Réponses à des questions d'internautes

Mise à jour : 23/06/2005

La réponse aux questions ci-dessous intéresse sans doute d'autres personnes.

 

 

Table des matières

 

Q1 - La concurrence fait-elle baisser les prix au profit des consommateurs. 1

Q2 - Que se passe-t-il lorsqu'un salaire ne suit pas l'inflation ?. 2

Q3 - Si les revenus des habitants restent fixes et qu'il n'y a pas d'inflation, d'où l'enrichissement peut-il provenir ?. 4

Q4 - Comment pourrait progresser le PIB d'un pays qui possède une balance extérieure à zéro, autrement que par l'accroissement de sa population ?. 5

Q5 - Y a-t-il des gains de productivité qui ne nuisent pas à l'emploi ?. 6

Q6 - Quel bilan précis peut-on faire de l'ouverture de nos frontières avec des pays moins riches que nous ?. 8

 

 

Q1 - La concurrence fait-elle baisser les prix au profit des consommateurs

Dans le paragraphe "Le développement du commerce entraîne la croissance économique" vous dites que "la concurrence fait baisser les prix et enrichit le consommateur". Je trouve que cela n'est pas toujours le cas, prenons pour exemple les services bancaires: Les banques ne font qu'augmenter leur tarifs d'année en année, tant et si bien que changer de banque pour obtenir un service meilleur marché se solde par un échec. Il y a quelque temps, et après une étude comparative des différentes banques, j'ai décidé de quitter le Crédit Agricole pour prendre un compte à la Caisse d'épargne. Peu de temps après, la Caisse d'épargne augmentait ses tarifs au delà de ceux pratiqués par le Crédit Agricole. Je ne sais d'ailleurs pas si ces augmentations étaient motivées par quoi que ce soit.

 

Réponse : Votre exemple de concurrence imparfaite entre banques est exact. J'ai moi-même constaté il y a quelques années, en sollicitant un prêt au Crédit Agricole, qu'ils refusaient de concurrencer la Société Générale, suite à une entente verbale entre leurs directions respectives, entente qu'un directeur du Crédit Agricole m'a citée pour expliquer sa décision. Cette entente a fini par être découverte, quelques mois après ; elle concernait en fait plusieurs autres grandes banques, toutes d'accord pour refuser de se faire concurrence sur les conditions de prêt immobilier. La presse a publié le résultat : la justice les a sévèrement punies, en leur infligeant une lourde amende. D'où une première conclusion : en l'absence de manœuvre illégale ou d'empêchement des consommateurs de s'informer, la concurrence fonctionne bien et toujours au profit du consommateur.

 

En fait, aucun exemple isolé ne prouve une affirmation générale. Pour juger d'une vérité générale (exemple : la concurrence est-elle globalement bénéfique pour un consommateur ?) il faut une statistique. Et les chiffres montrent, depuis des siècles que le commerce existe, que la concurrence est globalement bénéfique : c'est un processus de sélection naturelle qui ne laisse survivre que les meilleurs, c'est-à-dire ceux qui offrent le meilleur rapport performance/prix. Ce processus permet, à fonctionnalités comparables, d'acheter toujours moins cher ; il permet, à prix comparable, d'acheter toujours plus haut en gamme ; exemples : l'électronique grand public, l'automobile, les transports, etc.

 

La concurrence a permis le développement du commerce, partout sauf dans les pays d'extrême pauvreté, ce qui a développé l'activité, donc le PIB, donc le niveau de vie. Voilà plusieurs siècles que c'est vrai, et vrai dans tous les pays non misérables, je l'explique chiffres officiels et courbes à l'appui dans le paragraphe "Le commerce international tire la croissance du PIB mondial" du tome 2 de mon "Cours d'économie pour citoyens qui votent" CoursT2.htm .

Q2 - Que se passe-t-il lorsqu'un salaire ne suit pas l'inflation ?

Vous dites que si le coût des biens de consommation baisse, je vais m'enrichir car je pourrais en acheter plus. C'est vrai, mais si je gagne 1500 € par mois, et si mon salaire reste fixe, mon enrichissement ne sera que qualitatif, et non pas quantitatif.

 

Réponse : l'enrichissement, c'est-à-dire le niveau de vie dans notre cas, est toujours une notion quantitative : il n'y a pas en économie d'enrichissement qualitatif. Avant d'aller plus loin, il est nécessaire de comprendre la définition du niveau de vie et la notion de PIB par habitant, qui en donne une estimation et un moyen de l'évaluer.

 

Il est ensuite nécessaire de comprendre l'inflation, terme qui recouvre plusieurs notions distinctes entre lesquelles la confusion est fréquente.

 

Ces notions étant assimilées, voici maintenant une réponse à votre question.

 

Si votre salaire ne suit pas l'inflation, vous vous appauvrissez, parce qu'il représente une moindre part de la richesse nationale. C'est pourquoi l'Etat augmente le SMIC et les grilles de salaires qui dépendent de lui chaque année en fonction de l'indice des prix.

 

On constate que le niveau de vie en France a beaucoup monté depuis 30 ans. Le graphique du paragraphe "Conclusion sur la gouvernance des pays ci-dessus au point de vue chômage" montre que, depuis 1981, il n'y a eu qu'une seule année où le PIB français a diminué, 1993. Selon le "Rapport mondial sur le développement humain 2004" http://hdr.undp.org/reports/global/2004/francais/pdf/hdr04_fr_complete.pdf, le PIB par habitant de la France a augmenté en moyenne de 1.7 % par an entre 1975 et 2002, c'est-à-dire qu'il a été multiplié par 1.57 depuis 1975.

 

On peut citer tel ou tel exemple de baisse de niveau de vie, par exemple dans de rares professions en perte de vitesse ou dans des professions où les rémunérations dépendent de l'Etat qui refuse systématiquement de les augmenter tant qu'on ne l'y force pas par des mouvements sociaux (exemples : médecins, chirurgiens, infirmières…), mais le rattrapage se produit en général au bout de quelques années sous la pression de la demande des consommateurs, pour éviter que les postes correspondants ne disparaissent.

 

On constate aussi que le niveau de vie stagne, en France et en Allemagne, depuis 2001, parce que ce sont des pays qui soufflent de blocages qui ne se résoudront qu'avec de la violence sociale, hélas. Ces blocages viennent de la volonté d'assurer des transferts sociaux généreux (aux chômeurs, aux malades, aux retraités) en même temps qu'une assistance aux revenus modestes (dont le tiers ou plus des revenus sont des allocations) tout en payant une armée de fonctionnaires plus nombreuse, par habitant, que dans tout pays comparable. Tant qu'on n'aura pas résolu ces problèmes, la France perdra de plus en plus sa compétitivité (comme en ce moment), elle perdra de plus en plus de parts de marché à l'exportation, et elle n'aura pas les moyens de financer sa recherche et développement.

 

En somme, tant qu'on n'aura pas expliqué aux Français que personne ne peut avoir à la fois le beurre (de la manne publique) et l'argent du beurre (pour le niveau de vie), ils exigeront – grèves à l'appui – ce que nul Etat ne peut leur donner : des emplois (qu'il ne peut fabriquer sans les faire payer par des contribuables) et des salaires (que la concurrence internationale nous oblige à modérer sauf à faire faillite face à elle).

 

Et au lieu d'avoir le courage et l'honnêteté d'expliquer la vérité économique aux Français, tous les gouvernements successifs depuis Raymond Barre en 1981 ont distribué plus d'argent qu'ils n'en recevaient, en faisant des dettes sur le dos des générations suivantes, qui ne votent pas. C'est pourquoi chaque Français, homme, femme ou enfant, doit en ce moment 17.000€ et paye environ 700€ d'intérêt par an de ce fait : c'est le prix du train de vie l'Etat, qui emprunte de quoi satisfaire (espère-t-il) les électeurs. Et chaque année, cette vie au-dessus de nos moyens augmente notre dette nationale d'environ 50 milliards d'euros.

 

Sauf dans les pays d'extrême pauvreté (1,1 milliard de personnes sur 6,4 milliards), la productivité augmente chaque année : chaque heure de travail y produit plus de richesse parce qu'on apprend à mieux travailler, à mieux s'organiser, à utiliser des machines plus rapides, à utiliser de nouveaux produits plus performants, etc. L'ordre de grandeur est 1,6 % par an en France et en Allemagne, mais 2 % ou même beaucoup plus dans les pays à économie libérale comme les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la Chine, l'Inde, l'Islande, etc. Je vous prie de vous reporter au chapitre sur la Productivité dans mon "Cours d'économie pour citoyens qui votent" pour plus de détails. A part les pays d'extrême pauvreté, tous les pays prennent en compte la croissance de la productivité en augmentant la quantité d'argent en circulation, la masse monétaire, ce qui crée l'inflation ; il n'y a donc pas de situation de PIB qui stagne.

 

Mais si le PIB augmente moins vite que la productivité, le pays ne peut créer d'emplois ! C'est ce qui se passe en France, globalement. Dans le détail certains secteurs créent des emplois car leur chiffre d'affaires augmente plus vite que la productivité, d'autres perdent des emplois car leur chiffre d'affaires augmente moins vite.

        En outre, la grande majorité des emplois créés en France ont une faible qualification et concernent des travailleurs payés au SMIC ou un peu plus ; et il se trouve que les gouvernements successifs ont chaque année donné des « coups de pouce » au SMIC, qui ont fini par rendre ces travailleurs si chers que peu d'entreprises les trouvent assez rentables pour les embaucher.

        Le résultat est qu'il faut en France une forte croissance économique pour que les entreprises espèrent rentabiliser des salariés supplémentaires et embauchent quand même : pour faire vraiment baisser le chômage, il faudrait en France une croissance d'au moins 2,5% par an, impossible à cause des prélèvements de l'Etat, qui ont encore augmenté en 2004 plus vite que le PIB. Donc la promesse de M. Raffarin (fin 2004) de faire baisser le chômage de 10% n'a jamais été réaliste et ne sera pas tenue. Du reste en 2004, malgré une croissance de 2.3 %, la France a créé moins de 20 000 emplois.

Q3 - Si les revenus des habitants restent fixes et qu'il n'y a pas d'inflation, d'où l'enrichissement peut-il provenir ?

 

Si les revenus des habitants d'un pays restent fixes et qu'il n'y a pas d'inflation, outre l'amélioration de la qualité de la vie, où est l'enrichissement ? D'où peut-il provenir ? Je me rappelle avoir posé autrefois la question à quelqu'un qui m'avait répondu "L'enrichissement peut venir des exportations". Je suis d'accord, mais si l'on fait abstraction des différences qui existent entre les différents pays, et si l'on considère que théoriquement, au bout d'un certain laps de temps les différences doivent être aplanies (Industrialisation, progrès techniques, etc.), pourquoi un pays importerait-il plus qu'il n'exporterait ? En outre, la circulation de biens pouvant être produits sur place n'est-elle pas une aberration du point de vue énergétique ?

 

Réponse

Vos hypothèses de stabilité du PIB et de non inflation ne sont jamais réalisées. Mais attention à ces statistiques globales : certains secteurs d'activité sont sains, d'autres pas. Les salariés doivent en tenir compte en protégeant constamment leur employabilité par une formation permanente qui les rend employables dans des métiers qui recrutent. C'est ce que j'ai fait personnellement, et qui m'a permis de retrouver du travail en deux semaines après une rupture abusive de contrat de mon dernier employeur.

 

L'enrichissement d'un pays, c'est-à-dire la croissance du PIB par habitant, ne peut provenir que de deux facteurs :

§           L'activité (nombre total d'heures de travail par an du pays)  : plus il y a de gens qui travaillent, plus chaque travailleur consacre d'heures à travailler dans une année, plus il travaille d'années dans sa carrière, plus le PIB total augmente, donc plus il y a de richesse disponible pour chaque habitant ;

§           La productivité horaire : plus chaque heure de travail crée de richesse (articles fabriqués ou services rendus), plus le PIB augmente.

 

L'enrichissement peut provenir de tous les secteurs d'activité, pas seulement des exportations, qui ne représentent que 26 % du PIB français en 2004 : tout secteur qui crée des services ou des articles qui se vendent produit du chiffre d'affaires, c'est-à-dire de la richesse.

 

On ne peut faire abstraction des différences entre pays, ni globalement ni secteur par secteur, car ce sont précisément ces différences de productivité ou de qualité de ce qui est fabriqué qui produisent le commerce, chacun vendant ce qu'il fait mieux que les autres. Ce sont ces différences qui font la réussite face à la concurrence.

        En outre, beaucoup de différences s'aplanissant naturellement avec le temps parce que des gens apprennent à faire aussi bien que leurs concurrents (comme les Chinois en matière de textile ou d'électronique), la seule solution connue en économie est la fuite en avant : créer sans arrêt de nouveaux produits et services, pour lesquels il n'y a pas encore de concurrent. Pour une entreprise ou un pays, la stagnation, c'est la mort.

 

Un pays peut importer plus qu'il n'exporte lorsque ses habitants disposent de trop d'argent. C'est le cas en ce moment de la France et des Etats-Unis, dont les gouvernements empruntent chaque année des sommes colossales qu'ils dépensent, donc distribuent à leurs populations. Alors, le pays achète globalement plus qu'il ne vend. Mais il le fait en endettant les générations suivantes, ou en vendant ses immeubles, terrains, entreprises, etc. à des étrangers pour payer ses achats.

 

L'aberration énergétique ne joue pas en économie. C'est le prix total qui joue. Or le prix du transport ayant énormément baissé depuis cinquante ans, prix du pétrole ou pas, le commerce se développe très vite. Le prix du transport ne joue que pour l'électricité, l'eau et les secteurs où on manque de bateaux tellement le volume à transporter est en forte croissance (minerais et charbon, par exemple).

        Et c'est parce que le libre jeu des forces économiques entraîne le gaspillage de l'énergie, donc la pollution thermique, que les Etats doivent faire respecter des lois de protection de l'environnement (protocole de Kyoto, etc.).

Q4 - Comment pourrait progresser le PIB d'un pays qui possède une balance extérieure à zéro, autrement que par l'accroissement de sa population ?

 

Réponse

Oui, la croissance de la population fait mécaniquement croître la production, donc le PIB qui la mesure. Pour qu'il n'en soit pas ainsi, il faudrait que la population augmente sans que la population active occupée augmente, ce qui n'est possible que lorsque l'augmentation de la population se fait par augmentation des naissances sans que les jeunes arrivent sur le marché du travail en nombre plus important que celui des seniors qui le quittent, hypothèse invraisemblable.

 

En pratique, un pays comme l'Inde, dont la population croît rapidement, voit aussi croître son PIB. Le problème est, alors, que la croissance du PIB soit plus rapide que celle de la population, faute de quoi le PIB par habitant diminue et la misère s'accroît.

 

Mais la croissance du PIB d'un pays provient beaucoup plus de celle de son activité que de sa démographie. L'activité est le travail des gens dans les divers métiers de l'agriculture, de l'industrie et des services. Il y a les secteurs « marchand » et « non marchand ».

 

C'est le secteur marchand qui produit des richesses (des biens et des services) sans perdre de l'argent et sans avoir besoin de subventions, alors que le secteur non marchand a forcément besoin de subventions, qui ne peuvent donc provenir que de prélèvements sur l'activité du secteur marchand. Pour que le PIB augmente il faut donc que le pays travaille davantage (nombre total d'heures travaillées par an) et/ou travaille mieux (productivité plus grande).

 

Dans une économie de marché, c'est l'opportunité et le besoin qui font travailler les entreprises et les gens. Opportunité de vendre des articles ou des services à des acheteurs prêts à acheter, besoins de travailler pour gagner sa vie et de vendre pour payer ses employés, rétribuer ses actionnaires avec ses bénéfices, etc. Une entreprise se met à vendre lorsqu'elle dispose de produits ou services moins chers, supérieurs ou disponibles en quantité insuffisante sur le marché.

 

Les mécanismes de l'offre et de la demande de produits et services existent quelle que soit l'évolution de la population, que celle-ci croisse ou non.

 

Il y a un cas particulier important : celui où la demande ou l'offre proviennent de l'Etat, ou plus généralement du secteur non marchand, le financement étant alors assuré au moins en partie par les deniers publics. C'est ainsi que lorsque l'Etat dépense plus d'argent chaque année qu'il n'en reçoit par les impôts, il finance automatiquement de l'activité : les entreprises à qui il a passé commande travaillent, les salariés qu'il embauche ou fait embaucher travaillent. Le déficit de l'Etat crée donc de l'activité, c'est-à-dire du PIB. Mais ce PIB est financé par des emprunts, qu'il faudra finir par rembourser, et qui créé en France un niveau de dette publique si élevé qu'il étrangle littéralement l'économie.

 

L'Etat ne peut donc pas créer d'activité, donc d'emplois pérennes, sans en faire supporter au moins une partie du coût par le secteur marchand. Inutile donc de manifester pour réclamer à l'Etat de créer des emplois : il en est bien incapable ; tout ce qu'il peut faire c'est de créer des conditions économiques favorables à l'emploi. Mais cette vérité n'est pas expliquée aux Français, ni par les médias, ni par aucun gouvernement, faute du courage de dire la vérité. Pire même, nos gouvernants promettent de créer des emplois !

Q5 - Y a-t-il des gains de productivité qui ne nuisent pas à l'emploi ?

Les gains de productivité me semblent très intéressants dans la mesure où ils ne nuisent pas à l'emploi: Que m'importe d'acheter une voiture à tarif très compétitif, si le constructeur a investi dans une chaîne de production entièrement automatisée, qu'il est par ailleurs mon employeur, et qu'à cette occasion je me suis fait licencier ?

 

Réponse

Les lois de l'économie montrent que, justement, l'emploi est favorisé par des gains de productivité, pas menacé ! C'est parce que les entreprises les plus productives sont les plus compétitives (elles peuvent produire et vendre moins cher) ; donc elles battent les autres, donc investissent et embauchent pour vendre davantage, assurant ainsi l'embauche de salariés supplémentaires. Ce sont les syndicalistes et les politiciens menteurs qui essaient de cacher cette vérité pourtant simple !

        Et les statistiques confirment : ce sont les pays où la productivité croît le plus vite qui créent le plus d'emplois : les Etats-Unis, la Chine, l'Inde, etc. Au contraire, les pays qui empêchent la croissance de la productivité par des lois antiéconomiques (comme la Taxe professionnelle qui pénalise les investissements, exclusivité française !) perdent des marchés à l'exportation et même face aux produits importés, donc des emplois. C'est le cas de la France en ce moment.

 

En fait, l'automatisation, la sous-traitance, la délocalisation et toutes les autres approches utilisées par les entreprises pour baisser leurs coûts face aux concurrents, ne détruisent que les emplois dont la valeur économique est devenue insuffisante :

§           Si vous gagnez 1500 € par mois en faisant un travail qu'un Roumain qui en gagne 150 peut faire aussi bien que vous, vous devez changer de métier : rien n'empêchera votre entreprise, tôt ou tard, de profiter de la différence de coût du travail. Si au lieu de délocaliser ou d'automatiser elle paie des salaires à 1500 €, elle se fera battre par des concurrents qui ne paient que 150 € ou fabriquent sur des chaînes automatiques.

Inutile donc de demander que l'Etat, les lois ou les syndicats protègent votre emploi, qui est économiquement dévalué. Tout cela est expliqué à partir du paragraphe "Loi du marché et justice sociale" et aux paragraphes "Bénéfices, impôts et protection de l'emploi" et suivants.

§           La plupart des destructions d'emplois proviennent en fait du progrès technique, pas de la concurrence : voir le paragraphe "Renouvellement naturel des produits : création et destruction d'emplois". Rien n'a pu empêcher que les disques en vinyle soient remplacés par des CD-ROMs et que la photographie argentique soit remplacée par la photographie numérique, avec disparition des emplois correspondants. Mais la France crée chaque année autant d'emplois qu'elle détruit et il se crée autant d'entreprises chaque jour qu'il y a d'entreprises qui ferment, environ 1000.

 

En résumé, la meilleure manière pour un pays de lutter contre le chômage est de cesser de protéger ses emplois à coups de lois et de milliards de subventions, pour consacrer ses fonds à aider les chômeurs à retrouver un emploi. C'est ce que font le Royaume-Uni (qui dépense plus par chômeur que la France mais n'a que 4 % de chômage et un million d'offres d'emploi insatisfaites), et le Danemark (qui a 5 % de chômeurs). Ces pays ont compris que trop de protection des emplois décourage les entreprises d'embaucher, de peur de ne pouvoir licencier si la conjoncture se retourne. Leurs citoyens ont constaté qu'ils retrouvent très vite un emploi après une démission ou un licenciement, et ils votent pour que ce système perdure, au lieu de manifester comme les Français pour qu'on protège l'emploi des gens qui ont un CDI, empêchant ainsi les entreprises d'embaucher autrement qu'en CDD.

 

Le raisonnement complet sur les délocalisations, les sous-traitances à l'étranger ou l'importation à prix cassés est aux paragraphes "Effet des délocalisations et de l'outsourcing" et suivants. Retenons que les délocalisations ne peuvent être destructrices d'emplois français que si on ne respecte pas un délai suffisant d'harmonisation des conditions économiques entre le pays de délocalisation et la France. C'est ainsi que malgré les craintes de délocalisation et d'importations à bas prix exprimées lors de l'adhésion de l'Espagne et du Portugal à l'Union européenne, la France a été gagnante : elle vend plus à ces pays qu'elle ne leur achète et nous n'avons été envahis ni de travailleurs ni de marchandises venant d'eux.

Q6 - Quel bilan précis peut-on faire de l'ouverture de nos frontières avec des pays moins riches que nous ?

 

Réponse

Ce sujet a été traité de manière complète et précise dans deux textes :

§           Le Tome 2 : Mondialisation et délocalisations ;

§           "Directive Bolkestein : les arguments pour et contre".

Ils sont un peu longs à lire, mais grâce à leurs tables des matières et à leurs liens hypertexte on peut aller à l'essentiel.

 

 

Daniel MARTIN

 

 

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