France en panne, entreprises en fête

Mise à jour : 05/08/2006

 

Ce texte explique pourquoi la croissance est à la fois quasi-nulle en France et exceptionnellement forte pour nos multinationales. Il montre - preuves indiscutables à l'appui - que c'est le résultat d'une politique des gouvernements successifs qui viole constamment les lois économiques. Il montre aussi comment ces gouvernements essaient de cacher cette vérité aux Français.

 

Table des matières

1.    La France en panne. 1

1.1  Le PIB français stagne depuis 2001. 1

1.2  La France ne crée pas d'emplois. 2

1.3  L'essentiel du chômage français est structurel 3

1.3.1      Le manque de qualification.. 4

1.3.2      Le manque de mobilité géographique et professionnelle. 4

1.3.3      Les salaires voisins du SMIC trop élevés. 4

1.3.4      Conséquences de cette politique des revenus. 6

1.4  Les gouvernements successifs ont caché aux Français leurs mauvais résultats  8

2.    Les multinationales en fête. 11

2.1  Rappels succincts sur la mondialisation.. 11

2.2  Mondialisation et entreprises. 12

2.3  Les entreprises françaises investissent plus à l'étranger que les étrangers en France  13

2.4  Pourquoi la mondialisation profite aux entreprises. 14

2.5  Des résultats exceptionnels. 15

2.6  Les difficultés financières des entreprises françaises. 17

2.7  En quoi ces résultats profitent-ils à la France ?.. 17

3.    Références. 19

 

1.                    La France en panne

1.1                 Le PIB français stagne depuis 2001

Voici selon l'INSEE les variations annuelles du PIB français depuis 2001 :

 

 

La croissance du PIB stagne depuis 2001

 

1.2                 La France ne crée pas d'emplois

Comme je l'explique dans le "Cours d'économie pour citoyens qui votent", pour créer des emplois il faut une croissance du PIB, mais cela ne suffit pas ; cette croissance doit être supérieure à celle de la productivité. Or le graphique ci-dessous, issu de [12], montre que l'économie française a créé de moins en moins d'emplois en 2001 et début 2002 et n'en crée plus depuis ; elle en a même détruit du 4ème trimestre 2002 au 3ème trimestre 2003.

 

 

Evolution mensuelle de l'emploi dans l'ensemble des secteurs concurrentiels
hors intérim (en % corrigé des variations saisonnières - trait fin)
La courbe en trait gras représente la "moyenne mobile d'ordre 3",
moyenne de 3 mois consécutifs prise au milieu de chaque période

 

 

Cette stagnation de l'emploi s'explique en comparant sur le graphique ci-dessous, construit à partir des chiffres de [1], la variation du PIB avec celle de la productivité, qui reste très voisine. A elle seule, la croissance de la productivité explique presque constamment celle du PIB, qui peut donc se passer de création d'emplois.

 

 

La croissance du PIB s'explique presque entièrement par celle de la productivité :
la création de plus de richesse peut donc se passer d'emplois supplémentaires

 

 

Dans le graphique ci-dessus, une croissance de 0.1 % de l'emploi comme celles des deux premiers trimestres de 2005, correspond en moyenne à 25 000 emplois supplémentaires.

1.3                 L'essentiel du chômage français est structurel

Le chômage structurel est de loin la première cause du fort taux de chômage français, estimé par les experts à environ 8.9 % en 2005. Ce taux est très voisin du taux de 9.5 % constaté fin 2005, la différence correspondant à du chômage frictionnel, habituel et non inquiétant.

 

On ne peut donc résorber notre chômage qu'en s'attaquant à ses causes profondes :

§           Le manque de qualifications adaptées aux emplois disponibles ;

§           Le manque de mobilité géographique et professionnelle des demandeurs d'emploi ;

§           Les salaires voisins du SMIC trop élevés, qui rendent ces salariés non rentables pour beaucoup d'entreprises, à qui ils ne rapporteraient pas assez.

1.3.1             Le manque de qualification

Le manque de qualification adaptée provient, chez beaucoup de demandeurs d'emploi, d'un niveau scolaire insuffisant pour apprendre un métier moderne. Ces personnes ne peuvent donc accéder qu'à un faible nombre d'emplois.

 

Chez d'autres demandeurs d'emploi le niveau scolaire est suffisant, mais leur qualification professionnelle ne correspond pas (ou plus) à une demande du marché du travail, marché qui évolue de plus en plus vite du fait des révolutions techniques : informatisation, Internet et autres télécommunications, nouvelles technologies dans tous les métiers… Ce sont des travailleurs qui se sont laissé dépasser par l'évolution de notre société et de son économie, ils n'ont pas tenu à jour leur compétence ou n'ont pas appris un nouveau métier pendant que le leur disparaissait.

 

La seule solution est la formation : acquérir ou parfaire la formation scolaire si nécessaire, puis apprendre ou mettre à jour la qualification professionnelle. C'est possible pour toute personne en bonne santé, même à 50 ans passés. Mais cela demande de longs mois à un travailleur.

        Au niveau national, une politique de formation doit commencer par combattre l'échec scolaire, à partir de l'âge de 6 ans, en fournissant à chaque élève une aide personnalisée, en obligeant si nécessaire les élèves à être présents en classe et à travailler, en faisant pression sur leurs parents y compris financièrement [2].

 

Une bonne politique de l'emploi doit ensuite veiller à ce qu'un salarié en activité fasse tous les deux ans un bilan de compétences et tienne à jour sa qualification. Ces mesures sont décrites en détail dans la section "Protéger l'employabilité" de l'étude "Chômage : savoir et agir".

 

Mais hélas aucune politique, aucun gouvernement, ne peut obtenir des résultats rapides en matière de formation. Donc les mesures de type "nouveau contrat de travail" et "emplois subventionnés" des gouvernements Raffarin et Villepin sont des mesurettes : elles ne garantissent pas de progrès réel de la qualification. Il faut protéger l'employabilité et non l'emploi.

1.3.2             Le manque de mobilité géographique et professionnelle

Il y a trop de cas en France où un demandeur d'emploi peut se permettre de rester chômeur plutôt que de déménager ou de changer de métier. C'est parce que notre indemnisation du chômage dure trop longtemps et n'oblige pas assez les chômeurs à renoncer à ce type de caprices.

1.3.3             Les salaires voisins du SMIC trop élevés

La France a pris l'habitude, pendant les 30 années de croissance continue de 1945 à 1974 ("Les trente glorieuses"), de considérer que le revenu d'un salarié ne peut que croître. Les statuts des fonctionnaires et les conventions collectives considèrent le maintien du pouvoir d'achat comme une conquête sociale sur laquelle il est inconcevable de revenir.

 

Le gouvernement donne donc chaque année un « coup de pouce » au SMIC, fixant ainsi le niveau des salaires de millions de travailleurs sans se soucier des conséquences sur l'emploi : des salariés devenus trop chers ne sont pas embauchés, des entreprises délocalisent ou achètent à l'étranger, etc. Un SMIC trop élevé génère du chômage, il faut le savoir.

 

La règle à respecter en matière de croissance des rémunérations est pourtant simple : elles ne doivent pas croître plus vite (charges comprises) que la valeur ajoutée que leur travail génère, mesurée en première approximation par la productivité.

§           Au niveau d'une entreprise, si elles croissent plus vite le supplément est prélevé sur les investissements - ce qui handicape l'avenir - ou la rétribution des actionnaires - ce qui est injuste, car ce sont souvent des retraités qui vivent du produit de leur épargne.

§           Au niveau national, si les rémunérations (ou plus précisément les revenus disponibles des travailleurs, prestations sociales incluses) croissent plus vite que la productivité, leur part de PIB supplémentaire est prélevée sur les retraites, ou les investissements, ou surtout le déficit budgétaire, lui-même financé par des emprunts, la vente de « bijoux de famille » comme les concessions d'autoroutes, et des transferts comptables illicites comme les soultes de retraites des entreprises publiques versées au budget de l'année.

 

La politique de fixation autoritaire des bas salaires français viole cette règle systématiquement et depuis des années, comme le montre le graphique suivant, issu de [1], où le salaire moyen a augmenté plus vite que la productivité pendant 10 trimestres sur 13 :

 

 

Depuis mi-2002 il n'y a eu que 3 trimestres sur 13
où la productivité a augmenté plus vite que les salaires

 

 

On voit sur ce graphique que pendant les années 2004 et 2005 la productivité a augmenté de 2.6 %, tandis que les salaires ont augmenté de 6.1 % : c'est une politique économiquement suicidaire. Le partage de la valeur ajoutée a progressé au bénéfice des salariés et au détriment des entreprises et de leurs actionnaires, souvent retraités.

 

Le maintien du pouvoir d'achat au niveau national quelle que soit la croissance est illustré par le graphique suivant issu de [1], qui prouve qu'on continue à distribuer du pouvoir d'achat même quand l'économie ne le permet pas :

 

 

Evolution du revenu disponible et de son pouvoir d'achat :
sur 13 trimestres, ils n'ont baissé qu'une fois

 

 

On voit que la croissance du revenu disponible [3] et de son pouvoir d'achat [4] a eu lieu 12 trimestres sur 13 indépendamment des variations de la productivité.

 

Et selon l'INSEE [13], en 2005 le PIB a progressé de 2.7 % (inflation comprise) et la valeur ajoutée de 2.6 %, mais les coûts salariaux ont progressé de 3.2 % ! Du coup, l'excédent brut d'exploitation (EBE) des entreprises a diminué de 0.8 %: la France continue à vivre au-dessus de ses moyens.

1.3.4             Conséquences de cette politique des revenus

L'implication est simple : pendant les années où les impôts perçus par l'Etat et les collectivités locales ne croissent pas assez, la France maintient le pouvoir d'achat des 5.2 millions de fonctionnaires et assimilés à coups de déficits, c'est-à-dire d'emprunts à rembourser par les générations suivantes ; lorsqu'une entreprise a une valeur ajoutée qui croît moins que l'inflation, le maintien éventuel du pouvoir d'achat imposé par les « coups de pouce » au SMIC se fait en prélevant le supplément de salaires et de charges sur la rétribution des actionnaires ou les investissements.

 

Cette attitude est une politique de l'autruche, qui refuse de voir la réalité. Et c'est pourquoi la dette publique française augmente (elle est de 1100 milliards d'euros en 2005, c'est-à-dire 18 300€ par Français, homme, femme ou enfant - sans compter les 900 milliards d'euros d'engagements de retraites des fonctionnaires). Et la dette des collectivités locales augmente aussi.

 

Les bas salaires français trop élevés expliquent aussi pourquoi la compétitivité des entreprises françaises baisse, avec pertes de parts de marché aussi bien sur le marché intérieur qu'à l'exportation. Cette perte de compétitivité se voit sur les trois courbes du graphique ci-dessous, issues de [5] :

 

 

Evolution des soldes du commerce extérieur français de 1998 à 2005

 

 

§           La courbe bleue représente le solde (exportations moins importations) de biens, c'est-à-dire en gros le solde de l'activité industrielle ; ce solde se dégrade fortement depuis fin 2003. Exemple : les consommateurs français se ruent sur les textiles et l'électronique à bas prix importés d'Asie, au détriment d'achats de produits français.

§           La courbe verte représente le solde des activités de services, encore positif mais en baisse lente.

§           La courbe rouge représente le solde des transactions courantes ; c'est un "solde des soldes" comprenant ceux des biens et des services. On voit que ce solde global se dégrade fortement depuis début 2004. Notre déficit total 2005 dépasse 26 milliards d'euros, ce qui est grave et n'est dû qu'en partie à la hausse des prix du pétrole et du gaz.

 

La France ne profite pas assez de la progression mondiale du commerce. C'est ainsi qu'en 2004 ses exportations de marchandises ont augmenté de 3 % par rapport à 2003, alors que le commerce mondial de marchandises croissait de 9 % selon [11] page 5.

 

Selon l'institut REXECODE, cité par Le Figaro du 10/02/2006, la part des exportations françaises dans celles de la zone euro est passée de 17 % en 1999 à 14.7 % en 2005 par manque de compétitivité. Si elle s'était maintenue, notre PIB serait supérieur de 3.3 %, ce qui représente 825 000 emplois de plus. Les coûts salariaux horaires français, qui étaient 13 % inférieurs aux coûts allemands en 1998-1999, ne sont plus inférieurs que de 1 % en 2005 : voilà l'effet des « coups de pouce » au SMIC de nos gouvernements successifs, véritables responsables du chômage.

 

Il est donc temps d'expliquer aux Français qu'on ne peut distribuer un argent qui n'a pas été gagné, et de leur faire accepter l'idée d'une participation : gagner davantage quand le pays ou l'entreprise a gagné davantage, et moins dans le cas contraire. C'est ce que les artisans, les professions libérales et les actionnaires ont toujours accepté, sans pour autant sombrer dans la misère où le chômage.

Un manque de présence commerciale

En fait, la dégradation du commerce extérieur de la France n'est pas due à la seule perte de compétitivité, consécutive à nos hausses autoritaires des bas salaires. Elle est également due à une présence insuffisante de nos entreprises moyennes sur les marchés des pays en forte croissance (Chine, Inde, Etats-Unis…) En effet, une entreprise a d'autant plus de chances d'exporter qu'elle est grande [9] ; ce sont donc les multinationales qui exportent le plus, et les multinationales d'origine française sont très performantes, comme on le verra ci-dessous. Mais beaucoup d'entreprises moyennes exportent aussi, et sur ce plan la France est mal placée par rapport à l'Allemagne, championne mondiale de l'exportation avec un solde positif du commerce extérieur 2005 de 160 milliards d'euros (2 fois le solde chinois !): il n'y a au total que 5 % des entreprises françaises qui exportent, grandes entreprises incluses, alors que 20 % des entreprises allemandes le font. Nous avons donc besoin d'une politique qui favorise la croissance de nos entreprises moyennes, ainsi que leur regroupement pour exporter et faire de la recherche et développement (R&D).

 

Espérons que la tendance de 2005 à l'augmentation du nombre d'entreprises exportatrices (+8.9 %) et à la croissance des ventes à la Chine et l'Inde se poursuivra.

1.4                 Les gouvernements successifs ont caché aux Français leurs mauvais résultats

Depuis l'envolée des déficits publics, commencée en 1974 à la suite du 1er choc pétrolier, et l'envolée simultanée du chômage, aucun gouvernement - droite et gauche confondues - n'a osé dire aux Français cette vérité toute simple : la seule manière de vaincre le chômage est de respecter les règles de l'économie, qui exigent qu'on se serre la ceinture et qu'on travaille plus dur lorsque le contexte international est défavorable.

 

Tous les gouvernements successifs depuis 1981 ont préféré cacher aux citoyens le besoin de faire des efforts, espérant ainsi gagner les élections suivantes. Et tous les ont perdues, les Français déçus préférant chaque fois changer de majorité : gauche, droite, gauche…

 

Voici des exemples d'actions des gouvernements successifs pour cacher le besoin d'une politique de rigueur, c'est-à-dire de réduction des dépenses excessives de l'Etat génératrices de déficits :

§           Multiplication des emplois subventionnés aux frais des contribuables, pour faire baisser les statistiques du chômage ; ces emplois, par définition moins productifs de richesses que des emplois rentables, ont freiné l'économie, engendrant ainsi une hausse du chômage ;

§           Embauche de fonctionnaires par l'Etat et les collectivités territoriales : de 1980 à 2002, l'effectif total des trois fonctions publiques a augmenté de 26 %;

§           Encouragements à ne plus travailler : préretraites ;

§           Tentative économiquement absurde de partager une masse de travail prétendue finie et non extensible : les "35 heures" ;

§           Fabrication de croissance artificielle à coups de déficit, dû à la fonction publique pléthorique, aux transferts sociaux trop généreux (30 % du PIB) et au revenu des ménages.

A ce propos, voici un graphique issu de [6] page 125 qui illustre l'importance comparée des transferts sociaux dans l'Union européenne ; on voit que si l'on adopte la définition européenne du seuil de risque de pauvreté d'un pays (revenu inférieur à 60 % du revenu médian de sa population), la France a 13 % de sa population plus pauvre que ce seuil en tenant compte des transferts sociaux, et 26 % (le double !) si on les ignore.

 

 

Taux de pauvreté à 60 % du revenu médian en 2001

 

 

§           Relance de la consommation en 1981 sans synchronisation avec le reste de l'Union européenne, qui s'est traduite par de l'inflation, une explosion des importations et un déficit commercial insupportable dès 1982, puis par un plan de rigueur en 1983 accompagné de 3 dévaluations du franc (dont deux en moins d'un an) ;

§           Enfin, les divers gouvernements de gauche ou de droite ont évité systématiquement d'expliquer aux citoyens l'intérêt du Marché commun, avec son libéralisme maîtrisé, d'où le rejet du Traité constitutionnel.

Mal informés, les Français ont donc des préjugés contre le libéralisme, les multinationales, l'ouverture du marché des services, les OGM. Et ils n'ont pas le moral alors que notre pays a beaucoup d'atouts.

 

En résumé, les gouvernements successifs de la France depuis un quart de siècle se sont systématiquement attaqués aux effets visibles (les chiffres de l'emploi) et jamais aux causes (gaspillages de l'Etat et chômage structurel).

2.                    Les multinationales en fête

Il est temps d'expliquer l'affirmation précédente : "une entreprise a d'autant plus de chances d'exporter qu'elle est grande" [9].

2.1                 Rappels succincts sur la mondialisation

La mondialisation est une transformation de notre monde par l'ouverture des frontières et le progrès des communications.

Ouverture des frontières

De plus en plus, les interdictions et les limitations qui gênent le franchissement des frontières disparaissent : le monde devient de plus en plus un Marché commun. La mondialisation rend très faciles les déplacements de marchandises, de personnes et de capitaux à travers les frontières des Etats. Les quotas limitant les volumes de marchandises échangés, les interdictions qui retardent ou empêchent les mouvements des personnes, et les barrières limitant ou empêchant les transferts d'argent sautent.

 

C'est ainsi que, d'après [7] page 10, ces dix dernières années :

§           Les investissements directs étrangers dans le monde ont été multipliés par plus de 6 (en valeur courante) ;

§           Les exportations de biens et services ont été multipliées par 3.5 ;

§           Les ventes à l’étranger des filiales de multinationales représentent désormais 2 fois le commerce mondial de biens et services et leur production à l’étranger la moitié du commerce mondial.

§           L’Europe, particulièrement la France, a pleinement participé à ce mouvement. Les investissements directs français à l’étranger ont été multipliés par plus de 8, les investissements étrangers en France par plus de 6. Plus précisément, les filiales de firmes étrangères en France contribuent pour plus de 30 % à la production industrielle.

Progrès des communications

§           Les voyages et les transports deviennent de plus en plus faciles et rapides.

§           Les communications électroniques deviennent de plus en plus faciles, rapides et bon marché, qu'il s'agisse de téléphone, fax, messages, échange de fichiers ou de données informatiques, d'images fixes ou animées. Des millions d'ordinateurs sont interconnectés par le réseau Internet pour fournir à la fois des services (comme la prise de commandes, la messagerie ou la téléphonie) et des données (comme des textes de loi ou des vidéos).

 

Le progrès des communications entraîne une diffusion des connaissances et des idées, ainsi que le recul de la censure et des tyrannies, qui ne résistent pas à des communications libres entre citoyens.

 

De même que Lénine disait : « Le communisme, c'est les soviets plus l'électricité », on peut dire :

 

La mondialisation, c'est l'ouverture plus les communications

 

2.2                 Mondialisation et entreprises

Les entreprises tendent à acquérir une dimension mondiale, à devenir multinationales. Dans une telle entreprise, un même article peut contenir des sous-ensembles fabriqués dans plusieurs pays, un même service au client final peut faire participer des employés situés dans des pays différents.

 

En plus de cette participation de plusieurs filiales d'une même entreprise à la fabrication d'un article donné ou à la fourniture d'un service donné, la mondialisation facilite les sous-traitances. De plus en plus, donc, une entreprise multinationale doit se demander pour chaque gamme de produits :

§           dans quel pays elle doit les concevoir ;

§           où fabriquer tel ou tel sous-ensemble ;

§           où effectuer l'assemblage final ;

§           où implanter le centre de support téléphonique ;

§           dans quel pays situer la société qui verra apparaître les bénéfices parce qu'ils y sont moins taxés, etc.

 

Pour beaucoup de produits très connus dont les composants proviennent d'un peu partout, comme les iPods d'Apple et les PC de DELL, on devrait trouver dessus des étiquettes :

 

« Made in World »

 

La circulation de l'argent et la possibilité d'investir à l'étranger font qu'une partie importante du capital de l'ensemble des entreprises de la bourse d'un pays appartient à des personnes ou des entreprises étrangères à ce pays : fin 2005 46.4 % des actions de la bourse de Paris appartenaient à des non français [17] ; et le graphique ci-dessus, basé sur des données de la Réserve Fédérale, montre le poids croissant des étrangers à la bourse de New York, où ils ont acheté pour 81 milliards de dollars nets de titres (surplus des achats sur les ventes) pendant le seul mois de novembre 2004, contre 48.3 milliards en octobre.

 

 

Pourcentage de titres détenus par des non américains à Wall Street en 1982 et 2004

 

2.3                 Les entreprises françaises investissent plus à l'étranger que les étrangers en France

Selon [8] page 5, pendant la décennie de 1994 à 2003 :

§           Les étrangers ont investi en France 351.6 milliards de dollars, somme considérable ;

§           Les Français (et surtout leurs entreprises) ont investi à l'étranger 652.7 milliards de dollars, près du double du montant précédent.

 

En 2005 Total a réalisé 13.9 milliards de dollars d'investissements, 26 % de plus qu'en 2004 et compte poursuivre au même rythme jusqu'en 2010, pour pouvoir accroître sa production de 4 % par an [10].

 

Si certains Français ont peur que « des étrangers soient en train d'acheter l'économie française », qu'ils sachent que des Français achètent deux fois plus l'économie mondiale. Nous assistons à une intégration rapide des diverses économies du monde, qui deviennent chaque jour plus interdépendantes.

 

Une première conséquence apparaît : même si l'économie française est en panne de croissance, nos entreprises les plus dynamiques, les multinationales, profitent de la croissance de l'économie mondiale (4 % en 2004, 4.3 % en 2005) pour se développer à l'étranger, où elles réalisent désormais un chiffre d'affaires bien plus grand qu'en France. C'est pourquoi nos très grandes entreprises affichent une forte croissance alors que la France stagne.

2.4                 Pourquoi la mondialisation profite aux entreprises

§           En vendant dans plus de pays, elles accroissent leur chiffre d'affaires.

§           En fabricant en plus grandes quantités, elles profitent d'économies d'échelle.

§           La taille de l'entreprise et celle de son marché lui permettent de disposer des fonds et des compétences nécessaires pour innover constamment.

En effet, le meilleur moyen pour une entreprise d'échapper à la concurrence est de faire en sorte qu'aucune autre ne soit capable d'offrir le même produit ou le même service. Elle peut y arriver lorsqu'elle vient d'inventer ce produit ou service.

C'est l'innovation permanente qui permet à des entreprises, dont la main d'œuvre est chère mais la compétence considérable, de créer des produits sans équivalent et de les imposer sur le marché. Cela demande des efforts coûteux de recherche et développement, sans compter parfois l'achat de nouveaux matériels, la construction de nouveaux locaux et la formation permanente des techniciens.

On constate alors qu'une partie croissante de l'activité de l'entreprise, celle liée au développement de nouveaux produits ou services, a une forte valeur ajoutée. Un fort taux de renouvellement de la gamme de produits est un atout important.

Au niveau d'un pays entier, on favorise l'innovation par une infrastructure d'enseignement et recherche, des pôles d'activité regroupant des entreprises de haute technologie qui sont complémentaires, des avantages financiers liés à l'innovation, etc. Voir "La France obligée d'innover sans cesse".

L'effet de la taille du pays pour favoriser les innovations s'ajoute à celui de sa richesse : les pays pauvres, qui totalisent 37 % de la population mondiale et 11 % de son PIB à parité de pouvoir d'achat, ne sont à l'origine que de moins de 1 % des brevets déposés aux Etats-Unis en l'an 2000 ; les 20 pays les plus riches, au contraire, sont à l'origine de 98 % des brevets.

§           En fabricant chaque article ou composant dans le pays où cette fabrication coûte le moins cher, les multinationales réduisent leurs coûts donc accroissent leurs bénéfices ; elles doivent cependant veiller à ce que les coûts de transport ne viennent pas annuler les économies de coût de production.

§           La compétitivité des entreprises passe par la spécialisation, chacune produisant les articles ou services pour lesquels elle peut le mieux combattre la concurrence. La spécialisation entraîne une hausse de la productivité.

Cette spécialisation entraîne une division du travail et une coopération pour produire l'article final entre départements d'une même société et/ou entre sociétés distinctes mais partenaires.

Comme les lieux de fabrication des composants d'un même article final peuvent être situés dans des pays différents, il est indispensable que les transports entre pays soient faciles, rapides et bon marché. Et bien entendu, le commerce entre pays doit être libre et non grevé de taxes.

§           En organisant la vente d'articles fabriqués dans une filiale par une autre filiale, et en jouant sur les prix de ces ventes (dont elles son maîtresses à 100 %) les multinationales peuvent faire apparaître les bénéfices dans les pays où ils sont le moins imposés, donc payer le minimum d'impôts.

§           En effectuant l'assemblage final d'un produit dans un certain pays (exemple : le Bangladesh), alors que les composants assemblés ont été fabriqués ailleurs (exemple : la Chine), elles peuvent déclarer l'article final exporté comme « fabriqué dans le pays d'assemblage » (c'est-à-dire au Bangladesh, dans notre exemple). Cela permet de contourner la limite imposée par le quota de vente du pays de fabrication (la Chine) et d'utiliser aussi le quota du pays d'assemblage (le Bangladesh). Au total, cette dispersion des fabrications permettra de vendre davantage.

Cas particulier : le contournement des interdictions d'importer certains produits. Exemple : il y a quelques années, les lois brésiliennes interdisaient d'importer des produits de luxe, pour ne pas dépenser les devises du pays en importations superflues ; les fabricants français de parfums ont contourné ces lois en faisant réaliser au Brésil la mise en flacon des parfums, qu'ils exportaient de France sous l'appellation de « composants pharmaceutiques de base ».

De manière générale, l'imagination des entreprises est très féconde ; elles trouvent le plus souvent des moyens de contourner les barrières réglementaires artificielles. Elles y parviennent d'autant plus facilement pour un pays donné qu'elles disposent de filiales dans le pays. C'est pourquoi les constructeurs d'automobiles ont des filiales de production ou d'assemblage (les « usines tournevis ») dans tous les marchés importants.

 

Pour mieux comprendre l'intérêt de la mondialisation et du développement de l'Internet, voir la citation correspondante dans "La France obligée d'innover sans cesse".

 

Pour des détails sur les risques de délocalisation, voir "Globalisation et délocalisations : synthèse et recommandations".

2.5                 Des résultats exceptionnels

Le CAC 40 est l'indice qui regroupe les cours à la bourse de Paris des actions des 40 entreprises les plus importantes. En 2004, les entreprises du CAC 40 ont réalisé 29.7 % de leur chiffre d'affaires dans l'Union européenne hors de France et 34.8 % dans le reste du monde, soit en tout 64.5 % de leur chiffre d'affaires hors de France, c'est-à-dire près des 2/3.

 

Les entreprises du CAC 40 sont des multinationales dont la croissance est bien plus rapide (en moyenne 13.7 % par an pour les profits et 10.7 % pour le chiffre d'affaires) que celle des autres entreprises françaises non financières (en moyenne 4 % par an pour les profits et 3.8 % pour le chiffre d'affaires), comme le montre le graphique ci-dessous issu de [16] :

 

 

Comparaison de la croissance des sociétés du CAC 40
avec celle des autres sociétés (source IXIS 04/11/2005 n° 393)

 

 

Début 2006 on commence à disposer des résultats 2005 d'un certain nombre de multinationales.

§           L'indice CAC 40 a progressé de 23.5 %: la valeur de ces grandes entreprises (on dit : leur capitalisation boursière) a progressé de 23.5 %.

§           Profitant de la hausse des cours du pétrole, les multinationales de ce secteur ont affiché des résultats exceptionnels :

 

 

 

Bénéfice net
(milliards de dollars)

Variation 2005/2004
(%)

Exxon Mobil

36.1

+43 %

Shell

25.3

+37 %

BP

22.3

+30.8 %

Total

14.9

+31 %

Résultats de 4 compagnies pétrolières en 2005

 

 

§           Les grandes entreprises sans rapport avec le pétrole ont également profité de la croissance mondiale. Exemple : Alcatel :

·            Capitalisation boursière : +21.4 %

·            Chiffre d'affaires +7.4 %

·            Bénéfice net : +61.4 %.

2.6                 Les difficultés financières des entreprises françaises

Selon [16], compte tenu des hausses fréquentes de salaire et d'impôts imposées par le gouvernement :

§           Le taux d'autofinancement des entreprises est tombé en 2005 à 76 %, le plus bas depuis 1993. Aux Etats-Unis, par contre, il est voisin de 120 %.

§           Leur taux de margé a baissé de 4 % alors qu'il a augmenté de 13 % aux Etats-Unis…

§           Leur endettement total a atteint 71 % du PIB, contre 56 % en 1998. Cet endettement est de 58 % dans la zone euro et 42 % aux Etats-Unis :

 

 

Encours de la dette des entreprises par rapport au PIB en %

 

2.7                 En quoi ces résultats profitent-ils à la France ?

En France, les syndicats et quelques politiciens de mauvaise foi annoncent les profits fabuleux des multinationales en réclamant qu'ils soient distribués aux salariés français.

 

Il faut d'abord remarquer que les multinationales d'origine française ont en général beaucoup plus de salariés et d'actionnaires à l'étranger qu'en France, ce qui limite la part attribuable à des Français :

§           65 % de leurs salariés et 55 % de leurs actionnaires sont à l'étranger ;

§           64.5 % de leur chiffre d'affaires est réalisé à l'étranger.

Pour TOTAL, c'est 90 % des emplois et des profits qui sont à l'étranger.

 

Ensuite, il faut rappeler le principe de rétribution du risque. Les salariés d'une entreprise ne risquent pas leur capital lorsque les temps sont durs, et dans l'immense majorité des cas l'entreprise leur verse le même salaire, annulant s'il le faut les dividendes versés aux actionnaires. Les actionnaires, au contraire, risquent leur capital et leurs dividendes ; il est donc juste que les bonnes années ils profitent pleinement des bénéfices. Jaurès, le grand socialiste et fondateur de l'Humanité, écrivait à propos des dirigeants et des dirigés :

"Est dirigeant celui qui accepte de prendre les risques que les dirigés ne veulent pas prendre."

 

Alors que tous les pays appliquent ce principe de rétribution du risque en laissant les entreprises et leurs actionnaires profiter des bénéfices, la France est seule à forcer la répartition de la valeur ajoutée des entreprises en faveur des salariés et au détriment des actionnaires et de la capacité d'investissement. Le graphique ci-dessous, issu de [1] page 9, montre la dégradation progressive du partage de la valeur ajoutée des entreprises non financières et des entrepreneurs individuels (ENF-EI) : en pourcentage de la valeur ajoutée, le taux de marge baisse alors que les charges salariales augmentent.

 

 

Dégradation du partage de la valeur ajoutée

 

 

En outre, nous avons vu précédemment que les salaires et leur pouvoir d'achat progressaient indépendamment du PIB et plus vite que lui depuis plusieurs années. Et il est temps d'ajouter que la France pénalise les investissements avec la taxe professionnelle.

 

Mal aimés en France, beaucoup d'épargnants et beaucoup d'entreprises ont donc tendance à investir plutôt à l'étranger, ce qui n'est pas idéal pour notre compétitivité et nos emplois. Et pour fuir l'ISF, beaucoup de riches Français sont partis à Bruxelles ou à Londres, quand ils n'ont pas mis leurs millions en Suisse.

 

La France a donc des multinationales performantes et dynamiques, qui se développent et gagnent de l'argent même quand le reste de notre économie stagne.

Les Petites et Moyennes Entreprises (PME)

Les PME françaises font moins bien que les multinationales, puisque très peu d'entre elles exportent et profitent de la forte croissance mondiale. Mais malgré tout, l'INSEE [1] nous apprend qu'au 3ème trimestre 2005 les capacités de production de l'industrie française sont utilisées à 83.1 % et que 25 % des entreprises ont des goulots de production, c'est-à-dire plus de commandes qu'elles ne peuvent satisfaire. Nos PME se battent courageusement, même si la croissance moyenne de leurs chiffres d'affaires et de leurs profits est très inférieure à celle des entreprises du CAC 40.

 

 

Daniel MARTIN

 

3.                    Références

[1]   INSEE Tableau de bord 26/01/2006 http://www.insee.fr/fr/indicateur/indic_conj/donnees/tbh.pdf

 

[2]   The New York Times - "Tutor Program Offered by Law Is Going Unused" (12-02-2006) - http://www.nytimes.com/2006/02/12/education/12tutor.html?_r=1&th=&oref=slogin&emc=th&pagewanted=print

Un programme fédéral allouant en moyenne $1800 par enfant de milieu défavorisé et par an pour des cours de soutien scolaire a de piètres résultats parce qu'il n'est pas obligatoire. Moins de 12 % des ayant droits en a profité et beaucoup abandonnent après quelques cours. A part une paperasse un peu complexe pour s'inscrire, le fond du problème semble être le caractère facultatif de la participation : beaucoup de familles pauvres ne comprennent pas l'importance d'une bonne formation scolaire pour l'avenir de leurs enfants ; en outre, beaucoup d'écoles et d'administrations ne font guère d'efforts pour promouvoir ce soutien scolaire.

 

Voilà pourquoi en France la participation aux cours de soutien scolaire devrait être obligatoire, et sanctionnée en cas de non-participation ou de manque d'efforts de la part des familles, des élèves ou des enseignants.

 

[3]   INSEE - Définition du revenu disponible http://www.insee.fr/fr/nom_def_met/definitions/html/revenu-disponible.htm

"Le revenu disponible d'un ménage comprend les revenus d'activité, les revenus du patrimoine, les transferts en provenance d'autres ménages et les prestations sociales (y compris les pensions de retraite et les indemnités de chômage), nets des impôts directs. Quatre impôts directs sont généralement pris en compte : l'impôt sur le revenu, la taxe d'habitation et les contributions sociales généralisées (CSG) et contribution à la réduction de la dette sociale (CRDS)."

 

[4]   INSEE - Définition du pouvoir d'achat du salaire http://www.insee.fr/fr/nom_def_met/definitions/html/pouvoir-achat-salaire.htm

"Le pouvoir d'achat du salaire est la quantité de biens et de services que l'on peut acheter avec une unité de salaire. Son évolution est liée à celles des prix et des salaires.

C'est ainsi que, si les prix augmentent dans un environnement où les salaires sont constants, le pouvoir d'achat diminue alors que si la hausse des salaires est supérieure à celle des prix le pouvoir d'achat pourra augmenter.

La notion ici retenue est le salaire mais le raisonnement s'applique à l'ensemble des ressources (travail, capital, prestations familiales et sociales …)."

 

[5]   INSEE - Balance des paiements trimestrielle 1998-2005

§           Importations - exportations de biens http://www.indices.insee.fr/bsweb/servlet/bsweb?action=BS_SERIE&ONGLET=1&BS_IDBANK=067479361&BS_IDARBO=13090101020000

§           Importations - exportations de services http://www.indices.insee.fr/bsweb/servlet/bsweb?action=BS_SERIE&ONGLET=1&BS_IDBANK=067481179&BS_IDARBO=13090101030000

§           Solde des transactions courantes http://www.indices.insee.fr/bsweb/servlet/bsweb?action=BS_SERIE&ONGLET=1&BS_IDBANK=067479058&BS_IDARBO=13090101000000

 

[6]   Eurostat - Annuaire Eurostat 2005

http://epp.eurostat.cec.eu.int/cache/ITY_OFFPUB/KS-CD-05-001/FR/KS-CD-05-001-FR.PDF

 

[7]   Rapport du Conseil d'Analyse Economique (CAE) (24/10/2002) "Compétitivité" http://www.ladocfrancaise.gouv.fr/BRP/034000199/0000.pdf

 

[8]   OCDE - Etude "TENDANCES ET ÉVOLUTION RÉCENTE DE L’INVESTISSEMENT DIRECT ÉTRANGER" juin 2004 http://www.oecd.org/dataoecd/22/30/33725255.pdf

(Base de données de l’OCDE sur l’investissement direct international)

Selon cette étude, la France est un pays qui reçoit beaucoup d'investissements étrangers. C'est ainsi qu'en 2003, elle en a reçu 47 milliards de dollars, plus que les Etats-Unis (39.9 milliards de dollars). Donc, bien que nous ayons certains problèmes de compétitivité et une législation du travail trop contraignante, les étrangers investissent beaucoup en France, ce qui crée des emplois.

 

[9]   Statistiques officielles sur les PME http://www.pme.gouv.fr/economie/chiffreclefspme/index-d.htm

http://www.pme.gouv.fr/economie/chiffreclefspme/1.1.pdf

http://www.pme.gouv.fr/economie/chiffreclefspme/1.9.pdf

§           Les 4 900 grandes entreprises (250 salariés et plus) ne représentent que 0.2 % du nombre total d'entreprises françaises, mais 76 % des exportations ;

§           Les 23 700 entreprises moyennes de 50 à 249 salariés représentent 1 % du nombre total d'entreprises françaises, mais 9.6 % des exportations ;

§           Les 2 446 100 petites entreprises de 0 à 49 salariés représentent 98.8 % du nombre total d'entreprises françaises et 14.4 % des exportations.

 

[10] TOTAL : communiqué de presse du 15/02/2006 - Résultats 2005

http://www.total.com/static/fr/medias/topic1407/Total_2005_resultats_persp_060215_cp.pdf

 

[11] OMC (Organisation Mondiale du Commerce) - "Rapport sur le commerce mondial 2005" http://www.wto.org/french/res_f/booksp_f/anrep_f/world_trade_report05_f.pdf

 

[12] INSEE - Evolution de l'emploi salarié - décembre 2005 http://www.insee.fr/fr/indicateur/indic_conj/donnees/evempl.pdf

 

[13] INSEE - Comptes nationaux 4ème trimestre 2005 (21-02-2006) http://www.insee.fr/fr/indicateur/indic_conj/donnees/doc_idconj_26.pdf

 

[14] Valeur ajoutée : Solde du compte de production. Elle est égale à la valeur de la production diminuée de la consommation intermédiaire, qui est la valeur des biens et services transformés ou entièrement consommés au cours du processus de production. Voir http://www.insee.fr/fr/nom_def_met/definitions/html/valeur-ajoutee.htm .

 

[15] Excédent brut d'exploitation (EBE) : c'est le solde du compte d'exploitation, pour les sociétés. Il est égal à la valeur ajoutée, diminuée de la rémunération des salariés, des impôts sur les produits, et augmentée des subventions sur les produits. Voir http://www.insee.fr/fr/nom_def_met/definitions/html/excedent-brut-exploitation.htm .

 

[16] MEDEF 2006 Rapport "Cartes sur table" http://www.medef.fr/staging/medias/upload/95438_FICHIER.pdf

 

[17] Banque de France - La détention du capital des sociétés françaises du CAC 40 par les non-résidents à fi n 2005

http://www.banque-france.fr/fr/publications/telechar/bulletin/etu149_3.pdf

 

 

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