L'aventure du commerce équitable

Une alternative à la mondialisation

Par les fondateurs de Max Havelaar

 

Editions JC Lattès

 

Ce livre explique ce qu'est le commerce équitable: un commerce où les producteurs des pays pauvres sont rétribués de manière décente, plus décente que s'ils passaient par le commerce traditionnel. Leurs produits sont vendus, dans les pays riches, aux consommateurs motivés par la justice sociale envers les producteurs du quart-monde. Ce sont de bons produits, respectant des normes de qualité strictes. Ce sont aussi, souvent, des produits écologiques, provenant de cultures non polluantes, sans pesticides dangereux. Leur prix est à peine supérieur à celui des produits ordinaires.

 

Ce livre explique aussi pourquoi ce commerce équitable reste marginal, en volume, par rapport au commerce traditionnel. Il apporte un message d'espoir: peu à peu les consommateurs de nos pays prennent conscience de la possibilité d'aider les producteurs des pays pauvres à vivre mieux, sans les subventionner, en achetant simplement ce qu'ils produisent à un prix honnête, qui se traduit pour nous par un surcoût insignifiant.

 

Contrairement au sous-titre "Une alternative à la mondialisation", le commerce équitable ne représente pas – et ne représentera jamais – une alternative à la mondialisation. La mondialisation est un phénomène d'ouverture des frontières, de communications faciles et rapides et de développement commercial à l'échelle mondiale. Loin d'en être une alternative, le commerce équitable en profite.

 

Le livre montre comment, peu à peu, les multinationales deviennent plus citoyennes au fur et à mesure que les consommateurs deviennent plus exigeants en matière de sort des populations pauvres qui sont leurs fournisseurs et leurs ouvriers. Il montre aussi comment elles sont obligées de respecter de plus en plus l'environnement.

 

Contrairement à ce que le sous-titre malheureux "Une alternative à la mondialisation" laisse penser, ce livre n'est pas un argumentaire contre les multinationales ou la mondialisation. Le commerce équitable n'est vraiment pas une alternative à la mondialisation. Ce n'est pas aux entreprises de créer des normes de respect de l'environnement, c'est aux gouvernements de leur imposer ce respect par des normes et des contrôles. Ce n'est pas aux entreprises de faire la charité, c'est aux gouvernements et aux particuliers de faire les dons qu'il faut. Les entreprises ne sont pas, d'elles-mêmes, citoyennes, mais elles le deviennent très vite lorsque leurs clients l'exigent et risquent de les abandonner au profit de concurrents vertueux.

 

Daniel MARTIN,  09/11/2002

 

 

Retour page d'accueil