La désinformation par la télévision

Texte mis à jour le 21/10/2001

 

Ce texte montre comment et pourquoi les informations diffusées par la télévision sont souvent de la désinformation, et propose des remèdes.

 

Table des matières

1            Licenciements et désinformation. 85

1.1          Définition de la désinformation.. 86

2            La désinformation est monnaie courante. 87

3            Le Gouvernement, lui aussi, agit en fonction des médias. 87

3.1          Télévision et mauvaises décisions pour la santé publique. 87

3.2          Annonces gouvernementales publicitaires et démagogiques. 88

4            En Allemagne aussi, les télévisions désinforment 89

5            Pour des informations de qualité. 90

5.1          Droits de l'Homme et liberté d'expression.. 90

5.2          L'origine de la désinformation.. 91

5.3          Règles de qualité de l'information diffusée par les médias. 91

5.3.1      Règle d'objectivité. 91

5.3.2      Règle de complétude. 91

5.3.3      Règle de proportion.. 91

5.3.4      Règle de civisme et moralité. 92

6            Propositions. 92

6.1          Rédiger un "code de qualité de l'information". 92

6.2          Organiser un débat public sur ce code. 92

6.3          Tester ce code pendant un an ou deux. 92

6.4          Légiférer. 92

7            Un exemple à suivre. 92

1                Licenciements et désinformation

Pendant trois semaines, au printemps 2001, il a énormément été question à la télévision des licenciements chez Marks & Spencer et Danone. Chaque journal parlait de ces problèmes. Nous avons été abreuvés d'images et d'interviews de salariés qui protestent et se disent désespérés, de syndicalistes et de politiciens qui s'indignent et réclament des lois anti-licenciements. Des gens ont même lancé un boycott des produits Danone, on nous l'a dit plusieurs fois interviews à l'appui.

 

On n'a pas dit, du tout, que les dix-huit grandes surfaces françaises de Marks & Spencer représentent un remarquable réseau de distribution, opérationnel, avec des salariés de qualité, donc que la reprise de la chaîne et de son personnel ne poserait probablement pas de problème. On n'a pas dit que, dans ces conditions, peu de salariés risquaient de perdre vraiment leur emploi.

 

Il fallait vraiment prêter l'oreille, se trouver à l'écoute au bon moment, pour apprendre qu'en fait Danone proposerait 3 postes à chaque salarié licencié, et que les licenciements précédents de ce groupe avaient été tout aussi exemplaires, avec plus de 90% du personnel recasé.

 

En fait, la télévision s'est contentée de fournir les messages les plus percutants, ceux qui angoissent, révoltent ou désespèrent. Peut-être que les informations sur ce qui va mal sont les seules qui intéressent les journalistes, peut-être que pour avoir de l'audience il faut à tout prix générer de l'émotion.

 

En tout cas, l'effet de répétition de ce genre de message produit un résultat bien connu des spécialistes de la publicité: il finit par persuader la plupart des gens que l'économie va mal, que l'on licencie à tout va, que beaucoup de braves gens risquent de se retrouver sans emploi, que le capitalisme est injuste et récompense des salariés fidèles par un licenciement aussi brutal qu'inattendu. On ne s'étonnera pas, alors, que de février à mai 2001, tous les sondages d'opinion ont montré que le moral des ménages français baissait constamment.

 

Bien entendu, ceux qui, pour des raisons politiques ou d'image de leur syndicat, ont intérêt à exploiter la publicité faite à ces licenciements, l'ont fait sans retenue, profitant de la tribune que les chaînes de télévision leur offraient complaisamment. Ils ont ainsi ajouté à l'inquiétude du public.

 

Pour le public, le résultat net s'appelle de la désinformation.

1.1         Définition de la désinformation

La désinformation consiste à fournir des informations qui font croire quelque chose de contraire à la vérité. A part le mensonge pur et simple, que les journalistes évitent soigneusement, la désinformation se fait par deux moyens:

§            Ne dire qu'une partie de la vérité, celle qui confirme le point de vue qu'on veut défendre ou celle qui génère le plus d'émotion: c'est de la "désinformation par omission". Un cas particulier de ce type de désinformation est la "simplification outrancière" où, pour aller vite et rester simple, on escamote des aspects essentiels de la vérité.

§            Donner à certaines informations une importance ou un poids très différent de leur poids réel, en faisant paraître important un fait qui en réalité l'est bien moins: c'est de la "désinformation par exagération" ou "sur-médiatisation".

 

Les deux types de désinformation relèvent de la même malhonnêteté intellectuelle, les deux sont utilisés par les journalistes dans l'exemple précédent. Voici pourquoi.

§            En réalité, dans les deux cas de licenciement cités, les risques de générer une proportion significative de salariés chômeurs sont faibles, les médias ne l'ont pas dit

§            Au printemps 2001, la France crée beaucoup plus d'emplois qu'elle n'en détruit

(Le Figaro, 19-20 mai 2001): "L'emploi a débuté l'année 2001 en fanfare…". "…L'économie française a créé 124.000 emplois lors des trois premiers mois de 2001, soit une hausse de 0,8%. En un an, la progression atteint 3,5% avec 505.000 emplois créés…" En ne disant pas, jour après jour, que ces licenciements concernent infiniment moins de personnes que les emplois créés, les chaînes de télévision désinforment et sapent le moral des citoyens.

(Le Figaro, 23/05/2001) "Baisse des défaillances d'entreprises de 9% en 2000: entre 1999 et 2000, le nombre de défaillances d'entreprises jugées dans les tribunaux français s'est replié de 9,3%, avec un total de 37.380 entreprises en 2000 contre 41.220 en 1999." Ici aussi, en insistant sur la défaillance de 2 entreprises, les télévisions désinforment; le public n'apprend pas, ainsi, que les deux entreprises citées ne constituent qu'une infime partie de celles qui s'effondrent chaque année, et que le nombre de défaillances décroît, c'est-à-dire que la situation des entreprises – donc des emplois – s'améliore.

 

En ne relativisant jamais, en ne diffusant que la partie négative, démoralisante, de l'information, les chaînes ont désinformé le public par omission. En donnant une importance énorme aux problèmes de deux entreprises par rapport aux milliers d'autres, les chaînes ont désinformé par exagération.

 

En ajoutant leurs propres critiques, alarmes et revendications à cette campagne de démoralisation, sur les mêmes chaînes, des politiciens et des syndicalistes ont amplifié à leur profit le phénomène de pessimisme, en usant des deux mêmes types de désinformation.

2                La désinformation est monnaie courante

Avez-vous remarqué à quel point les journaux des chaînes de télévision diffusent infiniment plus de mauvaises nouvelles que de bonnes nouvelles? Prenez la sécurité, par exemple. Il ne se passe pas de jour sans qu'on nous parle de viols, souvent collectifs, de policiers ou gendarmes tués et de pédophiles. On ne nous cite presque jamais les événements porteurs d'espoir, les cas où des jeunes issus de l'immigration réussissent à bien s'intégrer et les cas où la sécurité publique s'améliore. Le résultat est (une enquête récente l'a montré) que près de la moitié des parents qui envoient leurs enfants en colonie de vacances ont peur qu'ils soient agressés sexuellement. En réalité, mais les chaînes ne le disent pas, il y a chaque année moins de 1 colonie de vacances sur 10.000 où un problème de ce genre se produit.

3                Le Gouvernement, lui aussi, agit en fonction des médias

3.1         Télévision et mauvaises décisions pour la santé publique

Avez-vous remarqué l'énormité de la couverture donnée aux problèmes de sécurité alimentaire, notamment la "vache folle" (ESB) et la "fièvre aphteuse"? Bien sûr, nous ne voudrions pas tomber malades et nous demandons qu'on nous protège. Seulement, les médias ont très peu dit que:

§            dans l'hypothèse la plus pessimiste, le nombre de personnes en France qui risquent de mourir de la forme humaine de l'ESB est de quelques milliers dans les 30 prochaines années, soit tout au plus 100 par an;

§            la fièvre aphteuse est désagréable, mais n'est mortelle ni pour l'homme ni pour les bêtes.

 

Mais le résultat de la surmédiatisation de l'ESB a été tel, sur le public, que la consommation de viande bovine a baissé et que le Gouvernement s'est cru obligé d'allouer des crédits de recherche sur cette maladie hors de proportion avec le risque qu'elle fait courir: 70 millions de francs en 2000, 210 millions de francs en 2001

(sources: www.recherche.gouv.fr/discours/2000/dprion.htm et http://www.cjd.ed.ac.uk/figures.htm).

 

En revanche, on peut estimer à moins de 600 millions de francs par an les crédits alloués à la recherche sur le Cancer, y compris ceux collectés par les associations "La Ligue" (150 millions) et "ARC" (250 millions) dont les fonds ne proviennent pas de l'Etat. Voici ce qu'on trouve au sujet du cancer dans le rapport du Sénat http://www.senat.fr/rap/l97-085-4/l97-085-4_mono.html#toc1572: "Le budget de la santé ne comporte pratiquement pas de moyens spécifiquement consacrés à la politique de lutte contre le cancer. Le cancer reste la seconde cause de mortalité après les maladies cardio-vasculaires, avec 28% des décès, et la première cause de mortalité prématurée, avec 37% des décès avant 65 ans."

 

Le cancer, qui représente des dizaines de milliers de décès par an, reçoit donc moins d'argent du gouvernement que l'ESB. En comptant les subventions des associations (La Ligue, ARC), la recherche sur le cancer ne dispose que de 2,5 à 3 fois plus de crédits que celle sur l'ESB, qui représente pourtant un risque des centaines de fois plus faible pour la population.

 

Ces chiffres montrent que le Gouvernement est, lui aussi, victime de la désinformation. Il gouverne en fonction de l'émotion générée par les médias. Et ce constat, valable aujourd'hui pour un Gouvernement de gauche, l'était aussi, hier, pour d'autres gouvernements.

3.2         Annonces gouvernementales publicitaires et démagogiques

Le Gouvernement ne fait pas que réagir aux informations surmédiatisées, il prend parfois les devants pour se faire sa publicité.

 

Exemple: en septembre 2001 le Gouvernement a annoncé une grande politique de renouvellement urbain, pour laquelle il a promis de débloquer 35 milliards de francs (somme énorme, effet publicitaire garanti!) d'ici à 2006. Cette somme est destinée à améliorer la tranquillité des banlieues, en démolissant en 2001 et 2002 deux fois 10.000 logements de type "tour" ou "barre" et 30.000 logements de ce type par an à partir de 2003. Le Gouvernement prétendait ainsi que c'est ce type d'habitat qui engendre la délinquance, donc qu'en le remplaçant par des immeubles plus petits on accroîtra la sécurité. Sachant à quel point les Français sont sensibles aux problèmes d'insécurité, l'effet publicitaire de cette mesure spectaculaire était certain. En réalité:

§            Il est facile de montrer, par un exemple, que l'effet criminogène des tours est une pure invention. La ville de Thonon les Bains compte 29.000 habitants au bord du lac Léman. Il n'y a pas de grand ensemble, pas de tour ni de barre. Les immeubles ont quatre étages au maximum et sont très propres. Pourtant, c'est dans cette petite ville tranquille que l'on a vu, en octobre 2001, des scènes de guérilla urbaine d'une violence incroyable, après la mort par accident automobile de quatre jeunes voyous qui tentaient d'échapper à un contrôle de police nocturne. Trois d'entre eux avaient déjà été condamnés par la justice. Leurs amis ont incendié des voitures et donné l'assaut à un commissariat de police. Dans l'une des voitures incendiées, ils ont mis quatre bouteilles de 13 kg de butane, dont l'explosion a détruit un immeuble de trois étages, ne faisant, par miracle, aucune victime. Remplacer à coups de milliards des tours et barres par de petits immeubles ne changera rien à l'insécurité, dont la première cause est l'impunité des délinquants, elle-même provenant essentiellement du manque d'effectifs de police et justice et de la capacité insuffisante des prisons. (Pour mieux comprendre le désespoir des auteurs de violences, voir Mondialisation et frustrations).

§            Le caractère purement démagogique des 35 milliards annoncés est évident:

·            le budget est tellement serré à cause des 100 milliards de francs de dépenses annuelles pour les "35 heures" que cette somme ne pourra pas être débloquée d'ici 2006;

·            on ne s'apercevra de la non-tenue des promesses ainsi faites qu'après les élections: ces promesses n'engagent donc pas le Gouvernement, elles n'engagent que ceux qui les croient;

·            depuis les années 1980 des milliards ont déjà été dépensés en pure perte pour les cités, sans autre résultat qu'une montée inexorable de la délinquance.

 

Cet exemple montre que le Gouvernement pratique une politique-spectacle, favorisant la démagogie publicitaire au détriment de l'efficacité au service de la sécurité des citoyens.

4                En Allemagne aussi, les télévisions désinforment

Voici des extraits de l'article de J-P Picaper "La dramatisation des nouvelles économiques" publié dans Le Figaro Economie du 2/08/2001.

 

"Dramatiser l'info. Telle est la tendance des médias allemands sur les sujets économiques qui passionnent les téléspectateurs d'outre-Rhin. En effet, l'institut Medien Tenor, basé à Bonn, est parvenu récemment à cette curieuse déduction. Après avoir analysé ce type de nouvelles sur les chaînes publiques ARD et ZDF, ainsi que sur les chaînes privées ProSieben, RTL et Sat1, sur la période 1995-décembre 2000, les analystes se sont aperçus que les nouvelles négatives concernant les entreprises dominent très largement, alors qu'il y aurait, dans la vie économique au moins autant, sinon plus, d'informations positives à donner. Ainsi les entreprises allemandes n'existent-elles à la télévision que sous les rubriques faillites, fraudes, incapacités, licenciements, etc."

 

"Les experts parlent d'une “scandalisation” des informations, qui ne tiennent guère compte des réalités économiques. Avec deux fois plus ou davantage de nouvelles négatives que positives, l'Allemagne donne l'impression à un téléspectateur qui ne vivrait pas sur son territoire d'être un pays en voie de développement où dominent les banqueroutes, la fraude et la concussion, le chantage et le trafic d'influence.

 

En 1996-1997, alors que 900.000 entreprises nouvelles ouvraient leurs portes tandis que 30.000 les fermaient, la proportion d'informations sur les faillites par rapport aux créations d'entreprises a été de 30 contre 1 [au lieu de 1 contre 30]: les speakers lisaient le rapport mensuel sur les faillites et ne disaient mot des créations d'entreprises."

 

"Pourtant, 86% des téléspectateurs allemands sont persuadés, selon un sondage commandé par la chaîne publique ARD, que le journal télévisé de 20 heures, la “Tagesschau”, “rend compte des choses telles qu'elles se sont passées”.

 

La désinformation par les chaînes de télévision et de radio n'est donc pas un mal exclusivement français: c'est une tare de notre société occidentale tout entière.

5                Pour des informations de qualité

5.1         Droits de l'Homme et liberté d'expression

Rappelons d'abord quelques extraits de la Déclaration des droits de l'Homme:

§            Article 4. - La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui.

(Donc, si la liberté d'expression des journalistes nuit au public par désinformation, elle est contraire aux droits de l'Homme).

§            Article 10. - Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l'ordre public établi par la loi.

(Donc les journalistes peuvent exprimer leurs opinions, quelles qu'elles soient, à condition que ces opinions ne troublent pas l'ordre public établi par la loi: comme la désinformation est nuisible par ses conséquences, elle trouble l'ordre public et nous avons besoin de lois pour l'empêcher, c'est-à-dire pour limiter le droit des journalistes de couvrir un événement n'importe comment).

§            Article 11. - La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l'homme; tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l'abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi.

(Si des lois définissaient la désinformation comme un abus de liberté, les journalistes seraient obligés d'être plus rigoureux dans leur couverture des événements).

 

On voit qu'il faudrait disposer de lois qui définissent la désinformation pour pouvoir la limiter.

5.2         L'origine de la désinformation

Toute personne qui a souvent regardé la télévision sait qu'on y respecte des règles destinées à empêcher que le téléspectateur ou l'auditeur passe sur une autre chaîne:

§            Distraire, donc ne pas ennuyer, ne pas lasser. On empêche donc une personne interviewée d'expliquer correctement un problème et de développer trop longuement ses arguments: tout discours qui dure plus de trente secondes est trop long, peu importe si on risque la désinformation par omission ou simplification outrancière.

C'est aussi la raison pour laquelle on ne prend pas le temps de replacer une information dans son contexte: "on licencie trois mille personnes ce mois-ci, mais d'abord 90% auront une forte probabilité d'être recasées, et pendant ce temps-là l'économie aura créé trente mille emplois nouveaux".

C'est également la raison pour laquelle on multiplie le nombre d'intervenants dans un débat: le spectateur ne sera pas lassé par la vue trop souvent répétée du même visage, et on aura fait semblant de donner équitablement la parole à tout le monde, donc d'être objectif en présentant tous les points de vue. En réalité, chacun aura eu si peu de temps de parole que le débat sera resté superficiel.

§            Utiliser des images choc, des interviews de personnes qui souffrent. C'est là que l'on risque la désinformation par exagération.

 

En résumé, la désinformation provient de la confusion entre information et distraction exacerbée par la dictature de l'audimat.

5.3         Règles de qualité de l'information diffusée par les médias

De ce qui précède on déduit les recommandations suivantes pour une information sans désinformation:

5.3.1             Règle d'objectivité

Après toute couverture d'événement ou exposé de situation, le présentateur doit prendre un peu de temps pour replacer le message dans le contexte réel: "on licencie chez Danone, mais 90% des salariés seront recasés, car tous recevront trois propositions de situation" et "c'est un cas particulier: en fait, le chômage diminue en France et de moins en moins d'entreprises déposent leur bilan".

5.3.2             Règle de complétude

Faute de temps, on ne peut jamais montrer ou dire tout ce qu'il faudrait pour couvrir le sujet traité. Il faut alors, au début ou à la fin du message, dire qu'on n'a pas tout évoqué et donner une idée des sujets qui resteraient à couvrir. C'est par cette synthèse qu'on distinguera le bon animateur, le bon journaliste, du mauvais.

5.3.3             Règle de proportion

Lorsqu'un événement est rare, comme un viol collectif, il faut le dire, pour ne pas laisser les téléspectateurs ou les auditeurs généraliser et penser que c'est une réalité quotidienne et fréquente.

5.3.4             Règle de civisme et moralité

Lorsqu'on montre une violation flagrante d'une loi ou d'une règle morale, il faut ensuite rappeler, même brièvement, qu'il s'agit d'un acte anormal et condamnable. Faute de le faire, on crée de la sympathie pour des gens qui barrent des routes, détruisent des cultures OGM ou se font justice tout seuls par la violence, on crée une accoutumance du public à la violence et au viol de la loi.

6                Propositions

6.1         Rédiger un "code de qualité de l'information"

Nous suggérons que des professionnels de la communication travaillent avec des sociologues, des psychologues et des spécialistes du droit pour rédiger un code de qualité de l'information.

6.2         Organiser un débat public sur ce code

Après une première rédaction, le code doit être exposé dans la presse et publié sur l'Internet, pour que de nombreuses opinions puissent s'exprimer. Au bout de quelques semaines, le groupe de rédacteurs doit faire le point et finaliser son texte.

6.3         Tester ce code pendant un an ou deux

Pendant quelque temps, les média doivent être incités à suivre les règles du code, sans qu'on puisse les y obliger légalement. Des observateurs rapporteront leurs constatations sur la validité du code et son observation, puis rédigeront un rapport de synthèse à l'issue de la période de test.

6.4         Légiférer

On pourra ensuite rendre obligatoires les dispositions finalement retenues, prévoir un organisme de surveillance (le CSA?) et des sanctions pour les éventuels contrevenants.

7                Un exemple à suivre

L'association américaine pour des médias équitables (FAIR: http://www.fair.org/)

a un site Internet riche d'exemples de mauvaises pratiques journalistiques et de propositions pour rendre l'information plus indépendante, plus complète, plus exacte et plus équitable.

 

 

 

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