Global Competitiveness Report - Growth Competitiveness Index rankings and 2003 comparisons", téléchargé le 28/10/2004 de http://www.weforum.org/pdf/Gcr/Growth_Competitiveness_Index_2003_Comparisons

 

Voici le palmarès global de la compétitivité des pays en 2004, en ordre de compétitivité décroissante. GCI (Growth Competitiveness Index) est l'indice de compétitivité calculé : plus l'indice est élevé, plus le pays est compétitif.

 

La compétitivité d'un pays mesure "l'aptitude de l'ensemble des institutions et politiques économiques à favoriser la croissance à moyen terme".

 

D'après le tableau ci-dessous, les trois pays les plus compétitifs en 2003 et 2004 sont, par ordre décroissant, la Finlande, les Etats-Unis et la Suède. La France a reculé du 26ème au 27ème rang.

 

 

Country

2004 GCI Rank

2004 GCI score

2003 GCI Rank

Finland

1

5.95

1

United States

2

5.82

2

Sweden

3

5.72

3

Taiwan

4

5.69

5

Denmark

5

5.66

4

Norway

6

5.56

9

Singapore

7

5.56

6

Switzerland

8

5.49

7

Japan

9

5.48

11

Iceland

10

5.44

8

United Kingdom

11

5.30

15

Netherlands

12

5.30

12

Germany

13

5.28

13

Australia

14

5.25

10

Canada

15

5.23

16

United Arab Emirates

16

5.21

Austria

17

5.20

17

New Zealand

18

5.18

14

Israel

19

5.09

20

Estonia

20

5.08

22

Hong Kong SAR

21

5.06

24

Chile

22

5.01

28

Spain

23

5.00

23

Portugal

24

4.96

25

Belgium

25

4.95

27

Luxembourg

26

4.95

21

France

27

4.92

26

Bahrain

28

4.91

Korea

29

4.90

18

Ireland

30

4.90

30

Malaysia

31

4.88

29

Malta

32

4.79

19

Slovenia

33

4.75

31

Thailand

34

4.58

32

Jordan

35

4.58

34

Lithuania

36

4.57

40

Greece

37

4.56

35

Cyprus

38

4.56

Hungary

39

4.56

33

Czech Republic

40

4.55

39

South Africa

41

4.53

42

Tunisia

42

4.51

38

Slovak Republic

43

4.43

43

Latvia

44

4.43

37

Botswana

45

4.30

36

China

46

4.29

44

Italy

47

4.27

41

Mexico

48

4.17

47

Mauritius

49

4.14

46

Costa Rica

50

4.12

51

Trinidad and Tobago

51

4.12

49

Namibia

52

4.11

52

El Salvador

53

4.10

48

Uruguay

54

4.08

50

India

55

4.07

56

Morocco

56

4.06

61

Brazil

57

4.05

54

Panama

58

4.01

59

Bulgaria

59

3.98

64

Poland

60

3.98

45

Croatia

61

3.94

53

Egypt

62

3.88

58

Romania

63

3.86

75

Colombia

64

3.84

63

Jamaica

65

3.82

67

Turkey

66

3.82

65

Peru

67

3.78

57

Ghana

68

3.78

71

Indonesia

69

3.72

72

Russian Federation

70

3.68

70

Algeria

71

3.67

74

Dominican Republic

72

3.63

62

Sri Lanka

73

3.57

68

Argentina

74

3.54

78

Gambia

75

3.52

55

Philippines

76

3.51

66

Vietnam

77

3.47

60

Kenya

78

3.45

83

Uganda

79

3.41

80

Guatemala

80

3.38

89

Bosnia and Herzegovina

81

3.38

Tanzania

82

3.38

69

Zambia

83

3.36

88

Macedonia, FYR

84

3.34

81

Venezuela

85

3.30

82

Ukraine

86

3.27

84

Malawi

87

3.24

76

Mali

88

3.24

99

Serbia and Montenegro

89

3.23

77

Ecuador

90

3.18

86

Pakistan

91

3.17

73

Mozambique

92

3.17

93

Nigeria

93

3.16

87

Georgia

94

3.14

Nicaragua

95

3.12

90

Madagascar

96

3.11

96

Honduras

97

3.10

94

Bolivia

98

3.09

85

Zimbabwe

99

3.03

97

Paraguay

100

2.99

95

Ethiopia

101

2.93

92

Bangladesh

102

2.84

98

Angola

103

2.72

100

Chad

104

2.50

101

 

 

[8]   Nations unies - CNUCED (Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement) "World Investment Report 2005" (anglais), http://www.unctad.org/en/docs/wir2005_en.pdf

Le chapitre III porte sur l'innovation, la R&D et le développement des économies.

 

[9]   Définition de l'innovation technologique d'après [8] page 101 :

C'est l'introduction de nouveaux produits ou procédés et/ou d'améliorations techniques significatives à des produits ou des procédés.

 

Le schéma ci-dessous décrit les 4 niveaux de développement technologique, par ordre de complexité croissante de bas en haut.

 

 

Niveaux de développement technologique classés par ordre d'effort d'innovation

 

 

[10] Définition de la recherche et développement (R&D) d'après [8] page 103 :

La R&D est :

§           Une activité d'innovation conduite d'une manière systématique (c'est-à-dire organisée) pour accroître les connaissances (y compris celles sur l'homme, la culture et la société) ;

§           L'utilisation des connaissances acquises pour de nouvelles applications.

 

Les 3 niveaux de la R&D sont :

§           La recherche fondamentale (Basic research) de connaissances nouvelles, applicables ou non ;

§           La recherche appliquée, destinée à trouver les moyens de satisfaire des besoins définis ;

§           Le développement, qui applique les connaissances à la production de matériaux, dispositifs, systèmes ou méthodes.

 

[11] "Explaining Differences in Economic Growth among OECD Countries" (novembre 2004) texte téléchargé le 23/12/2005 de http://www.wifo.ac.at/(en)/Martin.Falk/Aiginger,%20Falk%202004%20EMPI.pdf

 

Cette étude de l'évolution de pays de l'OCDE entre 1970 et 1999 montre que :

§           L'investissement en R&D des entreprises privées a un fort impact sur la croissance de leur PIB par habitant : l'élasticité trouvée de 0.22 signifie que chaque 1 % d'accroissement des budgets de R&D privés augmente à terme le PIB par habitant de 0.22 %, ce qui est considérable ;

§           Le déficit et les dépenses de l'Etat (exprimés en pourcentage du PIB) ont un impact négatif significatif sur le PIB par habitant.

 

[12] "From R&D to Productivity Growth: do the Institutional Setting and the Source of Funds of R&D matter?" (novembre 2003) http://www.iir.hit-u.ac.jp/file/WP03-26bruno.pdf

 

Cette étude montre un impact significatif à long terme des efforts des 3 sources de connaissances R&D (entreprises privées, recherche publique et recherche des sociétés étrangères) sur la croissance de la productivité de 16 pays de 1980 à 1998.

 

[13] Le Figaro du 08/09/2005, article "La désaffection pour les matières scientifiques", extraits :

"Les études de santé mises à part, les nouveaux bacheliers s'inscrivant en licence scientifique sont passés de 40 % en 1995 à 26 % à la rentrée 2004. Autre chiffre alarmant : seules 2 bachelières S sur 10 choisissent de poursuivre leurs études en sciences."

 

[14] DARES - "L'emploi par métier en 2010" (octobre 2001) http://www.travail.gouv.fr/publications/picts/titres/titre1525/integral/2001.10-43.4.pdf

 

[15] Rapport "Désindustrialisation, délocalisations" de Lionel Fontagné et Jean-Hervé Lorenzi au Conseil d'Analyse Economique (CAE) (février 2005) texte téléchargé le 02/05/2005 de http://www.cae.gouv.fr/rapports/dl/55.pdf .

 

[16] Rapport Wim Kok "Relever le défi : La stratégie de Lisbonne pour la croissance et l’emploi" (novembre 2004) http://europa.eu.int/comm/lisbon_strategy/pdf/2004-1866-FR-complet.pdf .

 

Voir aussi "Stratégie de Lisbonne" : http://europa.eu.int/growthandjobs/index_fr.htm .

 

[17] Minatec, pôle d'innovation et micro et nanotechnologies http://www.minatec.com/cgi-bin/charge.pl - Sophia Antipolis, technopole http://www.sophia-antipolis.net/

 

[18] Issues in Science and Technology online "Facing the Global Competitiveness Challenge" (été 2005) http://www.issues.org/issues/21.4/hughes.html

Ce texte constitue un ensemble de recommandations au gouvernement américain en matière de politique pour l'innovation.

 

[19] Le 25 mai 1961, le président Kennedy a lancé le programme Apollo en déclarant : « Je crois que cette nation [les États-Unis] doit se fixer pour objectif de faire atterrir un homme sur la Lune et de le ramener sain et sauf sur la Terre avant la fin de cette décennie. » Les Américains l'ont suivi, et ont rattrapé et dépassé les Russes.

 

En 2006 l'Union européenne n'a toujours pas rattrapé les Etats-Unis dans la course à l'espace. C'est ainsi que notre lanceur le plus puissant, Ariane V - 10 tonnes de 2004, n'a pas la puissance de la Saturn V des Américains, qui vole depuis 1967. Et les Chinois nous ont rattrapé et dépassé : ils ont envoyé des hommes dans l'espace, ce que l'Union européenne ne peut pas faire.

 

[20] Rapport PEBEREAU "Des finances publiques au service de notre avenir - Rompre avec la facilité de la dette publique pour renforcer notre croissance économique et notre cohésion sociale" (14/12/2005) http://www.minefi.gouv.fr/pole_ecofin/finances_Etat/dettes/pebereau.pdf

 

[21] Article de M. Dominique Strauss-Kahn "On a modern path" dans le numéro spécial de Newsweek "The Knowledge Revolution" (décembre 2005 - février 2006)

 

[22] La France a un gros handicap en matière de souplesse législative : nos lois du travail, nos impôts et nos syndicats constituent un des contextes nationaux les plus rigides et handicapants qui soient. Voir le court texte : "Embauches, horaires et licenciements : rigidité de l'emploi - Comparaison de la France et de 84 autres pays".

 

[23] CAE - Financer la R&D (11/02/2005) http://www.cae.gouv.fr/rapports/dl/53.pdf

 

[24] Rapport "Internet et Entreprise : mirages et opportunités ?" - Pour un plan d'action - Contribution à l'analyse de l'économie de l'Internet (9ème édition, mise à jour 1er novembre 2005) http://www.telecom.gouv.fr/documents/yolin/mirage2005-f.pdf

 

[25] Valeur ajoutée : c'est la valeur de la transformation qui est apportée aux matières premières ou aux biens et services intermédiaires utilisés dans un processus de fabrication. Elle se calcule en retranchant de la production brute les achats de biens et services qui sont transformés ou consommés par le processus de production. Un même produit n’y est comptabilisé qu’une seule fois. La somme des valeurs ajoutées dans l’ensemble de l’économie constitue le produit intérieur brut (PIB).

 

[26] Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle (OMPI) http://www.wipo.int/portal/index.html.fr  -  Communiqué de presse n° 436 du 03/02/2006 - AUGMENTATION EXCEPTIONNELLE DES DÉPÔTS EN PROVENANCE D'ASIE DU NORD-EST ALORS QUE LES DÉPÔTS DE DEMANDES INTERNATIONALES DE BREVET ATTEIGNENT UN CHIFFRE RECORD - http://www.wipo.int/edocs/prdocs/fr/2006/wipo_pr_2006_436.html

 

On y trouve les tableaux ci-dessous :


 

 

 

2000

2001

2002

2003

2004

2005
estimation

2005
variation

États signataires de la Convention
Brevet Européen (CBE)

36 031

40 681

42 506

43 299

44 032

46 446

5.5%

États-Unis d'Amérique

38 007

43 055

41 292

41 023

43 464

45 111

3.8%

Japon

9 567

11 904

14 063

17 393

20 223

25 145

24.3%

Allemagne

12 582

14 031

14 326

14 682

15 255

15 870

4.0%

France

4 138

4 707

5 089

5 172

5 181

5 522

6.6%

Royaume-Uni

4 795

5 482

5 376

5 205

5 041

5 115

1.5%

République de Corée

1 580

2 324

2 520

2 949

3 554

4 747

33.6%

Pays-Bas

2 928

3 410

3 977

4 480

4 236

4 435

4.7%

Suisse

1 989

2 349

2 755

2 860

2 881

3 096

7.5%

Suède

3 091

3 421

2 990

2 612

2 844

2 784

-2.1%

Chine

784

1 731

1 018

1 295

1 706

2 452

43.7%

Canada

1 801

2 114

2 260

2,270

2 109

2 315

9.8%

Italie

1 394

1 623

1 982

2 163

2 196

2 309

5.1%

Australie

1 576

1 664

1 759

1 680

1 837

2 022

10.1%

Finlande

1 578

1 696

1 762

1 557

1 672

1 866

11.6%

Autres

3 894

4 758

4 972

5 289

5 682

5 835

2.7%

Totaux

93 240

108 231

110 390

115 198

122 607

134 073

9.4%

Demandes de brevet international selon le pays d'origine


 

 

Domaine

2001

2002

2003

2004

2005
estimation

2005
variation

PRÉPARATIONS À USAGE MÉDICAL, DENTAIRE OU POUR LA TOILETTE

5284

6081

7062

6713

7229

7,7%

TRAITEMENT ÉLECTRONIQUE DE DONNÉES NUMÉRIQUES

8017

7994

6949

6353

6267

-1,4%

TRANSMISSION D'INFORMATION NUMÉRIQUE

2646

3078

2958

3077

3640

18,3%

COMPOSÉS HÉTÉROCYCLIQUES

2479

2563

2611

3106

3349

7,8%

DISPOSITIFS À SEMI-CONDUCTEURS

2129

2651

2921

3089

3309

7,1%

RECHERCHE OU ANALYSE DES MATÉRIAUX PAR DÉTERMINATION DE LEURS PROPRIÉTÉS CHIMIQUES OU PHYSIQUES

2359

2746

2913

2835

3122

10,1%

DIAGNOSTIC; CHIRURGIE; IDENTIFICATION

1960

2089

2391

2537

2657

4,7%

MICRO-ORGANISMES OU ENZYMES; COMPOSITIONS DES CONTENANTS

3964

3494

2536

2170

2073

-4,5%

TRANSMISSION D'IMAGES, p. ex. TÉLÉVISION

1771

1783

2030

1864

2037

9,3%

FILTRES IMPLANTABLES DANS LES VAISSEAUX SANGUINS; PROTHÈSES, etc.

1326

1263

1511

1509

1694

12,3%

COMPOSÉS ACYCLIQUES OU CARBOCYCLIQUES

1508

1412

1501

1472

1538

4,5%

SYSTÈMES DE TRANSMISSION

1457

1516

1545

1488

1536

3,2%

SÉLECTION (commutateurs, relais, etc.)

1479

1447

1406

1392

1530

9,9%

ÉLÉMENTS, SYSTÈMES OU APPAREILS OPTIQUES

1170

1606

1583

1448

1529

5,6%

TECHNIQUES D'ENREGISTREMENT DE L'INFORMATION

846

892

1206

1415

1444

2,0%

AUTRES

61209

63555

68874

72087

82360

14,3%

 Totaux

99604

104170

109997

112555

125314

 

Demandes de brevet international selon le domaine d'activité

 

 


 

[27] Etude Dumont-Zaninetti (mai 2005) http://www.assemblee-nationale.fr/12/rap-info/i2831_annexe.pdf

 

[28] OCDE - The Lisbon Council Policy Brief (March 7, 2006)

"The economics of knowledge: Why education is key for Europe's success"

http://www.oecd.org/dataoecd/43/11/36278531.pdf

 

[29] Le Monde du 15/06/20006, article "La France est moins innovante que ses concurrents" http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3234,36-783676@51-764082,0.html

 

[30] Rapport Lévy-Jouyet "L'économie de l'immatériel - La croissance de demain" (23-11-2006) - http://www.minefi.gouv.fr/directions_services/sircom/technologies_info/immateriel/immateriel.pdf

 

[31] Dans son article "Sputnik was nothing" publié page 98 dans Newsweek, numéro spécial "The Knowledge Revolution" de décembre 2005 - février 2006, l'ancien PDG d'IBM Louis Gerstner écrit :

"La Corée du Sud, dont la population est le sixième de celle des Etats-Unis, forme chaque année autant d'ingénieurs ; la Chine en forme 4 fois plus et l'Inde 5 fois plus."

 

 

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